08/09/2016

"Stefan Zweig, adieu l'Europe", "Rara" et 4 autres films à l'affiche

Zweig.jpgEn 1936, Stefan Zweig décide de quitter l’Europe. Le film raconte six moments de l’exil du grand écrivain autrichien et juif en Amérique latine, essentiellement au Brésil, et à New-York.

Ces six tableaux sont d’un intérêt inégal et parfois trop longs. La palme de la réussite revient incontestablement au premier et au dernier qui sont filmés avec une caméra fixe, ce qui leur donne une folle intensité. Six épisodes qui permettent de comprendre toute la difficulté de Stefan Zweig à vivre son déracinement, sa souffrance de voir sa patrie spirituelle se détruire et finalement sa lassitude qui le prive de la force de « recommencer sa vie de fond en comble », malgré l’accueil très chaleureux qu’il a reçu au Brésil, comme il l’écrit dans sa lettre d’adieu déchirante (2 étoiles).

 


Rara.jpgLe film est centré sur le personnage de Sara une adolescente de 13 ans qui a les préoccupations d’une fille de son âge, sauf que ses parents sont en instance de divorce et que son père souhaite obtenir sa garde et celle de sa petite sœur parce que leur mère vit avec une autre femme. Le père obtiendra-t-il gain de cause dans une société conservatrice chilienne où l’homoparentalité est très mal considérée quand bien même Sara et sa sœur vivent dans une famille attentionnée et aimante ?

Malgré son sujet très émotionnel « Rara » (Bizarre), pourtant inspiré d’une histoire vraie, manque…d’émotions. La succession de trop nombreuses courtes scènes empêche en effet d’entrer véritablement dans le film, l’enjeu de la garde des enfants n’en est pas vraiment un et le jeu des acteurs, mis à part celui des deux sœurs, sonne faux. Décevant (2 étoiles).

 

Toujours à l’affiche

4 étoiles. « Jason Bourne ». Toujours traqué par la CIA, qui veut définitivement le faire taire pour éviter que ne soit révélé la manière dont cette dernière surveille tout le monde, et à la recherche d’explications sur son passé, Jason Bourne doit faire face à un méchant XXL qui n’hésite pas à tirer sur tout ce qui bouge pour arriver à ses fins. Collant de près à l’air du temps avec un scénario qui laisse une large place à la surveillance généralisée, ce quatrième volet de la saga Jason Bourne avec Matt Damon en met plein la vue aux amateurs de films d’action. Les poursuites sont haletantes, même si parfois un poil trop longues, et d’un niveau technique époustouflant. Filmées caméra à l’épaule, elles donnent le tournis, mais dans le bon sens du terme. Une suite donc sans grande surprise, mais qui ravira probablement la majorité des fans de Jason Bourne. Et ça ne devrait pas s’arrêter là, la fin laissant toute latitude à de nouvelles aventures.

3 étoiles. « Toni Erdmann ». Le film plaît par son originalité, son imprévisibilité, ses scènes qui font rire jaune, le plus souvent, ou à gorge déployée, sa relation père-fille émouvante, son côté déjanté et loufoque, sa critique sociale et son couple d’acteurs, à commencer par Peter Simonischek parfaitement crédible dans le rôle très complexe de Toni Erdmann. Beaucoup de qualités donc pour un film inclassable qui mélange comédie, satire et drame social. Pourtant, et peut-être à cause de ce mélange des genres, le film ne convainc pas totalement sur sa longueur excessive (2h42), son propos en devenant répétitif. Il n’en demeure pas moins que « Toni Erdmann » est une œuvre cinématographique qui mérite une attention particulière que les cinéphiles ne voudront pas manquer.

3 étoiles. « Florence Foster Jenkins ». Le film se concentre sur les derniers mois de la vie de la riche héritière new-yorkaise, atteinte dans sa santé, en 1944 au moment où elle décide de donner un concert au Carnegie Hall de New-York. Ce n’est certes pas la première fois qu’elle se produirait sur scène, mais jusque-là son entourage avait réussi à faire en sorte que cela se fasse en privé et devant un public averti. Averti que Florence Foster Jenkins chante horriblement faux sans qu’elle en soit apparemment consciente…Cette situation de départ, qu’on a toujours de la peine à imaginer qu’elle se base sur des faits réels, possède évidemment un fort potentiel comique. Et en effet, on rit en regardant et en écoutant Meryl Streep, comme d’habitude parfaite, chanter si mal. Comme « Marguerite », le film évolue du comique au tragi-comique, il est soigné avec des costumes et des décors somptueux et une distribution excellente. Il manque toutefois d’émotion, sans doute par souci de réalisme.

2 étoiles. « Insaisissables 2 ». Succès surprise mérité de l’été 2013, les quatre cavaliers magiciens/cambrioleurs reprennent du service en s’attaquant à un as de la technologie à la tête d’une organisation criminelle. Cet homme d’affaire a toutefois toujours un coup d’avance sur les 4 magiciens et va les entraîner dans un piège et les spectateurs avec ! L’intrigue à tiroirs et aux rebondissements multiples aussi invraisemblables les uns que les autres est en effet un simple prétexte à mettre en scène des numéros de magie finalement trop rares et qui tirent parfois en longueur. Certes, on ne s’ennuie pas vraiment, il y a tout de même quelques scènes réussies et un peu d’humour, mais on peine vraiment à comprendre où les scénaristes veulent en venir et la révélation finale tombe complètement à plat. On y perd petit à petit ses illusions, ce qui est tout de même un comble pour un film qui met la magie au centre.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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