14/09/2016

AVSplus: la culpabilisation des "vieux"

sans-titre.pngLe sort de l’initiative AVSplus est incertain. Mais qu’elle passe ou non, elle laissera des traces en raison des attaques contre les « vieux » que l’on cherche à culpabiliser s’ils osaient voter OUI. Deux exemples pour le démontrer.

Premier exemple. La Tribune de Genève dans un article du 9 septembre se demande si « les retraités vont s’octroyer des privilèges sur le dos des jeunes » ? Certes, le journaliste reconnaît que la question est provocatrice, mais pas dénuée de tout fondement. Et de corroborer son propos en s’appuyant sur une enquête de la SSR qui montre que les 40-64 ans sont favorables au projet, et les 64 ans encore plus.

A partir de ce constat, l’article questionne sur le poids du vote des retraités qui accomplissent en plus grand nombre leur devoir que les jeunes et la « mainmise des aînés » sur la démocratie. Il fait ainsi écho à la proposition d’Avenir Suisse qui veut renforcer le poids des jeunes générations en octroyant une voix supplémentaire aux parents de chaque enfant (et tant pis pour celles et ceux qui n’ont pas d’enfant…).

Evidemment, c’est de la faute des aînés si les jeunes exercent moins leur droit de vote et donc au lieu de les inciter à aller aux urnes, ce serait tellement plus simple de limiter le droit de vote des « vieux » ! Choquant.

Deuxième exemple. Le PDC a tourné une vidéo qui montre trois cochons sur lesquels est écrit « AVSplus » et à qui l’on sert un repas gastronomique. L’amalgame entre « vieux porcs » ou « vieux cochons » était vite fait et c’est ce que n’a pas manqué de relever l’Alliance pour une AVS forte. Cette vidéo relève sans doute plus d’une maladresse crasse que d’une véritable intention de blesser, mais il n’empêche que son message est culpabilisant à l’encontre des aînés à qui l’on dit : « vous en avez déjà assez ».

Et pourtant, la rentre AVS concerne tout le monde, jeunes et moins jeunes. Alors que l’avenir du deuxième pilier est chaque année plus incertain et que se constituer un troisième pilier n’est pas à la portée de toutes et tous, renforcer l’AVS n’est-il pas faire preuve de sagesse, l’apanage des… « vieux »?

Commentaires

Renforcer l'AVS, c'est faire en sorte que les générations futures puissent en voir la couleur; pas augmenter les rentes.

D'autant plus avec l'arrivée de la génération baby-boomer, nommés papy-boomer dans un récent et intéressant Temps Présent, jamais la pression sur l'AVS n'aura été aussi grand.
Jamais son financement n'aura été aussi problèmatique et on veut.. alourdir encore ce financement (par les actifs, et non "les jeunes" dans leur ensemble) en augmentant les rentes?

La solidarité c'est bien joli... C'était parfait et adapté pour l'époque où il y avait 10 ou plus actifs pour financer la retraite d'un retraité. Maintenant nous sommes quoi? 4 actifs pour 1 retraités ? D'ici quelques année, 2 pour 1...

Dans le contexte actuel, c'est deja bien de simplement... maintenir les rentes.

Sous sa forme actuel, l'AVS va dans un mur, inutile d'en rajouter une couche. Il faut repenser entièrement le système.

Écrit par : Pierre Roche | 14/09/2016

Au risque de me répéter il faut être gonflé de faire croire que c'est la génération des babyboumers qui va trop appauvrir l'AVS.

Ceux qui arrivent à la retraite ont payé des cotisations pendant 44 voire 46 ans.
Un très grand nombre de jeunes maintenant, n'entre dans le paiement des cotisations que vers 25 voire 30 ans. Erasmus et les années sabbatiques....
obligent.
De fait par rapport aux anciens, cela fait de 7 à 12 années en moins, autant pour les salariés que pour les entrepreneurs; ces derniers en profitant encore en employant des stagiaires au lieu de salariés.

10% sur un maximum de 2'350.-- pour ceux qui n'ont que le premier pilier c'est vraiment un minimum surtout quand on sait qu'en plus pratiquement 20% de ce revenu est destiné à la prime maladie.
Alors un peu de dignité à l'égard de ceux qui ont fait le socle sur lequel les plus jeunes générations sont bien assises.

Et pour les plus riches des rentiers, pas de soucis, le supplément de l'AVS sera vite repris par les impôts; l'effet progressif et levier. Cela reviendra donc à la communauté; aide sociale et autres prestations complémentaires.

Écrit par : Corélande | 14/09/2016

rappeler que ceux qui ont fait l'attractivité de la Suisse sont ses citoyens qui ont vécu en "suisses" cad vivre de son travail et non à crédit ni au social, bien loin des conditions sociales de confort actuelles auxquelles prétendent les actuels résidents genevois
qui à majorité sont naturalisés depuis les bilatérales 2004, migrants en Suisse au seul motif d'un bénéf salarial.

au détriment des suisses, licenciés sans ambages pour les mettre sur payroll.

rappeler que ce paradisiaque bénéfice salarial était le fruit de citoyens ne vivant pas au social. mais de leur travail.

rappeler que les rentiers AVS actuels n'ont pas bénéficié du 2e pilier avant 1982. ne bénéficiaient en rien de couverture sociale, ni en cas de non emploi, ni pour les membres de famille à charge. Ni de congés pré-natal ou post maternités payés, ni d'aucune autres de ces aides aujourd'hui obligatoires.

rappeler que les retraités avs suisses de cette génération ont vécu sans aides sociales
- à distinguer des conjoints prétendant AVS & autres bénéficiaires n'ayant que peu travaillé en CH

exemple. Allocations familiales, droit à congé maternité payés etc, octroyés que si salarié, droits & montants dérisoires (25chf/mois, soit le montant de la prime d'ass mal enfant de l'époque).
exemple. en perte d'emploi fixe car enceinte, donc en emplois temporaires jusqu'à l'accouchement, pour des jobs exigeants mais rémunérés au raz des pâquerettes à des salaire ne permettant pas de payer une assmal privée: j'ai du payer les frais d'accouchement en urgence à l'hosto - prématuré, les tests-soins minimas obl. n'ont pas même été consignés, j'ai du faire refaire l'ensemble).

rappeler que les retraités suisses à l'avs n'ont eu que peu de possibilité de refinancement via 3e pilier avant fin de carrière: la volonté politique genevoise étant que le sénior (le marché genevois décide qui est sénior) peut être licencié sans justificatif ni indemnité, par tout cadre par tout RH salariés de tout employeur, en toute impunité et en toute discrimination (âge, sexe et nationalité CH).

rappeler que les jeunes diplômés suisses n'ont aucune chance d'accès à stage rémunéré et à l'emploi à Genève, s'ils ne sont ni fille-fils d'employé frontalier ni pistonnés.

Écrit par : divergente | 14/09/2016

à préciser, dans la liste des droits actuels dont n'ont jamais bénéficié les retraités avs d'aujourd'hui:

- les allocations chomage versées aux +25ans n'ayant jamais travaillé
- les innombrables aides financées par les contribuables: au logement, à la formation, à l'accès à l'emploi, au transport
- les financements d'études, Erasmus,
- la prise en compte dans le calcul des retraites, des formations auto-financées par les retraités AVS, en pays étrangers
- la prise en compte, dans le calcul des retraites, des emplois même d'étudiant exercés en pays non européens (à moins d'avoir pu conserver les preuves des contrats de travail en pays anglo-saxons, en général verbaux)
- la reconnaissance des acquis d'expérience conduisant à certification, résultant à meilleur salaire et accès à emploi
- les compensations versées à frontalières en cas de différences négatives d'allocations familiales, pré- &/ou post-natales, entre les systèmes français et genevois
- séniors licenciés dès 50 ans non réambauchés, devant jobber en tempo au salaire d'une femme de ménage, jusqu'à 64-65 ans = avs cotisée /pas le 2e pilier! (eh oui! vérifiez comment ce faisse-ce auprès des employeurs, les agences de placement). Liste non exhaustive.

Comme tant d'autres suisses compétents hype expérimentés, multi-diplômés polyglottes virés 15 ans avant retraite - pour laisser place à "frontaliers" venus de tous coins mais sans expérience ou compétences,
j'ai pour ma part bossé & financé ma vie de 18 à 64 ans, avec 12ans de galère en emplois temporaires dans les dents en fin de carrière, avec avs cotisée mais pas le 2e pilier. Demandez aux agences de placement pourquoi (et non comment ils font) ils ne co-cotisent pas au 2e pilier de leurs salariés temporaires... autre débat.

Écrit par : divergente | 14/09/2016

Didier Bonny, merci de publier mes commentaires proposés sur le ton du vécu, avec l'émotionnel donc, versus le ton gentil voire 'académique', de qui a pu s'épanouir vers "un mieux", sous l'égide de l'ascension économique de parents migrants en nos contrées.

faut dire que le prix de mon sens éthique et de ma dignité furent tels, face à la multiplicité des délinquances d'employeurs sis à Genève, vécues depuis 1998, que ma gentillesse et ma courtoisie de suisse ont disparu.

j'exprime tout ça uniquement en sachant que nombreux sont ceux qui n'en peuvent plus, n'ont plus l'énergie de s'exprimer.

Écrit par : divergente | 14/09/2016

A entendre les jeunes au TJ ce soir, commentés leur refus de ce 10% supplémentaire pour ceux qui ont travaillé pour toutes les assises dont ils profitent allègrement aujourd'hui.....j'ai honte pour eux!

Nous n'aurions jamais osé parler comme cela, le respect a pris un grand coup dans les dents avec ces nouvelles générations, très individualistes!

Je n'ai jamais demandé les complémentaires, mais ce soir, je me dis que j'ai eu tort et vais revoir la question après cette votation.
Divergente, votre liste est éloquente, notamment pour Genève!

Écrit par : Corélande | 14/09/2016

Je me permets ici de dupliquer une réponse chiffrée que j'ai faite chez Mme Amstein sur le 24h. car elle relève parfaitement de votre souci de la culpabilisation des "Vieux" et de ce qu'ils peuvent tirer comme leçon et modalités de ce débat:

"Après avoir entendu ces jeunes témoignés hier soir au TJ de leur refus; trop soucieux de ne rien avoir pour leurs propres retraites, (imaginez ils n'ont même pas encore commencé à cotiser) j'ai fait mes calculs de PC.
J'aurai droit actuellement à Fr. 200.-- (x 12 = 2'400)de PC, cela paiera ma prime maladie. Si j'arrête de travailler cela sera Fr. 800.-- (idem x 12 = 9'600 annuels). Tout cela pris sur les impôts de tous.

A mon tour je vais donc voir, que mon intérêt, et je vais demander les PC et surtout encourager tous ceux autour de moi qui ne l'ont pas fait non plus. (imaginez ma déclaration d'impôt, ce montant sera quasi à zéro dans mon budget; donc je ne participerai même plus à l'effort collectif par l'impôt).
En pouvoir d'achat cela va être très agréable, même si je vais allouer ce supplément à la liquidation de ma petite hypothèque, et bénéficier de ce 1% TVA qui par conséquent ne sera pas augmentée.

Merci aux socialistes d'avoir créé ce débat et mis à jour l'esprit très égoïste et individualiste de ces nouvelles générations 18-35 ans notamment."

Écrit par : Corélande | 15/09/2016

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