03/11/2016

Pour être respectueux, il faut être respecté

Les amendes qui pleuvent sur les cyclistes depuis le début de la semaine font grand bruit, car elles divisent celles et ceux qui pensent que les adeptes du vélo devraient se conformer strictement aux règles de la circulation et une grande majorité des cyclistes qui met en avant qu’il sera possible d’avoir un comportement ni meilleur ni pire que les autres usagers de la route quand les aménagements pour les vélos seront dignes de ce nom.

Pour être respectueux, il faut être respecté. Or, force est de constater que nos autorités ne respectent pas suffisamment les cyclistes en ne donnant pas au vélo la place qu’il mérite.

Ecologique, prenant peu de place sur le domaine public et bon pour la santé, le vélo devrait être une priorité dans un milieu urbain comme l’est Genève. Et pourtant, ce n’est pas le cas. Le réseau cyclable, malgré l’acceptation d’une initiative en 2011 qui allait dans ce sens, est lacunaire, voire carrément dangereux, à de nombreux endroits.

Cet état de fait oblige les cyclistes soit à prendre de gros risques dans la circulation, soit à essayer de les contourner en empruntant les parcs ou les trottoirs. Ca ne les oblige pas à griller les feux rouges et les stops, on est bien d’accord.

Evidemment, cela n’excuse pas l’attitude parfois lamentable dont fait preuve une partie d’entre eux à l’égard des piétons. J’ai d’ailleurs pu l’expérimenter récemment moi-même avec une cycliste qui me klaxonnait alors que je marchais sur le trottoir. Quand je lui ai dit que c’était à elle de faire attention à moi et non le contraire et que c’était avec ce genre de comportement qu’on en arrivait à interdire les vélos dans les parcs et à entretenir la mauvaise réputation qui colle aux cyclistes, elle m’a copieusement insulté…

Pour sortir de ce cercle vicieux – pas d’aménagements convenables en suffisance = manque de respect des règles de circulation – il faut absolument que, d’une part, nos autorités prennent leurs responsabilités et fassent voter les crédits nécessaires, ce qui demande évidemment plus d’implication que de simplement interdire aux vélos de rouler dans les parcs ou d’autoriser les motos à emprunter les voies de bus, et, d’autre part, que les cyclistes ne fassent pas aux autres, tout spécialement les piétons, ce qu’ils n’aimeraient pas qu’on leur fasse !

Entre personnes civilisées, ça devrait être possible, non ?

Commentaires

On pourrait bien évidemment tourner la chose dans l'autre sens, et dire que pour être respecté, il faut d'abord être respectueux ;-)

Mais je crois bien que le caractère généralement incivique qui caractérise le comportement de l'immense majorité des cycliste est plus le reflet de l'évolution générale de notre société, où le mépris des règles, le défi à l'autorité et le culte égocentrique du "moi d'abord" et du "tout tout de suite" prennent de plus en plus le pas sur les règles du bien-vivre en société.

Cela se perçoit bien sûr également dans le comportement des automobilistes, toutefois la plupart d'entre eux gardent tout de même une certaine retenue due à la crainte de la sanction, ce qui fait que même sur une route déserte à 2 heures du matin, ils s'arrêteront au feu rouge.

C'est déjà bien pire pour les conducteurs des deux-roues motorisés, qui pour la plupart auront acheté leur engin dans le but gagner du temps, au détriment de leur confort, et supporteront difficilement d'être arrêtés au milieu d'une file de voitures, dussent-ils pour s'en extraire effectuer des manoeuvres dangereuses, comme le fait de couper une ligne de sécurité et d'emprunter la voie inverse à contre-sens sur plusieurs centaines de mètres.

Le cycliste, quant à lui, sûr de son impunité totale, et même dans certains cas imbu d'une sorte de supériorité due à la bonne conscience d'être dans le "bien"et le "vrai", adoptera la plupart du temps une attitude totalement désinhibée vis-à-vis du mépris de la loi, celle-ci étant vue comme un frein à sa liberté, voire même comme ne le concernant pas du tout. Bien évidemment, l'automobiliste lambda, rongeant son frein dans les bouchons mais n'osant pas se comporter d'une manière aussi désinvolte, ne pourra qu'en tirer rancoeur. Surtout si le même cycliste qui vient de lui passer devant alors qu'il attendait au feu rouge se retrouve à l'empêcher d'avancer quelques dizaines de mêtres plus loin, l'obligeant à le dépasser par une manoevre périlleuse. Ledit cycliste manifestant à son tour sa mauvaise humeur de s'être fait frôler par celui qu'il venait lui-même de frôler peu avant.

Nous sommes donc dans un cercle vicieux mais logique, qui est dû, pour une toute petite partie au mauvais aménagement de la ville, et pour une très grosse partie à la sale mentalité qui prévaut de plus en plus dans notre société actuelle.

Écrit par : mikhail | 03/11/2016

"le vélo devrait être une priorité dans un milieu urbain comme l’est Genève"

Aucun moyen de locomotion ne devrait être une priorité décidée par l'état, celui-ci devrait avoir un comportement neutre vis-à-vis des modes de transports sans créer de distorsions aucunes, et laisser les citoyens choisir librement.

Notre problème de fond, c'est que tous les gens comme vous qui font ou veulent faire de la politique, prétendent organiser de force les gens sur la base d'un modèle de société qu'ils ont en tête.

Cessez de tous vous prendre pour Platon et de vouloir décider à la place des gens ce qui est bon pour eux, de comment ils devraient s'organiser et de ce qui devrait leur être prioritaire.

Que ceux qui prétendent à faire de la politique se contentent de surveiller et gérer l'état de façon à s'assurer que celui-ci respecte le droit qui le limite, nous citoyens nous chargerons chacun de définir notre bonheur et de l'administrer.

Je vous cite mutatis mutandis: entre personnes civilisées, cela devrait-être possible non?

Écrit par : Frederic Bastiat | 04/11/2016

"Mais je crois bien que le caractère généralement incivique qui caractérise le comportement de l'immense majorité des cycliste"

C'est pas fini de faire des généralités à deux francs et d'insulter toute une partie des usagers qui font l'effort de ne pas encombrer l'espace public avec des engins polluant et dangereux, pour le bien AUSSI de VOS poumons ?

Écrit par : El Captain | 04/11/2016

"On se disait : c'est pour demain
J'oserai, j'oserai demain
Quand on ira sur les chemins
A bicyclette."

Yves Montand. "A bicyclette." (Un peu détourné, j'en conviens)



Quant aux amendes...Pour ma part, je les vois comme un outil d'injustice, d'une brutalité qui devient rare dans notre démocratie. Mais, évidemment, quand le "coupable" a les moyens de payer, pourquoi se priver ? A quand, au même titre que l'assurance maladie, une assurance (in)justice ?

Écrit par : Hervé Lau | 04/11/2016

Concernant les amendes, elles concernent des feux rouges et des vélos qui circulent sur les trottoirs. J'espère que les cyclistes te liront. Mais des motos et des voitures sur les trottoirs ça existe a Genève. Des piétons qui passent au feux rouges ça existe aussi. Bref, la vie entre personnes civilisées c'est pas gagné pour tous a Genève, il reste un immense travail a faire pour "civiliser" et cela passe aussi par le "bâton"(amende) pour ceux qui se foutent des lois et règlements.

Écrit par : Steve Roeck | 04/11/2016

"Aucun moyen de locomotion ne devrait être une priorité décidée par l'état"
Bullshit. Du moment qu'un moyen de transport ruine la santé de tous, l'État est justifié à prendre des mesures pour protéger cette santé et à limiter ce moyen de transport au profit des autres qui ne représentent pas une menace.

Écrit par : Charles | 05/11/2016

“Quand le pillage devient un moyen d’existence pour un groupe d’hommes qui vit au sein des élites de la société, ce groupe finit par créer pour lui-même tout un système juridique qui le légitime et un code moral qui le justifie. ”
Signé: Frédéric Bastiat (le vrai, pas l'usurpateur)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Fr%C3%A9d%C3%A9ric_Bastiat

Écrit par : Charles | 05/11/2016

Les commentaires sont fermés.