11/11/2016

Un Prix Goncourt qui se dévore

FullSizeRender.jpgIl en va des récompenses littéraires comme des César ou des Oscar : elles ne sont pas forcément gage de qualité. Tel n’est pas le cas avec « Chanson douce » qui vient de se voir attribuer le Prix Goncourt. Je ne sais pas si le deuxième roman de Leïla Slimani le méritait plus que les autres finalistes, mais ce que je sais en revanche, c’est que j’ai eu un immense plaisir à le dévorer.

Dès la première phrase, courte, définitive, « Le bébé est mort », on est déjà accro. Le roman commence par la fin et va tout au long des 227 pages qu’il contient faire découvrir au lecteur comment un double infanticide a pu être commis par Louise, une nounou pourtant apparemment si parfaite.

Ce lent glissement vers la folie, son entourage, particulièrement la mère des deux enfants, le devine par moment sans pour autant en être totalement conscient ou vouloir en être totalement conscient. Louise est une si bonne nounou, aimante et aimée, et qui rend tellement de services : comment faire sans elle quand les deux parents travaillent ?

Et de fait, le lecteur est dans le même état d’esprit, il cherche à comprendre, à se mettre à la place de Louise en espérant que l’inéluctable ne se produira pas, alors qu’il l’a lu dès la première ligne ! L’écriture extrêmement visuelle, les images défilent devant les yeux au fur et à mesure que les mots s’enchainent, et des phrases courtes et percutantes renforcent ce sentiment de vouloir participer à l’action.

Les éclairages de plusieurs personnages (une voisine, son mari, sa fille, un adolescent dont elle s’est occupé quand il était petit) apportent également leur contribution à la compréhension de la personnalité de Louise qui tente de survivre dans un milieu où l’argent, les rapports de domination, les différences culturelles et les préjugés règnent en maître.

« Chanson douce » est un roman noir bien ancré dans la société occidentale d’aujourd’hui qui vous captive de la première à la dernière ligne. A tel point d’ailleurs qu’il est préférable d’avoir quatre heures devant soi pour ne pas devoir s’arrêter ! Une indéniable réussite.

 

Commentaires

Souvent, je lis votre billet avec intérêt.
A mon sens, dans le genre "critique littéraire", vous avez encore un chemin à faire. Mais, bon, comme disait l'autre, "la critique est aisée, mais l'art est difficile.". Y compris, bien sûr, pour les critiques.

Écrit par : Okri Thique | 11/11/2016

Tout d'abord, merci de lire souvent mes billets avec intérêt. Ensuite, je n'ai aucunement la prétention d'être un critique littéraire. Ce n'est que la deuxième fois en plus de 500 billets que je parle d'un livre alors que j'en lis régulièrement. Je voulais simplement partager avec mes mots un coup de cœur et donner peut-être l'envie de le lire. Ni plus, ni moins.

Écrit par : Didier Bonny | 11/11/2016

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