23/11/2016

"Le petit locataire": une famille formidable (et 6 autres films à l'affiche)

FullSizeRender.jpgLa famille Payan est constamment au bord du gouffre. Alors quand celle qui tient tant bien que mal tout son petit monde en équilibre tombe enceinte à 49 ans, la menace d’y tomber définitivement se profile.

« Le petit locataire » dresse le portrait d’une famille déjantée, mais sans tomber dans la caricature, et brinquebalante qui veille pourtant, à sa manière, les uns sur les autres. On s’engueule, puis on se réconcilie, avant de recommencer. C’est souvent drôle, parfois même hilarant, vachard sans être toutefois méchant, mais aussi émouvant. Ca fait penser par moment à la série « une famille formidable ».

Malgré son côté « too much », on s’attache à cette famille qui vit simplement et dont on suit les péripéties avec plaisir. Il y a certes des petites baisses de rythme en chemin et des situations un peu trop répétitives, mais l’ensemble tient la route grâce tout particulièrement à une distribution qui mérite tous les éloges. Karin Viard, égale à elle-même, est remarquablement entourée par Philippe Rebbot, qui excelle dans son rôle de mari qui se donne de la peine et en a beaucoup, par Hélène Vincent, qui dans son rôle de grand-mère un peu à l’ouest est à la fois drôle et touchante, et par le reste des comédiens tous à la hauteur.

De quoi passer un bon moment, sans se prendre la tête. C’est aussi ça le cinéma. (3 étoiles)

Toujours à l’affiche

5 étoiles. « Ma vie de Courgette ». Ce film d’animation est un vrai bijou. Techniquement bien sûr, mais aussi au niveau de son scénario intelligent, des dialogues percutants prononcés par des voix formidablement bien choisies et de la bande son tout aussi remarquable. Rien n’est laissé au hasard, le film est soigné dans ses moindres détails aussi bien du point de vue de la psychologie et de l’apparence des personnages que de leur environnement. C’est un plaisir visuel immense de faire une nouvelle découverte pratiquement à chaque plan. « Ma vie de Courgette » véhicule, avec finesse, tendresse et humour, beaucoup d’émotions, sans pathos. Tous les enfants qui fréquentent ce foyer, lieu d’apaisement qui protège des agressions du monde extérieur, et les adultes qui gravitent autour d’eux sont extrêmement attachants. « Ma vie de Courgette » est un film tout public. Mais le travail d’orfèvre qu’il a fallu accomplir pour le réaliser prend probablement encore une autre dimension avec des yeux d’adulte. Cour(g)ez-y !

3 étoiles. « La fille du train ». L’adaptation du roman à succès de Paula Hawkins à l’écran est très proche dans les faits. Par contre, on n’y retrouve pas l’ambiance plus sombre, plus glauque qui se dégage à la lecture du livre et qui fait sa grande force. Le personnage principal de Rachel, pourtant fort bien joué par Emily Blunt - on n’en dira pas autant des seconds rôles, surtout masculins, pas très convaincants - est beaucoup moins torturé, cette remarque étant d’ailleurs valable pour tous les autres personnages qui sont bien plus lisses que dans le roman. Cela a une influence sur tout le film qui manque de souffle avec comme conséquence que la tension n’atteint pas celle ressentie lors de la lecture du livre. Il n’en demeure pas moins que cette adaptation est honnête et qu’elle a toutes les chances de plaire aux amateurs de thrillers qui ne feront pas la comparaison avec le roman !

2 étoiles. « Mal de pierres ». Marion Cotillard est formidable dans le rôle de Gabrielle, cette femme en avance sur son époque - le film se déroule dans la France rurale des années 50 - qui rêve de vivre le grand amour alors que son entourage ne pense qu’à la marier selon les conventions en vigueur. Et c’est ce que sa famille va faire en donnant Gabrielle à José, un ouvrier agricole. Quant au film en lui-même, il ne soulève pas l’enthousiasme. C’est certes bien fait, avec une mention particulière à la magnifique photographie, mais le tout manque d’émotions, ce qui est paradoxal en regard du sujet du film. Lent à démarrer, « Mal de pierres » prend son envol quand Gabrielle commence sa cure thermale et qu’elle a le coup de foudre pour ce lieutenant français de retour de la guerre d’Indochine. Cette passion va conduire Gabrielle au bord de la folie, comme la dernière partie du film le fera comprendre dans un retournement de situation peu crédible.

Dans le cadre du Festival Filmar

3 étoiles. « Aquarius ». Portrait magnifique d’une femme, « Aquarius » est aussi une critique du Brésil, pays où la corruption est reine et les inégalités sociales bien présentes. « Aquarius » est un film avec du suspense, malgré une deuxième partie trop longue où l’histoire peine à avancer. Malgré ce bémol, on suit avec intérêt et beaucoup d’empathie le combat entre passé et présent de cette femme attachante de la bonne société, ce qui ne l’empêche pas d’être rebelle dans ses actes ou dans ses relations avec son entourage qu’elle n’hésite pas à remettre à sa place. Mais pas de quoi le faire fuir pour autant, son rayonnement exceptionnel fascinant même ceux qui veulent lui faire du tort et…les spectateurs grâce à la performance exceptionnelle de Sonia Braga, actrice très connue dans son pays, qui porte le film de bout en bout. (25 novembre à 20h30 CinéVersoix et 3 décembre à 14h15 Auditorium Arditi).

3 étoiles. « Les amants de Caracas ». Récompensé par le Lion d'Or 2015 à Venise, "Les amants de Caracas" met en scène la relation improbable entre un quinquagénaire plutôt aisé, Armando, et un adolescent délinquant d'un quartier pauvre de Caracas prénommé Elder. "Les amants de Caracas" est porté par ses deux acteurs qui sont excellents et rendent crédibles cette relation à laquelle on peine à croire au début, bien que le film soit basé sur des faits réels. Le rythme est un peu lent, parfois même à la limite de l'ennui, mais il permet d'accentuer l'atmosphère lourde qui règne tout au long du film et qui donne tout son sens au moment de la scène finale qui laisse de nombreuses secondes sans voix, car on ne la voit pas venir. Un film perturbant auquel l'on pense encore plusieurs jours après l'avoir vu. (30 novembre à 16h, 1er décembre à 18h30, 3 décembre à 18h30 et 4 décembre à 21h Ciné-Actuel – MJC Centre).

2 étoiles. « Rara ». Le film est centré sur le personnage de Sara une adolescente de 13 ans qui a les préoccupations d’une fille de son âge, sauf que ses parents sont en instance de divorce et que son père souhaite obtenir sa garde et celle de sa petite sœur parce que leur mère vit avec une autre femme. Le père obtiendra-t-il gain de cause dans une société conservatrice chilienne où l’homoparentalité est très mal considérée quand bien même Sara et sa sœur vivent dans une famille attentionnée et aimante ? Malgré son sujet très émotionnel « Rara » (Bizarre), pourtant inspiré d’une histoire vraie, manque…d’émotions. La succession de trop nombreuses courtes scènes empêche en effet d’entrer véritablement dans le film, l’enjeu de la garde des enfants n’en est pas vraiment un et le jeu des acteurs, mis à part celui des deux sœurs, sonne faux. Décevant. (23 novembre à 15h15, 25 novembre à 17h15, 26 novembre à 22h et 28 novembre à 17h Grütli et 26 novembre à 19h Ciné-Saussure).

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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