30/11/2016

Sida: se donner les moyens d'en finir

AIDES.jpgLa journée mondiale du 1er décembre contre le sida, qui existe depuis 1988, rappelle chaque année que la maladie n’est toujours pas sous contrôle malgré des progrès encourageants.

En 2015, 1,1 million de personnes en sont mortes (1,5 million en 2010), 2,1 millions de nouveaux cas d’infections par le VIH ont été déclarés (stagnation par rapport aux années précédentes) et 37 millions de personnes vivent avec le VIH. C’est en Afrique subsaharienne que le nombre de nouvelles infections a connu le plus grand recul avec une chute de 41% depuis 2000. Cette bonne nouvelle est contrebalancée par l’augmentation inquiétante de 30% constatée en Europe orientale et en Asie centrale à contre-courant avec toutes les autres régions du monde, sauf l’Afrique du Nord. En Suisse, 20 000 personnes vivent avec le VIH et depuis plusieurs années les nouveaux cas, entre 500 et 600 par an, sont stables.

Ces chiffres impressionnants, certes en diminution depuis 2000 avec 35% de baisse pour les infections et 25% pour les décès, démontrent néanmoins que l’épidémie est encore loin d’être arrivée à son terme. Ce serait pourtant possible d’y mettre fin à l’horizon 2030 à condition que 90% des personnes qui vivent avec le VIH connaissent leur statut sérologique (environ une sur deux aujourd’hui dans le monde, 81% en Suisse), que 90% de ces personnes soient sous traitement antirétroviral (environ 40% en 2015 dans le monde, objectif atteint en Suisse) et que 90% des personnes sous traitement antirétroviral aient une virémie indétectable (objectif atteint en Suisse), c’est-à-dire qu’elles ne puissent plus transmettre le virus. Depuis 2008, date de la Déclaration suisse, on sait en effet que les personnes séropositives sous traitement efficace ne transmettent plus le VIH.

Et pourtant, huit ans après cette annonce, les réactions de rejet dans la sphère affective et sexuelle restent particulièrement importantes à l’égard des personnes séropositives. C’est la raison pour laquelle l’association française AIDES vient de lancer une campagne qui se nomme « Les séropositifs sous traitement ont beaucoup de choses à nous transmettre. Mais pas le virus du sida. » Elle comprend quatre visuels qui présentent un couple faisant l’amour lors d’une activité sportive ou artistique : parachutisme, plongée sous-marine, danse et piano. L’un-e des deux est séropositif-ve et transmet son savoir, son talent à son-sa partenaire (http://www.aides.org/Revelation).

Pour atteindre les objectifs élevés fixés par l’OMS pour 2030, il est indispensable :

- d’augmenter le nombre de dépistages et son accessibilité,

- de mettre sous traitement antirétroviral les personnes infectées rapidement après le diagnostic,

- de proposer aux personnes à risques la prophylaxie préexposition (PrEP) qui consiste à prendre à titre préventif un traitement antirétroviral qui a récemment démontré sa grande efficacité,

- d’investir les sommes nécessaires (31 milliards de dollars par année jusqu’en 2020) sous peine que l’épidémie reparte à la hausse,

- de lutter contre la stigmatisation dont sont victimes les personnes séropositives qui les pousse à se cacher et à ne pas se faire soigner.

Il y a donc encore un long chemin à parcourir avant d’éradiquer le VIH/sida, mais grâce aux progrès de la médecine et à toutes les personnes, professionnelles ou bénévoles, qui, jour après jour, luttent contre le sida, c’est à présent possible, à condition de s’en donner les moyens.

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A cette occasion le film "Dallas Buyers club" sera projeté GRATUITEMENT à l'auditoire Marcel-Jenny - HUG à 19.00!

Écrit par : Sylvie | 30/11/2016

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