26/02/2017

Fête du cinéma ou tribune politique?

FullSizeRender.jpgCe n'est certes pas la première fois que l'Académie des César choisit de récompenser des films engagés, parfois même au détriment de leur qualité cinématographique comme ce fut, par exemple, le cas l'année dernière avec le calamiteux « Fatima ».

Si cette année le palmarès est globalement décevant, il n'y a toutefois pas de scandale à proprement parlé, même si certains choix de l’Académie des César ont très certainement été influencés par des raisons politiques au sens large du terme (« Divines », « Merci Patron ! », « Moi, Daniel Blake », « Maman(s), « Vers la tendresse »).

Cette hypothèse est renforcée par la manière dont s’est déroulée la cérémonie. Il y a tout d’abord eu un discours très engagé, mais trop virulent et brouillon pour qu’il ait un quelconque impact, de François Ruffin, arborant un t-shirt second degré avec le portrait du décrié patron de Canal+ qui retransmettait la remise des prix, suite à la remise de son César pour le meilleur documentaire « Merci Patron ! ».

Il y a ensuite eu les discours sur la difficulté de faire du cinéma quand on est issu de la banlieue avec, notamment, cette phrase de la réalisatrice de « Vers la tendresse » qui fait remarquer que le César ex-æquo du meilleur court métrage a été remis à « deux Blacks ».

Enfin, on a encore eu droit à la lecture d’une lettre de Ken Loach, vainqueur du César du meilleur film étranger avec « Moi, Daniel Blake », appelant à voter à gauche pour la prochaine présidentielle. Était-ce le lieu pour le faire ? Poser la question, c’est y répondre. Ceci dit, en passant, le choix de récompenser une fois encore ce film engagé, certes excellent, montre bien un certain parti pris de la majorité des votants.

Et puis, on ne saurait passer sous silence la « performance » de George Clooney venu à Paris pour recevoir un César d’honneur. Il a prononcé un discours réaliste de l’Amérique d’aujourd’hui, mais non dénué d’espoir, dénonçant avec finesse les actes de Donald Trump depuis son arrivée au pouvoir sans toutefois le nommer. Sauf que c’est Jean Dujardin qui l’a fait à plusieurs reprises dans une traduction simultanée, certes amusante, mais qui a fait perdre de sa force aux propos de George Clooney qui étaient eux fidèlement sous-titrés.

En définitive, la politique a occupé une (trop) grande place lors de cette 42ème cérémonie des César. Une cérémonie qui devrait avant tout célébrer le cinéma et les émotions qu’il véhicule. Ce fut heureusement tout de même le cas avec des extraits de film en hommage à Michèle Morgan, récemment disparue, et à la présence, pour la première fois, de Jean-Paul Belmondo entouré d’un très beau plateau d’actrices et d’acteurs. Ses paroles très émouvantes ont incontestablement été le point fort de cette remise des César 2017 (http://www.huffingtonpost.fr/2017/02/24/cesar-2017-belmon...).

 

Les commentaires sont fermés.