27/02/2017

Oscars 2017: vainqueur surprise

Le grand favori « La La Land » a obtenu 6 Oscars, dont ceux du meilleur réalisateur et de la meilleure actrice, mais pas celui du meilleur film. Une bonne surprise, car sur les quatre films sur neuf nommés qui ont jusqu’à présent été distribués à Genève (« La La Land », « Manchester by the sea », « Tu ne tueras point » et « Lion »), c’est le moins enthousiasmant.

casey_affleck_.jpg« La La Land » ne manque certes pas de qualités, mais il y manque indéniablement ce qui fait la marque des tout grands films: de l'émotion. Tout le contraire de « Manchester by the sea » récompensé par l’Oscar du meilleur acteur pour Casey Affleck (photo), époustouflant et bouleversant, et par celui tout aussi mérité du meilleur scénario original.

En attendant, avec grande impatience, que les cinq autres films nommés, dont le vainqueur surprise « Moonlight », débarquent enfin sur nos écrans, on peut déjà relever que l’année 2016 aura été une grande année pour le cinéma américain avec beaucoup de bons films. Pas forcément d’ailleurs mis en avant par les Oscars si l’on pense, par exemple, à « Loving » ou à « Sully ».

Notons enfin que « notre » Courgette n’a pas réussi le doublé César-Oscar du meilleur film d’animation, remporté par « Zootopia ». Mais à l’impossible nul n’est tenu, une nomination était déjà une belle récompense pour ce film qui véhicule, avec finesse, tendresse et humour, beaucoup d’émotions.

26/02/2017

Fête du cinéma ou tribune politique?

FullSizeRender.jpgCe n'est certes pas la première fois que l'Académie des César choisit de récompenser des films engagés, parfois même au détriment de leur qualité cinématographique comme ce fut, par exemple, le cas l'année dernière avec le calamiteux « Fatima ».

Si cette année le palmarès est globalement décevant, il n'y a toutefois pas de scandale à proprement parlé, même si certains choix de l’Académie des César ont très certainement été influencés par des raisons politiques au sens large du terme (« Divines », « Merci Patron ! », « Moi, Daniel Blake », « Maman(s), « Vers la tendresse »).

Cette hypothèse est renforcée par la manière dont s’est déroulée la cérémonie. Il y a tout d’abord eu un discours très engagé, mais trop virulent et brouillon pour qu’il ait un quelconque impact, de François Ruffin, arborant un t-shirt second degré avec le portrait du décrié patron de Canal+ qui retransmettait la remise des prix, suite à la remise de son César pour le meilleur documentaire « Merci Patron ! ».

Il y a ensuite eu les discours sur la difficulté de faire du cinéma quand on est issu de la banlieue avec, notamment, cette phrase de la réalisatrice de « Vers la tendresse » qui fait remarquer que le César ex-æquo du meilleur court métrage a été remis à « deux Blacks ».

Enfin, on a encore eu droit à la lecture d’une lettre de Ken Loach, vainqueur du César du meilleur film étranger avec « Moi, Daniel Blake », appelant à voter à gauche pour la prochaine présidentielle. Était-ce le lieu pour le faire ? Poser la question, c’est y répondre. Ceci dit, en passant, le choix de récompenser une fois encore ce film engagé, certes excellent, montre bien un certain parti pris de la majorité des votants.

Et puis, on ne saurait passer sous silence la « performance » de George Clooney venu à Paris pour recevoir un César d’honneur. Il a prononcé un discours réaliste de l’Amérique d’aujourd’hui, mais non dénué d’espoir, dénonçant avec finesse les actes de Donald Trump depuis son arrivée au pouvoir sans toutefois le nommer. Sauf que c’est Jean Dujardin qui l’a fait à plusieurs reprises dans une traduction simultanée, certes amusante, mais qui a fait perdre de sa force aux propos de George Clooney qui étaient eux fidèlement sous-titrés.

En définitive, la politique a occupé une (trop) grande place lors de cette 42ème cérémonie des César. Une cérémonie qui devrait avant tout célébrer le cinéma et les émotions qu’il véhicule. Ce fut heureusement tout de même le cas avec des extraits de film en hommage à Michèle Morgan, récemment disparue, et à la présence, pour la première fois, de Jean-Paul Belmondo entouré d’un très beau plateau d’actrices et d’acteurs. Ses paroles très émouvantes ont incontestablement été le point fort de cette remise des César 2017 (http://www.huffingtonpost.fr/2017/02/24/cesar-2017-belmon...).

 

25/02/2017

César 2017: un palmarès globalement décevant

IMG_8111.PNGQuelle déception! "Elle" désigné meilleur film français de l'année! Comment l'académie des César a-t-elle pu consacrer un film aussi tordu? C’est en effet le mot qui résume le mieux le film de Paul Verhoeven (Basic Instict, Showgirls) avec en vedette Isabelle Huppert dont on ne compte plus les rôles qui s’accompagnent également de ce qualificatif.

« Elle » oscille entre le thriller et la comédie tragi-comique vitriolée, un registre dans lequel Isabelle Huppert excelle une fois de plus et qui lui a valu, sans surprise, le César de la meilleure actrice. « Elle » est un film dont la perversité atteint des sommets et qui met mal à l’aise. Les scènes de viol, faut en supporter plusieurs au cours du film, qui évoluent en acte sexuel consenti par cette femme de pouvoir qui aiment se faire dominer, bonjour le cliché, sont extrêmement violentes. Baignant dans une atmosphère glauque, « Elle » tire en longueur et laisse sur sa faim.

Vraiment difficile de comprendre l’enthousiasme quasi unanime de la presse pour ce film malsain à sa sortie qui a malheureusement déteint sur les votants dont on peut se demander combien l'ont vu.

On peut d'ailleurs se poser la même question pour "Juste la fin du monde", le moins bon film de Xavier Dolan à ce jour, pourtant récompensé par trois César, dont ceux de meilleur réalisateur et meilleur acteur.

IMG_8110.PNGHeureusement que l'attribution de deux César à "Ma vie de Courgette" et celui, largement mérité, de meilleur acteur dans un second rôle à James Thiérrée dans "Chocolat" permet d'atténuer l'impression globale de déception qui domine de ce palmarès 2017.

Quant à la cérémonie en elle-même, elle a été animée avec plus de finesse que d'habitude et aura, comme de coutume, alterné le bon et le moins bon avec comme point d'orgue un hommage très émouvant à Jean-Paul Belmondo.