05/03/2017

Faut-il sauver le SlowUp?

FullSizeRender2.jpgQue d’agitations pour la suppression d’une journée consacrée à la mobilité douce dans le canton où les automobilistes perdent le plus de temps dans les embouteillages ! Un peu paradoxal, non ? En fait, pas tant que ça.

Le canton de Genève est en effet également le champion parmi ceux qui ne savent pas ce qu’ils se veulent. Il crée un appel d’air pour encore plus de bouchons en voulant construire une traversée du lac dont il n’a pas les moyens, tout en hurlant haut et fort quand une manifestation telle que le SlowUp est supprimée.

Le Conseiller d’Etat en charge des transports Luc Barthassat incarne à lui tout seul ce paradoxe : il est en faveur de ce pont ou tunnel hors de prix, mais trouve scandaleux la suppression du SlowUp, histoire de mettre un peu de vert dans son programme à une année des élections. Mais il est vrai que c’est le même qui veut laisser les motos emprunter les voies de bus au détriment de la sécurité des vélos tout en faisant la promotion de la journée sans ma voiture. C’est la méthode Barthassat pour essayer de faire plaisir à tout le monde.

La suppression du SlowUp pour éponger une toute petite partie de l’édition catastrophique du Geneva Lake Festival est lamentable. S’attaquer au seul événement de ces fêtes qui soit positif pour les Genevoises et Genevois montre à quel point on se moque de celles et ceux qui paient avec leurs impôts une partie de cette kermesse géante, car ce sont bien celles et ceux qui vivent et travaillent en Ville de Genève qui financent les prestations en nature telles que la remise en ordre des parcs qui sont détruits en moins de temps qu’il faut pour le dire.

Alors oui, il faut essayer de sauver le SlowUp, mais pas juste pour donner bonne conscience à des politiciens à la recherche de voix. Il faut le faire en l’accompagnant d’une promotion digne de ce nom de la mobilité douce par les collectivités publiques et les associations qui la défendent tout au long du parcours. Exit les sponsors dont le fond de commerce est avant tout la voiture !

Si les Genevois ne veulent plus à l’avenir être les habitants du canton numéro 1 des bouchons, ils doivent absolument repenser leur manière de se déplacer. Et il appartient à nos politiciens de les aider en mettant en place les conditions nécessaires à ce transfert modal. Mais pour ça, il faut faire des choix qui ne feront forcément pas plaisir à tout le monde…

Commentaires

"Il crée un appel d’air pour encore plus de bouchons en voulant construire une traversée du lac"

Faudra quand même un jour cesser de "réfléchir" comme un fanatique religieux: Si vous voulez moins de trafic au centre ville, il faut qu'il passe a côté, par des autoroutes de contournement et une traversée du lac. C'est pas une question politique ou écologique, c'est physique.

Écrit par : Eastwood | 05/03/2017

Juste aucun rapport entre le problème de la mobilité à Genève et le SlowUp... Si tout le monde s'insurge sur la suppression du SlowUp, ce n'est pas tant en raison de son coté "pro mobilité douce" ,mais parce qu'il s'agit d'une des (rare) activité/manifestation au sein des "Fetes de Genève" POUR les locaux (et "gratuite!") et non faites pour les touristes et/ou hors de prix. c'est uniquement pour ca que tout le monde gueule...

Quand à la question de la mobilité, le transfert modal est un leurre, une illusion, une cause perdue d'avance...
La seule solution c'est de remettre le logement (abordable) au plus près des emplois, au lieu de forcer les gens à l'exil pour pouvoir se loger décemment.
Car vu les temps qui courent peu nombreux sont ceux qui peuvent se permettre de lâcher leur job dans l'espoir d'en trouver un autre proche de leur nouveau lieu de résidence. on se retrouve donc avec pléthore de Genevois traversant la frontière tout les jours et pléthore de pendulaires venant de Vaud ou même plus loin!

Écrit par : Pierre Roche | 06/03/2017

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