08/05/2017

Lui laissera-t-on sa chance?

IMG_8647.JPGDeux tiers des Français, plus qu'attendu, qui ont exprimé leur vote l’ont donc fait en faveur d’Emmanuel Macron. Parmi eux, une partie l’a fait contre son adversaire du jour plutôt que par adhésion au projet défendu par le nouveau Président de la République française.

Mais il n’y a là rien de nouveau sous le ciel de la cinquième république puisqu’au premier tour les électeurs choisissent leur candidat et au second tour, si leur candidat n’est pas en finale, ils leur restent à s’abstenir, voter blanc, nul - trois options que les Français ont d'ailleurs largement utilisé - ou désigner celui qui est le plus proche d’eux ou le moins éloigné. Inutile donc de faire un faux procès à Emmanuel Macron en lui renvoyant sans cesse à la figure qu’il a été élu par défaut.

Comme il l’a très bien exprimé lors de la longue et très intéressante interview qu’il a accordée à Mediapart le 5 mai - que celles et ceux qui n’ont soi-disant jamais rien compris à ce qu’il raconte prennent le temps de la visionner sur internet - Emmanuel Macron doit deux choses aux électeurs dont il n’était pas le premier choix : « le respect du champ démocratique et républicain et une plus grande vitalité démocratique. »

Pour cela, il s’engage d’ici la fin de l’année à introduire la proportionnelle, à réduire le nombre de députés et à interdire les doubles mandats. Ces mesures sont fondamentales pour permettre une meilleure représentation de tous les courants politiques au parlement et que la voix de chacun puisse être entendue.

En effet, il n’est pas normal que le FN, et quoique l’on pense du parti de Marine Le Pen, ne soit représenté au législatif que par une poignée de députés alors que plus de 20% des électeurs ont soutenu son programme au premier tour.

Cette réforme est essentielle - Emmanuel Macron a dit qu’il était prêt à l’amener devant le peuple si le Parlement ne se réformait pas lui-même - pour apaiser la vie politique et ainsi pouvoir trouver des solutions aux maux de la société française qui vont au-delà du clivage gauche-droite qui a montré toutes ses limites.

Gouverner au centre est un énorme défi dans un pays habitué à la confrontation. Emmanuel Macron y parviendra-t-il ? Réussira-t-il à rassembler comme il s'est efforcé de le faire lors de ses deux premiers discours? Lui laissera-t-on seulement la chance d’essayer ?

Difficile à dire tant les réactions sont diverses au sein des différentes "familles" politiques quelques heures après l'élection d'Emmanuel Macron. On y verra plus clair ces prochains jours puisque le troisième tour de cette élection présidentielle se profile déjà à l'horizon avec l'ouverture de la campagne pour les législatives de juin. 

Commentaires

"Lui laissera-t-on seulement la chance d’essayer ?"

C'est là tout le défi qui se présente à la France. Il serait raisonnable de la lui laisser cette chance. Il est néanmoins à craindre que les vieux démons de la vieille politique française reprennent le dessus et que l'on assiste à des luttes stériles qui nous ont montré vers quoi elles menaient depuis des décennies !

Écrit par : Michel Sommer | 08/05/2017

Le seul qui ne le trahira pas c'est le FN.

Écrit par : norbert maendly | 08/05/2017

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