09/06/2017

« Pirates des Caraïbes 5 » : pour les fans (et 5 autres films à l’affiche)

FullSizeRender.jpgOn prend (presque) les mêmes et on recommence ! Rien de bien surprenant à cela, c’est le principe des sagas à succès. Revoici donc Jack Sparrow à l’affiche pour une cinquième aventure où il affronte le terrifiant Capitaine Salazar qui, libéré du mauvais sort que lui a lancé Jack dans sa jeunesse, va pouvoir tenter de se venger…

 « Pirates des Caraïbes : la vengeance de Salazar » est plaisant dans sa première partie. On a un réel plaisir à retrouver Jack Sparrow encore plus déjanté que d’habitude. Les premières minutes sont à la fois drôles et spectaculaires, à l’image de la scène de la condamnation à mort de Jack très réussie. La mise en place de l’intrigue est également intéressante avec la découverte de l’inquiétant Capitaine Salazar (Javier Bardem, excellent) et de sa bande de pirates prisonniers du Triangle du Diable. Les effets spéciaux pour donner vie, si on ose dire, à ces morts-vivants et leur bateau sont époustouflants. Il en est de même pour les premières batailles sur les flots.

 Et puis, au milieu du film, le soufflé retombe : l’intrigue n’avance guère, les rebondissements sont prévisibles, les combats de pirates se répètent, Johnny Depp caricature à outrance son personnage et le dernier quart d’heure est d’un ennui mortel, certes de circonstance compte tenu du thème du film ! Un cinquième épisode qui, au final, se nourrit des précédents en reprenant ce qui a fait leur succès : des personnages caricaturaux et attachants, de l’action, des effets spéciaux bluffants, une musique assourdissante et de l’humour. Sans doute suffisant pour satisfaire les fans, les autres passeront leur chemin. (2 étoiles)

Toujours à l’affiche

5 étoiles. « Lion » raconte l’histoire vraie de Saroo, âgé de 5 ans dans les années 80, qui se retrouve seul dans un train qui le conduit à Calcutta, à des milliers de kilomètres de chez lui. Perdu dans cette mégapole, Saroo va survivre comme il peut dans un milieu hostile avant d’être recueilli dans un orphelinat et d’être adopté par un couple d’Australiens. 20 ans plus tard, Saroo pense toujours à sa famille qu’il veut tenter de retrouver à l’aide de ses rares souvenirs et de Google Earth. Le film, six nominations aux Oscars, comporte donc deux parties plus ou moins d’égale longueur. Dans la première, on fait la connaissance d’un enfant de 5 ans espiègle, débrouillard et issu d’un milieu très modeste. Sunny Pawar qui joue le rôle de Saroo enfant est absolument génial. La deuxième partie se concentre sur la quête de Saroo pour retrouver ses racines et les difficultés pour y arriver aussi bien sur un plan opérationnel qu’émotionnel. Si l’on peut reprocher quelques petites longueurs dans cette seconde partie, elles n’enlèvent toutefois en rien l’intense émotion qui est présente pratiquement à chaque seconde. A tel point qu’il est quasiment impossible de retenir ses larmes tant le film vous touche en plein cœur. A ne pas manquer.

4 étoiles. «The Lost City of Z». En 1906, la Société géographique royale d’Angleterre propose à Percy Fawcett, explorateur qui a vraiment existé, de partir en Amazonie afin de cartographier les frontières entre le Brésil et la Bolivie. Tout d’abord décontenancé par cette mission qu’il considère comme peu en rapport avec ses ambitions, mais n’ayant pas vraiment le choix, il va s’embarquer, en laissant femme et enfants derrière lui pour plusieurs années, dans une aventure dont il ne reviendra pas indemne. Persuadé d’avoir découvert les vestiges d’une cité perdue, il n’aura de cesse au cours d’autres voyages de prouver son existence au risque de se perdre, au sens propre et figuré. « The lost City of Z » brosse en finesse le portrait d’un homme à la personnalité complexe. Tiraillé entre son sens du devoir paternel et militaire et son obsession quasi mystique de découvrir cette cité perdue, le personnage de Percy Fawcett ne laisse pas indifférent. Le film aux images magnifiques et à la réalisation soignée prend son temps, sans doute un petit peu trop par moment, et fait son chemin jusqu’à une fin à la hauteur des espoirs du colonel Percy Fawcett : magique.

4 étoiles. « M. et Mme Adelman » raconte l’histoire de Sarah et Victor, de leur rencontre en 1971 à la mort de ce dernier, première scène du film, durant les 45 ans où ils se sont côtoyés. On la découvre au travers d’une interview-vérité que donne Sarah à un journaliste après les funérailles de Victor, écrivain célèbre, qui n’était peut-être pas en fin de compte celui que le public imaginait. Amours, secrets, trahisons, ambitions et retournements de situation se bousculent dans ce film mené, la plupart du temps, tambours battants avec des moments jouissifs : les rencontres familiales, la chasse, le gigolo pour n’en citer que quelques uns sans dévoiler une partie de l’intrigue. Nicolas Bedos et Doria Tillier, co-auteurs du film, sont convaincants en Victor et Sarah et fort bien entourés. En résumé, une première partie à pleurer de rire, à condition toutefois d’apprécier l’humour noir et par moment très second degré, et une deuxième plus émouvante où les francs éclats de rire du début laissent petit à petit la place à un rire plus jaune, parfois à la limite, il est vrai. Une comédie romantique au vitriol que les amateurs du genre apprécieront.

3 étoiles. « Le procès du siècle ». Comment peut-on nier l’Holocauste ? Cette question est au centre de « Le procès du siècle », film qui se base sur une histoire vraie, ce qui lui donne une dimension encore plus incroyable. Confrontée à un historien qui lui intente en procès en diffamation parce qu’elle combat ses thèses négationnistes, Deborah Lipstadt, elle-même historienne de la Shoah, va se retrouver dans la situation hallucinante de devoir prouver l’existence des chambres à gaz. Le thème du film est passionnant et soulève la question du «comment bien faire » pour à la fois faire triompher la vérité sans pour autant donner une tribune à un négationniste qui cherche par tous les moyens à propager ses idées nauséabondes. L’élaboration de la stratégie de la défense est sans aucun doute le point fort du film. On y ajoutera également la qualité de ses interprètes et quinze dernières minutes très réussies. Si on peut regretter un certain manque de rythme au début du film et une réalisation très classique, il n’en demeure pas moins que « Le procès du siècle », qui a eu lieu en 2000, est d’une brûlante actualité avec toutes ces vérités alternatives qui circulent sans cesse sur internet et qu’il ne manque pas de pertinence.

 1 étoile. « L’amant double ». Chloé est une jeune femme fragile qui se plaint de maux de ventre persistants. Suivant le conseil de son médecin, elle va voir un psychothérapeute, Paul Meyer. Coup de foudre réciproque entre le médecin et sa patiente qui s’installent ensemble quelques mois plus tard. Mais un jour, Chloé découvre que son amoureux a un frère jumeau, Louis Delors, également psy, dont il ne lui a jamais parlé. Décidée à découvrir la vérité sur ce frère caché, elle prend alors rendez-vous avec celui qui va devenir un amant pour le moins inquiétant…« L’amant double » est un thriller érotico-psychologique à tiroirs sur le thème de la gémellité où l’on se perd. Les fausses pistes sont nombreuses, les rêves côtoient la réalité sans savoir si celle-ci est bien…réelle. Les scènes érotiques entre Chloé et Louis font la part belle à un machisme insupportable. Et il ne faut pas compter sur la fin du film des plus ambiguës pour voir plus clair dans ce jeu de miroirs bien flou. Certes, « L’amant double » est formellement impeccable, mais complètement dénué d’émotions. C’est donc avant tout un pur exercice de style, froid, vain, tordu et malsain dont on peut aisément se passer.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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