12/06/2017

Mobilisation pour dénoncer l'horreur en Tchétchénie

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Discours prononcé en tant que co-président de la Fédération genevoise des associations LGBT devant environ 200 personnes réunies dimanche après-midi sur la Place des Nations pour dénoncer les crimes commis en Tchétchénie à l'égard des homosexuels.

"La mode des "fakes news", ces nouvelles inventées de toutes pièces, a fait tout d’abord douter de l'authenticité qu’une centaine d'hommes gays avaient été arrêtés et torturés en Tchétchénie au début du mois d’avril, trois d'entre eux ayant même trouvé la mort.

Mais au fur et à mesure que les jours passaient et que des preuves et témoignages étaient recueillis, il a fallu se rendre à l’évidence : ce cauchemar était bien réel malgré les dénégations du gouvernement tchétchène prétendant que cela était totalement faux...puisqu'il n'existait pas de gays en Tchétchénie!

Et puis, les révélations sur la persécution des homosexuels en Tchétchénie ont continué d’arriver au cours de ces dernières semaines, dignes d’un film d’horreur. Vingt-six d’entre eux auraient été assassinés, des dizaines d’autres torturés dans des baraquements qui ont été détruits pour faire disparaître les preuves avec comme conséquence un déplacement des « prisonniers » dans un centre de formation militaire, auquel le comité d’enquête approuvé par Vladimir Poutine n’a pas pu accéder. C’est tout dire !

Cette situation est insupportable et nous sommes là aujourd’hui pour le dire haut et fort afin d’apporter notre pierre à l’édifice de la mobilisation internationale qui est de plus en plus grande au fur et à mesure que les témoignages de victimes qui ont pu échapper à cet enfer sont connus.

C’est ainsi que des plaintes ont été déposées devant la Cour pénale internationale contre le dirigeant tchétchène Ramzan Kadyrov, que des politiciennes et politiciens ont appelé la Russie à faire toute la lumière sur cette sordide affaire ou encore que de nombreux « people », mais aussi beaucoup d’anonymes, se sont engagés dans des actions diverses pour que la pression ne retombe pas sur cette gravissime atteinte aux droits humains. Atteinte qui n’est d’ailleurs pas l’apanage de la Tchétchénie comme les 83 coups de bâtons reçus récemment par deux homosexuels en Indonésie l’ont, par exemple, hélas démontré.

La Fédération genevoise des associations LGBT qui regroupe Think Out - co-organisatrice de cet événement, un grand merci à elle - Lestime, Dialogai, 360 et parents d’homos, dénonce cette barbarie, la violation des droits humains et demande à l’ONU qu’elle prenne des mesures à l’égard du gouvernement tchétchène. La Fédération appelle également le Conseil fédéral à condamner en son nom propre avec toute la fermeté requise ces agissements intolérables.

Aucun être humain ne doit être persécuté en raison son orientation sexuelle et/ou de son identité de genre ! Se sentir en sécurité est un droit fondamental ! Disons-le haut et fort en faisant à présent le plus de bruit possible pour que cela soit entendu loin à la ronde !"

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