28/06/2017

"Ce qui nous lie": le verre à moitié plein (et 5 autres films à l'affiche)

FullSizeRender.jpgDonner vie, créer de l’émotion et mettre en lien - le titre du film est à cet égard fort bien trouvé - des personnages qui pourraient exister dans la « vraie » vie, c’est la grande force du cinéma de Cédric Klapisch, le réalisateur, entre autres, de « Un air de famille » et de la trilogie « L’auberge espagnole », « Les poupées russes » et « Casse-tête chinois ».

Cette qualité est à nouveau présente dans « Ce qui nous lie » qui met en scène une fratrie unie bien évidemment par les liens du sang, mais aussi par cette terre qui année après année permet à une nouvelle cuvée d’être mise en bouteille.

 Jean, le frère aîné, est parti de sa Bourgogne natal dix ans auparavant, en froid avec son père, pour faire le tour du monde qui l’a conduit à s’installer en Australie où il a fondé une famille. A l’annonce de la mort imminente du paternel, il décide de faire le voyage pour dire adieu à son père. C’est l’occasion de revoir sa sœur, Juliette, et son frère, Jérémie, et de tenter de recréer ce lien fort qu’ils avaient entre eux enfants, mais qui s’est beaucoup distendu après cette décennie synonyme d’abandon pour les deux cadets. Les retrouvailles ont lieu alors que le père meurt et que les vendanges débutent, deux événements pour ces enfants de vigneron qui vont les amener à devoir se positionner sur leur avenir individuel et collectif.

La qualité première de « Ce qui nous lie » n’est en tout cas pas son scénario qui manque d’originalité et qui tourne rapidement en rond, à tel point que l’on se désintéresse assez rapidement de la question de la succession qui prend trop de place, d’où certaines longueurs.

Malgré ce défaut qui pourrait être rédhibitoire, le film fonctionne pourtant plutôt bien grâce à plusieurs scènes émouvantes, comme par exemple celle de la découverte de la lettre paternelle adressée à son fils et jamais envoyée qui fait écho à la visite de Jean à son père sur son lit de mort. Il y a également des moments où l’on rit de bon cœur, tout particulièrement les scènes où Jérémie tente tant bien que mal de dire à ses beaux-parents ce qu’il pense d’eux. Et puis, il y a cette superbe scène collective qui marque la fin des vendanges qui est d’une très grande maîtrise au niveau de la mise en scène et qui met en valeur tout le savoir faire de Cédric Klapisch dans ce domaine.

Enfin, les acteurs sont bons, une condition essentielle pour se laisser porter par ce genre de film, et les paysages de la Bourgogne, que l’on découvre sur les quatre saisons, fort agréables à l’œil. Un film donc que l’on qualifiera de verre à moitié plein et qui donne très envie de boire un bon verre de rouge de Bourgogne après l’avoir vu ! (3 étoiles)

Toujours à l’affiche

4 étoiles. « Wonder Woman ». Diana est la fille de la reine des Amazones et vit sur une île paradisiaque à l’abri des regards. Elle est entraînée durement pendant sa jeunesse afin de devenir une guerrière imbattable au cas où les Amazones seraient attaquées, ce que craint sa mère qui lui a caché ses véritables origines…Mais avant de régler ses comptes avec le passé, Diana va affronter le monde réel et utiliser ses super pouvoirs au service de la paix alors que la première guerre mondiale fait rage. Femme libérée et en tenue légère, Diana se trouve plongée dans un monde qui est son exact opposé, ce qui donne lieu à des scènes fort drôles tout en permettant à l’intrigue d’avancer d’un bon pas. On ne s’ennuie en effet pas une seconde, les rebondissements étant nombreux et parfois inattendus. Le seul reproche que l’on peut faire est que la confrontation finale pourrait durer facilement cinq minutes de moins. Pour le reste, les effets spéciaux sont à la hauteur de ce que l’on peut attendre d’un film de super héroïne, les scènes d’action sont captivantes et s’intègrent fort bien avec des scènes plus intimes sans mièvrerie, les personnages secondaires sont très sympathiques ou très inquiétants et enfin Gal Gadot est une Wonder Woman très crédible et à la plastique irréprochable, comme il se doit pour le personnage. Un très bon divertissement.

4 étoiles. « Get out ». Couple mixte, Chris et Rose filent le parfait amour. L'envie de présenter Chris à ses parents est donc une évidence pour Rose qui ne leur a toutefois pas dit que son amoureux était Noir, ce qui n'est pas sans inquiéter Chris. Tranquillisé par Rose qui l'assure que ce n'est pas un problème pour ses géniteurs, les deux amoureux partent en week-end rencontrer la belle famille qui vit dans une magnifique propriété et dans un univers très "Blanc". Si l'accueil est effectivement chaleureux, Chris va toutefois petit à petit être déstabilisé par des détails qui mis bout à bout ont de quoi créer de l'angoisse..."Get out" est un film qui fait monter crescendo la pression grâce à une mise en scène à la hauteur, un rythme soutenu, un peu d'humour et des pics de stress soulignés par une musique qui fait tout son effet. Et bien évidemment grâce également à un scénario intelligent qui tire sur la satire tout en respectant les codes du thriller horrifique dont une fin qui fait honneur aux meilleurs films d'horreur, y compris dans son outrance. Les amateurs du genre y trouveront sans problème leur compte.

4 étoiles. «The Lost City of Z». En 1906, la Société géographique royale d’Angleterre propose à Percy Fawcett, explorateur qui a vraiment existé, de partir en Amazonie afin de cartographier les frontières entre le Brésil et la Bolivie. Tout d’abord décontenancé par cette mission qu’il considère comme peu en rapport avec ses ambitions, mais n’ayant pas vraiment le choix, il va s’embarquer, en laissant femme et enfants derrière lui pour plusieurs années, dans une aventure dont il ne reviendra pas indemne. Persuadé d’avoir découvert les vestiges d’une cité perdue, il n’aura de cesse au cours d’autres voyages de prouver son existence au risque de se perdre, au sens propre et figuré. « The lost City of Z » brosse en finesse le portrait d’un homme à la personnalité complexe. Tiraillé entre son sens du devoir paternel et militaire et son obsession quasi mystique de découvrir cette cité perdue, le personnage de Percy Fawcett ne laisse pas indifférent. Le film aux images magnifiques et à la réalisation soignée prend son temps, sans doute un petit peu trop par moment, et fait son chemin jusqu’à une fin à la hauteur des espoirs du colonel Percy Fawcett : magique.

2 étoiles. « Pirates des Caraïbes : la vengeance de Salazar » est plaisant dans sa première partie. On a un réel plaisir à retrouver Jack Sparrow encore plus déjanté que d’habitude. Les premières minutes sont à la fois drôles et spectaculaires. La mise en place de l’intrigue est également intéressante avec la découverte de l’inquiétant Capitaine Salazar (Javier Bardem, excellent) et de sa bande de pirates prisonniers du Triangle du Diable. Les effets spéciaux pour donner vie à ces morts-vivants et leur bateau sont époustouflants. Il en est de même pour les premières batailles sur les flots. Et puis, au milieu du film, le soufflé retombe : l’intrigue n’avance guère, les rebondissements sont prévisibles, les combats de pirates se répètent, Johnny Depp caricature à outrance son personnage et le dernier quart d’heure est d’un ennui mortel. Un cinquième épisode qui, au final, se nourrit des précédents en reprenant ce qui a fait leur succès : des personnages caricaturaux et attachants, de l’action, des effets spéciaux bluffants, une musique assourdissante et de l’humour. Sans doute suffisant pour satisfaire les fans, les autres passeront leur chemin.

1 étoile. « L’amant double ». Chloé est une jeune femme fragile qui se plaint de maux de ventre persistants. Suivant le conseil de son médecin, elle va voir un psychothérapeute, Paul Meyer. Coup de foudre réciproque entre le médecin et sa patiente qui s’installent ensemble quelques mois plus tard. Mais un jour, Chloé découvre que son amoureux a un frère jumeau, Louis Delors, également psy, dont il ne lui a jamais parlé. Décidée à découvrir la vérité sur ce frère caché, elle prend alors rendez-vous avec celui qui va devenir un amant pour le moins inquiétant…« L’amant double » est un thriller érotico-psychologique à tiroirs sur le thème de la gémellité où l’on se perd. Les fausses pistes sont nombreuses, les rêves côtoient la réalité sans savoir si celle-ci est bien…réelle. Les scènes érotiques entre Chloé et Louis font la part belle à un machisme insupportable. Et il ne faut pas compter sur la fin du film des plus ambiguës pour voir plus clair dans ce jeu de miroirs bien flou. Certes, « L’amant double » est formellement impeccable, mais complètement dénué d’émotions. C’est donc avant tout un pur exercice de style, froid, vain, tordu et malsain dont on peut aisément se passer.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

20/06/2017

"Wonder Woman" est au rendez-vous (et 4 autres films à l'affiche)

FullSizeRender.jpgA en croire les critiques des quotidiens romands « Wonder Woman » serait un film plus que moyen. Erreur ! Il a beaucoup de qualités et les fans de la série télévisée ne seront pour sûr pas déçus de découvrir sur grand écran les aventures de cette super héroïne au charisme certain.

Diana est la fille de la reine des Amazones et vit sur une île paradisiaque à l’abri des regards. Elle est entraînée durement pendant sa jeunesse afin de devenir une guerrière imbattable au cas où les Amazones seraient attaquées, ce que craint sa mère qui lui a caché ses véritables origines…Mais avant de régler ses comptes avec le passé - et suite au crash d’un soldat britannique de la première guerre mondiale sur l’île qui va lui faire prendre conscience qu’elle doit aller se battre pour arrêter le conflit - Diana va affronter le monde réel et utiliser ses super pouvoirs au service de la paix.

« Wonder Woman » commence gentiment dans une ambiance kitsch assumée pour souligner le côté mythologique des origines des Amazones. Cette atmosphère est dans un premier temps un peu déstabilisante, on se croirait dans un péplum des années 50, puis prend tout son sens au fur et à mesure que l’histoire avance rendant d’autant plus jubilatoire l’arrivée totalement décalée de Diana dans le Londres très masculin de 1918.

 Femme libérée et en tenue légère, Diana se trouve plongée dans un monde qui est son exact opposé, ce qui donne lieu à des scènes fort drôles tout en permettant à l’intrigue d’avancer d’un bon pas. On ne s’ennuie en effet pas une seconde durant les deux heures et vingt minutes que dure le film, les rebondissements étant nombreux et parfois inattendus. Le seul reproche que l’on peut faire est que la confrontation finale, comme c’est souvent le cas dans de type de film, pourrait durer facilement cinq minutes de moins.

Pour le reste, les effets spéciaux sont à la hauteur de ce que l’on peut attendre d’un film de super héroïne, les scènes d’action sont captivantes et s’intègrent fort bien avec des scènes plus intimes sans mièvrerie, les personnages secondaires sont très sympathiques ou très inquiétants et enfin Gal Gadot est une Wonder Woman très crédible et à la plastique irréprochable, comme il se doit pour le personnage. « Wonder Woman » est donc dans le genre un très bon divertissement. On ne lui en demandait pas plus, ni moins. (4 étoiles)

Toujours à l’affiche

4 étoiles. « Get out ». Couple mixte, Chris et Rose filent le parfait amour. L'envie de présenter Chris à ses parents est donc une évidence pour Rose qui ne leur a toutefois pas dit que son amoureux était Noir, ce qui n'est pas sans inquiéter Chris. Tranquillisé par Rose qui l'assure que ce n'est pas un problème pour ses géniteurs, les deux amoureux partent en week-end rencontrer la belle famille qui vit dans une magnifique propriété et dans un univers très "Blanc". Si l'accueil est effectivement chaleureux, Chris va toutefois petit à petit être déstabilisé par des détails qui mis bout à bout ont de quoi créer de l'angoisse..."Get out" est un film qui fait monter crescendo la pression grâce à une mise en scène à la hauteur, un rythme soutenu, un peu d'humour et des pics de stress soulignés par une musique qui fait tout son effet. Et bien évidemment grâce également à un scénario intelligent qui tire sur la satire tout en respectant les codes du thriller horrifique dont une fin qui fait honneur aux meilleurs films d'horreur, y compris dans son outrance. Les amateurs du genre y trouveront sans problème leur compte.

4 étoiles. «The Lost City of Z». En 1906, la Société géographique royale d’Angleterre propose à Percy Fawcett, explorateur qui a vraiment existé, de partir en Amazonie afin de cartographier les frontières entre le Brésil et la Bolivie. Tout d’abord décontenancé par cette mission qu’il considère comme peu en rapport avec ses ambitions, mais n’ayant pas vraiment le choix, il va s’embarquer, en laissant femme et enfants derrière lui pour plusieurs années, dans une aventure dont il ne reviendra pas indemne. Persuadé d’avoir découvert les vestiges d’une cité perdue, il n’aura de cesse au cours d’autres voyages de prouver son existence au risque de se perdre, au sens propre et figuré. « The lost City of Z » brosse en finesse le portrait d’un homme à la personnalité complexe. Tiraillé entre son sens du devoir paternel et militaire et son obsession quasi mystique de découvrir cette cité perdue, le personnage de Percy Fawcett ne laisse pas indifférent. Le film aux images magnifiques et à la réalisation soignée prend son temps, sans doute un petit peu trop par moment, et fait son chemin jusqu’à une fin à la hauteur des espoirs du colonel Percy Fawcett : magique.

 2 étoiles. « Pirates des Caraïbes : la vengeance de Salazar » est plaisant dans sa première partie. On a un réel plaisir à retrouver Jack Sparrow encore plus déjanté que d’habitude. Les premières minutes sont à la fois drôles et spectaculaires. La mise en place de l’intrigue est également intéressante avec la découverte de l’inquiétant Capitaine Salazar (Javier Bardem, excellent) et de sa bande de pirates prisonniers du Triangle du Diable. Les effets spéciaux pour donner vie à ces morts-vivants et leur bateau sont époustouflants. Il en est de même pour les premières batailles sur les flots. Et puis, au milieu du film, le soufflé retombe : l’intrigue n’avance guère, les rebondissements sont prévisibles, les combats de pirates se répètent, Johnny Depp caricature à outrance son personnage et le dernier quart d’heure est d’un ennui mortel. Un cinquième épisode qui, au final, se nourrit des précédents en reprenant ce qui a fait leur succès : des personnages caricaturaux et attachants, de l’action, des effets spéciaux bluffants, une musique assourdissante et de l’humour. Sans doute suffisant pour satisfaire les fans, les autres passeront leur chemin.

 1 étoile. « L’amant double ». Chloé est une jeune femme fragile qui se plaint de maux de ventre persistants. Suivant le conseil de son médecin, elle va voir un psychothérapeute, Paul Meyer. Coup de foudre réciproque entre le médecin et sa patiente qui s’installent ensemble quelques mois plus tard. Mais un jour, Chloé découvre que son amoureux a un frère jumeau, Louis Delors, également psy, dont il ne lui a jamais parlé. Décidée à découvrir la vérité sur ce frère caché, elle prend alors rendez-vous avec celui qui va devenir un amant pour le moins inquiétant…« L’amant double » est un thriller érotico-psychologique à tiroirs sur le thème de la gémellité où l’on se perd. Les fausses pistes sont nombreuses, les rêves côtoient la réalité sans savoir si celle-ci est bien…réelle. Les scènes érotiques entre Chloé et Louis font la part belle à un machisme insupportable. Et il ne faut pas compter sur la fin du film des plus ambiguës pour voir plus clair dans ce jeu de miroirs bien flou. Certes, « L’amant double » est formellement impeccable, mais complètement dénué d’émotions. C’est donc avant tout un pur exercice de style, froid, vain, tordu et malsain dont on peut aisément se passer.

 5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

18/06/2017

Des mesures en faveur des cyclistes, vraiment?

FullSizeRender.jpgLe diable se cache souvent dans les détails. Annoncer qu’il y aura une onde verte vélo à la rue de la Servette et la création d’une bande cyclable à Plainpalais, suite à la suppression de feux, c’est bien. Mais à y regarder de plus près, ces deux mesures en faveur de la mobilité douce soulèvent des questions et des commentaires.

En ce qui concerne l’onde verte vélo sur la rue de la Servette, le département de l’environnement, des transports et de l’agriculture (DETA) précise que cette dernière aura lieu dans le sens de la descente et qu’elle permettra de gagner deux minutes entre le carrefour du Bouchet et la rue de Lyon avec une vitesse moyenne de 25 km/h.

Empruntant cette rue presque tous les jours à vélo, je peux affirmer qu’il est possible d’atteindre cette vitesse à la seule et unique condition que les scooters et motos ne squattent pas la bande cyclable, empêchant ainsi régulièrement les cyclistes de remonter la file, et ne se mettent pas à la place prévue pour les cyclistes aux feux. Or, ce n’est bien évidemment pas le cas ! Le DETA a-t-il prévu de demander à la police de faire des contrôles réguliers? Si tel n’est pas le cas, cette mesure sera inutile.

Quant à la création d’une bande cyclable à Plainpalais, suite à la suppression de feux à vingt carrefours dans le canton, le DETA précise dans son communiqué de presse (1) qu’elle sera accompagnée de 38 places de parking pour les motos et de…6 places pour les vélos ! On voudrait encourager la circulation des deux roues motorisés au centre ville qu’on ne s’y prendrait pas autrement, alors que c’est la mobilité douce et les transports publics qui doivent l’être.

En conclusion, le DETA poursuit sa politique qui vise à faire plaisir à tout le monde, sans opérer des véritables choix. C’est peut-être payant sur un plan électoral à court terme, mais insuffisant pour encourager les habitant-e-s de ce canton à prendre les transports publics et/ou le vélo. C’est pourtant un enjeu primordial de santé publique quand l’on sait que plus de 3000 Suisses décèdent chaque année des suites de la pollution atmosphérique.

(1) https://demain.ge.ch/actualite/fluidification-flux-circul...