24/08/2017

Moins d'argent pour sauver des vies

Le communiqué de presse de mercredi de l’administration fédérale annonçait fièrement que « la Suisse poursuivait ses efforts dans la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme », le Conseil fédéral ayant approuvé un budget de 57 millions de francs au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme pour la période 2017-2019.

Et d’ajouter que ces pandémies constituent toujours un problème majeur de santé publique dans les pays à faible et moyen revenus avec comme conséquence en Afrique subsaharienne, des millions de décès qui peuvent encore être évités. En effet, chaque année on compte 2,6 millions de morts prématurées, en majorité parmi les femmes et les enfants, à cause de ces trois maladies.

Constat alarmant qui nécessiterait une augmentation de l’effort financier des pays riches au Fonds mondial afin d’accélérer la lutte contre ces maladies, puisqu’il est possible de le faire avec des moyens adéquats. C’est ainsi que le nombre de personnes mourant du VIH, de la tuberculose et du paludisme a reculé d’un tiers depuis 2002. Rien qu’entre 2012 et 2015, 146 millions d’infections ont été évitées pour ces trois maladies.

En ce qui concerne le sida, il serait possible de mettre fin à l’épidémie à l’horizon 2030 à condition que 90% des personnes qui vivent avec le VIH connaissent leur statut sérologique (environ une sur deux aujourd’hui dans le monde, 81% en Suisse), que 90% de ces personnes soient sous traitement antirétroviral (environ 40% en 2015 dans le monde, objectif atteint en Suisse) et que 90% des personnes sous traitement antirétroviral aient une virémie indétectable (objectif atteint en Suisse), c’est-à-dire qu’elles ne puissent plus transmettre le virus.

Mais pour atteindre ces objectifs fixés par l’OMS pour 2030, il est indispensable d’augmenter le nombre de dépistages et son accessibilité et de mettre sous traitement antirétroviral les personnes infectées rapidement après le diagnostic, ce qui requièrent des moyens à la hauteur de ces ambitions.

Or, la Suisse avec sa contribution de 57 millions sur trois ans fait le contraire : elle la diminue de 3 millions par rapport à la période précédente à cause de la coupe budgétaire qui a lieu à la Direction du développement et de la coopération ! Une aberration qui aura des répercussions directes sur des vies humaines. Désolant.

 

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