24/09/2017

Echec de Prévoyance 2020 : une condamnation à la politique des petits pas

Le paquet ficelé Prévoyance 2020 n’a donc pas convaincu la majorité du peuple suisse. Et plutôt deux fois qu’une. A croire qu’il n’était pas aussi équilibré que ses partisans le laissaient entendre. Le principe de réalité l’a emporté sur le principe de précaution.

Et maintenant ? Les oiseaux de mauvais augure nous prédisaient la retraite à 67 ans pour toutes et tous si Prévoyance 2020 ne passait pas. Argument de campagne basé sur la peur qui a fait long feu, le peuple suisse n’ayant pas oublié que le dernier mot lui reviendrait si cette décision était prise par le Parlement, avec très probablement un non à la clé.

Il convient donc dès à présent de remettre l’ouvrage sur le métier en tirant les conséquences de cet échec.

Relever uniquement l’âge de la retraite des femmes était l’erreur principale non seulement parce que l’égalité salariale n’est toujours pas réalisée, mais aussi parce que les femmes portaient une trop grande part de cette réforme sur leurs épaules. Pourquoi ne pas avoir proposé de relever l’âge de la retraite des femmes à 64 ans et demi et celle des hommes à 65 ans et demi ? Cela aurait incontestablement mieux passé. Il conviendra assurément de s’en souvenir quand il s’agira de présenter une nouvelle révision.

Baisser le taux de conversion du 2ème pilier de 6,8 à 6% était trop radical, d’autant plus qu’il était couplé avec une augmentation des cotisations, et qu’il impactait tout particulièrement la jeune génération. A ce propos, n’y aurait-il pas moyen de remettre en question, même de manière très légère et suivant des critères à définir, les acquis de celles et ceux qui sont à la retraite afin que tout le monde participe à l’effort collectif ?

Quant à l’augmentation des 70 francs de l’AVS (pas pour toutes et tous et proportionnelle au nombre d’années de cotisation), elle était une aumône pour certains et totalement insuffisante pour d’autres. Ne faudrait-il pas plutôt adapter les rentes chaque année en fonction de l’inflation en prenant en compte l’augmentation des primes de l’assurance maladie qui grèvent chaque année de plus en plus les budgets ?

Et que penser de l’impossibilité de toucher une rente du deuxième pilier, forcément largement diminuée, avant 62 ans pour celles et ceux qui pourraient se le permettre et ainsi libérer un poste de travail ?

Enfin, l’augmentation, même modeste, de la TVA de manière uniforme n’a pas passé non plus. Aurait-elle eu plus de chance si elle avait été ciblée sur des produits dits de luxe, puisqu’il existe bien un taux plus bas pour l’hôtellerie et le tourisme ? Pas sûr, mais c’est une piste à explorer.

Prévoyance 2020 a échoué parce qu’elle a avant tout sous-estimé le sacrifice qui était demandé aux femmes, les mesures compensatoires étant jugées insuffisantes. D’autres mesures ont également fait leur lot de mécontents démontrant par là qu’un paquet ficelé est quasiment impossible à faire passer devant le peuple. La réforme des retraites est condamnée à la politique des petits pas si chère à notre pays et qui lui réussit plutôt bien.

 

23/09/2017

Pagani et Barthassat rappelés à l'ordre

IMG_0236.PNGIl est rassurant de constater que la séparation des pouvoirs fonctionne dans notre République. Coup sur coup deux magistrats se sont fait remonter les bretelles par la justice.

Rémy Pagani, tout d'abord. À force de jouer avec le feu, le Conseiller administratif d'Ensemble à Gauche s'est brûlé les doigts. Il a emporté avec lui dans le brasier toutes celles et ceux qui se sont battu pour récolter les signatures pour les quatre référendums et qui ont ensuite fait campagne pour convaincre de voter 4 X NON. Un beau gâchis.

Luc Barthassat ensuite. Le Conseiller d'Etat chargé de la mobilité ne voit quant à lui aucun problème à mettre sa vison très personnelle du pragmatisme au-dessus de la loi. Le procureur général Olivier Jornot, garant que la loi soit appliquée, ne l'a heureusement pas entendu de cette oreille et a rappelé au magistrat que son initiative pour que le parcage des deux roues motorisés soit toléré sur les trottoirs était...intolérable. Il a ainsi rejoint l'opinion de l'ATE qui a lancé la semaine dernière une pétition pour que le Conseiller d'Etat fasse marche arrière.

Nul n'est au-dessus de la loi, comme ces deux rappels à l'ordre bienvenus le prouvent.

 

 

21/09/2017

« Mary »: pour son duo d’acteurs (et 12 autres films à l’affiche)

FullSizeRender.jpgLe titre original « Gifted », (sur)douée, résume à lui tout seul le sujet du film qui raconte l’histoire de Mary, une fille de 7 ans qui a un talent hors du commun dans le domaine des mathématiques. Elle vit avec son oncle qui veut lui donner une vie la plus normale possible malgré ce don extraordinaire afin de ne pas revivre le drame qu’il a vécu quelques années auparavant. Mais c’est sans compter avec sa mère qui va faire irruption dans leur vie et tenter, au travers de sa petite-fille, de renouer avec un passé pourtant dévastateur.

Le moins que l’on puisse écrire est que cette trame ne brille pas par son originalité, même si la question soulevée sur la place à donner aux enfants surdoués est intéressante, et qu’il n’y a pas besoin d’être un génie pour deviner ce qu’il va se passer. Heureusement, les deux interprètes principaux du film tiennent la route et sont l’incontestable point fort du film.

C’est ainsi que Chris Evans, bien loin du personnage de « Captain America », est touchant dans le rôle de celui qui veut le meilleur pour sa nièce, mais qui doute beaucoup sur les bons choix à faire. Quant à Mckenna Grace, elle est tout simplement bluffante dans le rôle de Mary passant d’une expression à l’autre avec un formidable naturel.

Grâce à son duo d’acteurs, et malgré sa faiblesse scénaristique, son côté téléfilm et quelques invraisemblances, « Mary » se laisse donc voir sans déplaisir, mais sans plus (2 étoiles).

Toujours à l’affiche

5 étoiles. « L’ordre divin ». "En 1971, le monde était en pleine mutation, mais ici en Suisse, le temps semblait s'être arrêté." Le contraste avec le générique est saisissant et donne immédiatement le ton du film: Nora et ses amies vont devoir soulever des montagnes pour lutter contre cette société patriarcale et machiste qui est à la veille de décider si elle donnera le droit de vote et d'éligibilité aux femmes. Pour raconter les semaines qui précèdent cette votation qui deviendra historique, le film de la réalisatrice Petra Volpe reconstitue à la perfection cette ambiance du début des années septante de cette Suisse fermée sur elle-même: décors, costumes, coiffures, mœurs, attitudes de la gente masculine, tout y est. C'est à la fois jouissif et consternant de voir où en étaient les droits des femmes au niveau national il y a seulement 45 ans. Le film est d'ailleurs à l'image de ce constat, puisqu'il comporte des scènes franchement drôles et tendres qui alternent avec d'autres où l'on rit jaune, voire où l'on pleure de tristesse ou de joie. "L'ordre de divin" est très bien écrit que ce soit au niveau de son scénario ou de ses personnages auxquels on s'attache rapidement. Il faut dire que la distribution est excellente et donne toute sa crédibilité au film. A voir absolument.

4 étoiles. « 120 battements par minute ». Paris début des années 90, l’épidémie du sida fait des ravages, tout particulièrement dans la communauté homosexuelle, dans une indifférence quasi générale. Les militants d’Act Up multiplient les actions coup de poing pour attirer l’attention des pouvoirs publics et des pharmas sur le drame qui se joue sous leurs yeux et dont ils ne mesurent pas l’ampleur par ignorance, parce qu’ils se voilent la face ou encore par calcul. La première partie du film, qui donne une grande place aux réunions hebdomadaires et aux actions est absolument remarquable aussi bien au niveau des contenus que de la manière dont elles sont mises en scène. Du grand cinéma. Et puis, il y a au milieu de ce tourbillon militant la relation amoureuse entre Sean, dont la santé décline semaine après semaine, et Nathan, qui a échappé à l’infection. Leur relation illustre par deux destins individuels le combat qu’Act Up a mené pour l’ensemble de la collectivité. Si la romance entre Sean et Nathan, les deux acteurs sont exceptionnels, tire vers la fin un peu trop en longueur et vers le mélo, seul reproche que l’on peut faire au film, elle est autrement drôle, sensuel, d’une très grande complicité, pleine d’espoir malgré tout, bouleversante, tragique. Bref, belle, tout simplement.

4 étoiles. « Les proies ». 1864. La guerre de Sécession fait rage. Dans le Sud, une jeune fille découvre en cueillant des champignons dans la forêt un soldat nordiste blessé. Elle décide de l’aider à rejoindre le pensionnat dans lequel elle vit avec cinq autres femmes d’âge différent, dont la directrice et une enseignante, afin qu’il puisse être soigné. Cette présence masculine, qui plus est ennemie, va petit à petit déclencher des tensions de plus en plus fortes entre les pensionnaires. « Les proies » est quasiment un huis clos qui régale l’œil : les images, les décors, les costumes, la lumière, magnifiques éclairages à la bougie, la photographie sont superbes. La mise en scène de Sofia Coppola, récompensée au dernier Festival de Cannes, est d’une très grande précision avec comme conséquence que la tension augmente imperceptiblement quand bien même les événements qui se déroulent au sein du pensionnat ne sont finalement pas si nombreux. Alors que dans la version de Don Siegel de 1971, le soldat était très clairement le prédateur, dans le film de Sofia Coppola, la notion de proie est beaucoup plus floue. Les actrices, toutes excellentes, le démontrent d’ailleurs à merveille dans leur jeu subtil, tout particulièrement dans le dernier tiers du film sous très haute tension. Un film à la beauté glaçante.

4 étoiles. « Dunkerque ». Mai 1940. 400 000 soldats anglais sont pris en tenaille entre la mer du Nord et l’armée allemande sur les plages de Dunkerque. Pour éviter un massacre à grande échelle et rapatrier les troupes de sa Majesté, il va falloir compter sur les troupes françaises, sur la Royal Air Force et enfin sur la flotte militaire et…civile anglaise. Pour raconter cet épisode de la seconde guerre mondiale, Christopher Nolan, le réalisateur, entre autres, de la trilogie Batman, d’Inception et d’Interstellar, a pris trois angles d’attaque avec des espaces-temps différents qui se rejoindront à la fin du film : une semaine pour les événements qui se déroulent sur terre, un jour pour ceux qui ont lieu sur mer et une heure pour ceux qui ont comme décor le ciel. Il n’y a pas de temps mort dans « Dunkerque » et très peu de dialogues. Le film met en scène, sans hémoglobine, avec brio, et par moments émotion, ces soldats pris au piège sur terre et sur mer, le danger venant en premier lieu du ciel. A ce propos, les combats aériens sont à couper le souffle. « Dunkerque » est un blockbuster, mais avec toutefois l’ambition d’être également un film d’auteur. Ambition réussie grâce à une maîtrise technique époustouflante, une mise en scène qui ne laisse rien au hasard, une narration originale et, pour couronner le tout, une très belle distribution.

3 étoiles. « Ôtez-moi d’un doute ». Erwan est démineur et va voir sa vie littéralement exploser quand il va apprendre que son père n’est pas son père biologique. En recherchant son géniteur, alors que dans le même temps sa fille enceinte refuse de lui dire qui est le père de son enfant, Erwan va devoir gérer un conflit de loyauté entre celui qui l’a élevé et celui qui lui a donné la vie. Et ce n’est pas tout, puisqu’il va lui falloir gérer sa relation avec Anna, fille de son père biologique, qui ignore tout de la situation et qui a flashé sur lui. La lecture de ce synopsis fait penser à une pièce de boulevard et à une comédie bien lourde dont le cinéma français a le secret. Mais en fait, il n’en est (presque) rien. Malgré le côté « tiré par les cheveux » du scénario, particulièrement la fin qui est décevante, le film est agréable à regarder de bout en bout grâce à l’alternance de scènes tendres, voire émouvantes, et d’autres drôles, voire hilarantes grâce à Esteban qui, dans le rôle de Didier, est franchement génial. « Ôtez-moi d’un doute » n’est certes pas la comédie du siècle, mais c’est loin d’être désagréable.

3 étoiles. « Petit Paysan ». Pierre a la trentaine et toute sa vie est organisée autour de ses vaches. Ses relations se résument à celles qu’il a avec sa sœur vétérinaire et avec ses parents dont il a repris l’exploitation. Alors, quand il va découvrir que l’une de ses bêtes est infectée par une maladie contagieuse, il ne va pas hésiter, pour sauver son troupeau, à enfreindre les règles et accumuler les mensonges dans ce qui ressemble fort à une fuite en avant. Hubert Charuel, dont c’est le premier long-métrage, est lui-même fils de paysan. Il avait dix ans quand la crise de la vache folle s’est déclarée. La tension qui régnait à l’époque chez les éleveurs l’a beaucoup marquée et l’a inspiré pour le film tourné dans la ferme de ses parents. Ce n’est donc pas un hasard si « Petit paysan » a un côté film documentaire renforcé par le fait que les acteurs ne sont pas tous professionnels. Il n’y a là rien de bien gênant, même si du coup la réalisation et la mise en scène ne font pas preuve d’une folle originalité. Porté par Swan Arlaud, absolument formidable, et Sara Giraudeau, « Petit Paysan » est un film sensible, touchant, parfois drôle, virant au thriller agricole avec un vrai suspense dans sa deuxième partie. Un premier film réussi.

3 étoiles. « La Planète des Singes – Suprématie ». Dans le volet final de cette trilogie, César, leur chef, doit défendre les Singes contre une armée humaine prête à tout pour les exterminer. De l’issue de cet affrontement dépendra non seulement la survie de chaque espèce, mais aussi l’avenir de la planète. A la lecture de ce synopsis, on pouvait s’attendre à un troisième épisode violent et sanglant. Or, « La Planète des Singes – Suprématie » est avant tout un film sombre qui donne une large place aux démons intérieurs de ses personnages principaux. Cette approche psychologique intéressante a pourtant son revers de la médaille : elle ralentit par moment trop l’action. En effet, si le début du film est très réussi, son milieu connaît un sacré coup de mou, y compris du point de vue du scénario. Heureusement, la dernière partie est un bon équilibre entre psychologie et action. Dommage donc que « La Planète des Singes – Suprématie » pêche par sa longueur (2h20) et quelques invraisemblances scénaristiques, car autrement c’est un film de qualité : les effets spéciaux sont toujours aussi bluffants, les décors, la photographie, la bande-son et bien évidemment la mise en scène sont remarquables.

3 étoiles. « Baby Driver ». Baby a une dette envers un grand patron du crime qu’il doit rembourser en mettant ses qualités de conducteur hors du commun au service de braqueurs de banque. Pour être le meilleur dans son domaine, il roule au rythme endiablé de sa propre playlist, un comportement qui cache un drame vécu dans son enfance. Le jour où il rencontre la fille de ses rêves, Baby cherche à mettre un terme à ses activités criminelles. Mais pas facile de se faire oublier du milieu quand on possède des qualités comme les siennes. Film d’action avec des courses poursuite, spécialement la première qui vaut le déplacement à elle toute seule, très spectaculaires, « Baby Driver » tient la route, notamment grâce à une bande-son omniprésente qui joue un rôle à part entière. Alors, certes, le scénario n’est pas d’une folle originalité et l’histoire d’amour est franchement nunuche à tel point qu’on se demande s’il ne faut pas la prendre au second degré, à l’image des gangsters qui sont des caricatures d’eux-mêmes. Divertissant.

3 étoiles. « The Circle ». Mae est engagée chez The Circle, le groupe de nouvelles technologies et de médias sociaux le plus puissant du monde. Elle va petit à petit gravir les échelons au sein de l’entreprise et en devenir une figure emblématique en permettant aux internautes de suivre sa vie en direct grâce à une caméra branchée sur elle en permanence. Cela ne sera pas sans conséquence pour elle-même, pour ses proches et pour ses patrons. Le sujet est d’une brûlante actualité et interpelle sur les limites à ne pas dépasser en matière de protection de ses données personnelle et donc de sa sphère privée. A ce propos, quelques scènes du film font froid dans le dos. Et les nombreux commentaires des internautes incrustés font rire jaune au même titre que le cynisme du big boss de l’entreprise ou encore la fin plutôt réussie. Certes, « The Circle » démarre un peut trop lentement et sa facture est très classique. Il ne creuse pas assez son passionnant sujet, à l’image des seconds rôles insuffisamment développés et exploités, mais il est plutôt efficace, se laisse voir sans déplaisir et fait quand même réfléchir un peu. Pas si mal pour un film estival.

2 étoiles. « Atomic Blonde ». L’agent Lorraine Broughton est une espionne anglaise qui doit se rendre à Berlin la semaine précédent la chute du mur de Berlin pour récupérer avant d’autres une liste où figurent les noms de nombreux espions. Il y a bien évidemment parmi eux une taupe qui n’est pas celle ou celui que l’on croit. « Atomic Blonde » possède un rythme effréné, ce qui a pour conséquence qu’on ne voit pas le temps passé, et est filmé comme un clip géant des années 80 avec une musique omniprésente. Les scènes de combat au corps à corps, fort bien mises en scènes et en musique et esthétiquement réussies, sont nombreuses, violentes et sanglantes. Des filtres caméra donnent à de nombreuses scènes une ambiance de boîte de nuit, le tout sur un fond d’hémoglobine dominant. Charlize Theron se glisse sans problème dans le rôle de cette espionne à qui rien ni personne ne résistent, à tel point qu’on en oublierait presque les nombreuses invraisemblances du scénario et les méchants qui ont de la peine à mourir après avoir pourtant reçu, liste non exhaustive, des balles, des coups de couteau ou de tire-bouchon.. Réservé aux amatrices et amateurs du genre.

2 étoiles. «Spider-Man : Homecoming ». Le célèbre héros a désormais 15 ans (!), avec ses problèmes d’adolescent pubère pas intéressants pour deux sous, l’occasion de tout recommencer avec un mentor qui se nomme Iron Man bien décidé à ne pas (trop) faciliter la vie de l’apprenti Homme-Araignée pour devenir un Avenger à part entière. Cette troisième renaissance de Spider-Man est à la hauteur concernant les effets spéciaux et quelques scènes d’action sont réussies. Il y a aussi parfois de quoi arracher quelques sourires. Mais ce super-héros-apprenti-qui-se-cherche, avec pourtant une combinaison qui ressemble à s’y méprendre à l’armure d’Iron Man, met à mal la légende de l’Homme-Araignée et finit même par agacer. On peut également ajouter qu’il y a un sacré coup de mou au milieu du film, heureusement le dernier tiers est plus réussi. Ce « teen movie » plaira donc sans doute au public adolescent à qui il est destiné, les plus âgés risquant fort d’être déçus par ce bébé-araignée qui, on l’espère, aura pris de la maturité lors de son retour d’ores et déjà annoncé sur les écrans en 2019.

1 étoile. « Barbara ». Mathieu Amalric rend hommage à Barbara 20 ans après sa disparition dans un film dans le film qui met en scène une actrice qui joue Barbara. On la voit ainsi travailler son rôle, sa voix, ses chansons, ses partitions, ses gestes, ses scènes à apprendre, le tout se mêlant à sa propre vie de femme et à des images de Barbara qui apparaît de temps à autre grâce à des archives sans que l’on soit toutefois toujours forcément sûr que ce soit bien elle et pas l’actrice. Le spectateur a toutes les peines du monde à se laisser emporter par un film qui mélange constamment fiction et réalité et qui part dans tous les sens. Alors certes, Jeanne Balibar est convaincante dans son rôle d’actrice qui joue Barbara au point de se confondre avec son modèle. Il y a également quelques scènes réussies, particulièrement celles qui laissent un peu de place aux chansons de Barbara, mais le tout manque de liant et surtout d’émotion. « Barbara » est avant tout un exercice de style aux allures résolument nombrilistes, comme le relève d’ailleurs l’actrice qui s’adressant à son réalisateur, joué bien évidemment par Mathieu Amalric, lui demande s’il ne fait pas un film sur lui-même, et qui laisse de marbre. Barbara méritait mieux.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire