08/10/2017

Du grand au petit écran, « American Sniper » et « L’homme qu’on aimait trop »

Deux films de deux grands réalisateurs, Clint Eastwood et André Téchiné, à voir, ou pas, cette semaine sur le petit écran. Tous les deux sont basés sur une histoire vraie, mais c’est le seul point qu’ils ont en commun.

FullSizeRender.jpgDifficile de rester neutre face à ce film, qui raconte l’histoire vraie de Chris Kyle tireur d’élite particulièrement redoutable ayant officié en Irak entre 2004 et 2009, tant les valeurs qui y sont véhiculées peuvent être ressenties très différemment par les uns et les autres. Patriotisme, virilité et héroïsme dans tous les sens du terme pourront sans doute plaire à ceux qui aiment les films de guerre bien réalisés et bien joués, comme c’est le cas d’« American Sniper ». Mais pour les autres, il faudra une fois de plus assister aux scènes où le héros est humilié par ses formateurs, constater que si le tireur d’élite américain protège les siens, celui de l’adversaire est juste le dernier des salopards ou encore entrevoir les failles du héros presqu’aussi vite balayées afin de retourner au combat. Il y a bien ici ou là des réflexions sur l’utilité de la guerre, quelques rares remises en question du héros ou encore quelques scènes qui montrent les suites dévastatrices du combat pour les vétérans, mais elles ne sauraient remettre en question l’impression générale du film : une ode à la grande Amérique. Décevant.

 

 1 étoile. « American Sniper ».

 TF1, dimanche 8 octobre, 21h00.

 

FullSizeRender.jpg« L’homme qu’on aimait trop » d’André Téchiné raconte l’histoire vraie de Renée Leroux, propriétaire du Casino Le Palais de la Méditerranée à Nice, qui s’est battue toute sa vie pour faire condamner par la justice le supposé meurtrier (Guillaume Canet) de sa fille (Adèle Haenel), mystérieusement disparue en novembre 1977, et dont on a jamais retrouvé le corps. Un peu lent à démarrer, le film va crescendo. Le spectateur est au fur et à mesure que l’action avance de plus en plus partie prenante du drame qui se déroule devant lui. Les acteurs principaux n’y sont bien évidemment pas pour rien. Catherine Deneuve est, comme d’habitude ou presque, impériale aussi bien comme patronne de casino que comme mère à la poursuite de la vérité. Il faut la voir vieillie, claudicante, avec le masque de celle qui s’est battue pendant plus de 30 ans pour faire condamner celui qu’elle pense être le responsable de la mort de sa fille, du grand art qui méritait mieux qu’une diffusion à 23h50 !

 

 

3 étoiles. « L’homme qu’on aimait trop ».

RTS UN, jeudi 12 octobre, 23h50.

 

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

 

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