« God’s Own Country » : une magnifique histoire d’amour

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IMG_0773.jpgFils d’un fermier handicapé suite à une attaque, Johnny se retrouve à devoir gérer seul le domaine familial situé dans le Yorkshire où les conditions climatiques peuvent être fort rudes. Frustré par cette vie très dure, Johnny se saoule tous les soirs au pub du village et connaît des aventures sans lendemain avec des inconnus. Mais quand Georghe, un saisonnier roumain, débarque à la ferme pour donner un coup de main, Johnny va alors éprouver des sentiments jamais ressentis auparavant. Saura-t-il les apprivoiser pour ouvrir son cœur et son esprit à la tendresse et à l’amour que lui offre Georghe et l’assumer dans un milieu peu favorable pour vivre son homosexualité?

Le réalisateur a choisi de tourner le film dans cette région parce qu’il y a grandi et qu’il s’est demandé ce qu’il se serait passé pour lui s’il y était resté et qu’il y avait rencontré quelqu’un. Ce vécu se voit particulièrement bien à l’écran, le paysage étant le troisième personnage principal du film et servant souvent de miroir à la relation des deux hommes qui se construit petit à petit dans cet environnement plutôt hostile. Francis Lee a d’ailleurs tourné le film de façon linéaire et chronologique pour laisser chaque scène influer sur la suivante du point de vue des sentiments, comme s’il construisait l’histoire pierre à pierre à l’image de ces murs impressionnants qui séparent les propriétés du Yorkshire et qui jouent un rôle tout sauf innocent dans l’histoire de Johnny et Georghe.

« God’s Own Country » invite le spectateur à partager l’univers des deux hommes grâce à une caméra qui est, selon le vœu du réalisateur, toujours installée entre les personnages pour qu’ils ne puissent jamais se soustraire au regard de celui-ci. Pari totalement réussi grâce à deux acteurs bouleversants de vérité et à une photographie et un son qui mettent en valeur avec une rare authenticité les paysages du Yorshire. Au final, une magnifique histoire d’amour, dont le seul bémol se résume à quelques petites longueurs dans la seconde partie, que les amateurs du genre ne manqueront pas d’aller voir. (4 étoiles)

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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