15/05/2018

« Place Publique» : un peu trop sage

IMG_2494.jpgUn film d’Agnès Jaoui et de Jean-Pierre Bacri, elle à la mise en scène, et les deux devant la caméra au milieu d’un casting cinq étoiles, ça donne forcément envie aux amateurs de comédies caustiques d’aller le voir.

Castro, autrefois célèbre, est un animateur sur le déclin. Son émission est en perte de vitesse et son remplacement par quelqu’un de plus jeune paraît inéluctable. C’est dans ce contexte qu’il se rend à la pendaison de crémaillère de sa productrice, et amie de longue date, qui a emménagé dans une magnifique demeure près de Paris. Il va y retrouver son ex-femme, sa fille et plein d’autres invités qui ne vont pas l’épargner au cours de cette soirée où bien des coups bas seront donnés.

Pour qu’une comédie chorale comme « Place Publique » fonctionne à plein, il faut qu’elle soit bien écrite, bien jouée et que, malgré le fait qu’elle soit statique, l’action ne tourne pas en rond. Pour ce qui est des deux premiers pré requis, aucun problème. Le mépris social, le culte du jeunisme, la chasse aux selfies avec des « vedettes », la critique des réseaux sociaux et du parisianisme font mouche grâce à des dialogues le plus souvent percutants et des situations où l’on rit parfois de bon cœur, mais parfois aussi jaune.

Quant aux acteurs, ils sont excellents. Jean-Pierre Bacri est finalement plus touchant que drôle dans son rôle d’animateur vieillissant qui tente de se protéger en faisant preuve d’un cynisme, mais qui est loin de toujours y parvenir. Reste donc l’action qui tourne en rond et réserve par conséquent peu de surprises : Jaoui/Bacri font du Jaoui/Bacri. C’est suffisant pour passer un bon moment, et c’est déjà pas mal, mais on aurait souhaité plus de folie (3 étoiles).


Toujours à l'affiche

5 étoiles. « Call me by your name». Eté 1983, Lombardie. Elio, 17 ans, passe ses vacances dans une magnifique villa en compagnie de ses parents dont il est proche. Son père est un éminent professeur spécialiste de la culture gréco-romaine et sa mère traductrice. Il a grandi dans un milieu ouvert aux autres et a reçu une excellente éducation. Au cours de cet été, il va s’éveiller au désir de l’autre. Ce sera tout d’abord avec son amie Marzia, puis de manière de plus en plus irrésistible avec le séduisant Oliver, étudiant américain venu travailler auprès de son père. A partir de cette histoire simple adaptée du roman éponyme d’André Aciman, James Ivory a tiré un scénario, récompensé d’un Oscar, d’une très grande finesse et sensibilité. Magnifiquement mis en scène par Luca Guadagnino, « Call me by your name » est un film lumineux, dans tous les sens du terme. Quant à l’interprétation, elle est irréprochable, avec une mention toute particulière pour le jeune Timothée Chalamet d’une justesse incroyable jusqu’au dernier plan d’une folle intensité émotionnelle. Mais cette scène finale n’est, et de loin, pas la seule à bouleverser. En résumé, « Call me by your name » est beau, bouleversant, délicat, émouvant, érotique, fin, humain, intense, juste, lumineux, romantique, sensible, sensuel, solaire, subtile et plus encore. Une réussite.

4 étoiles. « 3 Billboards » mêle à la fois tragédie et comédie, ce qui est souvent un pari risqué. Autant le dire tout de suite, et à quelques détails près, le mélange des genres est réussi dans « 3 Billboards » grâce à un scénario inventif, une mise en scène qui ne laisse rien au hasard, des images magnifiques et une distribution exceptionnelle. Le film raconte l’histoire de Mildred Hayes, lassée que l’enquête sur la mort de sa fille violemment assassinée n’avance pas, qui décide un beau jour de louer 3 panneaux publicitaires immenses et abandonnés à l’entrée de la ville afin d’interpeller la police sur son inaction. Cette initiative va mettre le feu, au sens propre et figuré, dans cette petite ville du Missouri qui cumule les travers d’une Amérique réactionnaire, à savoir, entre autres, bêtise, violence, racisme, homophobie et alcoolisme. Si le trait est volontairement forcé, ce qui permet de jouer sur un humour noir du meilleur effet, c’est pour mieux questionner les notions de justice et de pardon, mais aussi la capacité de l’être humain d’évoluer dans un contexte qui bouge à l’image d’une fin très réussie. « 3 Billboards » est parfois déroutant, jamais ennuyeux malgré son rythme relativement lent et, au final, souvent jouissif. A voir.

3 étoiles. « La Finale ». La maladie d’Alzheimer est un thème sensible et l’aborder dans une comédie est donc plutôt « casse-gueule ». C’est le pari de « La Finale » qui met en scène un grand-père qui perd la mémoire et son petit-fils qui va devoir s’en occuper bien malgré lui deux jours durant pour disputer sa finale de basket qui a lieu à Paris. « La Finale » est un road-movie qui manque par moment un peu de rythme et les rebondissements sont parfois attendus, voire répétitifs, mais également parfois surprenants, les meilleurs étant ceux qui mettent au centre l’émotion. C’est d’ailleurs un des deux points forts du film qui relève de la comédie, mais qui mélange le plus souvent, avec bonheur, humour et émotion au service de la relation entre le grand-père et son petit-fils qui est le thème principal du film bien avant la maladie d’Alzheimer. Les conséquences de cette dernière sont certes importantes, mais elles permettent à toute la famille d’avancer dans une direction positive. A ce titre, la fin est très réussie. Le second point fort de « La Finale » est son duo d’acteurs Thierry Lhermitte/Rayane Bensetti qui fonctionne très bien, le premier jouant à merveille sur les deux registres du comique et de l’émotion et le second mettant au service du film toute son énergie et son indéniable charisme. Pari donc globalement réussi.

2 étoiles. « Avengers : Infinity War ». 24 super-héros dans le même film, de quoi réjouir les amateurs du genre qui ne manquent pas d’ailleurs de se précipiter dans les salles où le film fait un véritable tabac. Cette surenchère dans le super-héroïsme paye donc et les fans sont globalement très enthousiastes et en redemandent. A tel point que l’on se sent un peu seul quand on a trouvé le film longuet (2h20), peu intéressant – le scénario se résumant en une phrase, à savoir que Thanos veut récupérer les six pierres de l’infinité pour les mettre sur son gant et ainsi tuer la moitié de l’univers – et répétitif avec des scènes de combat qui succèdent à d’autres scènes de combat avec plus ou moins de super-héros, le tout dans des décors essentiellement de science-fiction rendant quasi absente la dimension humaine qui est pourtant habituellement un point fort des Avengers. Alors bien sûr, les effets spéciaux sont impressionnants, il y a des touches d’humour bienvenues qui permettent de reposer ses oreilles entre deux scènes de combat et le méchant Thanos est le personnage le plus crédible de tous donnant le ton à un film finalement très sombre dont la fin laisse augurer bien évidemment une suite. On ne saurait tuer la poule aux œufs d’or du super-héroïsme !

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

 

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