23/05/2018

Du grand au petit écran: "Les Innocentes" et "L'Hermine"

IMG_2555.jpgDeux très bons films à voir sur la RTS jeudi soir dont l'un diffusé à une heure tellement tardive que l'on pourrait facilement le manquer dans le programme, ce qui serait bien dommage. En effet, "Les Innocentes" est un film non seulement bouleversant de la première à la dernière minute de par son histoire inspirée de faits réels, mais il est également remarquablement filmé et joué.

Pologne, décembre 1945. Mathilde Beaulieu est une jeune interne de la Croix-Rouge française. Sa mission consiste à soigner les rescapés français avant leur retour au pays. Un jour, une religieuse polonaise paniquée fait irruption dans l’hôpital pour lui demander secours. Réticente à donner son aide dans un premier temps, elle va finir par suivre en secret cette sœur dans son couvent. Elle va découvrir que la plupart d’entre elles sont enceintes, et proche du terme, après un viol collectif commis par des soldats russes à la libération.

Ce sujet difficile, et malheureusement toujours d’actualité tant les femmes sont toujours et encore victimes de la barbarie des hommes lors des conflits, qui pourrait donner une raison, à tort, de ne pas voir le film, est remarquablement traité par la réalisatrice Anne Fontaine. Si « Les Innocentes » est d’une intensité dramatique rare, il ne tombe en effet jamais dans le pathos ou la violence gratuite et est très intelligemment écrit.

La foi, la maternité, la loyauté, la mort, l’amour et le rapport au corps pour des femmes dont le vœu de chasteté a été violemment brisé sont principalement au cœur de ce film profondément humain. Bien que l’action se déroule en très grande partie dans un couvent austère par définition, la photographie splendide donne des images lumineuses qui adoucissent ce drame, au même titre que les chants des sœurs d’une grande beauté. La distribution féminine est excellente. Une très grande réussite à l’image d'une fin inattendue et pleine d’espoir.

5 étoiles, "Les Innocentes". RTS UN, jeudi 24 mai, 23h35.

IMG_2554.jpgPrésident de cour d’assises proche de la retraite, redouté et pour le moins peu aimable avec son entourage, Michel Racine va toutefois se montrer sous un autre jour lorsque le hasard remet sur son chemin au cours d’un procès l’anesthésiste dont il était tombé amoureux six ans auparavant. Il va saisir cette seconde chance qui s’offre à lui en tentant de séduire la lumineuse Ditte (magnifique Sidse Babett Knudsen, l’héroïne de « Borgen »), ce qui ne sera pas sans effet sur le déroulement d’un procès où il est question d’un infanticide.

On l’aura compris à l’énoncé de l’intrigue, le film oscille entre ombre et lumière, un procès sombre par opposition aux rencontres plus légères entre Michel Racine et Ditte, dans le cadre très solennel d’un Palais de justice, principal décor de l’action, ce qui n’empêche pas l’émotion.

Fabrice Luchini incarne avec justesse cet homme dont on ne connaît pas grand-chose, si ce n’est qu’il vient de se séparer de sa femme, et qui va se révéler bien plus humain qu’il ne l’a jamais été. « Humain » est d’ailleurs le terme qui pourrait le mieux définir ce film qui fait également la part belle aux seconds rôles, tous excellents. « L’Hermine », référence au col d’hermine de la robe que porte Michel Racine, est un film sur le fil du rasoir où toutes les fins sont envisageables jusqu’à la dernière seconde, ce qui n’est pas pour déplaire.

4 étoiles. "L'Hermine". RTS DEUX, jeudi 24 mai, 21h05.


5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

12:46 Publié dans Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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