10/06/2018

« Je vais mieux» : trop sage

IMG_2793.jpgAdapté du roman éponyme de David Foenkinos, « Je vais mieux » narre les (més)aventures d’un quinquagénaire qui en a plein le dos au sens propre et figuré. La douleur physique, étroitement associée à la douleur morale, est le motif du film. Elle prend parfois des formes inattendues à l’image de ces tableaux de bouches béantes plus horribles, mais également hilarants, les uns que les autres.

Comédie douce amère, « Je vais mieux » fait la part belle à son acteur principal, Eric Elmosnino, de tous les plans et qui porte avec une grande sensibilité le film sur son…dos. C’est en grande partie grâce à la finesse son jeu que le film se laisse voir sans déplaisir, car le scénario est plutôt convenu. Cela n’empêche toutefois pas la réussite de plusieurs scènes, parfois proches du surréalisme, avec des seconds rôles à la hauteur quand bien même un brin caricaturaux, mais qui, du coup, déclenchent le rire.

Si la première partie du film est rythmée et mêle à bon escient humour et émotion, on n’en dira pas autant de la seconde qui mollit au fur et à mesure que le mal de dos de son personnage diminue, à tel point que cela en devient trop « gentillet ». Au final, un film pas désagréable, mais trop sage. (2 étoiles)


Toujours à l'affiche

2 étoiles. « Plaire, aimer et courir vite». 1993. Arthur, étudiant à Rennes, a 22 ans. L’insouciance de sa jeunesse va en prendre un coup lorsqu’il va rencontrer Jacques, un écrivain parisien de quinze ans son aîné. Ils vont se plaire et s’aimer l’espace d’un été, car le temps est compté pour Jacques. Christophe Honoré, le réalisateur, a voulu filmer un premier amour et un dernier amour en conjuguant deux sentiments contradictoires que sont l’élan et le renoncement. Cette volonté est très perceptible dans le film avec comme conséquence des accélérations suivies d’autant de coups de frein, à l’image des montagnes russes. C’est déroutant et dès lors difficile d’être dans le film du début à la fin avec des scènes qui sont magnifiques, puis d’autres où la pertinence et la crédibilité laissent à désirer. Les scènes de sexe, comme celles de drague d’ailleurs, sonnent faux, ce qui n’est heureusement pas le cas de celles qui font preuve simplement d’intimité et qui sont le plus souvent très réussies. Sur le fil du rasoir, comme le personnage de Jacques, le film frise régulièrement l’ennui sans toutefois vraiment y parvenir grâce avant tout au jeu des acteurs. Au final, et malgré des qualités indéniables, « Plaire, aimer et courir vite » ne répond pas aux attentes que les critiques excellentes avaient suscitées.

2 étoiles. « Everybody knows» emprunte les codes du thriller psychologique pour mettre en scène un secret familial, pas si secret que ça d’ailleurs, d’où le titre du film, qui va éclater au grand jour à l’occasion d’un mariage. L’action de situe en Espagne dans un village où tout se sait, mais sans forcément se dire. C’est sur ce principe de réalité qu’ « Everybody knows » est construit, ce qui permet au scénario de jouer sur les sentiments, souvent contradictoires, entre les (trop) nombreux personnages, mais aussi d’y inclure des rebondissements. Pas très original. Ce ne serait pas très grave si ces derniers donnaient un rythme soutenu à l’action et qu’ils étaient un tant soit peu crédibles. Or, force est de constater que le film a des longueurs. Elles sont dues au fait que l’action manque par moment de clarté et de crédibilité. Le dénouement dans la précipitation de l’intrigue et une fin bâclée en sont d’ailleurs la parfaite illustration. Ceci étant dit, la mise en scène est réussie, la photographie magnifique et la distribution est excellente avec une mention toute particulière pour Javier Bardem qui crève l’écran. C’est déjà pas si mal, mais tout de même insuffisant pour effacer le sentiment de déception qui domine.

2 étoiles. « Avengers : Infinity War ». 24 super-héros dans le même film, de quoi réjouir les amateurs du genre qui ne manquent pas d’ailleurs de se précipiter dans les salles où le film fait un véritable tabac. Cette surenchère dans le super-héroïsme paye donc et les fans sont globalement très enthousiastes et en redemandent. A tel point que l’on se sent un peu seul quand on a trouvé le film longuet (2h20), peu intéressant – le scénario se résumant en une phrase, à savoir que Thanos veut récupérer les six pierres de l’infinité pour les mettre sur son gant et ainsi tuer la moitié de l’univers – et répétitif avec des scènes de combat qui succèdent à d’autres scènes de combat avec plus ou moins de super-héros, le tout dans des décors essentiellement de science-fiction rendant quasi absente la dimension humaine qui est pourtant habituellement un point fort des Avengers. Alors bien sûr, les effets spéciaux sont impressionnants, il y a des touches d’humour bienvenues qui permettent de reposer ses oreilles entre deux scènes de combat et le méchant Thanos est le personnage le plus crédible de tous donnant le ton à un film finalement très sombre dont la fin laisse augurer bien évidemment une suite. On ne saurait tuer la poule aux œufs d’or du super-héroïsme !

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

17:40 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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