26/06/2018

« Désobéissance »: délicatesse, tendresse et bienveillance

IMG_2863.jpgAdapté du roman de Naomi Alderman et réalisé par le cinéaste chilien Sebastian Lelio, récompensé par l’Oscar du meilleur film étranger avec « Une femme fantastique », « Désobéissance » raconte l’histoire de deux femmes qui ont grandi ensemble, que la vie a séparé et qui se retrouvent à l’occasion du décès du père d’une d’elles.

Ronit est photographe et vit à New-York, loin de ses origines juives-orthodoxes. Un coup de fil lui apprend que son père, rabbin très respecté avec lequel elle n’avait plus de contact, est décédé. Elle décide malgré tout de se rendre à ses funérailles. Sa venue ne soulève pas l’enthousiasme au sein d’une communauté qui n’apprécie guère qu’elle ait choisi de vivre sa vie en dehors d’elle. Au cours de son séjour, elle va retrouver Esti, son amour de jeunesse, dorénavant mariée avec leur meilleur ami d’enfance et successeur désigné du rabbin. Les sentiments qu’éprouvent les deux femmes l’une envers l’autre leur donneront-ils la force nécessaire pour vivre leur amour malgré le poids de la religion et des traditions ?

 Au travers de cette histoire d’amour apparemment impossible, « Désobéissance » aborde les thèmes de la liberté, de la transgression, des rapports à la religion, du deuil et de l’homosexualité. C’est fait avec délicatesse (la scène où Ronit allume la radio qui passe « Lovesong » de Cure en est la parfaite illustration), tendresse et bienveillance.

Le jeu des acteurs est à l’image du film, tout en finesse. Rachel Weisz, également productrice, est sublime de dignité et forme un duo amoureux très convaincant avec Rachel McAdams. Quant à Alessandro Nivola, il joue avec subtilité le mari à la fois bien ancré dans la tradition, mais aussi attentif aux autres. La scène où il fait l’éloge de la liberté dans la synagogue est bouleversante. Il y a certes quelques longueurs et le film peine malheureusement à trouver sa conclusion. Des défauts qui ne doivent toutefois pas empêcher d’aller le voir. (3 étoiles)


Toujours à l'affiche

4 étoiles. « Ocean’s 8 ». « Spin-off », on appelle ça une bouture en botanique, de la série à succès « Ocean’s 11, 12, 13 », on y retrouve les mêmes éléments qui ont fait le succès de la série : humour, mise en scène énergique, rythme, raffinement, surprises de dernière minute, entre autres. Il y a toutefois une grande différence : les héros sont remplacés par des héroïnes et on n’y perd pas au change. Debbie Ocean, la sœur de Danny Ocean interprété par George Clooney dans la trilogie, a élaboré un plan pour dérober un collier estimé à 150 millions dollars au cours de son incarcération. Le vol devra avoir lieu durant le très renommé Met Ball de New-York. Mais pour arriver à ses fins, Debbie doit s’entourer de complices très qualifiées dans des domaines bien différents. La première partie du film se concentre sur la composition de cette équipe de choc alors que la seconde fait la part belle aux péripéties en lien avec ce vol audacieux. Et il y a également un prologue qui tient les spectateurs en haleine jusqu’au bout. Le casting exclusivement féminin donne indéniablement un nouveau souffle à la série. Les actrices sont en effet impeccables. C’est glamour, stylé et élégant, mais pas gratuit car s’inscrivant parfaitement dans l’esprit du film. On ne s’ennuie pas une seconde dans « Ocean’s 8 », un divertissement au final très plaisant.

2 étoiles. « Je vais mieux» narre les (més)aventures d’un quinquagénaire qui en a plein le dos au sens propre et figuré. La douleur physique, étroitement associée à la douleur morale, est le motif du film. Elle prend parfois des formes inattendues à l’image de ces tableaux de bouches béantes plus horribles, mais également hilarants, les uns que les autres. Comédie douce amère, « Je vais mieux » fait la part belle à son acteur principal, Eric Elmosnino, de tous les plans et qui porte avec une grande sensibilité le film sur son…dos. C’est en grande partie grâce à la finesse son jeu que le film se laisse voir sans déplaisir, car le scénario est plutôt convenu. Cela n’empêche toutefois pas la réussite de plusieurs scènes, parfois proches du surréalisme, avec des seconds rôles à la hauteur quand bien même un brin caricaturaux, mais qui, du coup, déclenchent le rire. Si la première partie du film est rythmée et mêle à bon escient humour et émotion, on n’en dira pas autant de la seconde qui mollit au fur et à mesure que le mal de dos de son personnage diminue, à tel point que cela en devient trop « gentillet ». Au final, un film pas désagréable, mais trop sage.

2 étoiles. « Plaire, aimer et courir vite». 1993. Arthur, étudiant à Rennes, a 22 ans. L’insouciance de sa jeunesse va en prendre un coup lorsqu’il va rencontrer Jacques, un écrivain parisien de quinze ans son aîné. Ils vont se plaire et s’aimer l’espace d’un été, car le temps est compté pour Jacques. Christophe Honoré, le réalisateur, a voulu filmer un premier amour et un dernier amour en conjuguant deux sentiments contradictoires que sont l’élan et le renoncement. Cette volonté est très perceptible dans le film avec comme conséquence des accélérations suivies d’autant de coups de frein, à l’image des montagnes russes. C’est déroutant et dès lors difficile d’être dans le film du début à la fin avec des scènes qui sont magnifiques, puis d’autres où la pertinence et la crédibilité laissent à désirer. Les scènes de sexe, comme celles de drague d’ailleurs, sonnent faux, ce qui n’est heureusement pas le cas de celles qui font preuve simplement d’intimité et qui sont le plus souvent très réussies. Sur le fil du rasoir, comme le personnage de Jacques, le film frise régulièrement l’ennui sans toutefois vraiment y parvenir grâce avant tout au jeu des acteurs. Au final, et malgré des qualités indéniables, « Plaire, aimer et courir vite » ne répond pas aux attentes que les critiques excellentes avaient suscitées.

2 étoiles. « Everybody knows» emprunte les codes du thriller psychologique pour mettre en scène un secret familial, pas si secret que ça d’ailleurs, d’où le titre du film, qui va éclater au grand jour à l’occasion d’un mariage. L’action de situe en Espagne dans un village où tout se sait, mais sans forcément se dire. C’est sur ce principe de réalité qu’ « Everybody knows » est construit, ce qui permet au scénario de jouer sur les sentiments, souvent contradictoires, entre les (trop) nombreux personnages, mais aussi d’y inclure des rebondissements. Pas très original. Ce ne serait pas très grave si ces derniers donnaient un rythme soutenu à l’action et qu’ils étaient un tant soit peu crédibles. Or, force est de constater que le film a des longueurs. Elles sont dues au fait que l’action manque par moment de clarté et de crédibilité. Le dénouement dans la précipitation de l’intrigue et une fin bâclée en sont d’ailleurs la parfaite illustration. Ceci étant dit, la mise en scène est réussie, la photographie magnifique et la distribution est excellente avec une mention toute particulière pour Javier Bardem qui crève l’écran. C’est déjà pas si mal, mais tout de même insuffisant pour effacer le sentiment de déception qui domine.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

21:19 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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