10/07/2018

« Love, Simon »: résolument optimiste

IMG_2995.jpgAdapté d’un roman pour jeunes adultes de Becky Albertalli, Moi, Simon, 16 ans, Homo sapiens, « Love, Simon » s’adresse donc plutôt à un public jeune. Mais les plus âgés pourront également trouver du plaisir à voir ce film sans grandes surprises dans son déroulement très américain, mais agréable grâce à son esprit résolument optimiste.

Pour son réalisateur, Greg Berlanti, l’originalité de « Love, Simon » tient dans son personnage principal, car « jamais jusqu’ici un gros film de studio n’avait eu un jeune héros gay au cœur d’une histoire de passage à l’âge adulte. » On peut effectivement s’en réjouir, mais également regretter qu’il ait fallu attendre 2018 pour qu’un tel film existe.

Simon est un ado qui a une vie « normale », entouré d’une famille qu’il adore et d’amis formidables. Mais il a un secret : il est gay et ne l’a dit à personne. Une rencontre en ligne avec un inconnu va bouleverser sa vie pour le pire et en fin de compte surtout pour le meilleur.

On aurait pu craindre qu’à partir de cette trame plutôt convenue, hormis l’orientation sexuelle du personnage principal, « Love, Simon » ne soit qu’un film d’adolescents parmi d’autres. Ce n’est pas vraiment le cas grâce à ses personnages très attachants, parfaitement incarnés par de jeunes acteurs excellents, son humour par moment ravageur (la scène où des parents s’effondrent en apprenant que leur enfant est hétéro est à hurler de rire), mais également grâce à une sensibilité qui sonne le plus souvent juste.

Alors, certes, les ficelles sont parfois un peu grosses pour susciter l’émotion à tout prix, mais c’est rafraichissant, positif et au final ça fait du bien. (3 étoiles)


4 étoiles. « Ocean’s 8 ». « Spin-off », on appelle ça une bouture en botanique, de la série à succès « Ocean’s 11, 12, 13 », on y retrouve les mêmes éléments qui ont fait le succès de la série : humour, mise en scène énergique, rythme, raffinement, surprises de dernière minute, entre autres. Il y a toutefois une grande différence : les héros sont remplacés par des héroïnes et on n’y perd pas au change. Debbie Ocean, la sœur de Danny Ocean interprété par George Clooney dans la trilogie, a élaboré un plan pour dérober un collier estimé à 150 millions dollars au cours de son incarcération. Le vol devra avoir lieu durant le très renommé Met Ball de New-York. Mais pour arriver à ses fins, Debbie doit s’entourer de complices très qualifiées dans des domaines bien différents. La première partie du film se concentre sur la composition de cette équipe de choc alors que la seconde fait la part belle aux péripéties en lien avec ce vol audacieux. Et il y a également un prologue qui tient les spectateurs en haleine jusqu’au bout. Le casting exclusivement féminin donne indéniablement un nouveau souffle à la série. Les actrices sont en effet impeccables. C’est glamour, stylé et élégant, mais pas gratuit car s’inscrivant parfaitement dans l’esprit du film. On ne s’ennuie pas une seconde dans « Ocean’s 8 », un divertissement au final très plaisant.

3 étoiles. « Désobéissance ». Ronit est photographe et vit à New-York, loin de ses origines juives-orthodoxes. Un coup de fil lui apprend que son père, rabbin très respecté avec lequel elle n’avait plus de contact, est décédé. Elle décide malgré tout de se rendre à ses funérailles. Sa venue ne soulève pas l’enthousiasme au sein d’une communauté qui n’apprécie guère qu’elle ait choisi de vivre sa vie en dehors d’elle. Au cours de son séjour, elle va retrouver Esti, son amour de jeunesse, dorénavant mariée avec leur meilleur ami d’enfance et successeur désigné du rabbin. Les sentiments qu’éprouvent les deux femmes l’une envers l’autre leur donneront-ils la force nécessaire pour vivre leur amour malgré le poids de la religion et des traditions ? Au travers de cette histoire d’amour apparemment impossible, « Désobéissance » aborde les thèmes de la liberté, de la transgression, des rapports à la religion, du deuil et de l’homosexualité. C’est fait avec délicatesse, tendresse et bienveillance. Le jeu des acteurs est à l’image du film, tout en finesse. Il y a certes quelques longueurs et le film peine malheureusement à trouver sa conclusion. Des défauts qui ne doivent toutefois pas empêcher d’aller le voir.

2 étoiles. « Everybody knows» emprunte les codes du thriller psychologique pour mettre en scène un secret familial, pas si secret que ça d’ailleurs, d’où le titre du film, qui va éclater au grand jour à l’occasion d’un mariage. L’action de situe en Espagne dans un village où tout se sait, mais sans forcément se dire. C’est sur ce principe de réalité qu’ « Everybody knows » est construit, ce qui permet au scénario de jouer sur les sentiments, souvent contradictoires, entre les (trop) nombreux personnages, mais aussi d’y inclure des rebondissements. Pas très original. Ce ne serait pas très grave si ces derniers donnaient un rythme soutenu à l’action et qu’ils étaient un tant soit peu crédibles. Or, force est de constater que le film a des longueurs. Elles sont dues au fait que l’action manque par moment de clarté et de crédibilité. Le dénouement dans la précipitation de l’intrigue et une fin bâclée en sont d’ailleurs la parfaite illustration. Ceci étant dit, la mise en scène est réussie, la photographie magnifique et la distribution est excellente avec une mention toute particulière pour Javier Bardem qui crève l’écran. C’est déjà pas si mal, mais tout de même insuffisant pour effacer le sentiment de déception qui domine.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

 

19:39 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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