02/09/2018

Du grand au petit écran : « Spotlight » et « Fuocoammare »

A voir cette semaine sur le petit écran deux films qui abordent deux sujets d’une brûlante actualité : la pédophilie au sein de l’Eglise catholique et les migrants qui débarquent sur les côtes européennes.

IMG_4049.jpg« Spotlight » est basé sur des faits réels. En 2002, un réseau pédophile au sein de l’Eglise catholique de Boston est découvert, mais les preuves ne sont pas évidentes. Une équipe de journalistes d’investigation du Boston Globe, baptisée Spotlight, décide de mener sa propre enquête pour faire toute la lumière sur cette sombre affaire et en informer les lectrices et lecteurs du journal. Plus de 600 articles seront publiés sur cette enquête récompensée par le Prix Pulitzer.

« Spotlight », qui a reçu l’Oscar du meilleur film de 2015, raconte donc comment ces reporters, régulièrement confrontés à la loi du silence et aux pressions pour les faire taire tout au long des 12 mois que vont durer leurs investigations, ont fait éclater la vérité sur ces hommes d’Eglise abuseurs d’enfants. Pour les suivre dans leur enquête, « Spotlight » s’appuie sur un scénario très bien écrit, des acteurs tous excellents et une mise en scène classique. C’est rondement mené et efficace. Presque trop. L’émotion est en effet peu présente dans « Spotlight », les enquêteurs s’effaçant devant l’enquête. Mais c’était le but poursuivi par le réalisateur. Objectif atteint.

3 étoiles. « Spotlight ».  RTS UN, lundi 3 septembre, 20h45.

IMG_4048.jpg« Fuocoammare » est un documentaire qui met en scène des habitants de Lampedusa et le drame des réfugiés qui débarquent par milliers sur cette île sans pour autant que les uns et les autres se côtoient. La grande force de « Fuocoammare », c’est de suivre des habitants de Lampedusa, à savoir le docteur, le DJ de la radio locale, Samuele, un garçon de 12 ans, et son entourage, et par leur rôle ou leur regard, de donner un impact d’une force incroyable au drame qui se joue, jour après jour, sous leur yeux, mais sans qu’ils le voient. A l’exception notoire toutefois du docteur qui est présent dans trois scènes particulièrement réussies.

La lumière pâle du film renforce la sensation d’être hors du temps sur cette île pourtant au cœur d’une actualité brûlante qu’explique fort à propos le titre du film « Fuocoammare » qui signifie « la mer en feu » et qui désigne la réalité des migrants, mais aussi pour les habitants de l’île une chanson populaire évoquant l’incendie d’un bateau. Il y a pourtant une scène dans le film qui est tournée sous un ciel bleu éclatant, le réalisateur n’a pas eu le choix, et qui contraste magnifiquement, si l’on ose dire, avec le drame du sauvetage auquel on assiste et qui vous prend aux tripes.

Le film est très intelligemment construit avec des scènes d’une folle intensité, celles qui filment la détresse des migrants bien sûr, mais pas seulement. Il suffit de penser, par exemple, à celle où Samuele joue à faire semblant de tirer en voyant au large des navires de guerre qui sont pourtant là pour sauver des vies. Tourné par un homme seul qui a su tellement bien se fondre dans la réalité avec sa caméra qu’on l’oublie, « Fuocoammare » est un film auquel on pense encore bien longtemps après l’avoir vu.

4 étoiles. « Fuocoammare ».  ARTE, mercredi 5 septembre, 22h45.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

 

00:05 Publié dans Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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