09/09/2018

Du grand au petit écran: « Médecin de campagne », « L’Hermine » et « Spotlight »

FE983C37-7677-426D-BF14-92FD555B4507.jpegAlors que le dernier film de Thomas Lilti, « Première année » avec Vincent Lacoste, sort sur les écrans mercredi prochain, RTS Deux diffuse jeudi son film précédent, « Médecin de campagne », qui vaut la peine d’être vu.
 
Le docteur Werner est médecin de campagne. Il va à son tour être rattrapé par la maladie. Cette épreuve va l’obliger de partager, avec un enthousiasme très modéré, son territoire avec une doctoresse nouvellement diplômée. Le grand mérite du film est qu’il sonne juste du début à la fin. Le film est porté par deux excellents acteurs, François Cluzet et Marianne Denicourt qui éclaire merveilleusement bien le côté sombre de son collègue. Les seconds rôles, la mise en scène ainsi que la photographie sont également à la hauteur. A part quelques petites longueurs, « Médecin de campagne » est un film d'une grande humanité tout en évitant avec bonheur la sensiblerie et la facilité dans la relation entre les deux personnages principaux. Un film français comme on les aime.
 
4 étoiles. « Médecin de campagne ». RTS DEUX, Jeudi 13 septembre, 21h05.

465AAA21-2590-4CB1-88D0-CD29897C9DCA.jpegPrésident de cour d’assises proche de la retraite, redouté et pour le moins peu aimable avec son entourage, Michel Racine va toutefois se montrer sous un autre jour lorsque le hasard remet sur son chemin au cours d’un procès l’anesthésiste dont il était tombé amoureux six ans auparavant. Il va saisir cette seconde chance qui s’offre à lui en tentant de séduire la lumineuse Ditte (magnifique Sidse Babett Knudsen, l’héroïne de « Borgen »), ce qui ne sera pas sans effet sur le déroulement d’un procès où il est question d’un infanticide.

On l’aura compris à l’énoncé de l’intrigue, le film oscille entre ombre et lumière, un procès sombre par opposition aux rencontres plus légères entre Michel Racine et Ditte, dans le cadre très solennel d’un Palais de justice, principal décor de l’action, ce qui n’empêche pas l’émotion.

Fabrice Luchini incarne avec justesse cet homme dont on ne connaît pas grand-chose, si ce n’est qu’il vient de se séparer de sa femme, et qui va se révéler bien plus humain qu’il ne l’a jamais été. « Humain » est d’ailleurs le terme qui pourrait le mieux définir ce film qui fait également la part belle aux seconds rôles, tous excellents. « L’Hermine », référence au col d’hermine de la robe que porte Michel Racine, est un film sur le fil du rasoir où toutes les fins sont envisageables jusqu’à la dernière seconde, ce qui n’est pas pour déplaire.

4 étoiles. "L'Hermine". FRANCE 2, dimanche 9 septembre, 21h.

C38044A3-4AB0-4762-9770-D6F7785C2729.jpeg« Spotlight » est basé sur des faits réels. En 2002, un réseau pédophile au sein de l’Eglise catholique de Boston est découvert, mais les preuves ne sont pas évidentes. Une équipe de journalistes d’investigation du Boston Globe, baptisée Spotlight, décide de mener sa propre enquête pour faire toute la lumière sur cette sombre affaire et en informer les lectrices et lecteurs du journal. Plus de 600 articles seront publiés sur cette enquête récompensée par le Prix Pulitzer.

« Spotlight », qui a reçu l’Oscar du meilleur film de 2015, raconte donc comment ces reporters, régulièrement confrontés à la loi du silence et aux pressions pour les faire taire tout au long des 12 mois que vont durer leurs investigations, ont fait éclater la vérité sur ces hommes d’Eglise abuseurs d’enfants. Pour les suivre dans leur enquête, « Spotlight » s’appuie sur un scénario très bien écrit, des acteurs tous excellents et une mise en scène classique. C’est rondement mené et efficace. Presque trop. L’émotion est en effet peu présente dans « Spotlight », les enquêteurs s’effaçant devant l’enquête. Mais c’était le but poursuivi par le réalisateur. Objectif atteint.

3 étoiles. « Spotlight ».  ARTE, jeudi 13 septembre, 21h.

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