19/10/2018

« Rafiki » : un film militant

IIMG_4493.jpgBien que sélectionné au Festival de Cannes 2018 dans le cadre de la section Un Certain Regard, une première pour un film kenyan, « Rafiki » a été dans un premier temps interdit de sortie au Kenya, avant que la justice ne lève cette interdiction pour…sept jours. Voilà qui en dit long, même s’il n’y a là rien de surprenant, sur l’homophobie très présente en Afrique.

Adapté de la nouvelle « Jambula Tree » qui se situe en Ouganda, l’action de « Rafiki » a été transposée à Nairobi. Pour la réalisatrice, qui appartient à un collectif d’artistes dont l’ambition est de créer des images fun, féroces et frivoles, il était important de montrer le modernisme et le dynamisme de la capitale du Kenya.

C’est dans ce contexte « branché », éloigné des stéréotypes occidentaux sur l’Afrique, que les chemins de deux lycéennes vont se croiser. Irrésistiblement attirées l’une vers l’autre, elles vont braver les interdits pour s’aimer. Mais dans une société largement homophobe, et une fois leur amour découvert, les deux jeunes femmes vont être contraintes de faire des choix.

Film résolument de son époque qui met l’accent sur les couleurs « flashy » et qui affiche ses ambitions dès le générique avec une présentation et une bande son très pop, « Rafiki » prend tout son temps, l’ennui guette, pour installer ses personnages et dépeindre un environnement globalement insouciant. C’est dans ce contexte que les deux étudiantes vont se séduire sans vraiment chercher à se cacher. Et on a de la peine à y croire quand on sait que vivre une relation homosexuelle au grand jour en Afrique relève de la mission impossible.

Quand les ennuis surviennent sous la forme d’un violent tabassage des deux jeunes femmes, « Rafiki » bascule d’un seul coup de la romance au drame, rattrapé par une réalité sociétale pratiquement absente du film jusque-là. C’était bien évidemment prévisible compte tenu du contexte africain, mais en décalage avec la première partie du film qui s’apparente à un roman à l’eau de rose, jusque dans les tresses et les ongles d’une des héroïnes. Au final, on saluera avant tout un film militant qui fera probablement avancer la cause des personnes LGBT en Afrique. (2 étoiles) 

11:48 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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