11/11/2018

Du grand au petit écran : « Toni Erdmann », « Nous trois ou rien », « Mapplethorpe »

IMG_4683.jpg« Toni Erdmann » plaît par son originalité, son imprévisibilité, ses scènes qui font rire jaune, le plus souvent, ou à gorge déployée (il vaut la peine de voir le film rien que pour le brunch d’anniversaire), sa relation père-fille émouvante, son côté déjanté et loufoque (par exemple la scène de sexe ou quand l’héroïne chante, fort bien d’ailleurs, une chanson de Whitney Houston), sa critique sociale et son couple d’acteurs, à commencer par Peter Simonischek parfaitement crédible dans le rôle très complexe de Toni Erdmann.

Beaucoup de qualités donc pour un film inclassable qui mélange comédie, satire et drame social. Pourtant, et peut-être à cause de ce mélange des genres, le film ne convainc pas totalement sur sa longueur excessive (2h42), son propos en devenant répétitif. Il n’en demeure pas moins que « Toni Erdmann » est une œuvre cinématographique qui mérite une attention particulière.

3 étoiles. « Toni Erdmann ». ARTE, lundi 12 novembre, 20h55.

 

IMG_4681.jpgLe réalisateur du film, Kheiron, raconte l’histoire de ses parents forcés pour des raisons politiques à quitter l’Iran au moment de la révolution pour rejoindre la France où ils vont par leur éternel optimisme jouer un rôle primordial dans l’amélioration des relations dans la cité dans laquelle ils vivent dorénavant.

Le film aux accents de tragi-comédie dans sa première partie en Iran (était-ce bien nécessaire de faire du Shah d’Iran un demeuré fini ?) se transforme petit à petit en un conte de bienfaisance. Difficile de croire à cette histoire, pourtant vraie, dégoulinante de bons sentiments.

2 étoiles, « Nous trois ou rien ». M6, jeudi 15 novembre, 21h00.

 

 

 

IMG_4682.jpgPrès de 30 ans après sa mort, le célèbre photographe américain Robert Mapplethorpe est l’objet de ce documentaire consacré à sa vie et, bien évidemment, à son œuvre. Une œuvre, avec son parfum de scandale, qui n’a pas laissé indifférent au moment du vivant de l’artiste, mais également après sa mort, la justice ayant même été saisie pour interdire des expositions, ce qui n’a d’ailleurs fait qu’accroître sa notoriété, comme le montre bien le film.

Le grand intérêt de « Mapplethorpe » est de replacer l’artiste dans sa génération et de brosser ainsi également le portrait d’une époque. C’est ainsi que grâce à des témoignages de sa famille, de ses amis, de ses amants et des interviews que Mapplethorpe a données, le spectateur découvre la vie tumultueuse, le talent - l’un et l’autre étant étroitement liés - mais aussi le côté ambitieux et carriériste du photographe qui n’apparaît pas toujours sous son meilleur jour.

Le documentaire, plutôt classique dans sa forme, n’est donc pas à proprement parlé un hommage à Robert Mapplethorpe, mais un éclairage sans complaisance sur un artiste fauché en plein succès par le sida en 1989 et qui a permis à la photographie de trouver sa place au sein de l’art contemporain.

3 étoiles. « Mapplethorpe ». ARTE, vendredi 16 novembre, 22h25.

IMG_4398.jpgEt si tout ce qui avait été construit pendant 45 ans de vie de couple ne reposait que sur du sable ? C’est cette question à laquelle Kate va être confrontée à la veille des festivités prévues pour fêter ses 45 ans de mariage avec Geoff, après que ce dernier ait reçu une lettre lui apprenant que le corps de son premier amour a été retrouvé prisonnier dans la glace dans les Alpes. Tout d’abord compréhensive face au choc que cette nouvelle déclenche chez son mari, Kate va petit à petit découvrir que cette femme, disparue il y a 50 ans, a en fait toujours été présente dans leur vie, à son insu.

« 45 ans » raconte avec tact, mais aussi par moment avec trop de lenteur, la vie de ce vieux couple bousculé dans ses certitudes, dans sa confiance l’un envers l’autre pendant la semaine qui précède son anniversaire de mariage. Le film, dont l’action se déroule dans une Angleterre de carte postale, est très classique dans sa forme et fait la part belle à ses deux excellents acteurs principaux, Tom Courtenay et Charlotte Rampling. Nommée pour l’Oscar 2015 de la meilleure actrice, sa décomposition au fur et à mesure que l’histoire avance est du grand art. Elle connaît son apogée au cours d’un dernier quart d’heure très réussi où le contraste entre la fête qui bat son plein et ses tourments intérieurs est saisissant.

3 étoiles. « 45 ans ».  ARTE, jeudi 14 novembre, 01h05.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

19:00 Publié dans Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

10/11/2018

« Mario » : footballeur et homo, un but impossible ?

IMG_4506.jpgQuand Marcel Gisler, le réalisateur suisse de « Mario », découvre qu’il n’existe pas de film sur une histoire d’amour dans le milieu du football professionnel, il trouve cela « intriguant, et surtout incompréhensible, que l’homosexualité dans le football soit encore une tabou aujourd’hui. Dans beaucoup d’autres milieux ce problème n’existe plus, du moins dans les pays démocratiques occidentaux. » Il décide alors de se servir de cet interdit pour raconter une histoire d’amour entre deux footballeurs.

Mario, footballeur prometteur qui a toutes les chances de devenir professionnel la saison suivante, et Léon, nouveau venu dans l’équipe et tout aussi talentueux, tombent amoureux l’un de l’autre. Conscients que leur idylle doit rester secrète s’ils ne veulent pas compromettre leur future carrière, Mario et Léon sont, malgré leurs précautions, rapidement les victimes de rumeur et d’allusions homophobes de la part de leurs coéquipiers. Confrontés à cette situation qui pourrait rapidement ruiner leurs espoirs de devenir des joueurs professionnels, les approches de Mario et Léon vont être très différentes et leur relation va sérieusement en souffrir.

« Mario » est un film avec bien des qualités, mais aussi quelques défauts. Concernant ces derniers, on relèvera une longueur excessive (plus de deux heures), et logiquement par moment un manque de rythme, et une intrigue trop convenue, trop linéaire. On aurait aussi souhaité un meilleur équilibre entre les deux héros du film, les états d’âme de Mario et son parcours prenant largement le pas sur ceux de Léon.

Ceci étant dit, il est à noter que toutes les scènes en lien direct avec le football (vestiaires, entraînements, matchs), tournées pour la plupart au Stade de Suisse à Berne qui accueille le champion de suisse Young Boys, sont très réussies. Elles rendent bien compte de l’ambiance « footballistique ». Il en est de même de celles qui se déroulent dans l’intimité de Mario et Léon grâce à deux très bons acteurs qui donnent toute sa crédibilité à cette histoire d’amour contrariée en raison de l’environnement dans lequel elle se déroule. Il y a également des seconds rôles intéressants, tout particulièrement ceux de la mère et de la meilleure amie de Mario. Au coup de sifflet final, un film pas totalement abouti, mais avec une belle sensibilité. (3 étoiles)

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15:15 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

09/11/2018

Mariage light ou mariage égalitaire ? Parlons-en!

Début juillet, la commission des affaires juridiques du Conseil national a donné mandat, par 14 voix contre 11, à l’administration fédérale, d’ici février 2019, de proposer un modèle de mariage à mettre en place par étape.

Cette politique des petits pas a suscité une grande déception parmi les organisations LGBT romandes et nationales LOS et Familles arc-en-ciel pour lesquelles seul un modèle présentant un mariage égalitaire, sans compromis ou restriction, pouvait trouver grâce à leurs yeux. Elles ont dénoncé un compromis politique sur le dos des personnes concernées qui a été élaboré sans la moindre concertation des organisations représentant la communauté LGBT.

En 2005, les organisations LGBT se sont mobilisées pour la LPart (partenariat enregistré), mais dans le cas d’un mariage par étape, duquel on écarterait des revendications essentielles (adoption conjointe, procréation médicalement assistée, rente de survivant.e), les organisations LGBT pourraient rejeter purement et simplement le projet. L’administration fédérale pourrait alors se retrouver avec un mariage light dont personne ne voudra.

Est-ce là l’objectif visé ?

Autres questions : La Suisse ne devrait-elle pas prendre ses responsabilités et ouvrir le mariage aux couples de même sexe, sans restriction ? Comme d’autres pays en Europe, le Parlement ne devrait-il pas avoir le courage de proposer un projet en phase avec son temps et avec la réalité ? Si l’Irlande a accepté le mariage pour tou.te.s, la Suisse n’en serait-elle pas aussi capable ?

Pour débattre autour de ces questions qui touchent à l’égalité des droits pour toutes et tous, la Fédération romande des associations LGBT organise une table ronde le samedi 10 novembre avec deux conseillères nationales membres de la commission des affaires juridiques :

Table ronde mariage pour tou-tes.JPG

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08/11/2018

A un pas d'un vote historique

Encore un dernier vote et la norme pénale antiraciste sera complétée afin de permettre de combattre l’homophobie et la transphobie au même titre que le racisme (art. 261bis du code pénal).

En effet, lors de sa séance de commission du 7 novembre, la Commission des affaires juridiques du Conseil des Etats a emboîté le pas au Conseil national qui, au mois de septembre, avait approuvé à une large majorité cette modification incluant également l'identité de genre, contre l'avis du Conseil fédéral.

Le Conseil des Etats doit à présent entériner en plénière le vote de sa commission. Ce n'est toutefois pas encore fait, car c'est la voix de la présidence qui a été décisive pour trancher en faveur du "oui" (6 voix contre 6 et 1 abstention).

Cette décision, même à l'arraché, est un signal important contre les crimes, les délits de haine et les discriminations dont sont encore trop souvent victimes les personnes homosexuelles, bisexuelles, transgenres et intersexuées.

Il ne reste donc plus qu'au Conseil des Etats, si on ose dire, à transformer l'essai et voter cette modification dans le Code pénal déjà demandée par une résolution du Grand Conseil genevois aux Chambres fédérales en…2008 et reprise sous forme d'initiative parlementaire par Mathias Reynard cinq ans plus tard. A suivre.

16:21 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

07/11/2018

Notes de frais du Conseil admnistratif de la Ville de Genève

Les Verts de la section Ville de Genève ont publié ce jour un communiqué de presse en lien avec les notes de frais du Conseil administratif de la Ville de Genève dont voici la teneur:

Les Verts de la section Ville de Genève déposeront auprès du Conseil municipal une résolution, dont le traitement sera demandé en urgence, portant sur les notes de frais des magistrat-e-s du Conseil administratif.

Les Verts de la section Ville saluent le travail fourni par la Cour des comptes (ci-après : la Cour) dans son audit de légalité et de gestion des frais professionnels des membres du Conseil administratif de la Ville de Genève. Le parti écologiste a milité pour la création de cet organe indépendant de contrôle cantonal et, quelques années plus tard, pour que ses prérogatives soient étendues à la révision des comptes de l’Etat.

La Cour recommande l’établissement de règles claires, une transparence adéquate et une exemplarité sans faille afin qu’une saine gestion administrative puisse être menée en matière de notes de frais professionnels. Or, des règlements surannés ou simplement inexistants, un manque de transparence sur l’objet des dépenses, ainsi que la confusion entre dépenses privées et publiques ont jeté l’opprobre sur les membres du Conseil administratif.

Les Verts condamnent ce type de pratiques et demandent au Conseil administratif de faire siennes toutes les recommandations de la Cour. La section des Verts Ville de Genève exige en outre que toute la lumière soit faite sur les frais professionnels des membres du Conseil administratif au cours des 10 dernières années et que les règlementations en vigueur soit modifiées et simplifiées, ne faisant subsister qu’une seule allocation forfaitaire sans remboursement de frais supplémentaires possibles.

Le Comité des Verts de la section Ville de Genève appelle leur Magistrate à privilégier davantage la mobilité douce dans ses déplacements pour autant qu’ils soient compatibles avec le rythme imposé par ses obligations professionnelles.

Plus généralement, le parti écologiste de la Ville déplore les lacunes du contrôle interne de l’administration relevées par la Cour. Tout comme les citoyen-ne-s de la Ville de Genève, les Verts sont choqué-e-s par certaines pratiques en vigueur (arrêté sur les indemnités datant de 1983) ou encore par la lenteur de certaines réactions (abonnements de téléphonie mobile adaptés au printemps 2018, « Règlement relatif aux frais professionnels des Conseillers administratifs » adopté seulement le 29 octobre 2018).

Pour toutes ces raisons, les Verts de la section de la Ville de Genève déposeront en urgence une résolution qui reprend ces différents points au prochain Conseil municipal.

Contacts :

Didier Bonny et Bénédicte Amsellem-Ossipow, co-président.e.s de la section des Verts Ville de Genève et Uzma Khamis Vannini, Cheffe de groupe des Verts en Ville de Genève

 

12:56 Publié dans Verts | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | |