Les films que je n’aurais pas dû aller voir en 2018

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Sur la septantaine de films que j’ai vus cette année au cinéma, il y a des coups de cœur, à découvrir ici prochainement, mais aussi des ratés. Ils sont au bout du compte peu nombreux, ce qui est plutôt réjouissant. Ils sont classés en fonction de leur date de sortie sur les écrans, car ils méritent tous la place de numéro 1 ex-aequo! 

502F41DD-37F4-4B74-8836-96B4B55127D6.jpegA l’origine de l’histoire que raconte le film, il y a des scientifiques qui, pour lutter contre la surpopulation et la destruction de la planète, inventent un processus, le « downsizing », permettant de réduite les humains à une taille de 12 centimètres. Celles et ceux qui se lancent dans cette opération, au sens propre et figuré, sont avant tout intéressés par le fait qu’en réduisant leur taille, ils augmenteront considérablement leur niveau de vie, une maison de poupée étant bien moins chère qu’une villa à taille humaine ordinaire. C’est dans ce contexte que Paul et Audrey Safranek décident de se lancer dans l’aventure, mais rien ne va se passer comme ils l’avaient imaginé.

« Downsizing » est un film louable dans le sens qu’il questionne l’avenir de la planète (surpopulation, déchets, réchauffement climatique), mais également la place de l’homme dans la société, ses choix, ses relations aux autres, les rapports entre les classes sociales, l’appât du gain et la survie de l’espèce. Mais à trop vouloir embrasser de thèmes, le film les survole, part dans tous les sens et s’enlise définitivement au cours de trente dernières minutes interminables et d’une niaiserie absolue.

692DB10F-D5E2-4FED-80F5-DFE6085A6183.jpegLe film relate l’attaque terroriste du 21 août 2015 perpétrée dans le train Thalys Amsterdam-Paris. Grâce au courage de trois jeunes Américains qui ont réussi à maîtriser le terroriste, l’attentat, qui aurait pu faire des centaines de morts, a échoué. L’originalité du film repose sur le fait que la plupart des acteurs sont ceux qui ont réellement vécu cet événement. À commencer par les trois héros qui, bien dirigés, rejouent d’aileurs de manière plutôt convaincante leur rôle pour des comédiens amateurs.

Avec la scène de l’attaque dans le train parfaitement mise en scène, mais qui ne dure pas plus d’une dizaine de minutes, c’est d’ailleurs le seul point positif du film. Celui-ci démarre lentement avec des longs flashbacks sur l’enfance et l’adolescence des héros et atteint des sommets d’ennui avec d’interminables scènes des trois jeunes gens en train de faire du tourisme en Europe en prenant des selfies à n’en plus finir.

Et puis, Clint Eastwood retombe dans ses travers de « American Sniper » en glorifiant l’armée américaine, son patriotisme, ses amitiés viriles, et en donnant une connotation religieuse très appuyée à ce qui arrive à ses trois hommes dont on peut finalememt déduire qu’ils ont accompli une mission divine. C’est lourdingue avec comme cerise sur le gâteau des images d’archives montrant pendant cinq minutes François Hollande remettant la légion d’honneur aux héros. Indigeste.

99E2F74B-2601-44DB-8DDB-619F58AB1C7E.jpeg« En eaux troubles » se résume en quelques mots : un Megalodon, un requin préhistorique de 23 mètres, qui ne demandait rien à personne jusqu’à ce qu’une mission sous-marine exploratoire vienne le chatouiller, refait surface, c’est le cas de le dire, et sème la terreur dans les eaux du Pacifique. 

A partir de ce synopsis on ne peut plus simple, « En eaux troubles » aligne un à un tous les clichés possibles et imaginables inhérents à ce genre de film catastrophe : personnage principal mis au ban de la société et devenu alcoolique transformé en moins de deux secondes en héros, sacrifice des uns pour sauver les autres, idylle amoureuse entre le héros et la belle, méchant milliardaire qui va finir par le payer, le Noir qui ne sait pas nager, un enfant et un chien pour lesquels on est censé trembler à l’approche du grand méchant requin, adieu déchirant d’un père à sa fille juste avant de mourir et j’en passe et des pires. 

Le tout est « agrémenté » de dialogues d’une telle pauvreté que ça en est franchement risible. En plus, le Megalodon, pourtant en 3D, ne fait même pas peur. Bref ! Une vraie…catastrophe. A tel point que ça en devient mégaridiculement drôle et que la salle applaudit de bon cœur aux exploits invraisemblables du héros. En résumé, un film divertissant dans sa nullité.

DAC0FD4D-1075-4176-B9A0-AE7545A86BCB.jpeg« Le vent tourne » met en scène Pauline et Alex, couple de paysans jurasssiens, qui mettent tout en œuvre pour vivre au plus près de la nature. A tel point qu’Alex décide de faire installer une éolienne sur son terrain afin de fabriquer sa propre électricité et être totalement indépendant. Cette initiative va chambouler la vie du couple quand Pauline se sent attirée par Samuel, l’installateur de l’éolienne. Les sentiments qu’elle éprouve à son égard vont remettre en question ce en quoi elle a toujours cru.

Le film se concentre principalement sur le personnage de Pauline. Il raconte « son développement, comment elle se défait de son couple, de sa vision du monde, de ses racines. Elle commence à placer ses désirs, ses souhaits personnels avant son idéologie » indique la réalisatrice. Et c’est d’autant plus compliqué que plus elle prend son envol, symbolisé par cette éolienne empêcheuse, paradoxalement, de tourner en rond, et plus Alex s’enferme dans ses principes jusqu’à mettre en danger l’exploitation agricole et son couple. 

Intéressant sur le papier, le film ne tient malheureusement pas la route à l’écran en raison du manque de crédibilité qu’il dégage. Difficile, en effet, non seulement de croire à cette attirance soudaine de Pauline pour Samuel, mais encore plus qu’elle va aussi rapidement la faire vaciller dans ses fondamentaux. On n’y croit tellement pas, malgré des acteurs qui font ce qu’ils peuvent, que le film ne dégage aucune émotion et qu’il paraît interminable alors qu’il ne dure en fait que 87 minutes. C’est tout dire.

BFD2137A-1A20-4CC3-883D-4DD50A17B7C6.jpegSuite lointaine du sympathique film de Michel Blanc de 2002, « Embrassez qui vous voudrez » est un ratage complet. Dans le genre caricatural, difficile de faire mieux ou pire, c’est selon. A tel point d’ailleurs que des acteurs, plutôt bons d’habitude, donnent dans la caricature d’eux-mêmes. C’est ainsi que, pour ne citer que les personnages principaux, Karine Viard est cantonnée dans son rôle habituel de gaffeuse, Jean-Paul Rouve dans celui de l’idiot de service, Michel Blanc dans celui de la gentille victime et Charlotte Rampling dans celui de la bourgeoise glaciale. 

Et pour donner un côté branché au film, il est question, notamment, de grossesse à 17 ans, de prostitution masculine, de couguar, d’évasion fiscale, de transidentité et bien évidemment de tromperie, le tout emballé dans des relations entre les différents personnages dont on se moque totalement tant elles sont artificielles. Alors, certes, quelques situations et des répliques assassines font sourire de temps à autre. De loin toutefois pas suffisant pour adoucir une déception qui est à la hauteur des fortes attentes que la bande-annonce avait suscitées. « Voyez comme on danse » s’est pris les pieds dans le tapis.

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Commentaires

  • Bonsoir M. Bonnet :)

    Je passe une soirée assez drôle sur TF1 avec le film « Débarquement immédiat » dont deux acteurs du film »Qu’est-ce qu’on a fait au Bon dieu » soit le juif et l’arabe MDR deux excellents acteurs plus drôles on meurt! Je vous le recommande vivement.

    Bonne soirée et BONNES FÊTES de fin d’année 2018 avec mes meilleurs vœux pour 2019

    Patoucha

  • PS: Je profite pour corriger mon commentaire sur un précédent billet « ..... de ce que lui réserve.....« 

    Clic

  • Si vous avez l’opportunité de revoir une émission tv, je vous recommande vivement : « Maria Callas, une vie d’opéra » France 3. Et une grande révélation pour moi: Aleksandra Kursak! Un nom à retenir!

    Bonne soirée M. Bonny

    PS: J’ai mis de côté le 2ème film! Marre des films de SS .... pour le moment! :)

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