CPEG: pour une campagne respectueuse de la fonction publique

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Deux référendums seront donc lancés contre chacune des lois votées par le Grand Conseil concernant le financement de la CPEG, la caisse de retraite des fonctionnaires. C’était attendu, et même fortement souhaité et souhaitable, après cette double approbation, a priori surprenante, mais qui laisse in fine la latitude au peuple de décider. C’est une bonne nouvelle. Sur un sujet qui concerne tous les contribuables, il n’y a en effet rien de choquant à ce que la population soit consultée. 

Cet argument se suffit par conséquent à lui-même et rend totalement inutile les propos « à côté de la plaque » du président du PDC qui, à en croire La Tribune de Genève du jour, déclare « qu’il est anormal de faire supporter les retraites de personnes gagnant 8500 francs (salaire médian à l’Etat de Genève) à des personnes en gagnant 6500 (salaire médian genevois). » Voilà des paroles qui ne manqueront pas de faire rire jaune toutes celles et ceux qui gagnent (très) nettement moins à l’Etat de Genève et faire éclater de rire toutes celles et ceux, à commencer sans doute par M. Maitre, qui en gagnent (très) nettement plus dans le privé...

Quoiqu’il en soit, les votants se prononceront ainsi, si tant est que les deux référendums aboutissent, ce qui ne fait guère de doute, sur l’avenir de la CPEG. Ils pourront décider de l’option qui a leur préférence entre la loi du Conseil d’Etat et celle de l’Alternative et du MCG, ou de tout refuser en bloc. 
 
Espérons que la campagne en vue de la votation du 19 mai soit respectueuse envers la fonction publique et les fonctionnaires qui la composent. Ils sont, la droite l’oublie souvent comme le démontrent une fois de plus les propos de M. Maitre, aussi des contribuables et donc également concernés à ce titre par ce vote. A suivre.
Lien permanent Catégories : Air du temps 6 commentaires

Commentaires

  • Le pire serait évidemment un double non ! Alors les retraites futures des fonctionnaires seraient amputées , selon les décisions - forcées par le droit fédéral - qu'a dû prendre le comité de la caisse. Pour le choix réel, car il faudra bien choisir, il faut reconnaître que l'incapacité à décider a fait lourdement augmenter la facture et cela pour tous, foncionnaires et non-fonctionnaires, c'est à dire en réalité tous les contribuables de ce canton.
    Il s'agira de choisir une solution prenne qui soit de nature à redonner du souffle aux dirgeants de la caisse et surtout de ne pas voir la nécessité de lourdes décisions réapparaître dans quelques années. A la différence du canton qui vit au-dessus de ses moyens depuis trop longtemps, une caisse de pension ne peut déroger aux exigences de la loi ! Aux électeurs de choisir mais la fcture sera de toute façon lourde.

  • Bonjour M. Bonny,

    Oui, la question de M. Maître mérite d'être posée, comme le fait de se demander pourquoi TOUS les contribuables devraient y aller de leur poche pour améliorer/maintenir les rentes de seulement quelques-uns (les fonctionnaires).

    Ce serait un peu la même chose que de demander aux fonctionnaires de cotiser pour renflouer les caisses de pension de certains employés de grandes sociétés dont la situation s'est fortement dégradée...

  • Les fonctionnaires sont contribuables de leurs propres retraites et les non fonctionnaires sont contribuables pour que les fonctionnaires aient une meilleures situation qu'eux.
    Ce n'est vraiment pas la même chose.
    Les fonctionnaires sont des enfants gâtés. Leur travail n'est pas plus difficiles que dans le privé.

    En résumé, les fonctionnaires ne doivent pas être moins bien traités que dans le privé, mais comme ils sont payés avec l'argent des impôts, ils ne doivent pas être mieux traités que dans le privé.

  • Monsieur Bonny, une information d’une ancienne conseillère d’État genevois, qui, dans une discussion téléphonique, m’avait confié qu’un Chef de service gagnait plus qu’elle! Il ne doit pas y avoir un grand changement aujourd’hui.
    Il n’y a pas de « petits salariés « à l’État. Alors qu’il y a se très petites retraites, sans oublier que les indépendants n’en jouissent pas!

  • Il faudrait idéalement sortir du débat pro- ou anti-fonctionnaire, qui risque de conduire au désastre. Sachant notamment que Genève compte un nombre de fonctionnaires ou assimilés totalement disproportionné par rapport à sa population active, le risque de clivage est grand, surtout au vu de l'attitude irresponsable du lobby des fonctionnaires au Grand Conseil, que beaucoup ne comprennent pas. On risque de se retrouver avec, d'un côté une corporation défendant son bout de gras au mépris de l'intérêt public, et de l'autre le reste de la population consumée par la jalousie et l'incompréhension.

    Ce qu'il faut simplement expliquer aux électrices et aux électeurs, y compris aux fonctionnaires qui devront prendre leurs responsabilités en leur âme et conscience, c'est qu'elles et ils auront le choix entre deux solutions. D'un côté, un projet de réforme de fond, présentant une réelle perspective d'assainissement, avec certes un peu plus de sacrifices du côté des employés, et une certaine injustice à voir les rentiers épargnés par l'effort (mais faut-il pour autant jeter le bébé avec l'eau du bain). De l'autre, un non-projet, un renflouement de façade, purement comptable, présentant peut-être une perspective de rendements modérés après un horizon de 20 ans, mais qui ne résoudra rien au déficit structurel de la Caisse, et promet de nécessiter un nouveau renflouage à moyen terme.

  • "injustice à voir les rentiers épargnés par l'effort " dit M. Levasseur, ce qui est d'une certaine façon une bonne remarque mais qui est la conséquence de l'application du droit fédéral qui prévoit qu'une rente est fixée à son ouverture et ne peut pas être diminuée (sauf cas très exceptionnels et expressément mentionnés). C'est pourquoi il est capital pour les futurs retraités que le comité de la CPEG ne soit pas forcé de mettre en oeuvre les réductions de rente annoncées car, pour ceux qui prendront leur retraite aprsè cette mesure, la coupure sera définitive, sans aucun moyen d'y remédier. Les actifs soumis au principe de la primauté des cotisations les savent bien : en cas de baisse du taux de conversion, la rente, dès son ouverture,ne sera plus changée (même si le taux de conversion devait remonter).
    Le vrai défi de cette votation sera de trouver une solution durable et pas un 'mauvais' replâtrage trop temporaire.

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