11/12/2018

« Lola et ses frères » : pétri de bons sentiments (et 8 autres films à l’affiche)

IMG_4988.jpgTrois ans après le très touchant « Les Souvenirs », le comédien et réalisateur Jean-Paul Rouve s’est une nouvelle fois associé avec le romancier, scénariste et également réalisateur David Foenkinos pour donner vie à une histoire sur le thème des rapports entre frère et sœur.

Lola est la cadette de la fratrie qui comprend Benoît, le frère aîné nettement plus âgé qu’elle, et Pierre qui n’a qu’un an d’écart avec son grand frère. Leurs parents sont décédés il y a fort longtemps et ils se retrouvent régulièrement devant leur tombe pour faire le point sur leurs vies respectives plus ou moins chaotiques. Mais cet esprit fraternel est parfois mis à mal en raison des gaffes et des secrets de l’un et du manque de vision de l’autre, ce qui oblige Lola à jouer, malgré elle, la maman.

Le moins que l’on puisse écrire est que les scénaristes n’y sont pas allés avec le dos de la cuillère pour développer les rapports complexes entre Lola et ses frères. Tous les thèmes y passent, ou presque, en un peu plus d’une heure et demi : solitude, chômage, deuil, maternité, paternité, infertilité, adoption, destruction-reconstruction, idylle amoureuse, rupture et, bien évidemment, fraternité. Et au cas où on n’aurait pas tout compris à l’issue du film sur son message résilient, le générique de fin sert de piqûre de rappel en remontrant à l’envers des images très explicites du début.

« Lola et ses frères » est donc pétri de bons sentiments et fait penser à « Photo de famille », y compris dans ses défauts et ses qualités. C’est ainsi qu’à vouloir traiter tant de thèmes à la fois, ils sont survolés. Du coup, on ne voit plus très bien où se situe le cœur du scénario. On peine dès lors à s’attacher aux personnages sur la durée malgré certaines scènes drôles, tendres ou encore émouvantes, avec une mention spéciale dans ce registre pour José Garcia et Ramzy Bedia très touchants. Pas désagréable, mais pas indispensable. (2 étoiles)

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08/12/2018

Du grand au petit écran : « Fritz Bauer », « Demain » et le Bon Dieu

IMG_4986.jpgPeut-on aller de l’avant en faisant table rase du passé ? D’un passé particulièrement douloureux, celui du nazisme. Cette question est présente tout au long de « Fritz Bauer, un héros allemand » qui raconte l’histoire de ce procureur allemand juif qui voulait poursuivre les nazis non pas par esprit de vengeance, mais par souci de mémoire.

Dans cette Allemagne de la fin des années 50 soucieuse de tourner la page de la seconde guerre mondiale, le combat de Fritz Bauer n’est pas vu d’un bon œil. Il faut dire qu’un bon nombre d’anciens nazis occupent des postes à responsabilité, même très proche du pouvoir. Ceci explique pourquoi Fritz Bauer aura toutes les peines du monde tout d’abord à prouver qu’Adolf Eichmann vit en Argentine, puis à essayer de le faire extrader en Allemagne après des péripéties dignes d’un thriller.

La traque que Fritz Bauer mène contre Adolf Eichmann est l’occasion de découvrir la personnalité complexe du procureur. Solitaire, bourru et têtu, il a également eu dans le passé des démêlés avec la police danoise en raison de son penchant pour les hommes que ses adversaires seraient ravis d’utiliser dans une Allemagne qui punit sévèrement l’homosexualité.

« Fritz Bauer, un héros allemand » est un film prenant de bout en bout. Porté par une excellente distribution, un rythme qui va crescendo et une mise en scène certes classique mais qui colle bien avec l’ambiance du film, « Fritz Bauer, un héros allemand » est non seulement un film « utile », mais aussi un bon moment de cinéma.

4 étoiles. « Fritz Bauer, un héros allemand ». RTS UN, jeudi 13 décembre, 23h50.

IMG_4985.jpgCe documentaire qui a reçu le César 2016 dans sa catégorie, rassemble différentes initiatives prises dans le monde en matière d’agriculture, d’énergie, d’économie, d’éducation et de démocratie. Elles montrent que face aux dangers qui menacent chaque jour un peu plus la survie de notre planète, des solutions existent. Un film qui tranche avec les documentaires alarmistes qui traitent d’habitude de l’état de plus en plus dégradé de la Terre.

Certes, tout n’est pas parfait, les chapitres sur l’éducation et la démocratie participative ne sont pas très convaincants au contraire de celui sur les énergies renouvelables, par exemple. Il n’en demeure pas moins que « Demain » est un film plein d’espoir, ce qui explique probablement en grande partie le million d’entrées en France, un immense succès pour un documentaire.

3 étoiles. « Demain ». France 2, dimanche 9 décembre, 22h50.

 

IMG_4987.jpgLe succès populaire du cinéma français de l’année 2014 avec plus de 12 millions d’entrées manie avec bonheur, c’était pourtant casse-gueule, les pires clichés sur les Noirs, les Juifs, les Arabes, les Asiatiques et les Français petits bourgeois. Les acteurs, avec à leur tête un Christian Clavier qui n’en fait pour une fois pas des tonnes et une Chantal Lauby délicieusement dépressive, sont excellents. On y rit de bon cœur. La suite « Qu’est-ce qu’on a encore fait au Bon Dieu » sort sur les écrans le 30 janvier prochain.

4 étoiles. « Qu’est qu’on a fait au Bon Dieu ? ». TF1, dimanche 9 décembre, 21h00.

 

 

 

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

 

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05/12/2018

« Mauvaises herbes » : un « chouette » moment (et 8 autres films à l’affiche)

IMG_4890.jpgDeuxième long métrage de et avec Kheiron après « Nous deux ou rien », succès surprise de 2015, « Mauvaises herbes » reprend la recette de son premier film autobiographique, mais en l’allégeant et c’est une bonne surprise. Certes, les bons sentiments sont toujours bel et bien présents, mais de façon plus subtile. C’est sans doute parce que cette fois le film est « seulement » inspiré de faits réels, à commencer par l’expérience de Kheiron en tant qu’éducateur.

Waël vit en dans la banlieue parisienne et survit grâce à des arnaques qu’il réalise avec Monique, une femme d’un certain âge qui le considère visiblement comme son fils. Un jour, une arnaque se retourne contre eux, ce qui va les conduire à devenir bénévoles, Monique comme secrétaire et Waël comme éducateur, dans un centre pour ados exclus du système scolaire.

Pas besoin d’être grand clerc pour deviner ce qu’il adviendra de la suite de l’histoire entrecoupée par des flashbacks qui s’intègrent plutôt bien dans la narration. Ils permettent petit à petit de découvrir ce qui unit aussi fortement Waël et Monique. Si le scénario ne brille donc pas par son originalité, il faut toutefois reconnaître au film une grande qualité : on passe un « chouette » moment. Les personnages sont attachants, il y a de l’humour, du rythme et de l’émotion, mais sans exagération contrairement à « Nous deux ou trois ».

Et puis le film peut compter sur d’excellents acteurs, à commencer par la bande d’ados très convaincante, un Kheiron touchant et puis une Catherine Deneuve qui, à 75 ans, n’en finit par de surprendre dans un rôle jubilatoire de vieille dame indigne, quoique. Au final, « Mauvaises herbes » a un côté maladroit et parfois facile, mais qui est largement compensé par sa bienveillance et son optimisme, en un mot son humanisme. Un film qui fait du bien. (3 étoiles)

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03/12/2018

Le Conseil national fait marche arrière

Il n’y a malheureusement pas eu de (bonne) surprise. Le Conseil national s’est en effet rallié à la position minimaliste du Conseil des Etats pour compléter la norme pénale antiraciste dans le Code pénal en y ajoutant l’orientation sexuelle, mais pas l’identité de genre. C’est ainsi que les crimes, les délits de haine et les discriminations dont sont encore trop souvent victimes les personnes homosexuelles et les bisexuelles seront poursuivis, mais pas ceux contre les personnes transgenres et intersexes. C’est certes une avancée non négligeable dans la lutte pour l’égalité des droits pour toutes et tous, mais elle laisse un goût amer.

Les associations faîtières LGBTI (lesbienne, gay, bi, trans*, intersexe) n’ont pas manqué de le relever dans le communiqué presse ci-dessous.

Le Conseil national a cet après-midi lors du processus d’élimination des divergences suivi l’avis Conseil des États sur l’adaptation de la norme pénale. Mercredi dernier, ce dernier avait en effet refusé de protéger les personnes subissant des discriminations sur la base de leur identité de genre tout en introduisant le terme « orientation sexuelle » dans la norme pénale.

Avant de prendre des décisions sur les personnes trans* et intersexes, les parlementaires ont eu la possibilité d’en rencontrer. Les associations LGBTI+ ont offert cette possibilité aux parlementaires en leur proposant une discussion en face à face sur la place fédérale. Divers parlementaires ont accepté cette offre pour mieux comprendre les enjeux et ont posé leurs questions à l'ancienne coprésidente de TGNS, Alicia Parel.
 
Nos arguments et les discriminations disproportionnées vécues par plus de 40'000 personnes trans* et des milliers de personnes intersexes n’ont malheureusement pas suffi à faire changer l’avis de la majorité du Conseil national. Les discriminations et les appels à la haine, fondés sur l'identité de genre ne seront ainsi pas poursuivis. Au cours des derniers mois, non seulement les commissions juridiques des deux Conseils avaient initialement recommandé que les deux changements de la norme pénale soient pleinement acceptés, mais le Conseil national avait également accepté le projet dans son ensemble. La semaine passée, une grande déception a suivi ces nouvelles encourageantes pour les personnes qui vivent ce genre de discriminations au quotidien : le Conseil des États a considéré l'aspect de l'identité de genre comme "trop ​​vague pour le droit pénal" et n'a préconisé qu'une protection fondée sur l'orientation sexuelle.
 
L'élargissement de la norme pénale aurait dû permettre une meilleure protection de l'ensemble de la communauté LGBTI+ contre les appels à la haine et les discriminations portant atteinte à la dignité humaine. Les organisations faîtières LGBTI+ suisses sont déçues par les demi-mesures prises par le parlement : "protéger les lesbiennes, les bisexuels et les gais n’est pas suffisant", s’énerve Alecs Recher, responsable juridique de TGNS. "La discrimination fondée sur l'identité de genre est une réalité quotidienne - ici et maintenant. Du Portugal à la France, jusqu’à l’Écosse et la Bosnie, de plus en plus d'États intègrent le concept d'identité de genre dans leur droit pénal. La décision du Conseil des États et du Conseil national de ne pas défendre la dignité humaine, légalise les discriminations envers des personnes trans* et intersexes et nous blesse particulièrement en tant que communautés déjà excessivement marginalisées."
 
L’intégration de l’orientation sexuelle sera donc la seule retenue par les deux conseils. Une décision finale pour cet objet doit encore venir de la part du Conseil des États.

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02/12/2018

Du grand au petit écran: « Insaisissables 2 » et « The Revenant »

0E5273BF-5315-4AC3-BAEA-7B31553AAB4E.jpegIl est bien connu que les suites sont très rarement à la hauteur du premier épisode.  Les magiciens d’« Insaisissables 2 » ferait-il partie des exceptions comme par…magie ?

Succès surprise mérité de l’été 2013, les quatre cavaliers magiciens/cambrioleurs, avec un seul changement dans la distribution, reprennent donc du service en s’attaquant à un as de la technologie à la tête d’une organisation criminelle. Cet homme d’affaire a toutefois toujours un coup d’avance sur les 4 magiciens et va les entraîner dans un piège et les spectateurs avec !

L’intrigue à tiroirs et aux rebondissements multiples aussi invraisemblables les uns que les autres est en effet un simple prétexte à mettre en scène des numéros de magie finalement trop rares et qui tirent parfois en longueur. Certes, on ne s’ennuie pas vraiment, il y a tout de même quelques scènes réussies et un peu d’humour, mais on peine vraiment à comprendre où les scénaristes veulent en venir et la révélation finale tombe complètement à plat.

On y perd petit à petit ses illusions, ce qui est tout de même un comble pour un film qui met la magie au centre. Il faudra que les scénaristes d’ « Insaisissables 3 », qui est d’ores et déjà annoncé, réalisent des miracles pour qu’on y retourne…

2 étoiles. « Insaisissables 2». RTS UN, lundi 3 décembre, 20h45.

FFD2AA69-9E8E-4ED9-B912-148EECADF691.jpegIrréprochable au niveau du jeu - Leonardo Di Caprio a enfin décroché l’Oscar du meilleur acteur avec ce film - de la réalisation et de la mise en scène - Alejandro Gonzalez Inarritu a reçu pour la deuxième fois et consécutivement l’Oscar du meilleur réalisateur - et de la photographie absolument superbe et également « oscarisée, « The Revenant » est une indéniable réussite sur le plan de la performance cinématographique. 

« The Revenant », c’est l’histoire d’un trappeur grièvement blessé par un ours qui va chercher à se venger parce qu’il a été abandonné par ses équipiers. Quelques scènes, comme la charge des Indiens au début du film, l’attaque de l’ours ou encore la poursuite à cheval, sont d’une maîtrise technique à couper le souffle. Elles sont de plus tournées dans de superbes paysages. 

Mais c’est paradoxalement également la faiblesse du film qui tire en longueur et qui est sans cesse dans la démonstration, qui plus est le plus souvent violente. Certaines scènes sont en effet d’une grande sauvagerie, le sang gicle même sur la caméra, sans que cela apporte nécessairement un plus. Un film qui, en définitive, privilégie à l’excès la prouesse technique à l’émotion, à l’image de son héros increvable à tel point que cela en devient risible, et finit par tourner à vide.

2 étoiles. « The Revenant ». France 2, dimanche 2 décembre, 21h00.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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