27/01/2019

Du grand au petit écran : « Dalida », « The Lost City of Z », « The Revenant »

196AD972-14A1-4F4E-AFBF-A9893D7716C9.jpegLa performance de Sveva Alviti dans le rôle-titre est époustouflante. Elle ne joue pas Dalida, elle l’est. Une vraie résurrection. La ressemblance est frappante, il a certes fallu quatre heures de maquillage chaque jour pour arriver à ce résultat, et la gestuelle parfaite jusqu’au bout des ongles. Un travail d’actrice de haut vol qui vaut déjà la peine à lui tout seul d’aller voir le film, le reste la distribution étant également excellent.

La réalisatrice de « Dalida », Lisa Azuelos, privilégie dans son film la femme à la chanteuse, même si bien évidemment il y a des liens étroits entre les deux. C’est ainsi que le biopic démarre par le premier drame de sa vie d’adulte en 1967 avec le suicide de Luigi Tenco suivi de sa propre tentative de suicide deux mois plus tard.

A partir de cet événement traumatisant, qui sera suivi de beaucoup d’autres jusqu’à sa mort vingt ans plus tard, le film fait des incursions dans le passé pour mieux éclairer le présent. Un parti pris réussi qui permet également de mettre les chansons de Dalida au service de son histoire et non le contraire.

Si le film est parfois un peu pesant en raison des événements dramatiques qui ont émaillé la vie de Dalida, et sur deux heures ça fait beaucoup, il n’en demeure pas moins que « Dalida » est à l’image de son héroïne : flamboyant, touchant, émouvant, intelligent, divertissant, entraînant, réjouissant. On ajoutera enfin que le film est également un régal pour l’œil, car il est soigné dans les moindres détails au niveau des décors et des costumes. A regretter qu’une heure de film ait été coupée au montage.

 4 étoiles. « Dalida ». RTS UN, lundi 28 janvier, 20h45.

3B02BF70-A66E-49FE-BC61-35E7130E5645.jpegS’inspirant de l’histoire vraie de l’explorateur et militaire britannique Percy Fawcett, « The lost City of Z » est un film d’aventure, mais rien à voir toutefois avec un « Indiana Jones ». L’atmosphère de la découverte en milieu à la fois hostile, mais également fascinant, est en effet privilégiée à des rebondissements plus spectaculaires les uns que les autres.

En 1906, la Société géographique royale d’Angleterre propose à Percy Fawcett de partir en Amazonie afin de cartographier les frontières entre le Brésil et la Bolivie. Tout d’abord décontenancé par cette mission qu’il considère comme peu en rapport avec ses ambitions, mais n’ayant pas vraiment le choix, il va s’embarquer, en laissant femme et enfants derrière lui pour plusieurs années, dans une aventure dont il ne reviendra pas indemne. Persuadé d’avoir découvert les vestiges d’une cité perdue, il n’aura de cesse au cours d’autres voyages de prouver son existence au risque de se perdre, au sens propre et figuré.

Alternant les moments entre l’Amazonie et l’Angleterre, avec une incursion dans les tranchées de la guerre de 14-18, « The lost City of Z » brosse en finesse le portrait d’un homme à la personnalité complexe. Tiraillé entre son sens du devoir paternel et militaire et son obsession quasi mystique de découvrir cette cité perdue, le personnage de Percy Fawcett ne laisse pas indifférent. Le film aux images magnifiques et à la réalisation soignée prend son temps, sans doute un petit peu trop par moment, et fait son chemin jusqu’à une fin à la hauteur des espoirs du colonel Percy Fawcett : magique.

4 étoiles. « The Lost City of Z ». RTS DEUX, vendredi 1er février, 21h20.

4693C508-8600-42CD-86EE-35D5EF44DFF7.jpegIrréprochable au niveau du jeu - Leonardo Di Caprio a enfin décroché l’Oscar du meilleur acteur avec ce film - de la réalisation et de la mise en scène - Alejandro Gonzalez Inarritu a reçu pour la deuxième fois et consécutivement l’Oscar du meilleur réalisateur - et de la photographie absolument superbe et également « oscarisée, « The Revenant » est une indéniable réussite sur le plan de la performance cinématographique.

« The Revenant », c’est l’histoire d’un trappeur grièvement blessé par un ours qui va chercher à se venger parce qu’il a été abandonné par ses équipiers. Quelques scènes, comme la charge des Indiens au début du film, l’attaque de l’ours ou encore la poursuite à cheval, sont d’une maîtrise technique à couper le souffle. Elles sont de plus tournées dans de superbes paysages.

Mais c’est paradoxalement également la faiblesse du film qui tire en longueur et qui est sans cesse dans la démonstration, qui plus est le plus souvent violente. Certaines scènes sont en effet d’une grande sauvagerie, le sang gicle même sur la caméra, sans que cela apporte nécessairement un plus. Un film qui, en définitive, privilégie à l’excès la prouesse technique à l’émotion, à l’image de son héros increvable à tel point que cela en devient risible, et finit par tourner à vide.

2 étoiles. « The Revenant ». France 2, dimanche 27 janvier, 21h00.

Et encore :

6172ECE8-EB85-420C-8C16-A17018E1D715.jpeg« The Grand Budapest Hotel » ou l’histoire rocambolesque d’un concierge d’un grand hôtel dans l’Europe de l’entre deux-guerres. C’est kitsch à souhait, inventif, plein de personnages, très bien joués par de grands acteurs plus dingues les uns que les autres et on n’y s’ennuie pas une seconde.

3 étoiles. « The Grand Budapest Hotel ». RTS DEUX, samedi 2 février, 0h30.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

00:16 Publié dans Télévision | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Dalida: "La performance de Sveva Alviti"

La fille ainée de Lucien Morisse a mis l'église au milieu du village en précant que son père n'avait que trois ans de différence avec Dalida, et non l'âge de l'acteur vieillissant du film.

Ce film ne m'apprend rien sur la vie de Dalida. Un reportage de son vivant et un autre après.. avec des témoignages encore plus précis qui me font dire que ce film s'en est bien inspiré.
Il est vrai que l'actrice s'est est bien sortie. Ce qui est touchant chez elle, c'est sa fragilité que j'ai ressentie durant le film, puis un souvenir s'est fait précis dans ma tête du déjà vu... En effet, en zappant un jour, je suis tombée sur un plateau de TV en présentation.. quand tout d'un coup une jeune femme, juchée sur haut siège de bar, s'est envolée avec des mouvements désordonnés pour tomber à terre..... Je venais d'assister à une crise d'épilepsie! Un vrai choc! C'était sûrement un plateau pour la promotion du film.
Ce que ne dit pas le film, mais avoué par Pascal Sevran, qui comptait parmi ses amis intimes, elle l'a appelé au milieu de la nuit - ce qui lui arrivait souvent - pour lui annoncer son suicide. Habitué à ses appels nocturnes il lui a dit: OK mais laisse-moi dormir..... Il ne dit pas non plus qu'Orlando, son frère, ne la laissait pas se reposer.....Elle était devenue, à un moment, aussi maigre que l'actrice Sveva Alviti, au demeurant mannequin!

Vous devriez vous procurer le dernier reportage sur Dalida.

Écrit par : Patoucha | 30/01/2019

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