Du grand au petit écran : « Lion », « Aquarius », « La Famille Bélier »

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IMG_5628.jpg« Lion » raconte l’histoire vraie de Saroo, âgé de 5 ans dans les années 80, qui se retrouve seul dans un train qui le conduit à Calcutta, à des milliers de kilomètres de chez lui. Perdu et seul dans cette mégapole, Saroo va survivre comme il peut dans un milieu hostile avant d’être recueilli dans un orphelinat et d’être adopté par un couple d’Australiens. 25 ans plus tard, Saroo est un jeune homme qui semble bien dans sa peau. Apparence trompeuse, car il pense toujours à sa famille qu’il veut tenter de retrouver à l’aide de ses rares souvenirs et de Google Earth. 

Le film comporte donc deux parties plus ou moins d’égale longueur. Dans la première, on fait la connaissance d’un enfant de 5 ans espiègle, débrouillard, admirateur de son frère aîné et issu d’un milieu très modeste. Sunny, le bien nommé, Pawar qui joue le rôle de Saroo est absolument génial. On rit, on pleure, on se réjouit, on tremble avec lui. Sentiment renforcé par la caméra qui le filme souvent en gros plan et à sa hauteur dans des décors qui mettent bien en avant l’Inde de cartes postales et celle de la grande pauvreté.  

La deuxième partie, qui se déroule vingt ans plus tard en Australie, se concentre sur la quête de Saroo pour retrouver ses racines et les difficultés pour y arriver aussi bien sur un plan opérationnel qu’émotionnel. La crainte d’heurter ses parents adoptifs, qu’il aime profondément, est en effet une vraie préoccupation. Dev Patel, le héros de « Slumdog Millionnaire », exprime avec finesse ce conflit intérieur qui donne lieu à une scène magnifique entre lui et sa mère adoptive (Nicole Kidman, émouvante). 

Si l’on peut reprocher quelques petites longueurs dans cette seconde partie, elles n’enlèvent toutefois en rien l’intense émotion qui est présente pratiquement à chaque seconde. A tel point qu’il est quasiment impossible de retenir ses larmes. Un film optimiste et bouleversant jusqu’aux ultimes images où l’on découvre le vrai Saroo. A ne pas manquer.

5 étoiles. « Lion ». RTS UN, lundi 25 février, 20h40.

IMG_5630.jpgPot de terre contre pot de fer ou encore David contre Goliath. C’est le type de combat que va mener Clara, la soixantaine épanouie, contre des promoteurs qui vont tout tenter pour l’obliger à vendre l’appartement qu’elle occupe depuis toujours, ou presque, dans l’Aquarius, un immeuble où elle est la dernière habitante à résister. 

Portrait magnifique d’une femme, porté par la performance exceptionnelle de Sonia Braga, actrice très connue dans son pays, qui porte le film de bout en bout, « Aquarius » est aussi une critique du Brésil, pays où la corruption est reine et les inégalités sociales bien présentes. 

« Aquarius » est un film avec du suspense, malgré une deuxième partie trop longue où l’histoire peine à avancer. Malgré ce bémol, on suit avec intérêt et beaucoup d’empathie le combat entre passé et présent de cette femme attachante de la bonne société, ce qui ne l’empêche pas d’être rebelle dans ses actes ou dans ses relations avec son entourage qu’elle n’hésite pas à remettre à sa place. 

3 étoiles. « Aquarius ». ARTE, mercredi 27 février, 20h55.

IMG_5631.jpgDans la famille Bélier, tout le monde est sourd sauf Paula, ado de 16 ans qui joue plus souvent qu’à son tour les interprètes indispensables pour ses parents à la tête d’une exploitation agricole. Mais ce bel équilibre familial est menacé quand Paula décide de passer un concours de chant. 

Le début du film est laborieux et a tous les ingrédients de la comédie française bas de gamme. Karin Viard et François Damiens, les parents de Paula, sont à la limite de la caricature et les préoccupations d’ado de Paula franchement pas passionnantes. Et puis l’histoire prend tout à coup corps quand Paula s’inscrit à la chorale dirigée par un prof désabusé (excellent Eric Elmosnino) qui ne jure que par le répertoire de…Michel Sardou. 

A partir de là, l’histoire prend une autre dimension en privilégiant, avec bonheur, l’aspect émotionnel plutôt que comique du film. Au final, sans être un chef d’œuvre « la Famille Bélier » est un agréable divertissement qui donne envie à la fin de la projection de réécouter les chansons de Michel Sardou qui n’en demandait sans doute pas tant !

3 étoiles. « La Famille Bélier ». M6, jeudi 28 février, 21h00.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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