Traversée du lac : référendum ou pas ?

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Faut-il lancer un référendum suite à l’acceptation par le Grand Conseil d’un crédit d’étude de 6,3 millions pour le serpent de mer genevois que représente la traversée du lac ? Faut-il combattre une loi qui découle logiquement du vote du peuple de juin 2016 acceptant à plus de 60% le principe d’une traversée du lac ?

Ne serait-ce pas être mauvais joueur que de mettre les bâtons dans les roues (des voitures principalement) de la volonté du peuple ? Lancer un référendum pour « seulement » 6,3 millions, est-ce bien raisonnable ? Ça demande de l’énergie pour récolter les signatures et des moyens financiers pour un résultat qui est loin d’être gagné d’avance et qui pourrait même se retourner contre les opposants en cas de plébiscite dans les urnes de ce crédit d’étude. Et puis, ça aurait pu être pire, puisque le crédit voté par la commission des transports était de 24 millions.

Alors, le référendum à l’eau comme les 6,3 millions puisque tout le monde sait très bien que ce projet ne verra jamais le jour, son financement relevant d’une pure chimère ? Ce serait sans aucun doute l’option « raisonnable » : faire le gros dos, accepter de gaspiller 6,3 millions et attendre que l’Histoire donne raison aux adversaires de la traversée du lac.

Mais ce serait alors faire fi du changement de mentalité qui s’opère gentiment, mais sûrement, au sein de la population à propos de l’urgence climatique, comme les résultats des élections zurichoises l’ont montré de manière éclatante ce dimanche. L’avenir est à la mobilité douce et aux transports publics et non pas à la construction d’une route qui amènera du trafic supplémentaire et de la pollution, détruira des biotopes et causera d’importantes nuisances aux riverains, tout particulièrement de la rive gauche, qui depuis le vote de 2016 en ont pris conscience.

Vu sous cet angle, un référendum ne serait-il dès lors pas le bienvenu ? Aucune bataille n’est perdue d’avance.

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Commentaires

  • Un troisième pour encore et encore une vingtaine partie pour une vingtaine d’annees? Trop c’est trop!
    Lausanne a entre-temps mis sur rail son métro! LOL

  • Monsieur Bonny, je vous encourage à creuser un peu plus à fond le sujet. Mon blog sera déjà un bon début puisqu'il couvre largement le sujet. (http://heytaxi.blog.tdg.ch/)

    Certes le souverain a validé le principe d'une traversée dont le tracé n'était pas définit. Mais...
    Il vous suffit de faire un petit tour sur l'incroyable serpent de mer que constitue ce dossier pour comprendre que les citoyens ont plusieurs fois validé tout et son contraire et les députés portent une lourde responsabilité sur ces revirements. Notamment le refus de l'initiative de la mal aimée UDC pour une traversée de la rade au profit de la version autoroutière à laquelle vous faites référence.

    Vous avez raison de considérer que ce projet ne verra jamais le jour. Ou du moins pas de notre vivant. En revanche où vous faites fausse route, et c'est le cas de le dire, c'est lorsque vous évoquez le changement de mentalité pour renoncer à un ouvrage incontournable. A moins que vous souhaitiez que l'autoroute du U lacustre s'incruste dans le décor pour les trente prochaines années condamnant notre magnifique rade ainsi que la mise en oeuvre de la LMCE.
    Faut-il vous rappeler que les Genevois ont toujours demandé de pouvoir traverser ? La sanction de 1996 qui a validé votre constat du besoin de développer les transports en commun a été largement mis en oeuvre dans cet intervalle de 23 ans avec la création du Léman Express et des lignes de trams qui vont bientôt traverser la frontière. Ainsi que l'élargissement de l'autoroute de contournement qui est déjà largement saturée.
    Il est temps de finaliser ce réseau par ce dernier chaînon manquant qui permettra enfin de détourner le trafic individuel motorisé sur le périphérique et non pas de créer une autoroute de transit international.
    Faut-il vous expliquer que la notion d'aspirateur à voitures est justement ce que nous proposons, non pas pour augmenter le nombre de véhicules, mais pour les rediriger sur des axes structurants et libérer les quartiers de cette engeance ?

    Je discute volontiers de ce sujet avec vous quand vous voulez, mais plutôt qu'un référendum contre ce gaspillage avéré qui ne sert qu'à donner bonne conscience aux députés, vous pourriez envisager une initiative qui propose enfin un projet crédible de traversée urbaine afin de boucler la moyenne ceinture entre Malagnou et Nations et fermer enfin la ville aux véhicules parasitaires en rendant les quais aux Genevois. Du coup, ces montants seraient automatiquement réaffectés à la seule solution valable pour enfin pacifier la ville et valider les bonnes dispositions affichées dans le compromis historique de la LMCE.

    Toute autre option ne fera que brasser de l'air et donner un second souffle à l'inlassable guerre des transports dans notre canton.

  • C'est bien triste, mais depuis plus de 50 ans il y a eu des projets, farfelus ou non, pour créer un moyen de dégorger l'entrée de la ville afin que les véhicules qui viennent du Canton de Vaud puisse accéder à la rive gauche de la ville de Genève.

    Tous les projets ont été fondés sur une traversée proche du centre-ville. D’abord depuis l’Avenue de France vers le quai de Cologny, puis depuis le Vengeron vers Vésenaz.

    Un pont sur la totalité de ces trajets est impossible à cause des avions du fait qu’il y a l’approche de la piste empêchant un pont haut, ou des bateaux à voile empêchant un pont bas, donc on aurait fait un tunnel qui ne servirait qu’à dédoubler le pont du Mont Blanc qui est d’ailleurs bientôt dans un état douteux s’il faut augmenter la circulation dessus.

    Un pont sur ces trajets est aussi impossible car il obstruerait la vue sur la cathédral St. Pierre.

    Le projet en cours que j’ai vu qui consiste en tunnel-pont-tunnel est moche et c’est étonnant que Monsieur Santiago Calatrava qui a conçu de magnifiques ouvrages ait pu accepter de concevoir cette vilaine traversée.

    Il est absolument nécessaire d’avoir une traversée du lac depuis l’autoroute en direction des routes principales de la rive gauche en Suisse et des routes et autoroutes en France.

    Un des seuls endroits où un pont pourrait être construit serait de Versoix ou des environs de cette ville pour aboutir vers Corsier ; une sortie de l’autoroute avait été prévue près de Versoix mais elle n’a jamais été utilisée.

    Évidement cette traversée pourrait être rattachée à l’autoroute et donc prise en charge en partie par la Confédération.

    Autre avantage d’un pont est qu’il serait possible d’avoir une partie prévue pour des rails de chemin de fer ou de tram ; n’oublions pas que l’automobile est en sursis avec les écologistes à cause du réchauffement planétaire.

    L’autre jour Monsieur Dal Busco m’a fait savoir qu’il espérait qu’avec le CEVA la circulation traversant la ville de Genève serait réduite d’environ 15% ; je crains que ce soit un rêve.

    En lisant l’article de Marc Moulin, paru le 28 février dans la Tribune de Genève on remarque que les premiers obstacles proviennent des politiciens, chaque parti voulant tirer la couverture à lui sans tenir compte de besoins réels de la population et en refusant de voir à long terme ; ceci a toujours été le problème de la politique, surtout en Suisse avec les droits de referendum, et de la lutte entre la droite et la gauche qui empêche que des projets essentiels ne soient jamais concrétisés.

    Avec le réchauffement climatique et l’augmentation de la pollution dans les villes, il sera essentiel un jour d’interdire ou de réduire sérieusement la circulation automobile dans les villes, sans oublier Genève où elle est particulièrement dense. La voiture électrique n’est pas la panacée car bien que dans l’immédiat elle ne dénature pas les environs, Il faudra trouver des solutions dans près de cinq ans car il sera obligatoire de changer les batteries et celles-ci créeront de la pollution dont on ne connait pas réellement les effets.

    La seule solution est celle du pont que j’ai indiqué plus haut. Il faudra cependant agir très rapidement, ne pas dépenser des sommes inutiles pour des « études des études » et aller au-delà des problèmes d’obstructions de la population.

    En dernier lieu c’est un problème urgent et ne pas attendre l’an 2050 ; dans cinq ans, soit en 2025, il devrait être possible de concevoir et de construire ce pont qui pourrait devenir un des plus beaux ouvrages du monde car des architectes suisses ont souvent construits dans le monde entier de magnifiques ponts.

    Je ne suis pas architecte, mais visionnaire et ce projet qui est dans ma tête depuis quelques années, j’aimerais le partager afin qu’il devienne enfin réalité.

  • Résultat surprenant, le PLR va t'il dévisser plus rapidement que prévu. Son mépris face à l'écologie, son indifférence face aux perdants du libéralisme aurait du fâcher son électorat depuis longtemps dans la suite des mouvements européens.
    Vert et Vert libéraux gagnant, on est peut-être à la croisée des chemins.

    Quant au referendum, dépenser 6millions ce n'est pas malin, mais à la confrontation entre partis, il est toujours préférable d'enterrer la hache de guerre pour faire avancer la cause écologique sans clivage politique, pour une avancée plus efficace.
    Si le PLR s'obstine, ce sera tout bonus pour des partis tels que les Vert Libéraux ou le PDC si celui-ci ne s'aligne plus sur le PLR.

  • Il faut faire des référendums contre toutes les lois. Dans une Démocratie chaque citoyenne, chaque citoyen doit choisir. Le systeme représentatif suisse est biaisé, car ceux qui "représentent" le Peuple défendent: leurs intérêts personnels, les intérêts de leur formation politique et pratiquent le clientélisme. Il se moquent des intérêts des citoyens genevois, des citoyens confédérés. .

  • Pierre Jenni il n'existe pas une guerre des transports a Genève mais une dictature des automobilistes. Qui sait peut être qu'un jour les Genevois se réveilleront et se révolteront contre cette dictature nuisante surreprésentée au Grand Conseil et dans nos gouvernements

  • Bonjour,

    Je ne comprendrai jamais les anti-traversées, qui mettent en avant la "destruction de la rade".
    Pont-tunnel ou Pont sont des chefs-d'oeuvres d'architectures, et nul ne peut dire le contrainte.
    Est-ce que les touristes à New York évitent absolument le Brooklyn Bridge? Est-ce que les touristes en Californie évitent absolument le Golden Gate ?
    Non, c'est bien clair.
    Un pont bien pensé est un chef d'oeuvre, et c'est pour cela qu'il est primordial de permettre ce projet à Genève.

    Second angle d'attaque, la mobilité.
    Regardez tout les grandes villes ( même si Genève ne semble être qu'un ville comparé à Paris/Londres ou Berlin): On tourne en rond.Dans le bon sens du terme.
    On permet aux utilisateurs de la route d'éviter le centre ville ( et donc de le rendre aux mobilités douces) en fournissant un itinéraire plus long, mais malgré tout plus rapide, autour du centre ville.
    Genève ne fournit qu'un demi rond via l'autoroute de coutournement depuis le Vengeron+ l'autoroute francaise coté salève jusqu'à Thonex-Vallard. Pourquoi ne pas continuer à progresser et fermer définitivement cette boucle?
    Les automobilistes ( et pas seulement les frontaliers) s'en serviraient pour rejoindre la france depuis la rive droite, et inversement.
    Cela désengorgerait le pont du mont blanc ainsi que les quais, on réduirait donc les émissions polluantes en centre ville, tout en rendant la ville plus silencieuse..

    Alors, que demande le peuple ?

  • @Steve Roeck
    Sur le fond vous avez raison, mais ce ne sera qu'une votation de plus sur ce sujet. Les vents concernant cette traversée, étant contraire, autant laisser à la droite ce boulet.

    De manière caricaturale, le vent va plutôt dans le sens des villes aux habitants, et les voitures dehors.

  • Vous parlez à des gens qui voudraient faire Genève/New-York en tapis volant...... Les sédentaires, et ceux qui n’ont jamais voyagé aux Etats-Unis! Mais très forts pour taxer ceux qui doivent se déplacer pour travailler! Ceux-là mêmes qui fructifient les caisses de l’État!

  • Pourquoi pas une traversée de la rade entre la France et Vaud en télécabine.

    Soyons fou !

    Quid, qui de la patinoire ou de la traversée de la rade Vera le jour en premier ?

  • Aucune bataille n'est perdue d'avance, c'est vrai !
    Mais il faut également savoir choisir ses combats.

    Ces 6.3 millions ne représentent pas un véritable danger. De toute façon, sans financement pour la réalisation (plusieurs milliards) rien ne se fera, heureusement. D'autre part, il y aura d'autres lois (crédits complémentaires , réalisation, déclassements etc) qui seront chacune susceptible d'être votée par referendum. Enfin, le lobby des voitures ne sera plus ce qu'il est dans quelques années.

    Il y a, en revanche, une autre loi, pour un crédit de réalisation cette fois, en faveur de la L1L2 (ex voie Cottier), qui prévoit de gaspiller 120 millions pour une nouvelle pénétrante routière qui amènerait plusieurs dizaines de milliers de véhicules privés en plus dans l'agglomération. Elle risque de passer le 9 avril. (plus d'infos sur www.L1L2nonmerci.org)

    Un cas de vote, un référendum sera lancé et c'est là qui faudrait mettre l'énergie pour la récolte des signatures !

    Ca fait mal de jeter 6 millions à la poubelle, mais perdre cette bataille n'est de loin pas perdre la guerre, en revanche, pour L1L2, c'est maintenant que ça ce joue !

  • Monsieur Heer, vous faites bien de mentionner ce projet de la voie Cottier.
    Car si les autorités ressortent ce vieux dossier après plus de 20 ans depuis le changement d'orientation avec le refus de la traversée en 1996 pour favoriser les TC et le contournement ouest, c'est la preuve que le trafic individuel motorisé est bel et bien en constante augmentation. Comme d'ailleurs projeté dans le rapport de Mme Künzler "Mobilités 2030".
    Il est par conséquent véritablement inconscient de faire comme si de rien n'était en se bouchant le nez, les yeux et les oreilles et en priant pour que la politique de brimade et de fermeture parvienne à dégoûter ces pollueurs.

    Mais ce projet n'est rien en comparaison avec la route des Nations, véritable autoroute pénétrante qui arrivera nulle-part, soit derrière le palais des Nations, pour venir engorger encore plus la petite ceinture Motta-Hoffman-Wendt et le U Lacustre qui condamne définitivement la rade.
    Et là on ne parle pas de crédit d'étude ou de construction, on a déjà commencé les travaux.

    Alors, si l'on veut être cohérent et enfin pacifier la ville, il s'agit en toute première priorité de rediriger ces flux sur la moyenne ceinture par le bouclement Nations-Malagnou qui permettra enfin par des mesures d'accompagnement ambitieuses de fermer la ville aux TIM, offrir le pont du Mont-Blanc à la mobilité douce et rendre les quais aux Genevois.
    (http://heytaxi.blog.tdg.ch/archive/2019/03/23/que-s-est-il-passe-en-1996-297950.html)

  • Le lien ne semble pas fonctionner. Il s'agit peut-être de faire une copier-coller dans votre browser.
    http://heytaxi.blog.tdg.ch/archive/2019/03/23/que-s-est-il-passe-en-1996-297950.html

  • Voici le lien

    http://www.l1l2nonmerci.org

    Ou taper L1L2 dans n’importe quel bon moteur de recherche.

    FH

  • http://heytaxi.blog.tdg.ch/archive/2019/03/23/que-s-est-il-passe-en-1996-297950.html

  • Il faut sauver le pont du Mont-Blanc
    La situation actuelle du pont du Mont-Blanc est une aberration totale. On sacrifie l’endroit le plus beau de Genève au profil du trafic automobile. Comme il n’est pas possible d’interdire ce trafic, la seule solution raisonnable est son passage en tunnel sous lacustre à l'emplacement actuel du pont du Mont-Blanc.
    Cette disposition permettrait la construction d’un nouveau pont libéré de toute circulation, avec un étage supérieur couvert. Un rêve parfaitement réalisable, de plusieurs milliers de mètres carrés entièrement réservé à la créativité humaine au centre ville.
    La réalisation d’un tunnel sous le pont du Mont-Blanc, autoriserait l’installation de turbines pour la production d’énergie électrique hydraulique.
    Le passage du trafic routier en tunnel sous le pont du Mont-Blanc nécessitera le passage en tranchée couverte du quai du Général - Guisan, du quai Wilson et du quai du Mont-Blanc. Toute la surface sera libérée. Ce rêve de libérer les quais de toute circulation motorisée habite Genève depuis des décennies. Nous pouvons le réaliser aujourd'hui.
    La situation actuelle de la gare routière est misérable. Mais sa localisation proche de la gare ferroviaire et du centre ville est favorable. Si nous voulons sauver l’emplacement actuel il n’y a qu’une seule solution, il faut l’enterrer sous la place des Alpes en continuité avec le passage en tranchée des quais et du pont du Mont-Blanc. Toute la surface place Dorcière, place des Alpes serait libérée et réservée à l’activité humaine.
    Un mini métro automatique établirait la liaison directe entre la gare ferroviaire, la gare routière et la gare des Eaux- Vives.
    Financement
    La réalisation possible d’un tel projet se situe vers les années 2025-2030.
    Ce projet appartient au peuple Genevois par conséquent il devra le financer par l'intermédiaire d'un fond souverain du peuple.
    Ce fond sera alimenté par 20 dividendes de la BNS pour Genève (entre 40-50 millions par an) et par une économie annuelle de 70 millions qui pourrait provenir d'une augmentation de l'impôt sur la fortune. C'est un sacrifice que nous pouvons nous permettre sur une période de 20 ans. Ce fond devrait ainsi s'élever entre
    2 et 2,5 milliards.
    Ce fond avec comme garantie la BNS devrait certainement produire des intérêts supérieurs aux taux d'un éventuel emprunt.
    Le but essentiel d’une étude d’un nouveau pont du Mont-Blanc, malgré son aspect utilitaire, est fondamentalement une recherche de beauté et d’harmonie pour Genève.

  • C'est pas tout faux thoos r.
    En fait, je corrige de quelques mètres et vous propose simplement la variante de Trachsel, qui fut le premier projet de traversée en tunnel (1896) entre la rue de la Scie et la rue des Alpes.
    Cet ouvrage pourrait être réalisé avec des caissons immergés en deux ans pour un prix ridicule. Il permettrait de finaliser la petite ceinture et offrir le pont du Mont-Blanc à la mobilité douce. Mais pas la quais.
    Pour cela il faudra revenir avec un projet de traversée urbaine entre Malagnou et Nations comme je le développe sur mon blog. http://heytaxi.blog.tdg.ch/

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