Pour une politique vraiment incitative

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IMG_3548.JPGMercredi prochain, nous aurons une meilleure idée sur les intentions des uns et des autres en matière de politique environnementale. Le vernis vert du PDC et du PLR est-il réel ou tient-il du simple enfumage à l’approche des élections fédérales de cet automne ?

Ces deux partis auront l’occasion de passer des paroles aux actes au cours du débat qui aura lieu au Conseil national à propos d’une motion socialiste qui demande au Conseil fédéral de fixer des objectifs pour transférer les vols de courte distance vers d’autres modes de transport, tout particulièrement le train.

Faut-il rappeler que le trafic aérien est responsable de plus de 18% des émissions de CO2 en Suisse et que si rien n’est entrepris, ce secteur deviendra le plus important dans le bilan climatique de la Suisse en 2030 ? Le transport aérien est exonéré de l’impôt sur le carburant, de la TVA et de la taxe CO2, ce qui a comme conséquences des prix très bas et une constante augmentation de la demande.

Pour inverser cette tendance, il n’y a pas trente-six mille solutions : il faut augmenter le prix de l’avion et parallèlement rendre le transport ferroviaire attrayant aussi bien en termes d’argent, de temps que de confort. Un nombre important de voyageurs seraient prêts à prendre le train si le prix du billet était concurrentiel avec celui de l’avion.

La semaine dernière, en déplacement à Marseille (Genève-Marseille, 3h30 en TGV, 60 euros en première classe, gare située au centre-ville), j’ai discuté avec un couple qui venait de Liège. Au cours de la discussion, j’apprends qu’ils sont venus en avion. Je leur demande la raison pour laquelle ils n’ont pas pris le train. La réponse a fusé : le prix nettement moins cher du billet d’avion. Sans cela, ils étaient prêts à se poser la question du train compte tenu de l’éloignement de l’aéroport de leur domicile et du lieu de destination, le fait qu’il ait fallu laisser trois jours la voiture au parking payant de l’aéroport ou encore le temps d’attente avant de prendre les vols.

Il convient donc de faire pression sur nos autorités pour qu’elles mettent urgemment en place une politique incitative digne de ce nom afin que ce transfert modal devienne rapidement un questionnement pour une partie des utilisateurs de ces vols courte distance, puis finalement une évidence.

Avant qu’il ne soit trop tard.

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Commentaires

  • Je n‘ai pas de voiture. 98 % de mes déplacements sont effectués au moyen des transports publics. Je suis membre depuis plus 20 ans de Mobility. Je ne parcours pas plus de 1500 km par en voiture. Donc autant vous dire que je n‘ai pas attendu le mouvement actuel pour essayer le plus possible d’avoir un comportement raisonnable quant à l‘utilisation de moyens de transport polluants, y compris pour l’avion que j‘utilise de temps à autre lorsque je ne peux pas faire autrement. A cet égard, comme vous, je considère que le kérosène doit être taxé mais pour une simple question d’équité fiscale.

    En effet,, vos propos mélangent plein d’éléments qui me font fortement douter qu’une hausse sur le kérosène ne changera pas grand chose sur la demande.

    En effet, croire que les billets d‘avion vont grâce à cette taxe subitement prendre tellement l‘ascenseur que les gens vont drastiquement diminuer leur consommation de vols c’est mal connaître le domaine de l’aviation en tant qu’acteur économique.

    En effet, si le prix des billets d’avIon a autant baissé depuis trente ans, ce n’est pas en raison de l’absence de taxes sur le kérosène, mais en raison de la libéralisation du ciel qui a débuté aux USA déjà à la fin des années 80 et qui s’est étendue à travers le monde lors des deux décennies qui ont suivies.

    Cette libéralisation a donné naissance aux compagnies low-cost et aux alliances qui ont tiré les prix vers le bas, poussant les compagnies aériennes traditionnelles soit à baisser leurs prix, soit à disparaître ( Pan Am, TWA). J’en veux pour preuve qu’à titre personnel, j’ai payé 2400.- en 1988 pour aller trouver mon amie de l’époque en Australie soit en valeur corrigée (inflation et cours de change de l’époque) pas loin de 3500 francs actuel . Tout cela pour un billet en classe économique alors qu’ un même billet coûte aujourd’hui moins de mille francs.

    . Or , à l’époque, il n’y avait pas de taxe sur le kérosène. . C’est donc bien la concurrence accrue qui a poussé les prix vers le bas et les victimes ont bien souvent été les employés des compagnies qui ont vu leurs conditions salariales se péjorer car comme disait Albert Jaccard : « En économie pour qu’il y ait un vainqueur, il faut nécessairement un perdant ».

    Dès lors. cette taxe ne changera pas grand chose. Les compagnies répercuteront une partie de celle-ci en cherchant à diminuer leurs coûts et par conséquent, les salaires.

    Dès lors le couple de Liège continuera à voler pour un prix modique.

    Par ailleurs sur ce point, je trouve votre exemple peu pertinent car vous comparez votre situation, à savoir , une personne qui habite Genève, qui se rend à Marseille en 3 h30 grâce à une excellente liaison à grande vitesse, à celles de personnes qui habitent à plus de 900 km de Marseille et qui au mieux, mettront 7 heures de train, soit le double de vous. Et même si on ajoute le temps d’attente, sur une distance de ce type, l'avion est toujours plus rapide. Et ce facteur déterminant dans le choix mode de transport fait défaut dans votre démonstration.

    A titre personnel, il me reste encore un membre de ma famille qui habite près de Nuremberg. Cette vieille dame ne peut plus m’accueillir chez elle et donc mes visites sont nécessairement planifiées sur un week-end par année. En train le trajet est de 7 h 30 alors qu’avec l’avion j’en ai tout compris , pour 3 h maximum. Tout cela pour passer deux-trois heures avec cette dame. Bien évidemment, lorsque je vais passer une semaine en Bavière alors je profite du train et de ma carte de réduction de la Deutsche Bahn 25 pour aller lui rendre visite avec ce moyen de transport écologique.

    L’avion pollue. Personne ne peut nier ce fait, mais ce qui me dérange c’est que c’est devenu le bouc émissaire un peu facile de tous les excès de notre consommation moderne.

    A cet égard, votre argumentation ne parle malheureusement pas du développement d’un réseau de trains à grande vitesse intra-européen comme on le trouve par exemple au Japon afin de constituer une alternative crédible à la rapidité de l’avion. Sans compter que lorsque l’on parle d’un problème on l’aborde dans sa globalité. Ceci fait aussi défaut dans votre article.

    Quid par exemple de la pollution de l’air liée à l’agriculture,, en particulier de l’impact de l’elevaf sur le réchauffement climatique ? Vous n’en parlez pas .

    A titre personnel , j’ai cessé toute consommation de viande depuis 4 ans justement pour des questions environnementales. En effet ,l’agriculture contribue rien qu’au niveau européen à 10,2 % de l’émission des gaz à effet de serre. Or, ceux-ci se composent du protoxyde d’azote ( dont le potentiel de réchauffement global est de 298 fois plus élevé que le dioxyde de carbone) , du méthane et du dioxyde de carbone ( CO2). Je ne parle même pas des autres pollutions engendrées par l’élevage (eau, sols).

    Le problème est que le lobby paysan est tellement puissant à Berne que jamais cet aspect de la problématique ne sera abordé car pour beaucoup de gens on touche à leur réel « art de vivre ». Donc par facilité on s’en prend comme vous , qu’à une partie de l’activité économique responsable du réchauffement climatique en ignorant d’autres..

    C’est dommage car à terme c’est clairement insuffisant pour sauver ce qui peut encore l’être.

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