Conscience écologique? Tu parles!

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Le PLR et le PDC ont démontré, sans surprise à vrai dire, que leur conscience écologique était de la poudre aux yeux purement électoraliste, puisque ces deux partis ont refusé pratiquement d’une seule voix (24 non, 2 oui et 3 abstentions au PDC et 25 non au PLR) la motion du conseiller national socialiste Thomas Hardegger qui voulait charger le Conseil fédéral, pour diminuer l'impact négatif du trafic aérien sur l'environnement, de fixer un objectif de transfert des vols de courte distance à d'autres modes de transport, notamment le rail. Les voix négatives de ces deux partis, ajoutées à celles de l’UDC, ont eu comme conséquence que la motion a été clairement refusée par 111 voix contre 66. 

L'impact négatif du trafic aérien sur la population et l'environnement est pourtant colossal. Il est responsable de plus de 18% des émissions de CO2 en Suisse et, si rien n’est entrepris, ce secteur deviendra le plus important dans le bilan climatique de la Suisse en 2030. Le transport aérien est exonéré de l’impôt sur le carburant, de la TVA et de la taxe CO2.

L’augmentation du trafic aérien est constante alors que 46 pour cent de l'ensemble des vols sont à destination des pays voisins. Les passagers bénéficient de billets bon marché, mais la somme qu'ils paient ne couvre pas la totalité des coûts externes liés au trafic aérien, loin s'en faut. Les destinations les plus prisées des vols de courte distance sont desservies jusqu'à 30 fois par jour rien que depuis Zurich, ce qui démontre l'énorme potentiel de transfert du trafic aérien vers le rail.

Mais la preuve est faite par ce vote que le PLR et le PDC, qui tentent par de vagues promesses de verdir leur programme à l’approche des élections fédérales de cet automne, n’en ont en fait rien à cirer de l’urgence climatique. Ces deux partis illustrent de manière caricaturale ce qui ressort du sondage paru dans le Temps le 9 mai, à savoir que les trois quarts de la population pensent que les politiques ne sont pas à la hauteur de la tâche en matière d’environnement.

Le peuple suisse aura l’occasion de rectifier le tir le 20 octobre en élisant des femmes et des hommes politiques pour lesquels l’environnement n’est pas juste un effet de mode, mais une réelle préoccupation afin d’assurer un avenir aux générations futures.  

Lien permanent Catégories : Verts 1 commentaire

Commentaires

  • Il n'y a pas de surprise, l'économie reste la priorité pour ces partis. L'écologie, c'est seulement si aucune contrainte n'est exercée.
    Les Verts aussi suivent l'idéologie avant l'écologie. Ce seront les premiers a s'élever contre des autoroutes à plus de voies, mais se taisent sur le fait que l'augmentation de la population suisse pèse très fort sur l'impact climatique et la biodiversité.
    Le climat, c'est bien, mais pas grand chose est fait pour les villes, bétonnages, pollutions, bruits, en tout cas, ce m'est pas à la hauteurs des impacts sur la santé.

    Je me répète, mais à force j'espère que les Verts seront vraiment Vert avec une indépendance idéologique avec les socialistes pour répondre aussi aux besoins humains. Le climat, la biodiversité, mais aussi l'humain fait partie de l'écologie.
    A moins de considérer l'humain comme un monstre, et qu'il mérite son environnement gris béton, ses dépressions, ses maladies.

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