Du grand au petit écran : des femmes combattantes

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Pour la journée de la grève des femmes du 14 juin, la RTS programme simultanément deux très bons films, dont un inédit, dans des genres très différents avec des personnages féminins qui luttent contre le patriarcat et le machisme.

IMG_6648.jpgDès le tout début, avec un générique qui vous plonge avec des images d'archives et de la musique de l'époque dans le tourbillon du tournant des années 60-70, le spectateur est dans le film. Puis, survient la voix off de l'héroïne qui prononce cette phrase mémorable : "En 1971, le monde était en pleine mutation, mais ici en Suisse, le temps semblait s'être arrêté."

Le contraste avec les premières secondes est saisissant et donne immédiatement le ton du film : Nora et ses amies vont devoir soulever des montagnes, suisses bien évidemment, pour lutter contre cette société patriarcale et machiste qui est à la veille de décider si elle donnera le droit de vote et d'éligibilité aux femmes. 

Pour raconter les semaines qui précèdent cette votation qui deviendra historique, le film de la réalisatrice Petra Volpe reconstitue à la perfection cette ambiance du début des années septante de cette Suisse fermée sur elle-même : décors, costumes, coiffures, mœurs, attitudes de la gente masculine, tout y est. C'est à la fois jouissif et consternant de voir où en étaient les droits des femmes au niveau national il y a moins de 50 ans. Le film est d'ailleurs à l'image de ce constat, puisqu'il comporte des scènes franchement drôles et tendres qui alternent avec d'autres où l'on rit jaune, voire où l'on pleure de tristesse ou de joie.

"L'ordre de divin" est un film très bien écrit que ce soit au niveau de son scénario ou de ses personnages auxquels on s'attache rapidement. Il faut dire que la distribution est excellente et donne toute la crédibilité voulue à cette histoire pourtant par moment d'autant plus incroyable qu'elle est proche de la réalité.

5 étoiles. « L’ordre divin ». RTS UN, vendredi 14 juin, 21h.

IMG_6647.jpgDiana est la fille de la reine des Amazones et vit sur une île paradisiaque à l’abri des regards. Elle est entraînée durement pendant sa jeunesse afin de devenir une guerrière imbattable au cas où les Amazones seraient attaquées, ce que craint sa mère qui lui a caché ses véritables origines. Mais avant de régler ses comptes avec le passé, Diana va affronter le monde réel et utiliser ses super pouvoirs au service de la paix.

« Wonder Woman » commence gentiment dans une ambiance kitsch assumée pour souligner le côté mythologique des origines des Amazones, puis prend tout son sens au fur et à mesure que l’histoire avance rendant d’autant plus jubilatoire l’arrivée totalement décalée de Diana dans le Londres très masculin de 1918. Femme libérée et en tenue légère, Diana se trouve plongée dans un monde qui est son exact opposé, ce qui donne lieu à des scènes fort drôles tout en permettant à l’intrigue d’avancer d’un bon pas. On ne s’ennuie en effet pas une seconde durant les deux heures et vingt minutes que dure le film, les rebondissements étant nombreux et parfois inattendus. Le seul reproche que l’on peut faire est que la confrontation finale pourrait durer facilement cinq minutes de moins.

Pour le reste, les effets spéciaux sont à la hauteur de ce que l’on peut attendre d’un film de super héroïne, les scènes d’action sont captivantes et s’intègrent fort bien avec des scènes plus intimes sans mièvrerie, les personnages secondaires sont très sympathiques ou très inquiétants et enfin Gal Gadot est une Wonder Woman très crédible et à la plastique irréprochable, comme il se doit pour le personnage. « Wonder Woman » est donc un très bon divertissement.

4 étoiles. « Wonder Woman ».  RTS DEUX, vendredi 14 juin, 21h.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

Lien permanent Catégories : Télévision 1 commentaire

Commentaires

  • Si on veut constater un changement relatif à notre époque, ce sont les très nombreuses héroïnes en rôles principales pour les séries diffusées : Tueuses de zombies, de vampires, où lutte pour sauver le monde, tout en gardant le côté femme. Pas de superwoman, mais des femmes avec des personnalités.

    Je me réjouis, parce que même si ce sont des fictions, ces rôles peuvent permettre, pourquoi pas, d' influencer, des filles, des femmes.

    Je reste convaincu, que ce n'est pas des mesures artificielles qui aident à l'égalité, mais dans une transformation "psychologique" dans l'épanouissement de celles-ci.

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