« Roxane » : des poules bluffantes (et 6 films à l’affiche)

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IMG_6766.jpgRaymond est un paysan romantique qui est sur le point de perdre son exploitation agricole. Mais loin de se résigner, il décide d’attirer l’attention de la France entière, et même au-delà, avec les moyens d’aujourd’hui en cherchant à créer le « buzz ». Et pour y parvenir, il va mettre en scène, face caméra, sa passion pour le théâtre et celle des grands textes avec sa poule Roxane.  

Pour Mélanie Auffret, la réalisatrice, cette histoire lui « permettait aussi de mettre en image la magnifique relation que tissent ces paysans avec leurs bêtes. Moi, cela m’amusait de décaler ce binôme en faisant de Roxane, la poule domestique de Raymond. Et puis, les gallinacées sont de magnifiques actrices ! » On ne dira pas le contraire, les poules sont les véritables héroïnes de ce film et leur « jeu » est totalement bluffant.

Elles sont à vrai dire irrésistibles, à tel point que toutes les scènes où elles sont absentes frisent le plus souvent l’ennui. La faute à un scénario dont on devine à l’avance les péripéties, qui se répète et à une image idéalisée de la campagne qui finit par tomber à plat.

Alors, certes, « Roxane » s’apparente à une fable, mais à force d’invraisemblances l’intérêt pour les aventures de ce paysan poète se perd en route. Et on a d’ailleurs l’impression qu’il en est de même pour les interprètes de « Roxane », Guillaume de Tonquédec en tête, qui donnent l’impression de s’ennuyer au contraire des poules qui sauvent le film à elles toutes seules. (2 étoiles)

Toujours à l'affiche

4 étoiles « Rocketman ». Largement inspiré de la vie d’Elton John, le film brouille les frontières entre fiction et réalité et ne respecte pas l’ordre chronologique des chansons utilisant leurs paroles en fonction des événements qui s’y déroulent. Mais « Rocketman » ne part pas pour autant dans tous les sens. Il raconte l’histoire de l’ascension très rapide de Reginald Dwight, jeune pianiste prodige et timide devenu une superstar mondiale, mais également les épisodes plutôt tristes de son enfance, sa très belle amitié avec son parolier, sa difficulté à vivre son homosexualité, ses amours contrariées, l’addiction à la drogue et à l’alcool et bien évidemment son génie musical qui est intelligemment mis en avant dans le film avec des scènes où Elton John fait le show et d’autres beaucoup plus intimistes et émouvantes. Cette réussite est due à une mise en scène qui ne laisse rien au hasard et à un formidable Taron Egerton qui crève l’écran dans le rôle d’Elton John aussi bien quand il joue que quand il chante. Le comédien s’est entraîné au chant et au piano pendant cinq mois et le résultat est bluffant. Mis à part quelques petites longueurs dans la seconde partie lors de la descente aux enfers de la star, « Rocketman » est un film qui met le feu tout en laissant une large place à l’émotion.

3 étoiles. « Venise n’est pas en Italie ». Dans la famille Chamodot, rien n’est impossible ! Emile, 14 ans, va une fois de plus s’en rendre compte quand ses parents décident de partir en famille avec leur caravane à Venise afin qu’Emile puisse assister au concert que sa camarade de classe Pauline, dont il est tombé amoureux, donnera là-bas. « Venise n’est pas en Italie » prend son temps pour démarrer. La faute à un scénario qui insiste un peu trop sur le côté fantasque du couple Chamodot avec des scènes qui se répètent, ce qui n’empêche toutefois pas de rire de bon cœur à quelques-unes d’entre elles. Et puis, le film prend une autre dimension à partir du moment où la famille Chamodot se retrouve sur la route. Si les occasions de rire sont toujours bien présentes, les relations interpersonnelles se complexifient et prennent le dessus sur la simple comédie. Les membres de la famille Chamodot deviennent alors beaucoup plus attachants et touchants. La distribution joue également un rôle important vers ce glissement plus sensible et romantique du film dans sa seconde partie grâce à un Benoît Poelvoorde et une Valérie Bonneton qui n’en font heureusement pas trop et surtout au jeune comédien Hélie Thonnat, remarquable. « Venise n’est pas en Italie » est donc plus qu’une simple comédie et prendre la route avec ses personnages est synonyme d’un voyage plutôt réussi.

3 étoiles. « Douleur et Gloire ». Film dont la fiction s’entremêle avec la réalité, l’appartement est une reproduction de celui d’Almodovar et Antonio Banderas était coiffé comme le réalisateur et portait ses vêtements, « Douleur et Gloire » s’inspire donc largement de la vie du cinéaste. La première partie du film est bavarde, égocentrique et met exagérément en avant le mal être du réalisateur Salvador Mallo (Antonio Banderas, excellent). Mais, heureusement, pour passer le cap de cette entrée en matière un peu pénible, il y a dès le début les lumineux flashbacks de l’enfance de Salvador avec une Penélope Cruz très convaincante. Et puis, au milieu du film surviennent l’une à la suite de l’autre deux longues scènes absolument bouleversantes et qui valent à elles toutes seules la peine d’aller voir « Douleur et Gloire ». La tendresse prend alors résolument le pas sur la déprime ambiante de la première partie du film et conduit, grâce notamment à un dernier flashback très réussi sur l’enfance de Salvador, à une belle fin. Au final, le dernier Almodovar est à l’image de son titre : douloureux en son début et de plus en plus glorieux au fur et à mesure que l’action avance.

3 étoiles. « Nous finirons ensemble ». Déprimé, Max tente de se ressourcer dans sa maison au bord de mer avec sa nouvelle compagne. Sa bande d’amis, qu’il n’a pas vu depuis plus de trois ans, débarque pour lui faire une surprise à l’occasion de son soixantième anniversaire. Et le moins que l’on puisse écrire est que l’accueil est glacial. Le ton est plus grave dans cette suite. Guillaume Canet a voulu que « Nous finirons ensemble » soit plus cynique. Le réalisateur fait un état des lieux plutôt morose, une partie des potes de la bande ayant perdu leurs illusions. Mais ce n’est pas pour autant que le film est déprimant. En effet, on rit souvent, mais un peu plus jaune, et on est touché par « ces personnages imparfaits, enfermés dans leur problème », selon la définition de Guillaume Canet, qui vont malgré tout essayer de surmonter tous ensemble les blessures du passé. En résumé, si on retrouve dans cette suite une bonne partie des ingrédients qui ont fait le succès des « Petits mouchoirs », ils sont plutôt intelligemment recyclés. Certes, tout n’est pas parfait, notamment l’apparition du personnage joué par José Garcia qui n’apporte pas grand-chose à l’histoire et une fin un peu trop facile, mais il n’en demeure pas moins que l’on passe un bon moment.

3 étoiles. « Avengers : Endgame ».  A la fin de « Avengers : Infinity War », le terrifiant Thanos avait anéanti la moitié de l’univers et donc 50% des Avengers. Celles et ceux qui ont survécu cherchent alors une solution pour voyager dans le temps et tenter d’annuler le claquement de doigt de Thanos, qui a conduit à la disparition de la moitié de l’humanité. Le film comporte trois parties et un épilogue. La première se concentre sur le deuil des Avengers qui ont survécu et qui tentent de réagir. Elle est un peu longue, mais parfois touchante et drôle. La deuxième partie est consacrée au voyage dans le temps. Cette remontée dans le passé permet des rencontres inattendues plutôt réussies et tient la route du point de vue du scénario malgré la multiplication des lieux où se déroule l’action. Le rythme est soutenu. Quant à la troisième partie, elle fait feu de tout bois avec un déluge d’excellents effets spéciaux et de superhéros et d’omniprésentes superhéroïnes. Hélas, le combat, s’éternise à force de vouloir en mettre plein la figure au spectateur et sa conclusion est tirée par les cheveux. Mais reconnaissons toutefois que l’issue de la bataille n’est pas forcément celle qu’on attendait. Un dernier épisode en forme de « best of » qui n’est pas sans défaut, mais qui se laisse voir avec un certain plaisir.

2.5 étoiles. « Les Crevettes pailletées ». Le film a pour ambition, selon ses deux metteurs en scène, de défendre les valeurs de liberté, de droit à la différence et à l’outrance et de faire triompher la légèreté sur la gravité de la vie. Pas étonnant par conséquent que « Les Crevettes pailletées » partent dans tous les sens, pour le pire et le meilleur. Commençons par le pire. Les clichés sur les gays sont légions et certains gags sont exploités jusqu’à ne plus avoir envie de rire du tout. Quant au niveau des acteurs, il est loin d’être homogène. L’impression qu’ils sont en roue libre et donc pas ou peu dirigés par les réalisateurs domine. Enfin, le scénario, à l’exception de la fin, est cousu de fil blanc. Passons à présent au meilleur. « Les Crevettes pailletées » est une comédie et, à ce titre, des personnages poussés jusqu’à la caricature, ça n’a rien de surprenant et ça peut faire rire. Et tel est bien le cas, surtout dans la première partie, mais avec les réserves émises plus haut sur l’accumulation exagérée des clichés. Mais, heureusement, plus le film avance et plus le côté attachant et touchant des personnages et leur droit à la différence est mis en avant. En conclusion, un film qui est constamment à la limite de la sortie de route, mais qui l’évite le plus souvent grâce à ses personnages certes trop caricaturaux, mais également attachants et touchants.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas désagréable, mais pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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