Geneva Pride 2019, c'est parti!

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IMG_6883.JPGDiscours que j'ai prononcé en tant que co-président de la Fédération romande des associations LGBT à l'occasion de la soirée d'ouverture du 29 juin des festivités de la Geneva Pride qui dureront jusqu'au 7 juillet prochain.

L’année dernière, les associations romandes LGBT ont décidé de se fédérer afin que leur voix ait plus de poids non seulement au sein d’une communauté LGBT helvétique, forcément majoritairement alémanique, mais également sur le plan politique. L’union fait la force, c’est bien connu. C’est ainsi que le 1er septembre 2018 est née la Fédération romande des associations LGBT qui compte à ce jour 15 associations membres (Alpagai, Asile LGBT, Dialogai, EPICENE, Juragai, Les Klamydia’s, Le PAV, Lestime, Lilith, LWork, Sarigai, Togayther, Vogay, Think Out, 360) qui couvrent l’ensemble de la Suisse romande.

La Fédération a, notamment, comme objectifs de permettre une collaboration efficace entre les associations membres en vue de la promotion de l’égalité des droits, de la santé physique et psychique des personnes quelles que soient leur orientation sexuelle ou leur identité de genre et de lutter contre toutes formes de discriminations. Il est également dans ses prérogatives de valider le choix du lieu où se déroule la Pride romande.

Une transition toute trouvée pour faire un peu d’Histoire, puisqu’en tant que membre du comité d’organisation des deux Pride précédentes qui ont eu lieu à Genève, j’ai retrouvé dans mes archives les discours qui avaient été prononcés lors de la partie officielle. Je vous en livre quelques extraits qui vous permettront de constater que ces discours sont loin d’avoir perdu de leur pertinence.

DISCOURS PRIDE 2004

« Dans ce pays, depuis la dépénalisation de l’homosexualité, la Constitution fédérale interdit les discriminations basées sur le mode de vie. De même, la reconnaissance des droits des couples de même sexe suit son chemin, il y a quelques jours, la loi fédérale sur le partenariat a été votée à une écrasante majorité par l’Assemblée fédérale.

Après avoir gagné bien des batailles contre les discriminations, traversé les traumatismes du sida, la Pride a-t-elle encore une raison d’être ? La Pride est une expression de liberté et de citoyenneté. A un moment où ceux qui cultivent la peur, le repli, la méfiance à l’égard des minorités et des différences tiennent le haut du pavé sur les fronts de la sécurité, de l’emploi, de l’économie et de l’immigration, cette liberté est précieuse.

En particulier, celles et ceux qui s’expriment contre le partenariat pour les personnes de même sexe sont malheureusement les mêmes que ceux qui voudraient revenir à une époque où le mariage était la seule alternative pour deux personnes désirant vivre ensemble. Nous sommes confiants : le peuple ne souscrira pas à une philosophie qui voudrait nous faire revenir à une époque où la liberté, l’égalité des droits et la solidarité n’étaient pas à l’ordre du jour.

Plus que jamais, la Pride fait donc face à l’urgence – à l’urgence des menaces de retour à l’ordre moral, à l’urgence de ne pas nous renfermer sur nous-mêmes, de continuer à cultiver l’espoir et l’utopie. »

Cette dernière phrase a été prononcée il y a 15 ans et elle est toujours d’actualité.

DISCOURS PRIDE 2011

« L'idée de relancer une Pride en Romandie après 3 ans d'absence nous a semblé nécessaire il n'y a que quelques mois, ce qui nous a occasionné quelques belles nuits d'insomnie. Le temps nous était certes compté, mais il faut également bien constater que les obstacles, notamment logistiques, sont de plus en plus nombreux quand il s’agit d’organiser une manifestation de cette envergure.

Pourquoi de nos jours organiser encore des Pride ? Pour faire la fête, oui, c'est une bonne raison, et d’ailleurs nous avons tout fait pour que la fête soit belle. Mais c'est aussi une question de visibilité, voire même de réconfort pour toutes celles et tous ceux qui ne peuvent pas vivre leur différence au grand jour, et qui, peut-être, en nous voyant défiler aujourd'hui se sentiront moins seul-e-s. Rappelons que les tentatives de suicide chez les jeunes homosexuel-le-s et transgenres sont de 5 à 7 fois plus nombreuses que chez les jeunes hétéros. Et puis la Pride romande a toujours porté des messages politiques.

La Suisse a encore quelques progrès à faire afin que la population Lesbienne, Gay, Bi, Trans, Intersexe et Queer ait les mêmes droits que les autres citoyens et citoyennes de ce pays, particulièrement dans les trois domaines qui sont au cœur de nos revendications cette année : l'inscription du délit d'homophobie dans la loi fédérale, le droit à l'adoption pour les familles arc-en-ciel et la fin de la stérilisation forcée pour les personnes trans. »

Huit ans plus tard, force est de constater que ces trois revendications ne sont pas restées lettre morte et que les choses avancent. Mais que le chemin est long et sinueux pour obtenir ce qui devrait être une évidence : mêmes devoirs, mêmes droits !

Pour finir, un grand merci à toutes celles et tous ceux qui se sont investi.e.s pour que non seulement cet événement ait lieu, mais pour qu’il soit également une réussite ! Excellente Pride 2019 à toutes et tous !

Photo: Carlos Serra

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