« Once Upon A Time…in Hollywood » : très inégal (et 10 films à l'affiche)

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IMG_7922.jpgLe nom de « Tarantino » suffit apparemment à bon nombre de critiques, pas tous heureusement, pour perdre leur sens…critique et qualifié de chef d’œuvre le dernier film du réalisateur, notamment, de « Pulp Fiction ». Comment peut-on encenser à ce point un (très) long métrage de 2h40 dont la première partie comporte des longueurs abyssales et qui nécessite pour bien comprendre l’histoire de s’être renseigné auparavant sur le contexte dans lequel se déroule le film au risque de passer à côté ?

Alors, certes, l’histoire de Rick Dalton, star de la télévision des années 50 sur le déclin, et de sa fidèle doublure, est très bien reconstituée. Les décors, la lumière et la photographie sont superbes. On se croirait vraiment dans le Hollywood de la fin des années 60. Le film est bourré de références cinématographiques et télévisuelles à ces années-là, américaines évidemment, qui parleront aux quinquagénaires et plus, avec un plaisir certain (ah, le générique de Mannix), mais qu’en est-il des autres ?

Du côté de la distribution, rien à redire non plus : Leonardo Di Caprio et Brad Pitt sont très bons, même si le premier est desservi par des scènes de « film dans le film » qui n’en finissent pas, surtout dans la première partie. Les moments les plus réussis du film, qui donnent une bonne place à l’humour et à une certaine dérision, et heureusement il y en a plusieurs, mettent le plus souvent en scène Brad Pitt.

C’est tout particulièrement le cas lorsqu’il est en contact avec les hippies, avec son chien ou encore lors des vingt dernières minutes qui s’apparentent à un film d’horreur. A ce propos, que dire de cette fin très réussie sur un plan cinématographique, mais qui ne respecte pas du tout la réalité de l’épisode tragique auquel elle fait référence et qui a marqué durablement les esprits ? Au final, un film formellement impeccable, mais très inégal dans le fond avec des scènes jubilatoires et d’autres où on s’ennuie ferme. (2 étoiles)

Toujours à l'affiche

5 étoiles. « Parasite ». Palme d’or du Festival de Cannes, « Parasite » est un long-métrage coréen qui a beaucoup d’atouts : un scénario intelligent qui tient le rythme pratiquement du début à la fin avec un énorme coup de théâtre au milieu qui redistribue les cartes, une mise en scène au cordeau, une superbe photographie et une excellente distribution. Si on ajoute à toutes ces qualités, celle d’un film qui commence comme une comédie jubilatoire qui se dirige en cours de route vers le thriller pour finir par flirter avec le film d’horreur, on aura compris que « Parasite » est un film que les cinéphiles ne manqueront pas. « Parasite », c’est l’histoire de la famille Ki-taek dont tous les membres sont au chômage. Un jour, le fils se fait recommander par un camarade d’école pour donner des cours particuliers d’anglais à la fille aînée de la riche famille Park. Une fois dans la place, il réussit à faire engager sa sœur, début d’un engrenage qui va devenir de plus en plus incontrôlable. En résumé, un conte cruel sur le choc des classes réalisé avec très grande classe.

4 étoiles. « Rocketman ». Largement inspiré de la vie d’Elton John, le film brouille les frontières entre fiction et réalité et ne respecte pas l’ordre chronologique des chansons utilisant leurs paroles en fonction des événements qui s’y déroulent. Mais « Rocketman » ne part pas pour autant dans tous les sens. Il raconte l’histoire de l’ascension très rapide de Reginald Dwight, jeune pianiste prodige et timide devenu une superstar mondiale, mais également les épisodes plutôt tristes de son enfance, sa très belle amitié avec son parolier, sa difficulté à vivre son homosexualité, ses amours contrariées, l’addiction à la drogue et à l’alcool et bien évidemment son génie musical qui est intelligemment mis en avant dans le film avec des scènes où Elton John fait le show et d’autres beaucoup plus intimistes et émouvantes. Cette réussite est due à une mise en scène qui ne laisse rien au hasard et à un formidable Taron Egerton qui crève l’écran dans le rôle d’Elton John aussi bien quand il joue que quand il chante. Le comédien s’est entraîné au chant et au piano pendant cinq mois et le résultat est bluffant. Mis à part quelques petites longueurs dans la seconde partie lors de la descente aux enfers de la star, « Rocketman » est un film qui met le feu tout en laissant une large place à l’émotion.

3 étoiles. « Fast & Furious: Hobbs & Shaw ». Spin-off de la fameuse franchise Fast & Furious, huit épisodes à ce jour, « Fast & Furious: Hobbs & Shaw » est centré, comme son titre l'indique, sur les personnages joués par Dwayne Johnson et Jason Statham qui se sont affrontés dans l'épisode 7 et ne peuvent pas se voir. Mais les deux ennemis jurés vont devoir faire équipe malgré eux pour éviter qu'un dangereux virus ne tombe dans les mains d'un (très) méchant. Rien de bien original dans le fond et ce n'est pas une surprise pour ce genre de production. Qu'en est-il alors de la forme? De ce point de vue-là, le film répond tout à fait aux attentes. L'action est menée à un rythme d'enfer avec une bonne dose d'humour et le côté souvent invraisemblable de ce qui se déroule à l'écran est parfaitement assumé, avec notamment une scène d'anthologie entre un hélicoptère accroché à une dépanneuse. Le spectacle est donc bel et bien au rendez-vous, on oubliera les quelques scènes sentimentales dont on se passerait volontiers, et il y a un réel plaisir, certes totalement régressif, à se laisser emporter par ce pur divertissement parfois proche du délire.

3 étoiles. « Yesterday ». Jack Malik est un chanteur qui est sur le point d'abandonner sa carrière qui n'a jamais démarré. Et puis, un jour, il a un accident de vélo consécutif à une gigantesque panne mondiale d'électricité qui dure 12 secondes. Au cours de sa convalescence, Jack se rend petit à petit compte que les Beatles ont été effacés de l'Histoire de l'humanité et qu'il est a priori le seul à se souvenir des chansons du fameux groupe. Il va alors saisir cette occasion inespérée pour tenter d'avoir enfin la reconnaissance artistique qu'il attendait depuis plusieurs années. L'idée de base de « Yesterday » est pour le moins séduisante et la première partie du film est réussie avec un excellent rythme, des rebondissements, des scènes drôles et un vrai intérêt à suivre les aventures de Jack Malik. On n'en dira malheureusement pas autant de la seconde partie qui glisse inexorablement vers la comédie romantique dégoulinante de bons sentiments et tellement prévisible. Heureusement que la directrice artistique, bien que trop caricaturale, met un peu de piment dans cette guimauve, qu'il y a les fantastiques chansons des Beatles et une rencontre inattendue pour éviter de tomber dans un ennui profond. Et puis, le scénario manque de cohérence sur sa fin. Mais au final, c'est tout de même une impression positive qui domine.

3 étoiles. « Toy Story 4 ». En 1995, « Toy Story » a marqué l’histoire cinématographique en étant le premier film d’animation entièrement réalisé en images de synthèse. Vingt-quatre ans plus tard et deux épisodes supplémentaires, dont le dernier il y a neuf ans, Woody et le reste de la bande sont de retour. Ils sont rejoints par Forky, une fourchette jetable qui devient un jouet à son cœur défendant, ce qui la pousse à essayer de s’enfuir tout au long du film pour retrouver son statut de couvert et finir à la poubelle. C’est souvent drôle, mais tout de même un peu lassant à la longue. Et puis, il y a le comeback de La Bergère, absente de « Toy Story 3 », qui va non seulement bouleverser la vie de Woody, mais aussi questionner tous les jouets dans leur rôle, La Bergère ayant adopté un mode de vie hors des sentiers battus. C’est sans conteste la grande réussite de « Toy Story 4 » et ce qui lui donne une certaine profondeur. Pour le reste, on ne peut que s’émerveiller de la technique mise au service d’un scénario qui regorge d’inventivité. Le tout est dans l’ensemble bien rythmé, créatif, souvent drôle et empreint d’une certaine émotion grâce à une fin réussie.

3 étoiles. « Noureev ». Ralph Fiennes, plus connu comme acteur que réalisateur, est fasciné par la culture russe et a tout de suite pensé que la biographie de Rudolph Noureev, parue il y a près de 20 ans, avait un potentiel cinématographique. Deux décennies plus tard, il met en scène le célèbre danseur sur un scénario de David Hare qui souhaitait s’intéresser à la période parisienne de Noureev, alors que le réalisateur voulait se pencher sur son enfance et ses études à Saint-Pétersbourg. Il sera finalement question de ses trois périodes dans le film. Et autant le dire tout de suite, c’est sa faiblesse. En effet, les trop nombreux, et parfois répétitifs, flashbacks enlèvent de la fluidité au récit. Ceci étant dit, le film n’en est pas désagréable pour autant, la personnalité de Noureev étant suffisamment forte pour s’intéresser à son parcours de son enfance à ce séjour à Paris en 1961 qui se terminera par sa demande d’asile politique sur fond de guerre froide. Inutile donc d’être un fan de ballet pour aller voir ce biopic sur un danseur qui a brisé les conventions en matière de danse classique.

3 étoiles. « Douleur et Gloire ». Film dont la fiction s’entremêle avec la réalité, l’appartement est une reproduction de celui d’Almodovar et Antonio Banderas était coiffé comme le réalisateur et portait ses vêtements, « Douleur et Gloire » s’inspire donc largement de la vie du cinéaste. La première partie du film est bavarde, égocentrique et met exagérément en avant le mal être du réalisateur Salvador Mallo (Antonio Banderas, excellent). Mais, heureusement, pour passer le cap de cette entrée en matière un peu pénible, il y a dès le début les lumineux flashbacks de l’enfance de Salvador avec une Penélope Cruz très convaincante. Et puis, au milieu du film surviennent l’une à la suite de l’autre deux longues scènes absolument bouleversantes et qui valent à elles toutes seules la peine d’aller voir « Douleur et Gloire ». La tendresse prend alors résolument le pas sur la déprime ambiante de la première partie du film et conduit, grâce notamment à un dernier flashback très réussi sur l’enfance de Salvador, à une belle fin. Au final, le dernier Almodovar est à l’image de son titre : douloureux en son début et de plus en plus glorieux au fur et à mesure que l’action avance.

2 étoiles. « Le Roi Lion ». Le réalisme des images de cette nouvelle version apporte-t-il quelque chose par rapport au dessin animé? Après la scène d’ouverture, la réponse est incontestablement positive: les images de synthèse sont absolument magnifiques et l’émotion déjà présente. Mais plus dure sera la chute: dès les premiers dialogues, la magie cesse instantanément. Un lion tellement réaliste qui parle, ça ne le fait pas et bien évidemment les expressions du visage, si l’on ose dire, ne suivent pas non plus par rapport à l’animation. Trop de réalisme, tue le réalisme. Mais heureusement, la puissance de l’histoire est suffisamment forte pour petit à petit passer par-dessus ce gros obstacle. Et puis, la performance technique est bien là. Mais on l’aura compris, ce remake n’apporte pas grand-chose par rapport au dessin animé. Une fois de plus, l’original est supérieur à la copie.

2 étoiles. « Roxane ». Raymond est un paysan romantique qui est sur le point de perdre son exploitation agricole. Mais loin de se résigner, il décide d’attirer l’attention avec les moyens d’aujourd’hui en cherchant à créer le « buzz ». Et pour y parvenir, il va mettre en scène, face caméra, sa passion pour le théâtre et celle des grands textes avec sa poule Roxane. Pour Mélanie Auffret, la réalisatrice, cette histoire lui « permettait aussi de mettre en image la magnifique relation que tissent ces paysans avec leurs bêtes. Moi, cela m’amusait de décaler ce binôme en faisant de Roxane, la poule domestique de Raymond. Et puis, les gallinacées sont de magnifiques actrices ! » On ne dira pas le contraire, les poules sont les véritables héroïnes de ce film et leur « jeu » est totalement bluffant. Elles sont à vrai dire irrésistibles, à tel point que toutes les scènes où elles sont absentes frisent le plus souvent l’ennui. La faute à un scénario dont on devine à l’avance les péripéties, qui se répète et à une image idéalisée de la campagne qui finit par tomber à plat. Alors, certes, « Roxane » s’apparente à une fable, mais à force d’invraisemblances l’intérêt pour les aventures de ce paysan poète se perd en route.

1 étoile. « Spider-Man: Far from Home ». Il ne se passe pratiquement rien pendant la première demi-heure durant laquelle on assiste à la préparation du voyage d'études que Peter Parker et ses camarades vont faire en Europe. Rappelons que depuis l'épisode précédent Spider-Man est un adolescent qui a été choisi par Iron Man pour lui succéder. Peter se réjouit de laisser son costume de super-héros derrière lui et de profiter de ce séjour pour tenter de séduire sa camarade de classe MJ. Mais bien sûr, il n'en sera rien puisqu'il va devoir lutter contre des créatures qui veulent détruire la Terre. Si l'on excepte un rebondissement plutôt inattendu au milieu du film, le reste est terriblement prévisible, à tel point que même certains effets spéciaux, pourtant plutôt réussis, n'arrivent pas à relever le niveau. Il y a bien ici et là quelques blagues plutôt marrantes, mais ce sont surtout les dialogues d'une platitude sidérale qui déclenchent des sourires. C'est tout dire. Les relations entre les personnages sont à l'image du reste, inintéressantes. « Spider-Man : Far from Home » est destiné avant tout aux adolescents, soit. Mais ce n'est pas une excuse pour réaliser un film aussi affligeant. A moins bien sût de mépriser ce public.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas désagréable, mais pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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