Du grand au petit écran : « Le sens de la fête » (et 3 autres films)

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IMG_8448.jpgL’histoire de Max, organisateur de fêtes fatigué par trente ans de service, que l’on suit pendant 24 heures, durant lesquelles toutes les tuiles possibles et inimaginables vont lui tomber dessus à l’occasion d’un mariage organisé dans un château du 17ème siècle, est dans l’ensemble très réussie.

La scène d’introduction mérite à elle seule le détour et confirme, pour celles et ceux qui en doutaient encore, l’énorme talent de Jean-Pierre Bacri qui est tout simplement exceptionnel. Omniprésent, et le plus souvent filmé caméra à l’épaule ce qui renforce l’impression qu’il est au four et au moulin, il est à la fois drôle, ironique, caustique, jaloux, bougon, tendre, émouvant, touchant, excédé, désabusé, liste non exhaustive, dans son rôle de chef d’une équipe qui compte en son sein bien des bras cassés. Il est entouré par une distribution au diapason dans ce film chorale où chacun a sa place pour le meilleur et pour le pire, comme il se doit bien entendu pour un mariage.

Le film est bien écrit, avec tout de même quelques invraisemblances, et les dialogues sont souvent jouissifs. Il a également du rythme malgré une petite baisse au milieu, mais celle-ci est en lien avec les événements qui sont suspendus durant la fête suite à gros souci dont on ne parlera pas ici pour ne rien dévoiler. Il y a des scènes à pleurer de rire et d’autres émouvantes, à l’image d’une fin très réussie. « Le sens de la fête » est une comédie humaine, certes pleine de bons sentiments, pétillante comme du champagne et ça fait du bien !

INEDIT. 4 étoiles. « Le sens de la fête », RTS 1, lundi 16 septembre, 20h45.

IMG_8350.jpgLa famille Payan est constamment au bord du gouffre. Alors quand celle qui tient tant bien que mal tout son petit monde en équilibre tombe enceinte à 49 ans, la menace d’y tomber définitivement se profile. « Le petit locataire » dresse le portrait d’une famille déjantée, mais sans tomber dans la caricature, et brinquebalante qui veille pourtant, à sa manière, les uns sur les autres. On s’engueule, puis on se réconcilie, avant de recommencer. C’est souvent drôle, parfois même hilarant, vachard sans être toutefois méchant, mais aussi émouvant.

Malgré son côté « too much », on s’attache à cette famille qui vit simplement et dont on suit les péripéties avec plaisir. Il y a certes des petites baisses de rythme en chemin et des situations un peu trop répétitives, mais l’ensemble tient la route grâce tout particulièrement à une distribution qui mérite tous les éloges. Karin Viard, égale à elle-même, est remarquablement entourée par Philippe Rebbot, qui excelle dans son rôle de mari qui se donne de la peine et en a beaucoup, par Hélène Vincent, qui dans son rôle de grand-mère un peu à l’ouest est à la fois drôle et touchante, et par le reste des comédiens tous à la hauteur. De quoi passer un bon moment, sans se prendre la tête.

3 étoiles. « Le petit locataire », France 2, dimanche 15 septembre, 21h05.

IMG_8449.jpgMatthieu a 33 ans. Sa mère n’a jamais voulu lui dire qui était son père. Il finit par le savoir quand un ami de ce dernier l’appelle pour lui apprendre que son géniteur, un Québécois, est décédé et qu’il a un paquet à lui envoyer de sa part. Matthieu décide alors d’aller chercher lui-même à Montréal le colis et de faire ainsi la connaissance de ses deux demi-frères qui ignorent bien évidemment tout de son existence. La réalité qu’il va découvrir sur place n’est pas celle qu’il attendait et son séjour prend une tournure inattendue.

« Le fils de Jean » fait partie de ces films français que l’on aime aimer. L’histoire est bien écrite et réserve des (jolies) surprises, les dialogues sont percutants. Philippe Lioret, le réalisateur, crée une vraie atmosphère grâce à des décors naturels magnifiques et sa façon de filmer au plus près les personnages qui les rend encore plus attachants.

Les acteurs sont tous formidables, avec une mention spéciale à Pierre Deladonchamps bouleversant dans son jeu tout en finesse caractérisé par des expressions du visage qui en disent bien plus long que des mots et Gabriel Arcand en médecin bourru qui cache plus ou moins bien ses blessures.

Et puis, il y a de la délicatesse, de l’humanité et donc de l’émotion. Un facteur de réussite essentiel à ce genre de film qui n’est pas sans rappeler les magnifiques œuvres de Claude Sautet. De l’émotion, mais sans pathos, juste ce qu’il faut pour sortir de la salle de cinéma avec les yeux humides en étant content d’avoir fait le bon choix en visionnant « le Fils de Jean ».

5 étoiles. « Le fils de Jean ». France 3, jeudi 19 septembre, 21h05.

IMG_8450.jpg« Pride » est l’histoire vraie d’un groupe militant de gays et lesbiennes qui en 1984, sous l’ère Thatcher, décide de soutenir les mineurs en grève au pays de Galles où quand les minorités s’entraident. Le film raconte cette rencontre improbable, alternant les moments drôles et douloureux, pour la plus grande joie des spectateurs qui apprécient les films qui font la part belle aux émotions. Magnifiquement interprété, « Pride » démontre que l’engagement collectif peut soulever des montagnes et faire évoluer positivement les mentalités. Et ça fait du bien.

4 étoiles. « Pride », RTS 1, jeudi 19 septembre, 23h50.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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