« Ad Astra » : un film de haut vol (et 8 films à l'affiche)

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IMG_8814.jpgEvacuons d'entrée les deux petits défauts de ce film pour pouvoir se concentrer ensuite sur l'essentiel. Alors, oui, le film manque par moment un peu de rythme et la scène où Brad Pitt s'infiltre facilement dans un vaisseau spatial qui va décoller est totalement invraisemblable, même pour un film de science-fiction. Mais au fond ça n'a guère d'importance, car…la vérité est ailleurs.

Roy McBride est astronaute. Il est recruté pour une mission très spéciale : se rendre aux limites du système solaire à la recherche de son père disparu depuis des décennies et pour résoudre par la même occasion un mystère qui menace la survie de la Terre et qui pourrait bien avoir un lien avec la disparition du paternel.

Sous couvert d’un film d’aventure spatiale, le film ne manque d’ailleurs pas de rebondissements qui tiennent le spectateur en haleine malgré quelques petites baisses de régime, « Ad Astra » retrace avant tout la relation entre un fils et un père absent depuis si longtemps. Cette quête intérieure est superbement filmée, la qualité des images est incroyable, et la bande-son n’est pas en reste. Quant à Brad Pitt il est au sommet de son art, comme il l’avait déjà montré tout récemment dans « Once Upon a Time…in Hollywood ».

Tout en retenu, souvent en « voix off », l’astronaute McBride nous fait partager sa douleur rentrée et ses émotions, malgré le scaphandre qu’il porte la plupart du temps, jusqu’à une fin dont la symbolique saute certes aux yeux, mais qui est magnifique. Un film de haut vol, du cinéma de première classe. (5 étoiles)

Toujours à l'affiche

 5 étoiles. « Parasite ». Palme d’or du Festival de Cannes, « Parasite » est un long-métrage coréen qui a beaucoup d’atouts : un scénario intelligent qui tient le rythme pratiquement du début à la fin avec un énorme coup de théâtre au milieu qui redistribue les cartes, une mise en scène au cordeau, une superbe photographie et une excellente distribution. Si on ajoute à toutes ces qualités, celle d’un film qui commence comme une comédie jubilatoire qui se dirige en cours de route vers le thriller pour finir par flirter avec le film d’horreur, on aura compris que « Parasite » est un film que les cinéphiles ne manqueront pas. « Parasite », c’est l’histoire de la famille Ki-taek dont tous les membres sont au chômage. Un jour, le fils se fait recommander par un camarade d’école pour donner des cours particuliers d’anglais à la fille aînée de la riche famille Park. Une fois dans la place, il réussit à faire engager sa sœur, début d’un engrenage qui va devenir de plus en plus incontrôlable. En résumé, un conte cruel sur le choc des classes réalisé avec très grande classe.

4 étoiles. « La vie scolaire ». Samia (Zita Hanrot, formidable) est une jeune CPE qui débute dans le métier. Elle débarque de son Ardèche natale, suite à un problème lié à sa vie privée, dans un collège réputé difficile de la ville de Saint-Denis, dans la banlieue parisienne. Elle est dès la rentrée scolaire confrontée à des problèmes récurrents de discipline, à des élèves guère motivés, à des professeurs qui n’en peuvent plus ou encore à une réalité sociale complexe. Mais elle va également se rendre compte qu’au sein du collège, et même en dehors de celui-ci, il y a une formidable énergie, certes pas toujours utilisée à bon escient, et qu’avoir le sens de l’humour est indispensable. Qualifier « La vie scolaire » de « comédie dramatique » est on ne peut plus approprié. Le film fait certes la part belle à l’humour, mais ne met pas pour autant de côté les difficultés auxquelles le personnel scolaire, les élèves et leur famille sont confrontés jour après jour. Sur un thème battu et rebattu, « La vie scolaire » réussit pourtant à surprendre en évitant les clichés et les jugements simplistes. Le film fait preuve d’une grande humanité et d’un optimisme certain, mais pas béat. Une bonne copie.

3 étoiles. « Deux moi ». Rémy et Mélanie, deux trentenaires, sont au creux de la vague. Ils cherchent, sans trop bien savoir comment, un nouvel élan amoureux pour la suite de leur vie. A la lecture de ce synopsis, on pourrait craindre le pire avec une nouvelle comédie sentimentale à la française, certes pas désagréable, mais sans plus. Et ces craintes sont confirmées avec une mise en place laborieuse et la sensation que l’on connaît déjà la fin alors que le film vient de débuter. Et puis, et c’est là la magie du cinéma de Cédric Klapisch, on se laisse petit à petit emporter grâce à d’excellents acteurs (François Civil est toujours aussi craquant et Ana Girardot n’est pas en reste), des seconds rôles savoureux et la multiplication de scènes à la fois douces, amères et drôles. A ce titre, les face-à-face entre Rémy et son psychologue, d’un côté, et ceux entre Mélanie et sa psychologue, d’un autre, sont très réussis grâce à un François Berléand et à une Camille Cottin qui, une fois n’est pas coutume, n’en font pas des tonnes. Au fur et à mesure des séances, et à l’heure de l’omniprésence d’internet, l’importance des liens sociaux et familiaux va petit à petit émerger chez les deux patients pour déboucher sur une fin prévisible, mais non dénuée d’émotions.

3 étoiles. « Ca : chapitre 2 ». Et ça recommence ! 27 ans plus tard, le Clown qui fait peur, mais pas seulement, aux enfants est de retour pour semer la terreur dans les rues de Derry. Désormais quadragénaires, les ados du Club des Ratés, fidèles à la promesse faite dans leur jeunesse, vont se retrouver pour combattre « Ca » lorsque de nouvelles disparitions d’enfants sont signalées. Les suites riment souvent avec déception, mais tel n’est pas le cas cette fois-ci. Alors, certes, il y a une surenchère pas toujours utile dans les effets spéciaux pour palier à l’effet de surprise qui, logiquement, n’est plus vraiment au rendez-vous. On ne voit cependant pas passer les presque trois heures du film grâce à de nombreux rebondissements, aux apparitions du Clown plutôt bien dosées et à des actrices et acteurs toutes et tous concernés par leur rôle. Au final, si « Ca » ne fait plus vraiment peur dans cette seconde partie, sa présence continue d’assurer le spectacle : exactement ce qui est demandé à ce genre de film.  

3 étoiles. « Fast & Furious: Hobbs & Shaw ». Spin-off de la fameuse franchise Fast & Furious, huit épisodes à ce jour, « Fast & Furious: Hobbs & Shaw » est centré, comme son titre l'indique, sur les personnages joués par Dwayne Johnson et Jason Statham qui se sont affrontés dans l'épisode 7 et ne peuvent pas se voir. Mais les deux ennemis jurés vont devoir faire équipe malgré eux pour éviter qu'un dangereux virus ne tombe dans les mains d'un (très) méchant. Rien de bien original dans le fond et ce n'est pas une surprise pour ce genre de production. Qu'en est-il alors de la forme? De ce point de vue-là, le film répond tout à fait aux attentes. L'action est menée à un rythme d'enfer avec une bonne dose d'humour et le côté souvent invraisemblable de ce qui se déroule à l'écran est parfaitement assumé, avec notamment une scène d'anthologie entre un hélicoptère accroché à une dépanneuse. Le spectacle est donc bel et bien au rendez-vous, on oubliera les quelques scènes sentimentales dont on se passerait volontiers, et il y a un réel plaisir, certes totalement régressif, à se laisser emporter par ce pur divertissement parfois proche du délire.

3 étoiles. « Noureev ». Ralph Fiennes, plus connu comme acteur que réalisateur, est fasciné par la culture russe et a tout de suite pensé que la biographie de Rudolph Noureev, parue il y a près de 20 ans, avait un potentiel cinématographique. Deux décennies plus tard, il met en scène le célèbre danseur sur un scénario de David Hare qui souhaitait s’intéresser à la période parisienne de Noureev, alors que le réalisateur voulait se pencher sur son enfance et ses études à Saint-Pétersbourg. Il sera finalement question de ses trois périodes dans le film. Et autant le dire tout de suite, c’est sa faiblesse. En effet, les trop nombreux, et parfois répétitifs, flashbacks enlèvent de la fluidité au récit. Ceci étant dit, le film n’en est pas désagréable pour autant, la personnalité de Noureev étant suffisamment forte pour s’intéresser à son parcours de son enfance à ce séjour à Paris en 1961 qui se terminera par sa demande d’asile politique sur fond de guerre froide. Inutile donc d’être un fan de ballet pour aller voir ce biopic sur un danseur qui a brisé les conventions en matière de danse classique.

2 étoiles. « Once Upon A Time…in Hollywood ». L’histoire de Rick Dalton, star de la télévision des années 50 sur le déclin, et de sa fidèle doublure, est très bien reconstituée. Les décors, la lumière et la photographie sont superbes. On se croirait vraiment dans le Hollywood de la fin des années 60. Le film est bourré de références cinématographiques et télévisuelles à ces années-là, américaines évidemment, qui parleront aux quinquagénaires et plus, avec un plaisir certain. Du côté de la distribution, rien à redire non plus : Leonardo Di Caprio et Brad Pitt sont très bons, même si le premier est desservi par des scènes de « film dans le film » qui n’en finissent pas, surtout dans la première partie. Les moments les plus réussis du film mettent le plus souvent en scène Brad Pitt. C’est tout particulièrement le cas lorsqu’il est en contact avec les hippies, avec son chien ou encore lors des vingt dernières minutes qui s’apparentent à un film d’horreur. A ce propos, que dire de cette fin très réussie sur un plan cinématographique, mais qui ne respecte pas du tout la réalité de l’épisode tragique auquel elle fait référence et qui a marqué durablement les esprits ? Au final, un film formellement impeccable, mais très inégal dans le fond avec des scènes jubilatoires et d’autres où on s’ennuie ferme.

2 étoiles. « Le Roi Lion ». Le réalisme des images de cette nouvelle version apporte-t-il quelque chose par rapport au dessin animé? Après la scène d’ouverture, la réponse est incontestablement positive: les images de synthèse sont absolument magnifiques et l’émotion déjà présente. Mais plus dure sera la chute: dès les premiers dialogues, la magie cesse instantanément. Un lion tellement réaliste qui parle, ça ne le fait pas et bien évidemment les expressions du visage, si l’on ose dire, ne suivent pas non plus par rapport à l’animation. Trop de réalisme, tue le réalisme. Mais heureusement, la puissance de l’histoire est suffisamment forte pour petit à petit passer par-dessus ce gros obstacle. Et puis, la performance technique est bien là. Mais on l’aura compris, ce remake n’apporte pas grand-chose par rapport au dessin animé. Une fois de plus, l’original est supérieur à la copie.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas désagréable, mais pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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