Du grand au petit écran : « La promesse de l’aube », « Petit paysan » et 2 autres films

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IMG_9172.jpgAdapté du roman autobiographique éponyme de Romain Gary, « La promesse de l’aube » raconte la vie du double lauréat du prix Goncourt de son enfance en Pologne dans les années 20 à son adolescence à Nice jusqu’à ses années estudiantines à Paris et son dur vécu pendant la seconde guerre mondiale. Mais « La promesse de l’aube » raconte avant tout comment une mère par son amour, sa volonté, ses rêves et son esprit libre a façonné son fils en grand écrivain.

« La promesse de l’aube » est à la fois une comédie et une tragédie où par moment la réalité et la fiction s’entremêlent en faisant régner une douce folie dans cette relation mère-fils hors normes. C’est un film d’aventure dans le sens où l’action et le dépaysement ne manquent pas, mais c’est aussi une aventure humaine parfois un peu laborieuse, surtout dans la première partie, et qui manque d’âme.

Le jeu de Charlotte Gainsbourg n’est pas étranger à ce constat, car il agace tant il paraît excessif. « La promesse de l’aube » devient bien plus intéressant à partir du moment où l’excellent Pierre Niney entre en scène et où le héros prend, par la force des choses, ses distances physiques, mais pas psychiques, avec sa mère. Au final, un film de très bonne facture sur la forme, mais qui n’arrive que trop rarement à émouvoir.

3 étoiles. « La promesse de l’aube », RTS 1, lundi 18 novembre, 20h45.

IMG_9173.jpgCe « Petit paysan » se nomme Pierre. Il a la trentaine et toute sa vie est organisée autour de ses vaches. Ses relations se résument à celles qu’il a avec sa sœur vétérinaire et avec ses parents dont il a repris l’exploitation. Sa mère a beau essayer de forcer le destin pour faire entrer la boulangère dans la vie de Pierre, rien n’y fait, les vaches ont toute son attention. Alors, quand il va découvrir que l’une de ses bêtes est infectée par une maladie contagieuse, il ne va pas hésiter, pour sauver son troupeau, à enfreindre les règles et accumuler les mensonges dans ce qui ressemble fort à une fuite en avant.

Hubert Charuel, dont c’est le premier long-métrage, est lui-même fils de paysan. Il avait dix ans quand la crise de la vache folle s’est déclarée. Ce n’est donc pas un hasard si « Petit paysan » a un côté film documentaire renforcé par le fait que les acteurs ne sont pas tous professionnels. Il n’y a là rien de bien gênant, même si du coup la réalisation et la mise en scène ne font pas preuve d’une folle originalité.

Le spectateur est donc plongé dans le monde de Pierre, avec une caméra qui filme le plus souvent en gros plans, et partage avec lui ses angoisses en étant prêt à lui pardonner des actes pourtant répréhensibles. Porté par Swan Arlaud, absolument formidable, et Sara Giraudeau, « Petit Paysan » est un film sensible, touchant, parfois drôle, virant au thriller agricole avec un vrai suspense dans sa deuxième partie. Un premier film réussi.

3 étoiles. « Petit paysan », RTS 1, nuit du jeudi au vendredi 22 novembre, 0h15.

IMG_9174.jpgBasé sur une histoire vraie, « Imitation Game » raconte le parcours d’Alan Turing, mathématicien de génie, spécialiste en cryptologie, qui se voit confier au début de la seconde guerre mondiale par le gouvernement britannique la mission de percer avec sa petite équipe le secret d’Enigma, la machine de cryptage allemande réputée inviolable.

Si le film relate logiquement les différentes étapes de cette quête, entre espoir et désespoir, il s’attache tout particulièrement à la personnalité d’Alan Turing, être aussi brillant qu’emprunté dans ses relations sociales. L’action se déroule principalement pendant la guerre. Mais plusieurs scènes de son passé de collégien et l’enquête à laquelle il est soumise au début des années 50, liée à son homosexualité, viennent éclairer à bon escient cette période de la vie d’Alan Turing et permettent ainsi de mieux comprendre le personnage.

Remarquablement interprété, avec une mention spéciale à Benedict Cumberbatch, « Imitation Game » réussit à la fois à brosser avec subtilité le portrait d’Alan Turing et à raconter une histoire non dénuée de suspense avec un montage très réussi. On regrettera toutefois que dans la toute dernière partie du film la descente aux enfers d’Alan Turing soit trop précipitée et manque par conséquent de consistance. Mais ce bémol mis à part, ce film est à recommander.

4 étoiles, « Imitation Game ». FRANCE 3, jeudi 21 novembre, 21h05.

IMG_9175.jpgDans son rôle de mère et veuve qui accueille à bras ouverts sa fille de 40 ans contrainte de retourner dans le domicile familial après avoir tout perdu, Josiane Balasko est parfaite. A la fois drôle, émouvante et espiègle, elle donne une grande crédibilité à son personnage de mère dévouée, mais aussi de femme d’un certain âge qui n’entend pas pour autant renoncer à sa vie intime dont ses enfants ignorent tout. Le potentiel comique de cette double vie est fort bien exploité dans le film et conduit à des scènes vraiment très drôles.

Il y a certes des facilités scénaristiques, spécialement la fin digne d’un happy end à l’américaine, et la mise en scène n’est pas très inventive. Mais ces défauts n’empêchent pas de passer un bon moment grâce à des dialogues bien écrits alternant entre humour vache et doux-amer, des scènes à pleurer de rire et des quiproquos bien trouvés. « Retour chez ma mère » est donc une comédie familiale plutôt réussie.

3 étoiles. « Retour chez ma mère ». RTS 1, samedi 16 novembre, 21h00.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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