• Du grand au petit écran : « Kingsman: le cercle d'or »

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    IMG_9252.jpgRares sont les suites qui sont à la hauteur du premier épisode. « Kingsman : le cercle d’or » ne fait pas exception à la règle, mais s’en tire toutefois avec les honneurs. Il faut dire qu’il était impossible de recréer l’effet de surprise de l’original qui a beaucoup contribué à son succès.

    On retrouve donc l’élite des espions britanniques en costume trois pièces héritiers à l’humour délirant, aux péripéties plus folles les unes que les autres et aux gadgets incroyables qui vont devoir faire face à une ennemie déjantée qui veut exercer son pouvoir sur le monde en exerçant un horrible chantage. Pour tenter d’y arriver, ils vont s’allier par obligation avec une organisation d’espions américains.

    Dans cette suite de « Kingsman », les éléments qui avaient fait son succès sont toujours bien présents : gadgets, humour très second degré, dérision, clins d’œil à James Bond, scènes d’actions aussi époustouflantes qu’invraisemblables, méchante caricaturale et une distribution de haut vol.

    En effet, outre les rescapés du premier volet, on retrouve dans cette suite Julianne Moore parfaite dans son rôle de méchante (très) allumée, Jeff Bridges, Channing Tatum, Halle Berry et dans son propre rôle Elton John qui fait preuve d’une sacrée dose de dérision et qui est à hurler de rire.

    « Kingsman : le cercle d’or » souffre certes de quelques longueurs en raison d’un scénario qui tourne un peu trop en boucle dans la seconde partie, mais cela ne l’empêche pas toutefois d’atteindre l’objectif poursuivi : divertir agréablement.

    3 étoiles, « Kingsman: le cercle d'or ». RTS 1, lundi 2 décembre, 20h45.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • « Les Misérables » : une mise en scène brillante (et 5 films à l’affiche)

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    IMG_9217.jpgAvec « Les Misérables », le réalisateur Ladj Ly adapte dans une version longue son propre court métrage, tourné en 2017 et nommé au César 2018, avec la même distribution. Pour son premier long métrage, le réalisateur de 39 ans s’inspire de sa vie et de celle de ses proches : « Tout ce qui est dedans est basé sur des choses vécues. J’ai voulu montrer toute la diversité incroyable qui fait la vie des quartiers. »

    Et il ajoute qu’il a essayé de filmer les personnages de la manière la plus neutre possible « parce qu’on navigue dans un monde tellement complexe que c’est difficile de porter des jugements brefs et définitifs. Les quartiers sont des poudrières, il y a des clans, et malgré tout, on essaye de tous vivre ensemble et on fait en sorte que ça ne parte pas en vrille. »

    Ce monde complexe, Stéphane va le découvrir dès son premier jour de service au sein de la brigade Anti-Criminalité de Montfermeil dans la banlieue parisienne. Tout en faisant la connaissance de ses nouveaux co-équipiers, dont les manières d’agir ne manquent pas de le surprendre, Stéphane se rend très rapidement compte des tensions qui règnent au sein du quartier qui est une vraie poudrière. Et il va pourvoir le vérifier lorsque l’interpellation d’un adolescent tourne mal…

    Malgré une mise en scène brillante du début à la fin, « Les Misérables » est lent au démarrage, on est à la limite de l’ennui. C’était la volonté du réalisateur qui souhaitait que les 40 premières minutes du film constituent une immersion tranquille dans le quartier tout en évitant les clichés (drogue, armes, musique rap). Il ne les évite pas en revanche dans le langage qui se résume, je caricature à peine, à des « pédés » et à « des enculés » par dizaines.

    Cette entrée en matière un peu pénible est renforcée par le fait qu’il est difficile d’avoir de l’empathie pour l’un ou l’autre des personnages. L’objectif du réalisateur de renvoyer dos à dos la police et les habitants du quartier est donc atteint, mais avec comme conséquence un manque évident d’émotions.

    Mais heureusement, le film prend une toute autre dimension au moment où le drame se joue. La tension et le suspense deviennent alors par moment insoutenables grâce à une mise en scène qui de brillante devient carrément grandiose. A ce titre, les amateurs d’un cinéma virtuose apprécieront à leur juste valeur les géniales trente dernières minutes qui méritent à elles toutes seules d’aller voir le film, malgré qu’il ne convainque pas totalement sur le fond. (3 étoiles)

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  • Du grand au petit écran : « Frantz », « Carol » et « Les Innocentes »

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    16F0430E-7955-413D-B67D-FD156C8CE708.jpegPour quelle raison Adrien, un Français, se recueille-t-il sur la tombe d’un soldat allemand, Frantz, mort au front durant la guerre de 14-18 ? Cette question va provoquer de nombreuses réactions, à commencer par celle d’Anna, la fiancée de Frantz, dans cette petite ville d’Allemagne qui tente de se remettre péniblement de la défaite et des immenses pertes humaines causées par la guerre.

    Tourné en noir et blanc, « Frantz » est ce que l’on pourrait appeler un « beau » film. Mise en scène, photographie, lumières, cadrage, décors, costumes, direction d’acteurs, tout est parfait. On se laisse également prendre par l’histoire de cet ancien soldat (Pierre Niney tout en finesse) dont on se demande pendant toute la première partie du film ce qu’il cherche en faisant ce pèlerinage en terrain « ennemi ». « Frantz » est un très bon film à qui il manque juste ce petit supplément d’âme sur le plan émotionnel qui fait la différence entre un très bon film et un excellent.

    4 étoiles, « Frantz ». FRANCE 2, dimanche 24 novembre, 21h05.

     

    7DC78D72-288D-4713-AEFF-7791B927FB39.jpegCarol Aird s’ennuie à mourir dans un mariage bourgeois sans amour. Sa petite fille est son seul rayon de lumière jusqu’au jour où elle fait la connaissance d’une jeune vendeuse (excellente Rooney Mara) qui rêve d’une vie plus trépidante. « Carol » raconte la relation de plus en plus étroite entre ces deux femmes dans le New-York des années 50.

    « Carol » est un délice pour les yeux et les oreilles. La photographie, les décors, les costumes sont superbes. La musique accompagne à merveille ce film très esthétique dans lequel jouent avec brio deux magnifiques actrices. Si la forme est donc très réussie, le fond n’est pas tout à fait à la hauteur. Film avant tout d’ambiance, « Carol » n’évite pas certaines longueurs. Ce n’est toutefois pas trop grave, car elles laissent le temps d’admirer la sublissime Cate Blanchett au sommet de sa beauté et de son art. Rien que pour elle, il vaut la peine de voir le film !

    3 étoiles. « Carol ». ARTE, dimanche 24 novembre, 20h55.

     

    51409C51-922D-4D8B-9A2A-D9A7F914922E.jpegPologne, décembre 1945. Mathilde Beaulieu est une jeune interne de la Croix-Rouge française. Sa mission consiste à soigner les rescapés français avant leur retour au pays. Un jour, une religieuse polonaise paniquée fait irruption dans l’hôpital pour lui demander secours. Réticente à donner son aide dans un premier temps, elle va finir par suivre en secret cette sœur dans son couvent. Elle va découvrir que la plupart d’entre elles sont enceintes, et proche du terme, après un viol collectif commis par des soldats russes à la libération.

    Ce sujet difficile, inspiré de faits réels, est remarquablement traité par la réalisatrice Anne Fontaine. Si « Les Innocentes » est d’une intensité dramatique rare, le film ne tombe en effet jamais dans le pathos ou la violence gratuite. Il est très intelligemment écrit et la distribution féminine est excellente. La foi, la maternité, la loyauté, la mort, l’amour et le rapport au corps sont au cœur de ce film profondément humain. « Les Innocentes » est une très grande réussite à l’image de sa fin inattendue et pleine d’espoir.

    5 étoiles, « Les Innocentes ». FRANCE 2, dimanche 24 novembre, 22h55.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • « Le Mans 66 » : une réalisation de haut vol (et 6 films à l’affiche)

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    IMG_9180.jpgLe cœur du film, c’est l’affrontement, qui a vraiment existé, entre le constructeur américain Ford et l’italien Ferrari lors de la course des 24 heures du Mans de 1966. Mais avant de parvenir à ce combat épique, filmé de manière grandiose pendant quarante minutes, le réalisateur James Mangold s’intéresse à l’histoire d’amitié tumultueuse entre les deux personnages principaux du film : le pilote Ken Miles et l’ex-pilote reconverti en patron d’écurie Caroll Shelby.

    « Le Mans 66 » est donc autant une aventure humaine qu’un film sur la course automobile. Ceci dit, celles et ceux qui ne s’intéressent pas à l’épopée automobile n’y trouveront probablement pas leur compte.

    Pour les autres, en revanche, et si on fait abstraction d’un début qui manque de rythme, ils apprécieront l’excellent jeu de Christian Bale, dans le rôle de Ken Miles, une fin qui ne répond pas aux standards de Hollywood, la reconstitution impeccable des années 60, le suspense et une réalisation « à l’ancienne » de haut vol. James Mangold s’explique à ce propos : « Aujourd’hui, l’action au cinéma se veut généralement spectaculaire et renforcée par des effets numériques. J’ai voulu au contraire quelque chose de profondément analogique, de réel et de brut. Je désirais montrer ce qu’il y a de séduisant dans ces bolides, la mécanique, les moteurs, le danger. Et je voulais que les spectateurs puissent le ressentir aussi. » Objectif atteint. (4 étoiles)

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  • « Madame » : captivant et émouvant

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    E63C16AE-45F8-43E1-853B-DA222F402A6E.jpegMadame, c’est Caroline, la grand-mère du réalisateur Stéphane Riethauser. Ils engagent un dialogue cinématographique intergénérationnel très intime sur les thèmes du genre, de la sexualité et de la transmission de l’identité. Grâce à des images d’archives familiales de qualité tournées par Stéphane Riethauser lui-même, qui voulait à la base « simplement » garder des souvenirs de sa grand-mère avant son décès, et par son père qui aurait voulu être cinéaste, « Madame » est bien plus qu’un documentaire. C’est une véritable œuvre cinématographique.

    Comment autrement expliquer le fait que le spectateur soit captivé dès la première minute et jusqu’à la dernière par cette histoire d’une grand-mère qui s’est battue toute sa vie durant contre le patriarcat et de son petit-fils qui s’est également battu pour s’accepter en tant qu’homosexuel dans un milieu tout aussi hostile que celui dans lequel sa grand-mère évoluait ?

    Ces deux récits de vie aux croisements multiples sont remarquablement mis en scène grâce à un montage qui mérite toutes les louanges : il permet de tenir en haleine le public alors que les films et les photos de famille des autres lassent en principe très vite leur auditoire, comme le relevait Stéphane Riethauser à l’avant-première du film. Et s’il n’en est rien, c’est parce que le film parle à chacune et chacun d’entre nous d’une façon ou d’une autre et qu’il arrive à produire ce qui est la marque d’un grand film : de l’émotion. A ne pas manquer. (5 étoiles)

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