Pour que la honte change de camp

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Il m’aura fallu 14 ans pour rendre public cette lettre anonyme reçue quand j’étais encore enseignant. J’étais en plus sûr que je l’avais jetée ! Je l’ai retrouvée la semaine dernière en faisant de l’ordre dans mes classeurs. Le hasard fait bien les choses, paraît-il. Et force est de constater qu’ici, en pleine campagne sur l’extension de la norme pénale antiraciste aux actes homophobes, tel est bien le cas.

Il m’aura fallu tout de même plus d’une semaine pour me décider à la publier. Et c’est finalement la campagne des opposants à cette extension, qui nient l’existence de l’homophobie, qui m’a convaincu. Je crois qu’au fond de moi je ressentais une certaine honte d’avoir reçu une telle lettre au même titre, et toutes proportions gardées, que des personnes qui sont victimes d’actes de violence (agressions physiques, violences conjugales, viols, insultes, …) et qui se demandent si finalement elles ne sont pas quand même un peu responsables de ce qui leur arrive.

Et bien non, ce ne sont pas les victimes les coupables, mais bien les agresseurs ! Est-ce qu’un enseignant hétérosexuel aurait pu recevoir la même lettre où il aurait été écrit « M. X n’aime pas les garçons, il est très dur avec eux. Comme on sait qu’il aime les filles, cela ne doit pas avoir des conséquences sur son comportement avec les enfants » ? Poser la question, c’est y répondre! 

Il faut absolument que la honte change de camp ! Et à ce titre, un OUI clair et net le 9 février participera à ce changement !

P.S. J'ai déposé une main courante à l'époque, mais ce ne fut pas une évidence d'aller à la police. La peur d'être jugé. Encore.

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