Du grand au petit écran : « Jusqu’à la garde », « Numéro Une » et 3 autres films

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IMG_0306.jpgRécompensé par 4 César en 2019, dont ceux très convoités de « meilleur film » et « meilleure actrice » pour Léa Drucker, « Jusqu’à la garde » vous laisse KO debout à la fin de la projection.

Dès la première scène, qui dure une dizaine de minutes et magistralement filmée en gros plan, la tension est palpable : Miriam et Antoine Besson font face à la juge qui doit décider si elle accèdera à la demande de garde partagée du père pour leur fils Julien âgé de 11 ans alors que Miriam l’accuse d’être violent. Obligé finalement par la juge à voir son père un week-end sur deux, Julien va tout faire pour empêcher son père de s’approcher de sa mère quitte à essuyer les foudres de ce dernier.

Drame qui prend au fur et à mesure que l’intrigue avance des allures de thriller, « Jusqu’à la garde » prend petit à petit à la gorge et la serre de plus en plus jusqu’à un final qui, logiquement, laisse sans voix et sans souffle. Un film coup de poing, sur une réalité endurée hélas par de trop nombreuses familles, qui doit beaucoup à sa mise en scène qui met constamment le spectateur sous tension et à ses trois interprètes principaux – Léa Drucker, Denis Ménochet et le jeune Thomas Gioria – bouleversants de vérité. A ne pas manquer.

Inédit. 5 étoiles. « Jusqu’à la garde ». RTS 1, lundi 2 mars, 20h40.

IMG_0307.jpgEmmanuelle Blachey est une femme brillante qui occupe une place en vue au sein de son entreprise. Elle est l’exception qui confirme la règle dans un monde essentiellement masculin. Un jour, elle est contactée par un réseau de femmes d’influence qui lui propose de l’aider pour faire d’elle la première femme à diriger une entreprise du CAC 40. Après avoir hésité, Emmanuelle accepte de se lancer dans ce combat où elle devra affronter non seulement le sexisme ordinaire, mais aussi les coups bas de celui qui entend bien placer son candidat par tous les moyens.

« Numéro Une » décrit de manière très crédible les difficultés que peut rencontrer une femme qui veut accéder à un tel poste et les enjeux de pouvoir qui y sont liés. Malgré quelques longueurs, un manque de tension et de mordant pour un film qui s’apparente à un thriller sans en être vraiment un, on suit avec intérêt le parcours semé d’embûches d’Emmanuelle Blachay.

Emmanuelle Devos est parfaite entre ambition, détermination et fragilité, Richard Berry est ignoble juste ce qu’il faut, Suzanne Clément a comme d’habitude la grande classe et enfin les scènes entre Sami Frey, le père d’Emmanuelle, et sa fille sont très touchantes. Au final, un film qui se laisse voir agréablement, mais qui manque tout de même de piquant et de folie.

Inédit. 3 étoiles. «Numéro Une ». RTS 1, jeudi 5 mars, 23h55.

IMG_0308.jpgFilm basé sur une histoire vraie, « Imitation Game » raconte l’histoire d’Alan Turing, mathématicien de génie, spécialiste en cryptologie, qui se voit confier au début de la seconde guerre mondiale par le gouvernement britannique la mission de percer avec sa petite équipe le secret d’Enigma, la machine de cryptage allemande réputée inviolable.

Si le film relate logiquement les différentes étapes de cette quête, entre espoir et désespoir, il s’attache tout particulièrement à la personnalité d’Alan Turing, être aussi brillant qu’emprunté dans ses relations sociales. L’action se déroule principalement pendant la guerre. Mais plusieurs scènes de son passé de collégien et l’enquête à laquelle il est soumise au début des années 50, liée à son homosexualité, viennent éclairer à bon escient cette période de la vie d’Alan Turing et permettent ainsi de mieux comprendre le personnage.

Remarquablement interprété, avec une mention spéciale à Benedict Cumberbatch, « Imitation Game » réussit à la fois à brosser avec subtilité le portrait d’Alan Turing et à raconter une histoire non dénuée de suspense avec un montage très réussi. On regrettera toutefois que dans la toute dernière partie du film la descente aux enfers d’Alan Turing soit trop précipitée et manque par conséquent de consistance. Mais ce bémol mis à part, ce film

4 étoiles. « Imitation Game ». FRANCE 4, dimanche 1er mars, 21h05.

IMG_0309.jpgReconstitution fidèle de la France du début des années 70, « La belle saison » raconte l'histoire de Delphine, fille unique d'un couple d'agriculteurs, et de Carole, professeur parisienne qui lutte activement pour les droits de la femme. Leur rencontre va bouleverser leurs vies et inévitablement celles de leurs proches. Choc des cultures, contrastes ville-campagne, emprise d'une société encore fortement patriarcale, leur amour sera-t-il assez fort pour résister à tous ces obstacles ?

Porté par deux actrices formidables, Cécile de France et Izïa Higelin, remarquablement bien dirigées par la réalisatrice Catherine Corsini, y compris dans les scènes intimes, le film est un bel hommage à toutes ces femmes qui se sont battues pour le droit à disposer librement de leur corps, mais également pour l'égalité des droits.

« La belle saison » est un film « amoureusement militant » fort bien écrit et empreint d'une grande finesse, à l'image de sa très belle photographie. Une partie de son action pourrait d'ailleurs très bien se situer de nos jours sans que cela apparaisse comme un anachronisme. Le film mesure le chemin parcouru, mais aussi celui qu'il reste à parcourir.

 4 étoiles. « La belle saison », ARTE, mercredi 4, 21h05.

IMG_0310.jpgComme son titre l’indique, il est question de médecine dans ce film et plus particulièrement du premier stage comme interne de Benjamin Barois (Vincent Lacoste convaincant à l’image de toute la distribution du film avec une mention spéciale pour Reda Kateb) dans le service de son père. Face à la dure réalité de la vie hospitalière, Benjamin va se trouver rapidement confronté à ses limites, à ses craintes, mais également à celles de ses patients, de leur famille et de ses collègues écrasés par de lourdes responsabilités que le manque de moyens ne fait qu’exacerber.

On est loin d’ « Urgences » (avec tout de même un petit clin d’œil au générique de la célèbre série médicale américaine), de « Grey’s anatomy » ou encore de « Docteur House », que le personnel regarde à la TV, dans « Hippocrate ». La réalité est décrite sans fioritures et c’est une véritable immersion dans le monde hospitalier auquel a le droit le spectateur pour le meilleur, le soulagement de la vieille dame dans sa douleur par exemple, et pour le pire, la couverture d’une erreur médicale due à un matériel défectueux, autre exemple.

Certes, le film n’est pas parfait, tout particulièrement dans sa dernière partie où les rebondissements s’enchainent de manière cette fois peu réalistes, mais cela ne doit pas gâcher l’envie de le voir.

3 étoiles. « Hippocrate ». FRANCE 3, jeudi 5 mars, 21h05.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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