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  • Pas de contre-projet à l'initiative discriminatoire du PDC: scandaleux!

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    Rebondissement de dernière minute hier, dans ce qu’il faut bien appeler un mauvais feuilleton (1), au sujet de l’initiative du PDC « Pour le couple et la famille – Non à la pénalisation du mariage ». Alors que tous les observateurs pensaient qu’un contre-projet serait opposé à cette initiative, le Conseil des Etats a changé d’avis lors d’un vote final dont personne n’avait jamais parlé ! Comprendre la manière dont fonctionnent nos institutions est un vrai casse-tête.

    Quoiqu’il en soit, le résultat est là. Le peuple devra donc se prononcer uniquement sur cette initiative qui ne respecte par l’unité de la matière. Elle contient, en effet, un volet fiscal et une  disposition discriminatoire visant à inscrire dans la Constitution que « le mariage est l’union durable entre un homme et une femme », excluant ainsi pour longtemps le mariage civil pour toutes et tous si elle était votée.

    Cela signifie par conséquent que les personnes qui sont favorables au changement d’imposition contenu dans l’initiative ET au mariage civil pour toutes et tous devront faire un choix sur ce qui est le plus important à leurs yeux ! Proprement scandaleux de ne pas offrir une alternative à cette initiative mal conçue (soutenue par le Conseil fédéral !) sous la forme d’un contre-projet.

    Le débat sur le mariage civil pour toutes et tous aura donc lieu à l’occasion du vote sur cette initiative risquant bien de mettre au second plan la question fiscale qui est pourtant à son origine. Les forces progressistes, dont ne fait malheureusement pas partie le PDC qui se rapproche inexorablement du conservatisme du l’UDC, auront l’occasion, aux côtés des organisations LGBT, de combattre avec toute l’énergie voulue ce texte pour montrer que la majorité des Suisses est favorable à l’égalité des droits !

     

    (1)           Notes précédentes consacrées à ce sujet :

    L’initiative du PDC recalée par le Parlement, mais… :

    http://independance.blog.tdg.ch/archive/2015/03/04/l-initiative-discriminatoire-du-pdc-recalee-par-le-parlement-265132.html

    Initiative discriminatoire : le PDC a compris !

    http://independance.blog.tdg.ch/archive/2015/02/17/initiative-discriminatoire-le-pdc-a-compris-264688.html

    Une belle claque :

    http://independance.blog.tdg.ch/archive/2014/12/11/une-belle-claque-pour-le-conseil-federal-et-le-pdc-262761.html

    Initiative discriminatoire : l’entêtement du PDC

    http://independance.blog.tdg.ch/archive/2014/11/25/initiative-discriminatoire-l-entetement-du-pdc-262184.html

    Un contre-projet opposé à l’initiative discriminatoire du PDC :

    http://independance.blog.tdg.ch/archive/2014/11/12/un-contre-projet-oppose-a-l-initiative-discriminatoire-du-pd-261730.html

    L’initiative discriminatoire du PDC combattue par un contre-projet : http://independance.blog.tdg.ch/archive/2014/06/30/l-initiative-discriminatoire-du-pdc-combattue-par-un-contre-projet.html

    Le PDC n’assume pas :

    http://independance.blog.tdg.ch/archive/2014/05/20/le-pdc-n-assume-pas-256144.html

    Le diable se cache dans les détails :

     http://independance.blog.tdg.ch/archive/2014/04/09/le-diable-se-cache-dans-les-details-254854.html

    Le PDC confisque le débat sur le mariage pour tous : http://independance.blog.tdg.ch/archive/2013/11/17/le-pdc-confisque-le-debat-sur-le-mariage-pour-tous-249900.html

    L’initiative du PDC sur la famille est discriminatoire : http://independance.blog.tdg.ch/archive/2013/10/30/l-initiative-du-pdc-sur-la-famille-est-discriminatoire-24913.html

     

     

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  • Le PS ne se donne pas les moyens de ses ambitions

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    Le parti socialiste veut que son troisième siège au Conseil national, si tant est qu’il le conserve, soit occupé par une femme. Cela se comprend fort bien de la part d’un parti qui fait de la parité homme-femme un objectif essentiel de sa politique. Etant donné que les deux sortants sont des hommes, et qu’ils ont l’avantage de leur grande notoriété pour être réélus, il ne reste donc a priori qu’une seule place pour une femme.

    On aurait pu alors imaginer que le parti socialiste, en cohérence avec son objectif, mette sur sa liste, aux côtés des deux sortants, que des femmes. Ou bien qu’il décide de doubler, comme cela est autorisé pour les élections au Conseil national, le nom des deux sortants et celui d’une des candidates.

    Certes, cette solution aurait d’entrée de jeu éliminé les autres postulants à un siège. Mais il aurait sans doute été possible de trouver des candidats prêts à se « sacrifier » pour la bonne cause de la parité.

    Quoiqu’il en soit, proposer une liste avec 6 femmes et 5 hommes est plus de la poudre aux yeux qu’autre chose. Cette solution ne garantit en effet absolument pas qu’une des six candidates sera élue. A un moment donné, il faut savoir se donner les moyens de ses ambitions et force est de constater que pour cette élection les socialistes ne l’ont pas fait.

     

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  • Assumer ses choix politiques

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    L’Exécutif de Chêne-Bourg, composé de 2 PLR et d’un PDC, est intervenu auprès de la Présidente du DIP pour lui faire part de son désaccord suite à la fermeture annoncée du Cycle de la Seymaz. 

    Evidemment, devant l’agitation de sa population et à l’approche des élections municipales, les trois conseillers administratifs se représentent, il fallait montrer à ses administrés qu’on les soutient dans leur colère. Et en tant qu’instance dirigeante de proximité, ça peut se comprendre. 

    Mais là où le bât blesse, c’est que ce sont les mêmes qui votent régulièrement des coupes dans les budgets au Grand Conseil qui hurlent quand ils voient concrètement un résultat qui les touche directement.

    Cette remarque est d’ailleurs également valable pour les électrices et électeurs qui  votent pour les partis dont le programme se résume à  « économies et rationalisation. »

    C’est leur choix. Mais il faut alors en assumer les conséquences quand elles touchent son environnement plutôt que celui du voisin. Comme le dit le proverbe, on ne peut pas avoir le beurre, l’argent du beurre et la crémière.

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  • Le Conseil national vote en faveur d'une initiative cantonale de Genève

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    Lors de sa session de mercredi le Conseil national a voté favorablement sur deux objets qui visent à lutter contre la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle.

    Par 102 voix contre 81 et 2 abstentions, le Conseil national a décidé de donner suite à l’initiative déposée par le canton de Genève, dont je suis le co-auteur avec Pablo Garcia, qui demande de modifier le Code pénal, mais aussi la Constitution en y ajoutant l’orientation sexuelle dans la liste des discriminations. Dans la foulée, il a également accepté par 103 voix contre 79 et 9 abstentions l’initiative parlementaire de Mathias Reynard qui demande uniquement de compléter la disposition existante du Code pénal luttant contre la discrimination raciale, afin de l'étendre à la discrimination basée sur l'orientation sexuelle.

    Le fait que les deux objets aient convaincu une majorité des députés dans la même proportion est une relative surprise, puisque l’initiative genevoise n’avait récolté qu’une seule voix de majorité en commission.

    Ces deux votes sont un signe éminemment positif en direction d’une société de non discrimination qui protège toutes les citoyennes et tous les citoyens, indépendamment de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre, ce qui est juste normal dans un Etat de droit !

    Mais une fois encore, ce n’est là qu’une nouvelle victoire d’étape, puisqu’il faudra que le Conseil des Etats approuve à son tour ces deux initiatives. Il s’est déjà prononcé sur l’initiative genevoise en septembre dernier et l’a refusée par 22 voix contre 13. Il devra revoter après le vote favorable de la chambre du peuple. C’est donc loin d’être gagné, puisque l’initiative parlementaire de Mathias Reynard a été également refusée, mais en commission uniquement, et de justesse, par 4 non, 3 oui, et 3 abstentions.

    Mais soyons optimistes et gageons que la décision plutôt nette du Conseil national aura un effet positif sur quelques sénateurs…

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  • "American Sniper" et 8 autres films à l'affiche

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    FullSizeRender.jpgFilm qui fait la part belle à une Amérique toute puissante et sûre d’elle-même quoiqu’il arrive ou film qui dénonce cette image que les Américains adorent se renvoyer à eux-mêmes ? Ou finalement ni l’un ni l’autre, Clint Eastwood se « contentant » de mettre en images et en scène l’histoire vraie de Chris Kyle, tirée du livre de ce dernier, tireur d’élite particulièrement redoutable, ayant officié en Irak entre 2004 et 2009 ?

    Difficile de rester neutre face à un tel film en tant que spectateur tant les valeurs qui y sont véhiculées peuvent être ressenties très différemment par les uns et les autres. Patriotisme, virilité et héroïsme dans tous les sens du terme pourront sans doute plaire à ceux qui aiment les films de guerre bien réalisés et bien joués, comme c’est le cas d’« American Sniper ».

    Mais pour les autres, il faudra une fois de plus assister aux scènes où le héros est humilié par ses formateurs, histoire de montrer qu’il est bien un « vrai » homme, constater que si le tireur d’élite américain protège les siens, celui de l’adversaire, par contre, est juste le dernier des salopards, alors qu’il fait la même chose, ou encore entrevoir les failles du héros presqu’aussi vite balayées afin de retourner au combat pour accomplir une mission quasi divine à l’image de la Bible que Chris Kyle a toujours sur lui. Et on évitera d’en rajouter avec les valeurs familiales inculquées au petit Chris qui une fois devenu papa en fera de même avec fiston.

    Certes, il y a bien ici ou là des réflexions sur l’utilité de la guerre, quelques rares remises en question du héros ou encore quelques scènes qui montrent les suites dévastatrices du combat pour les vétérans, mais elles ne sauraient remettre en question l’impression générale du film : une ode à la grande Amérique. Décevant. (1 étoile)


    Toujours à l’affiche

    5 étoiles, « Whiplash » : Jusqu’où Andrew (Miles Teller) acceptera-t-il d’être rabaissé et humilié par son professeur pour réaliser son rêve de devenir un musicien d’exception ? Quelle limite Fletcher (J.K. Simmons, Oscar du meilleur second rôle masculin) est-il prêt à dépasser pour pousser son élève dans ses derniers retranchements pour qu’il donne plus que le maximum de lui-même ? Cette limite existe-t-elle ? Le film est porté par deux acteurs exceptionnels, une mise en scène qui ne laisse rien au hasard et un montage tiré au cordeau. Le face à face entre le professeur et son élève atteint par moment des sommets d’intensité incroyables avec en particulier un dernier quart d’heure qui vous laisse scotché sur votre fauteuil au moment du générique de fin ! A ne pas rater !

    4 étoiles, « Birdman » : Ancienne star du grand écran mondialement connue pour avoir incarné le super héros « Birdman », Riggan Thomson (excellent Michael Keaton) est un acteur oublié qui tente de renouer avec son passé glorieux en montant une pièce de théâtre à Broadway. Magnifiquement filmé avec ses plans-séquences habilement montés qui donnent l’impression que les acteurs ont été suivis sans interruption du début à la fin du film, « Birdman », récompensé par 4 Oscar prestigieux (film, réalisateur, scénario et photographie) est une indéniable réussite sur le plan formel. Sur le fond, il faut du temps pour entrer dans le film et s’attacher aux personnages, mais ce défaut apparent n’en est pas vraiment un, car il n’est pas désagréable de voir son plaisir de spectateur augmenté au fur et à mesure de la projection. Si le film est un peu déroutant lors des scènes surréalistes du dernier tiers, elles prennent tout leur sens avec une fin qui réconcilie intelligemment Riggan Thomas avec « Birdman ». Brillant.

    4 étoiles, « The Imitation Game » : Au début de la seconde guerre mondiale, Alan Turing, mathématicien de génie, spécialiste en cryptologie, se voit confier par le gouvernement britannique la mission de percer avec sa petite équipe le secret d’Enigma, la machine de cryptage allemande réputée inviolable. Remarquablement interprété, avec une mention spéciale à  Benedict Cumberbatch, nominé aux Oscars, « The Imitation Game » réussit à la fois à brosser avec subtilité le portrait d’Alan Turing et à raconter une histoire non dénuée de suspense avec un montage très réussi. On regrettera toutefois que dans la toute dernière partie du film la descente aux enfers d’Alan Turing soit trop précipitée et manque par conséquent de consistance. Mais ce bémol mis à part, ce film est à recommander.

    4 étoiles et 7 César mérités,  «Timbuktu »: Envahie par les djihadistes, Timbuktu va devoir renoncer à sa tranquillité, mais pas sans une certaine résistance. Face à la terreur imposée par une loi soi-disant divine, des femmes, principales victimes de cet ordre nouveau, vont trouver la force de s’y opposer quitte à y risquer leur vie. Il y a des moments très durs dans « Timbuktu », mais aussi des scènes d’une beauté et d’une poésie extraordinaires. Le film n’est pas non plus dénué d’humour quand il confronte les occupants à leurs limites « humaines ». C’est dans cette atmosphère lourde, toutefois rendue plus légère par des images absolument superbes,  que le film raconte en parallèle l’histoire de Kidane et de sa famille qui vivent paisiblement loin de cette terreur jusqu’au jour où leur destin les en rapprochera inexorablement…

    3 étoiles, « Snow Therapy » : Vacances familiales dans les Alpes, pause déjeuner sur la terrasse du restaurant et tout à coup une avalanche qui s’approche dangereusement. Panique à bord. Tomas, le père, s’enfuit alors que la mère se retrouve seule pour protéger ses deux enfants. Plus de peur que de mal, l’avalanche s’est arrêtée au pied du restaurant. Mais elle a tout de même fait de gros dégâts au sein de la famille : le père a failli dans sa mission de protecteur et a perdu la confiance de son épouse et de ses enfants. « Snow Therapy » est une comédie grinçante, par moment jouissive par son côté cruel, qui s’attaque aux clichés de la famille « idéale », mais aussi au rôle de l’homme dans notre société occidentale. Le spectateur et la spectatrice sont forcément bousculés par ce qu’ils découvrent à l’écran et invités à se questionner sur eux-mêmes : qu’auraient-ils fait dans une situation comme celle-ci ? « Snow Therapy » est un film qui dérange et ne s’oublie pas une fois qu’il est terminé quand bien même on regrettera une fin pas à la hauteur du reste.

    3 étoiles, « Une merveilleuse histoire du temps » retrace une vingtaine d’année de la vie hors du commun de l’astrophysicien Stephen Hawking (Eddie Redmayne, Oscar du meilleur acteur), soit du début des années 60 à la fin des années 70. Stephen Hawking souffre depuis le début de la vingtaine d’une maladie dégénérative qui l’a laissé presque complètement paralysé, mais à laquelle il a survécu alors qu’on lui avait prédit une espérance de vie de deux ans après le diagnostic ! Le film ne met pas au premier plan l’aspect scientifique de la vie de Stephen Hawking, tout de même bien présent, mais privilégie son combat contre la maladie, qu’il affronte avec courage et humour, et son histoire d’amour, indissociable de cette lutte, avec sa femme. Long métrage romantique qui évite le pathos, « une histoire merveilleuse du temps », malgré une deuxième partie qui tire un peu en longueur, est un film touchant et émouvant porté par un formidable duo d’acteurs. Il met non seulement en avant le génie de l’être humain, mais aussi tout ce dont il est capable, pour le meilleur, sur le plan relationnel. Une belle histoire.

    3 étoiles, « La famille Bélier » : Dans la famille Bélier, tout le monde est sourd sauf Paula, ado de 16 ans qui joue plus souvent qu’à son tour les interprètes indispensables pour ses parents à la tête d’une exploitation agricole. Mais ce bel équilibre familial est menacé quand Paula décide de passer un concours de chant. Le début du film est laborieux et a tous les ingrédients de la comédie française bas de gamme. Karin Viard et François Damiens, les parents de Paula, sont à la limite de la caricature et les préoccupations d’ado de Paula franchement pas passionnantes. Et puis l’histoire prend tout à coup corps quand Paula (Louane Emera, César du meilleur espoir féminin) s’inscrit à la chorale dirigée par un prof désabusé (excellent Eric Elmosnino) qui ne jure que par le répertoire de…Michel Sardou. Dès ce moment-là, le film privilégie, avec bonheur, l’aspect émotionnel plutôt que comique. Un agréable divertissement.

    2 étoiles, « Papa ou maman » est une comédie familiale vacharde qui met en scène le couple Leroy entraîné dans une guerre sans merci afin de ne pas obtenir la garde de leurs trois enfants pour ne pas compromettre leur avenir professionnel. Il y a des scènes très drôles (le hamster !) où l’on rit de bon cœur, le couple Marina Foïs-Laurent Laffite fonctionne bien et le rythme est dans l’ensemble bien soutenu. Mais si l’idée de base du film est originale, « Papa ou maman » ne choisit pas vraiment son camp entre la simple comédie familiale et la comédie tragique, le film oscillant ainsi sans cesse entre deux eaux. Cela procure un sentiment d’inachevé. La fin mièvre est à ce titre emblématique. Dommage, il y avait mieux à faire, mais le succès auprès du public n’aurait sans doute pas été le même…

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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