06/09/2015

"Le tout nouveau Testament": Dieu que c'est bien! (et 4 autres films à l'affiche)

FullSizeRender.jpgDonner à Dieu une apparence humaine, en l’occurrence celle de Benoît Poelvoorde sensationnel, était déjà casse-gueule. Mais en plus en faire un type insupportable, le risque de blasphème n’était pas loin.

Et pourtant, rien de tout cela dans le film de Jaco van Dormael, car si Dieu est parfaitement abject, mais tellement drôle, son épouse (Yolande Moreau pratiquement muette, mais dont le langage corporel est génial) et surtout sa fille Ea (Pili Groyne remarquable) font preuve de beaucoup…d’humanité !

C’est d’ailleurs en quittant le royaume des cieux pour échapper à son horrible père qu’Ea, après avoir semé la zizanie sur Terre en balançant par SMS les dates de décès de tout le monde pour se venger de son géniteur, va faire écrire un tout nouveau Testament, fruit de sa rencontre avec six personnages, les six nouveaux apôtres.

Six évangiles qui sont surréalistes, et donc complètement déjantées, et portées par de formidables acteurs dont Catherine Deneuve qui, dans un petit rôle, donne une fois de plus toute l’étendue de son talent en bourgeoise désabusée qui donne libre cours à ses fantasmes. Le film est truffé de gags très drôles qui tombent fort à propos quand son rythme menace de baisser.  Les clins d’œil bibliques sont hilarants. La fin est à l’image du reste du film, très réussie.

Bel hommage aux femmes qui rendent le monde meilleur et qui incite chacun à profiter de la vie tant qu’elle est là, « Le tout nouveau Testament » est une fantastique, dans les deux sens du terme, comédie poétique à qui l’on peut prédire, sans se prendre pour Dieu, un énorme succès dans les salles (5 étoiles).


Toujours à l’affiche

4 étoiles, « La belle saison ». Reconstitution fidèle de la France du début des années 70, le film raconte l'histoire de Delphine, fille unique d'un couple d'agriculteurs, et de Carole, professeure parisienne qui lutte activement pour les droits des femmes. Leur rencontre va bouleverser leurs vies et inévitablement celles de leurs proches. Choc des cultures, contrastes ville-campagne, emprise d'une société encore fortement patriarcale, leur amour sera-t-il assez fort pour résister à tous ces obstacles? Porté par deux actrices formidables, Cécile de France et Izïa Higelin, « La belle saison » est un film « amoureusement militant » fort bien écrit  et empreint d'une grande finesse, à l'image de sa très belle photographie. Un film lumineux qui sonne juste du début à la fin. C'est indéniablement sa grande force.

4 étoiles, « Mission impossible : Rogue Nation».  Un cinquième épisode qui, certes, ne fait pas preuve d’une folle originalité, mais qui ravira les amateurs de films d’action et bien entendu de la série. Pas un seul temps mort, un scénario qui comporte tous les ingrédients qui composent ce genre de film, une dose d’humour, un excellent casting avec un Tom Cruise au top de sa forme et le plaisir de retrouver une fois de plus les éléments qui ont fait le succès de la série télévisée : une équipe qui met les talents variés de ses membres au service du « bien », une longueur d’avance en matière de technologie, les fameux masques et, last but not least, la formidable musique de Lalo Schifrin qui 50 ans après sa création met les frissons aux fans dès la première note du générique. Vivement le sixième épisode !

4 étoiles, « Amy ». Documentaire sur la vie de la très talentueuse chanteuse anglaise Amy Winehouse qui connut une vie aussi brève que tumultueuse, le film du réalisateur Asif Kapadia vous prend à la gorge dès les premières images. Ill fait si bien revivre Amy Winehouse grâce à sa musique, à des images d’archives, des témoignages de ses proches et des interviews de la chanteuse que l’on espère jusqu’au bout qu’elle finira par s’en sortir. Mais il en est bien évidemment rien. Et le spectateur d’assister impuissant à cette descente aux enfers presque irréelle, tant elle est par moment ponctuée de scènes violentes et bouleversantes. Voyeurisme ? Plutôt un hommage brillant à une personnalité hors du commun qui n’avait pas les épaules assez larges pour assumer une célébrité qui l’a poussée vers un abîme dont l’origine remontait déjà à son enfance.

3 étoiles, « Une seconde mère ». Depuis plus de dix ans Val (excellente Regina Casé actrice renommée au Brésil) est au service d’une famille riche de Sao Paulo. L’irruption de sa fille Jessica, qu’elle n’a pas vue depuis des lustres, dans sa vie de bonne et dans celle de ses patrons va chambouler un équilibre familial qui est finalement, malgré les apparences, très fragile. Bousculant les conventions sociales par des actions qui n’ont pourtant rien d’extraordinaires, le passage de Jessica va déclencher une véritable tornade. A la fois tendre, drôle, mais aussi parfois cruel, « une seconde mère », après un début un peu trop en douceur, emmène avec lui le spectateur dans cette histoire qui remet en question les conventions sociales avec un côté lutte des classes par moment jubilatoire. C’est parfois sans grande surprise, notamment la fin, mais en sortant de la salle on est heureux d’avoir passé un bon moment.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

 

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04/09/2015

La belle hypocrisie de l'UDC

La photo de ce petit garçon retrouvé sur une plage mort noyé a personnalisé  un drame qui pourtant a lieu tous les jours.  Pourquoi cette photo a ému plus que d’autres de la même veine ? Sans doute parce que majoritairement l’opinion publique prend conscience que l’on ne risque pas sa vie et celle des siens sans raison valable, n’avoir rien à perdre, si ce n’est justement la vie, en étant la principale.

Que faire face à cette détresse ? Il y a grosso modo trois voies qui sont défendues par les partis politiques : une ouverture beaucoup plus large des frontières, se barricader en laissant passer uniquement au compte-gouttes les « vrais » réfugiés et un compromis entre ces deux approches assorti d’une aide financière plus ou moins généreuse pour les réfugiés qui fuient leur pays en guerre et se retrouvent parqués dans des camps.

Jusqu’à très récemment, l’UDC était la championne de la fermeture quasi hermétique des frontières. Mais sentant le vent tourné dans une partie grandissante de l’opinion publique, et l’approche des élections aidant, elle tente d’adoucir son discours.

C’est ainsi que dans l’édition de la Tribune de Genève du jour, commentant la photo de ce petit garçon, la conseillère nationale genevoise Céline Amaudruz, tout en répétant qu’il y a trop de faux réfugiés, déclare que « la Suisse doit rester un pays d’accueil, aider prioritairement et généreusement les réfugiés dans les zones près de leur pays et s’assurer de les accueillir dans des infrastructures dignes de ce nom. » Ce discours pourrait tenir debout si l’UDC n’était pas constamment à l’origine de propositions de coupes dans le budget pour l’aide au développement.

Que voilà une belle hypocrisie !

A moins, bien évidemment, que Mme Amaudruz et ses collègues de parti proposent lors de la prochaine session des Chambres, qui va s’ouvrir la semaine prochaine, de faire voter en urgence une somme conséquente pour venir en aide aux réfugiés. On ne prend pas de grands risques en pariant que tel ne sera pas le cas. Paroles, paroles.

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02/09/2015

Un pas vers l'égalité des droits

La commission des affaires juridiques du Conseil des Etats, emboîtant le pas à celle du Conseil national, est donc entrée hier en matière sur le mariage civil pour toutes et tous.

Ces deux votes positifs font suite à une initiative parlementaire des Verts libéraux qui demande que la Constitution soit modifiée de telle manière à ce que « les formes d’union régies par la loi soit ouvertes à tous les couples quels que soient leur sexe ou leur orientation sexuelle ». 

Le débat sur le mariage civil pour toutes et tous, mais aussi celui sur le partenariat enregistré ouvert actuellement qu’aux couples homosexuels créant ainsi une discrimination entre les citoyennes et citoyens de notre pays, est donc sur les rails. La commission des affaires juridiques du Conseil national peut dès à présent élaborer un projet d’acte. Les étapes parlementaires seront encore longues avant que le peuple puisse se prononcer obligatoirement sur ce changement constitutionnel.

Et puis avant cela, il y aura en 2016 le vote sur l’initiative fiscale du PDC qui veut inscrire dans la Constitution que le mariage est « l’union durable entre un homme et une femme ». Un vote favorable à ce texte bloquerait vraisemblablement pour des années la question du mariage civil pour toutes et tous et c’est la raison pour laquelle ce texte devra être combattu avec force. Le résultat sera un bon indicateur des forces progressistes et conservatrices que compte notre pays, même si le fait de devoir se prononcer sur deux objets bien différents dans la même initiative brouillera, hélas, en partie les cartes.

Mais pour l’heure, savourons déjà cette victoire d'étape d’une Suisse qui progresse pas à pas en direction de l’égalité des droits.

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01/09/2015

L'illusion du "tout sécuritaire"

Après l’attentat du Thalys Amsterdam-Paris, nos autorités ont fait mine de découvrir que des terroristes pouvaient aussi s’en prendre aux passagers des trains. Et pour rassurer les voyageurs, elles se sont réunies avec huit autres pays européens pour discuter de mesures…non contraignantes.

Une manière de dire qu’il n’est pas possible de sécuriser les gares et les trains, comme c’est le cas pour les aéroports et les avions. Une évidence. On imagine, en effet, difficilement mettre des portiques de sécurité sur chaque quai de gare et passer aux rayons X tous les bagages des passagers montant dans un train. Et puis alors pourquoi s’arrêter aux trains ? Quid des cars, par exemple ?

Il faut se rendre à l’évidence, le « tout sécuritaire » est une illusion, car malheureusement ceux qui sont déterminés à utiliser la force pour se faire entendre trouveront toujours un moyen d'atteindre leur but.

Cela ne signifie bien évidemment pas qu’il ne faut rien faire. Mais de grâce que l’on arrête d’essayer de rassurer le bon peuple avec des mesures qui, au mieux, sont inutiles, et, au pire, restreignent plus la liberté de ceux que l’on veut protéger qu’autre chose, comme c’est le cas avec la loi sur le renseignement qui devrait être définitivement adoptée par le parlement ce mois.

 

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