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  • "Sicario": âmes sensibles s'abstenir (et 7 autres films à l'affiche)

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    FullSizeRender.jpg« Sicario » signifie « tueur à gages » en espagnol. Et des morts il y en aura par dizaines dans ce film qui se déroule sur fond de règlements de compte dans la zone frontalière entre les Etats-Unis et le Mexique devenu un territoire de non-droit. Les cartels sont des vrais groupes militarisés qui font la loi. C’est dans ce contexte qu’une jeune recrue idéaliste du FBI est enrôlée pour aider un groupe d’intervention d’élite dirigé par un agent du gouvernement à lutter contre le trafic de drogue. Elle comprendra petit à petit que les choses ne sont pas si simples…

    « Sicario » offre quelques moments à très haute tension, renforcée par une superbe musique, d’une formidable maîtrise technique comme la scène d’ouverture, l’épisode au péage de la frontière, celui dans le tunnel ou encore lors du face à face entre le tueur à gages et le chef du cartel. Mais entre ces moments forts, le rythme est souvent lent et l’ennui guette. Le scénario est parfois compliqué à comprendre ce qui accentue les risques de décrocher au même titre d’ailleurs que l’extrême violence de certaines scènes : est-il vraiment nécessaire d’en montrer autant ? Si « Sicario » est donc irréprochable sur la forme, acteurs compris, on n’en dira pas autant du fond : âmes sensibles s’abstenir. (2 étoiles)

    Toujours à l’affiche

    5 étoiles, « Le tout nouveau Testament saison ». Si Dieu est parfaitement abject (Benoît Poelvoorde sensationnel), mais tellement drôle, son épouse (Yolande Moreau géniale) et surtout sa fille Ea (Pili Groyne remarquable) font preuve de beaucoup…d’humanité ! C’est d’ailleurs en quittant le royaume des cieux pour échapper à son horrible père qu’Ea, après avoir semé la zizanie sur Terre en balançant par SMS les dates de décès de tout le monde pour se venger de son géniteur, va faire écrire un tout nouveau Testament, fruit de sa rencontre avec six personnages, les six nouveaux apôtres. Six évangiles qui sont surréalistes, et donc complètement déjantées, et portées par de formidables acteurs, dont Catherine Deneuve. Le film est truffé de gags très drôles qui tombent fort à propos quand son rythme menace de baisser. Les clins d’œil bibliques sont hilarants. La fin est à l’image du reste du film, très réussie. A ne pas manquer.

    4 étoiles, « Marguerite ». Paris, 1920. Marguerite  Dumont se produit régulièrement devant un cercle d’habitués de la haute bourgeoisie pour donner des récitals. Elle chante tragiquement faux, mais personne n’a jamais osé le lui dire, et surtout pas son mari qui n’en peut plus. Tout cela ne serait pas si grave si un jour Marguerite, flattée par deux jeunes qui la manipulent,  ne se mettait pas en tête de se produire devant un vrai public où la vérité pourrait bien alors lui sauter à la...gorge. Au fur et à mesure que l’action évolue, les rires du début laissent la place à l’émotion et le spectateur s’attache de plus en plus au personnage de Marguerite (merveilleuse Catherine Frot) qui est à l’image de la fleur qui porte son nom : on l’aime d’abord un peu, puis beaucoup et enfin passionnément.

    4 étoiles, « Mission impossible : Rogue Nation». Un cinquième épisode qui, certes, ne fait pas preuve d’une folle originalité, mais qui ravira les amateurs de films d’action et bien entendu de la série. Pas un seul temps mort, un scénario qui comporte tous les ingrédients qui composent ce genre de film, une dose d’humour, un excellent casting avec un Tom Cruise au top de sa forme et le plaisir de retrouver une fois de plus les éléments qui ont fait le succès de la série télévisée : une équipe qui met les talents variés de ses membres au service du « bien », une longueur d’avance en matière de technologie, les fameux masques et, last but not least, la formidable musique de Lalo Schifrin qui 50 ans après sa création met les frissons aux fans dès la première note du générique. Vivement le sixième épisode !

    4 étoiles, « Amy ». Documentaire sur la vie de la très talentueuse chanteuse anglaise Amy Winehouse qui connut une vie aussi brève que tumultueuse, le film du réalisateur Asif Kapadia vous prend à la gorge dès les premières images. Ill fait si bien revivre Amy Winehouse grâce à sa musique, à des images d’archives, des témoignages de ses proches et des interviews de la chanteuse que l’on espère jusqu’au bout qu’elle finira par s’en sortir. Mais il en est bien évidemment rien. Et le spectateur d’assister impuissant à cette descente aux enfers presque irréelle, tant elle est par moment ponctuée de scènes violentes et bouleversantes. Voyeurisme ? Plutôt un hommage brillant à une personnalité hors du commun qui n’avait pas les épaules assez larges pour assumer une célébrité qui l’a poussée vers un abîme dont l’origine remontait déjà à son enfance.

    3 étoiles, « Dheepan ». Ancien soldat voulant fuir l’horreur de la guerre civile au Sri Lanka, Dheepan, pour augmenter ses chances de trouver l’asile en Europe, fait passer une jeune femme et une fillette, rencontrées dans un camp de réfugiés, pour des membres de sa famille. Arrivé en France, il trouve un emploi de gardien dans une cité glauque où des voyous règnent en maître. C’est dans cette atmosphère lourde que Dheepan et sa famille fictive vont tenter de se (re)construire et, pourquoi pas, former un vrai foyer. « Dheepan » est un film constamment sous tension, avec tout de même quelques longueurs, où peut surgir à chaque instant le pire comme le meilleur. Les personnages qui le composent sont des êtres écorchés vifs prêts à tout faire exploser si on les chatouille de trop prêts. Remarquablement bien joué, la Palme d’or 2015 est un film parfaitement maîtrisé aux allures de rédemption et de nouveau départ.

    3 étoiles, « Une seconde mère ». Depuis plus de dix ans Val (excellente Regina Casé actrice renommée au Brésil) est au service d’une famille riche de Sao Paulo. L’irruption de sa fille Jessica, qu’elle n’a pas vue depuis des lustres, dans sa vie de bonne et dans celle de ses patrons va chambouler un équilibre familial qui est finalement, malgré les apparences, très fragile. Bousculant les conventions sociales par des actions qui n’ont pourtant rien d’extraordinaires, le passage de Jessica va déclencher une véritable tornade. A la fois tendre, drôle, mais aussi parfois cruel, « une seconde mère », après un début un peu trop en douceur, emmène avec lui le spectateur dans cette histoire qui remet en question les conventions sociales avec un côté lutte des classes par moment jubilatoire. C’est parfois sans grande surprise, notamment la fin, mais en sortant de la salle on est heureux d’avoir passé un bon moment.

    2 étoiles, « Everest ». Le film relate une expédition tragique qui s’est déroulée sur le toit du monde au printemps 1996. Après une mise en place des personnages pas vraiment passionnante, l’ascension peut commencer et avec elle un nombre impressionnant d’obstacles qui vont se dresser devant les alpinistes. Si le film n’était pas basé sur une histoire vraie, on serait tenté de dire que c’est presque trop ou quand la réalité dépasse la fiction.  « Everest »  se laisse voir : les images sont magnifiques, mais c’est le moins que l’on puisse attendre d’un film qui se déroule dans ce décor magnifique. Les acteurs sont tous à la hauteur, c’est le cas de le dire, et certaines scènes sont poignantes. Mais au final, on reste un peu sur sa faim, l’émotion n’étant pas suffisamment au rendez-vous, comme si les éléments naturels finissaient par vous rattraper et vous glacer le sang.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Barazzone et les heureux hasards

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    Le Conseiller administratif-Conseiller national Guillaume Barazzone, candidat à sa propre succession, a adressé ces jours un courrier aux habitant-e-s de la Ville de Genève pour les informer sur leur police municipale.

    Une lettre à la signature du magistrat en charge du département de l’environnement urbain et de la sécurité accompagne un flyer recto-verso A5 (dans une enveloppe A4!) comprenant un autocollant du numéro de téléphone de la police municipale.

    Dans sa missive, Guillaume Barazzone vante les mérites de la police municipale, à juste titre, mais aussi ceux du Conseil administratif, on n’est jamais mieux servi que par soi-même, dont les priorités sont de « lutter plus efficacement contre la délinquance de rue, les nuisances sonores ou encore les chauffards qui sévissent notamment aux abords des écoles. » Il y est également fait mention de la présence accrue de la police municipale dans la rue et de l’ouverture de nouveaux postes dans les quartiers.

    Il n’est par contre bien évidemment pas spécifié que c’est grâce au Conseil municipal, et à sa majorité relative de gauche de la précédente législature qui a voté de nombreux postes supplémentaires, que l’élargissement du dispositif a été rendu possible. Et Guillaume Barazzone de conclure que « ces évolutions récentes n’ont qu’un objectif : améliorer la sécurité en Ville de Genève. »

    Un discours sécuritaire diffusé à toutes et tous les habitant-e-s de la Ville de Genève qui tombe à pic à dix jours des élections fédérales. Une pure coïncidence. Un heureux hasard. Evidemment.

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  • Revue 2015: retour gagnant de Naftule & Cie

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    Le retour de Pierre Naftule après six ans d'absence à la tête de la Revue, avec Laurent Nicolet et Antony Mettler, était très attendu. Le moins que l'on puisse dire est qu'à entendre les rires et les applaudissements lors de la première de lundi soir, ce retour apparaît gagnant.

    Reprenant la recette qui a fait son succès sous la houlette de Pierre Naftule lors de douze éditions précédentes, à savoir un rythme d'enfer dans la mise en scène, des gags toutes les quinze secondes, voire plus, des chorégraphies et des chants parfaitement exécutés, des costumes, des décors et des éclairages recherchés, une distribution sans faille, avec en plus en guest star Marie-Thérèse Porchet, la Revue 2015 se laisse manger avec gourmandise.

    La première partie, souvent à pleurer de rire, est particulièrement réussie et féroce à l'égard du MCG et de "ses alliés" GHI et Pascal Décaillet, qui en prend toutefois un peu trop pour son grade. Elle n'épargne pas non plus Céline Amaudruz "la seule politicienne qui est capable de se couper la parole à elle-même". Au cours de cette première partie on y découvre également un jeune comédien prometteur, Thomas Wiesel, qui fait une revue de l'actualité vue par un Lausannois, très drôle.

    C'est aussi avant l'entracte que l'on apprécie le meilleur sketch de cette cuvée 2015 sur la FIFA avec un Sepp Blatter, excellent Joseph Gorgoni, qui utilise des métaphores avec des fruits pour éviter de parler d'argent et qui se fait appeler "papi" par sa filleule pour éviter "parrain". Le pastiche de "the voice" rebaptisé "the choice" pour désigner le nouvel hymne national est aussi très réussi. 

    Après la pause, on retrouve les deux fils rouges du spectacle, à savoir un François Longchamp qui traque le moindre ruban à couper et finit par devenir fou à force de n'avoir rien à faire et Solar Impulse dont le sketch n'avance pas en raison des nombreux reports. Il y est aussi question de la dangerosité des CFF, de la Poste dont on ne voudrait "quand même pas faire un service public", de Rémi Pagani et de Sandrine Salerno dans une scène sado-masochiste qui n'est pas la meilleure, du rétropédalage de Barthassat ou encore de la Genève de 2030 qui a des allures de Grèce d'aujourd'hui et qui sera sauvée par son ennemi juré, le canton de Vaud.

    La Revue 2015 intitulée "cette année j'y retourne", une pique parmi d'autres à l'encontre des auteurs de la revue des six dernières années, est indiscutablement une bonne cuvée à déguster sans modération jusqu'à la fin de l'année.

     

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  • Des candidat.e.s et des partis qui se battent pour l'égalité des droits

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    58 candidat.e.s, sur un total de 181 ont répondu au questionnaire de la Fédération genevoise des associations LGBT en vue des élections fédérales. Les partis y ont différemment participé. Au sein du Parti Bourgeois-Démocratique, 5 candidat.e.s sur 9, soit 55.5%, y ont répondu. Pour le Parti Démocrate-Chrétien, 6 sur 11, soit 54%; pour les Verts, 13 sur 30, soit 43.3%; pour les Vert’libéraux, 3 sur 9, soit 33.3% ; pour le Parti Socialiste, 8 sur 24, soit 33.3%; pour le Mouvement Citoyen Genevois, 5 sur 15, soit 33.3% ; pour Ensemble à Gauche, 12 sur 37, soit 32.4%; pour le Parti Libéral-Radical, 2 sur 12, soit 16.6% et pour l’Union Démocratique du Centre, 2 sur 23, soit 8.6%.

    Aucun.e candidat.e de l’Union Démocratique Fédérale ni du Parti Evangélique de Genève n’ont répondu au questionnaire. Les deux candidat.e.s sur la liste indépendante « Politique intégrale » ont répondu tous les deux.

     

    Loi sur le partenariat enregistré ; ouverture du mariage civil aux couples de même sexe et initiative discriminatoire du PDC qui vise à bloquer la voie à cette ouverture ; lois anti-discriminatoires ; droits des familles arc-en-ciel, des personnes trans* et des réfugié.e.s LGBT : les candidat.e.s qui ont répondu au questionnaire se sont prononcé.e.s sur 6 grandes thématiques liées à l’avancée de l’égalité sociale et juridique des personnes LGBT et des enfants des familles arc-en-ciel.

     

    L’analyse des réponses par parti ou par candidat.e.s a permis de dégager des tendances qui sont à grande majorité favorables à une égalité juridique et socialeLes six thématiques semblent en effet obtenir un consensus de gauche à droite, à l’exception de l’UDC et du PLR où trop peu decandidat.e.s ont répondu et des partis absents tels le PEV et l’UDF. Nous vous invitons à retrouver toutes les réponses directement sur le site internet de la Fédération : http://www.federationlgbt-geneve.ch/federales2015


    Ces résultats peuvent être comparés avec ceux nationaux obtenus avec les 500 réponses obtenues au niveau national par les associations faîtières et nationales Pink Cross, LOS et Transgender Network au moyen d’un questionnaire envoyé à tous et toutes les candidat.e.s aux élections fédérales. Ainsi, si le PBD, le PS, les Verts et les Vert’libéraux interrogé.e.s au niveau national se positionnent également très favorablement pour l’égalité des personnes LGBT, le PDC est en contradiction avec ses candidat.e.s genevois.e.sSelon les résultats du questionnaire national, le PDC ne soutient en effet ni l’ouverture du mariage civil aux couples de même sexe, ni l’adoption de l’enfant du/de la partenaire ou l’adoption conjointeQuant au PLR, il n’est de son côté ni favorable au mariage égalitaire, ni à une loi anti-discriminatoire, ni à l’adoption conjointe ou à la reconnaissance de la persécution liée à l’orientation sexuelle ou l’identité de genre comme juste motif d’asile. Il est plus progressiste cependant que le PDC sur les questions de famille puisqu’il soutient l’adoption de l’enfant du/de la partenaire. L’UDC, lui, n’est favorable à aucune de ces avancées en matière d’égalité. Nous vous invitons à retrouver tous les résultats ici : www.myvoice.lgbt

     

    Le débat « Politiques LGBT : où veut aller la Suisse ? »organisé en partenariat avec l’Institut des Etudes Genre de l’Université de Genève ce mercredi 30 septembre, avait pour but d’approfondir les thématiques abordées par le questionnaire. Animé par Lorena Parini, co-présidente de la Fédération genevoise des associations LGBT et Maître d’enseignement et de recherche à l’Institut des Etudes Genre, le débat a réuni autour de la même table les représentant.e.s suivant.e.s des sections genevoises des partis politiques qui ont répondu à l’invitation de la Fédération :

     

    • Marjorie Blanchet, candidate pour Ensemble à Gauche
    • Jérôme Fontana, candidat pour les Vert'libéraux
    • Esther Hartmann, candidate pour les Verts
    • Anthony Jaria, candidat pour le Parti Bourgeois Démocratique
    • Louise Morand, candidate pour le Parti Libéral Radical, JLR
    • Véronique Schmied, candidate pour le Parti Démocrate Chrétien
    • Manuel Tornare, Conseiller national et candidat pour le Parti Socialiste
     

    Oui global à l’égalité sociale et juridique

     

    Face à un public de plus 100 personnes, les candidat.e.s se sont tous et toutes déclaré en faveur des avancées juridiques et sociales évoquées par le questionnaire: accès à la naturalisation facilitée pour le/la conjoint.e étranger/ère dans un partenariat enregistré Loi sur le partenariat enregistré ; ouverture du mariage civil aux couples de même sexe; lois anti-discriminatoires ; droits des familles arc-en-ciel, des personnes trans* et des réfugié.e.s LGBT.

     

    Manuel Tornare est revenu sur l’initiative parlementaire de Mathias Reynard, Conseiller national socialistes valaisan, pour que les actes homophobes soient punis par la loi. Il a évoqué le fait que Mathias Reynard avait reçu des menaces, allant jusqu’à des menaces de mort, preuve s’il en était, outre les manifestations d’homophobie et de transphobie récurrentes et quotidiennes dans la société, de la nécessité de punir pénalement l’homophobie et la transphobie. Jérôme Fontana a quant à lui évoqué la double peine subie par la victime, celle dl’agression, puis celle de ne pas pouvoir faire punir légalement le caractère homophobe ou transphobe de l’agression. Esther Hartmann, interrogée sur la non-protection légale des enfants élevés dans des familles arc-en-ciel, a rappelé que la Suisse a ratifié la Convention internationale des droits de l’enfant et qu’il est temps pour « notre pays d’admettre qu’une famille homoparentale est une famille à part entière », avec les mêmes droits et les mêmes devoirs, et de la reconnaître comme telle. Louise Morand a évoqué le fait « qu’un enfant ramenant un formulaire d’inscription de l’école constate malheureusement très bien qu’une seule de ses deux mamans ou un seul de ses deux papas peut y figurer », et que cela fait partie des discriminations quotidiennes auxquelles les familles arc-en-ciel ont à faire face. Véronique Schmied ajoute qu'un enfant a besoin de la sécurité qu’offre l’amour et l’attention que lui amènent ses parents, qu’importe leur orientation sexuelle. Anthony Jaria, interrogé sur les discriminations liées au Partenariat enregistré – interdiction d’adopter ; pas d’accès à la naturalisation facilitée pour le/la conjoint.e étranger/ère, a dénoncé le fait qu’actuellement, les personnes LGBT sont toujours considérées comme des citoyennes et citoyens de seconde zone, avec une égalité à deux vitesses. Il a rappelé qu’une ouverture du mariage civil aux couples de même sexe pouvait amener une égalité totale. Jérôme Fontana a quant à lui évoqué l’initiative parlementaire des Vert’libéraux demandant l’ouverture du mariage civil aux couples de même sexe. Marjorie Blanchet a rappelé la nécessité de former les professionnel.le.s accueillant les réfugié.e.s LGBT pour qu’ils et elles ne subissent pas à nouveau de l’homophobie ou de la transphobie et a enjoint les partis politiques à se mobiliser pour faire reconnaître par la Suisse la persécution en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre comme juste motif d’asile.

     

    Quelques réserves 

     

    Interrogé sur le fait que l’initiative de Mathias Reynard n’inclut pas un dispositif anti-discriminatoire lié à l’identité de genre, alors même que les personnes trans* subissent encore d’avantaged’agressions, de par leur visibilité, Manuel Tornare a rappelé qu’il y était favorable mais que la politique des petits pas a primé, sous peine de perdre la totalité de l’initiative. 

     

    Marjorie Blanchet a rappelé également à Jérôme Fontana que si l’initiative parlementaire des Vert’libéraux demandant l’ouverture du mariage civil aux couples de même sexe était une belle avancée, l’initiative n’amènerait pas un mariage égalitaire avec les mêmes droits et les mêmes devoirs pour les couples de même sexe que pour les couples hétérosexuels puisqu’elle ne se prononce pas sur les questions de filiation ou d’adoption des enfants élevés dans des familles homoparentales.

     

    Une méconnaissance des questions trans* a également émergé lors du débat. Ainsi, la nécessité de prouver pour une personne trans* qu’elle est bien stérile afin de pouvoir obtenir un changement de papier reste largement méconnue des partis politiques et a choqué tous et toutes les candidat.e.s présent.e.s. Les personnes trans*, pour pouvoir entamer une transition, doivent obtenir un feu-vert d’un.e psychiatre, un diagnostic psychiatrique de transsexualisme, qui détermine si oui ou non, elles sont bien éligibles à un parcours de transition. Ceci les livre aux appréciations de psychiatres basées sur des points de vue subjectifs et des critères de diagnostic arbitraires (de ce que doit être un homme et une femme, et de ce à quoi doit correspondre une personne transsexuelle vraie), et donne ainsi aux psychiatres le pouvoir de valider ou non leur identité; et les stigmatise de surcroît d'une pathologie mentale. Le droit à l’auto-détermination des personnes trans*, sans devoir nécessairement passer par un diagnostic de pathologie mentale par un.e psychiatre, a rencontré quelques résistances parmi certain.e.s des candidat.e.s en répondant au questionnaire. Un témoignage et des clarifications sur les parcours de vie des personnes trans* lors du débat a permis d’amener une perspective moins pathologisante et d’éclaircir ce droit à l’auto-détermination.

     

    Quelles conclusions tirer de cette adhésion très majoritaire des candidat.e.s et des partis qu’ils et elles représentent à l’égalité sociale et juridique des personnes LGBT et des enfants des familles arc-en-ciel ?

     

    Rapidement a ainsi émergé le constat de prises de position, pour les candidates du PDC et du PLR, qui n’allaient pas dans le même sens que leurs partis respectifs.

     

    Véronique Schmied a ainsi déclaré qu’elle ne soutenait pas l’initiative «Pour le couple et la famille - Non à la pénalisation du mariage» de son parti », qui vise à inscrire dans la Constitution le mariage comme étant l’union durable entre un homme et une femme. Si elle se dit favorable à l’égalité fiscale telle que mentionnée dans l’initiative, elle n’adhère cependant de loin pas à cette définition conservatrice du mariage et qu’elle était favorable à l’ouverture du mariage civil pour les couples de même sexe. Elle a rappelé que l’unité de matière n’était pas respectée par l’initiative.

     

    Louise Morand a de son côté, par ses prises de position pour une égalité sociale juridique, notamment sur les questions d’adoption et de mariage pour les couples de même sexe, montré que les Jeunes Libéraux-Radicaux ont davantage avancé sur ces questions que le reste du parti. Elle a indiqué que les JLR souhaitent mettre en place une union civile aux couples de même sexe et aux couples hétérosexuels avec les mêmes devoirs et les mêmes droits pour tous et toutes.

     

    Lorena Parini a souligné, en ouverture du débat, l’absence significative du MCG et de l’UDC à la table et le manque de réponses du PLR, de l’UDC, du PEV et de l’UDC, fait tout aussi significatif. L’enjeua-t-elle conclu, pour les candidat.e.s présent.e.s au débat et celles et ceux ayant répondu au questionnaire, sera donc de convaincre au sein de leur propre parti, peut-être en allant contre leur position officielle, et concrétiser cette adhésion aux avancées sociales et juridiques par des votes qui y seront favorablesAux côtés des associations faîtières et nationales LGBT Familles arc-en-ciel, LOS, Pink Cross et Transgender Network, la Fédération genevoise des associations LGBT et ses associations membres, continueront, d'une part, d'être attentives aux discriminations actuelles et aux éventuels reculs des droits et poursuivront, d'autre part, leurs contributions pour que de nouvelles avancées pour l'égalité des personnes LGBT se réalisent au niveau fédéral.

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  • "Marguerite": un peu, beaucoup, passionnément (et 7 autres films à l'affiche)

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    Il y a des  bandes annonces qui sont trompeuses. Celle de  « Marguerite » en fait partie. Mise en avant comme une comédie, « Marguerite » est en fait plutôt une tragédie. Une tragédie où l’on rit, certes, mais la plupart du temps jaune.

    Paris, 1920. Marguerite  Dumont, femme fortunée, se produit régulièrement devant un cercle d’habitués de la haute bourgeoisie pour donner des récitals. Elle chante tragiquement faux, mais personne n’a jamais osé le lui dire, et surtout pas son mari qui n’en peut plus. Tout cela ne serait pas si grave si un jour Marguerite, flattée par deux jeunes qui la manipulent,  ne se mettait pas en tête de se produire devant un vrai public où la vérité pourrait bien alors lui sauter à la...gorge.

    Le film se déroule en cinq actes et commence sous des airs de comédie et d’opéra (entendre chanter faux le fameux air de la Reine de la nuit de « La flûte enchantée » est drôle, mais tout de même éprouvant pour les oreilles) avec la découverte du personnage hors du commun qu’est Marguerite Dumont.

    Mais au fur et à mesure que l’action évolue, le rire laisse la place à l’émotion et le spectateur s’attache de plus en plus au personnage de Marguerite. Il en est d’ailleurs de même pour son proche entourage, à commencer par son mari qui pourtant avec les années s’est éloignée d’elle, qui se laisse gagner par la douce folie de Marguerite et la soutient dans son rêve de se produire sur scène au risque qu’elle bascule alors complètement dans la folie.

    « Marguerite » est un film soigné avec une superbe lumière. Les costumes et les décors sont somptueux. La distribution est excellente, sans doute tirée par le haut par une Catherine Frot merveilleusement émouvante en Marguerite. Librement inspirée de l’histoire de l’américaine Florence Foster Jenkins, dont la vie va être prochainement portée à l’écran avec Meryl Streep et Hugh Grant, « Marguerite » est à l’image de la fleur qui porte son nom : on l’aime d’abord un peu, puis beaucoup et enfin passionnément (4 étoiles).

    Toujours à l’affiche

    5 étoiles, « Le tout nouveau Testament saison ». Si Dieu est parfaitement abject (Benoît Poelvoorde sensationnel), mais tellement drôle, son épouse (Yolande Moreau géniale) et surtout sa fille Ea (Pili Groyne remarquable) font preuve de beaucoup…d’humanité ! C’est d’ailleurs en quittant le royaume des cieux pour échapper à son horrible père qu’Ea, après avoir semé la zizanie sur Terre en balançant par SMS les dates de décès de tout le monde pour se venger de son géniteur, va faire écrire un tout nouveau Testament, fruit de sa rencontre avec six personnages, les six nouveaux apôtres. Six évangiles qui sont surréalistes, et donc complètement déjantées, et portées par de formidables acteurs, dont Catherine Deneuve. Le film est truffé de gags très drôles qui tombent fort à propos quand son rythme menace de baisser. Les clins d’œil bibliques sont hilarants. La fin est à l’image du reste du film, très réussie. A ne pas manquer.

    4 étoiles, « Ricki and the Flash ». Ricki Rendazzo a quitté son mari, remarié depuis, et ses trois enfants devenus adultes, il y a de nombreuses années pour poursuivre son rêve de devenir une rock star. Ricki est un jour appelée à l’aide par son ex-mari quand leur fille plonge dans une grave dépression après son divorce. Les retrouvailles avec cette « mauvaise » mère ne vont évidemment pas se faire facilement. Ce n’est pas l’originalité du scénario le point fort du film, mais le jeu des acteurs, tous excellents, et plusieurs scènes très réussies qui le composent. A commencer par celles qui mettent en scène le groupe « Ricki and the Flash » dans le bar avec une Meryl Streep qui s’en donne à cœur joie en chantant de manière très convaincante avec sa voie grave faite pour le rock. Un film au final sans grande surprise, mais qui donne une pêche d’enfer à l’image d’une Meryl Streep plus énergique que jamais et sur laquelle le temps ne semble pas avoir de prise !

    4 étoiles, « Mission impossible : Rogue Nation». Un cinquième épisode qui, certes, ne fait pas preuve d’une folle originalité, mais qui ravira les amateurs de films d’action et bien entendu de la série. Pas un seul temps mort, un scénario qui comporte tous les ingrédients qui composent ce genre de film, une dose d’humour, un excellent casting avec un Tom Cruise au top de sa forme et le plaisir de retrouver une fois de plus les éléments qui ont fait le succès de la série télévisée : une équipe qui met les talents variés de ses membres au service du « bien », une longueur d’avance en matière de technologie, les fameux masques et, last but not least, la formidable musique de Lalo Schifrin qui 50 ans après sa création met les frissons aux fans dès la première note du générique. Vivement le sixième épisode !

    4 étoiles, « Amy ». Documentaire sur la vie de la très talentueuse chanteuse anglaise Amy Winehouse qui connut une vie aussi brève que tumultueuse, le film du réalisateur Asif Kapadia vous prend à la gorge dès les premières images. Ill fait si bien revivre Amy Winehouse grâce à sa musique, à des images d’archives, des témoignages de ses proches et des interviews de la chanteuse que l’on espère jusqu’au bout qu’elle finira par s’en sortir. Mais il en est bien évidemment rien. Et le spectateur d’assister impuissant à cette descente aux enfers presque irréelle, tant elle est par moment ponctuée de scènes violentes et bouleversantes. Voyeurisme ? Plutôt un hommage brillant à une personnalité hors du commun qui n’avait pas les épaules assez larges pour assumer une célébrité qui l’a poussée vers un abîme dont l’origine remontait déjà à son enfance.

    3 étoiles, « Dheepan ». Ancien soldat voulant fuir l’horreur de la guerre civile au Sri Lanka, Dheepan, pour augmenter ses chances de trouver l’asile en Europe, fait passer une jeune femme et une fillette, rencontrées dans un camp de réfugiés, pour des membres de sa famille. Arrivé en France, il trouve un emploi de gardien dans une cité glauque où des voyous règnent en maître. C’est dans cette atmosphère lourde que Dheepan et sa famille fictive vont tenter de se (re)construire et, pourquoi pas, former un vrai foyer. « Dheepan » est un film constamment sous tension, avec tout de même quelques longueurs, où peut surgir à chaque instant le pire comme le meilleur. Les personnages qui le composent sont des êtres écorchés vifs prêts à tout faire exploser si on les chatouille de trop prêts. Remarquablement bien joué, la Palme d’or 2015 est un film parfaitement maîtrisé aux allures de rédemption et de nouveau départ.

    3 étoiles, « Une seconde mère ». Depuis plus de dix ans Val (excellente Regina Casé actrice renommée au Brésil) est au service d’une famille riche de Sao Paulo. L’irruption de sa fille Jessica, qu’elle n’a pas vue depuis des lustres, dans sa vie de bonne et dans celle de ses patrons va chambouler un équilibre familial qui est finalement, malgré les apparences, très fragile. Bousculant les conventions sociales par des actions qui n’ont pourtant rien d’extraordinaires, le passage de Jessica va déclencher une véritable tornade. A la fois tendre, drôle, mais aussi parfois cruel, « une seconde mère », après un début un peu trop en douceur, emmène avec lui le spectateur dans cette histoire qui remet en question les conventions sociales avec un côté lutte des classes par moment jubilatoire. C’est parfois sans grande surprise, notamment la fin, mais en sortant de la salle on est heureux d’avoir passé un bon moment.

    2 étoiles, « Everest ». Le film relate une expédition tragique qui s’est déroulée sur le toit du monde au printemps 1996. Après une mise en place des personnages pas vraiment passionnante, l’ascension peut commencer et avec elle un nombre impressionnant d’obstacles qui vont se dresser devant les alpinistes. Si le film n’était pas basé sur une histoire vraie, on serait tenté de dire que c’est presque trop ou quand la réalité dépasse la fiction.  « Everest »  se laisse voir : les images sont magnifiques, mais c’est le moins que l’on puisse attendre d’un film qui se déroule dans ce décor magnifique. Les acteurs sont tous à la hauteur, c’est le cas de le dire, et certaines scènes sont poignantes. Mais au final, on reste un peu sur sa faim, l’émotion n’étant pas suffisamment au rendez-vous, comme si les éléments naturels finissaient par vous rattraper et vous glacer le sang.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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