19/02/2017

Du grand écran au petit: "Samba" sur TSR1 lundi soir

FullSizeRender.jpgComment ne pas décevoir après un triomphe (19 millions d’entrées en France !) comme « Intouchables » ? Très difficile, voire impossible. C’est pourtant le défi que les réalisateurs Olivier Nakache et Eric Toledano ont tenté de relever avec « Samba » qui sera diffusé lundi soir sur TSR 1. Défi réussi ?

Comme dans « Intouchables », c’est un duo improbable qui est au centre de cette intrigue. La bande-annonce laisse d’ailleurs à penser que comme dans « Intouchables », le rire va jaillir de cette opposition de style. Ce n’est pas vraiment le cas. Il y a certes quelques bons gags dans « Samba », mais on y rit toutefois beaucoup moins que dans « Intouchables ».

Mais ce que le film perd en comédie pure par rapport à « Intouchables », il le gagne en émotion. Omar Sy et Charlotte Gainsbourg, lui en clandestin sans cesse à l’affût pour sa survie et elle en assistante sociale qui essaye de refaire surface après un burn-out, sont craquants et crédibles, ce qui n’était pas gagné d’avance.

Comédie sociale, la dure réalité de la vie quotidienne des clandestins est largement mise en avant dans le film, et romantique avant d’être une comédie tout court, « Samba », malgré quelques petites longueurs, mérite d’être vu.

Défi plutôt réussi donc, quand bien même « Samba » n’a fait « que » 3 millions d’entrées à sa sortie dans les salles françaises en octobre 2014, ce qui reste tout de même un score fort honorable.

16/02/2017

Presse de caniveau

IMG_8054.PNGLe 20 Minutes d'hier nous apprenait que des "dirlos d'école primaire", quel manque de respect de la part de ces "journaleux", n'enseignaient toujours pas malgré l'obligation qui leur était faite avec l'entrée en vigueur de la loi au 1er janvier de cette année. 

Combien de directeurs cela concerne-t-il? Combien de responsables d'établissement sur les 58 ont-ils été contactés pour répondre à la journaliste? L'article ne le précise pas et je n'en fais en tout cas pas partie. Pourtant, 20 Minutes connaît fort bien mon numéro en raison de mes activités politiques passées...

Il faut se contenter de "selon nos informations" et "ceux (les directeurs) que nous avons contactés". Quel magnifique travail de journalisme pour jeter une fois de plus l'opprobre sur toute une profession. C'est tout du moins ce que l'on peut en déduire après la lecture de l'article.

Si tel n'est pas le cas, pourquoi l'auteure n'a-t-elle pas cherché à savoir quel est le pourcentage des directeurs qui, "d'après nos informations", enseignent malgré le fait qu'un recours soit toujours pendant au Tribunal fédéral? Elle aurait peut-être pu constater que ce pourcentage était élevé. Mais il est vrai que l'article n'aurait alors plus eu le même intérêt, car sans fiel, et que cela aurait demandé un travail d'investigation sérieux.

Quoiqu'il en soit, il ne faudra pas s'étonner si un jour, peut-être pas si lointain, cette presse de bas niveau se retrouve là où est sa place: le caniveau.

15/02/2017

"Tu ne tueras point": très fort émotionnellement (et 5 autres films à l'affiche)

IMG_8033.PNGEnvie de voir un film qui vous prend aux tripes? Alors "Tu ne tueras point" est pour vous. A une condition toutefois: ne pas être une âme sensible, car les scènes de bataille de la deuxième partie du film sont d'un réalisme hallucinant, par moment à la limite du supportable.

Basé sur une histoire vraie, et on a parfois du mal à le croire tant une fois de plus la réalité dépasse la fiction, "Tu ne tueras point" raconte l'histoire de Desmond Doss, un jeune homme qui veut absolument s'engager dans l'armée américaine pour servir son pays au cours de la seconde guerre mondiale tout en refusant de porter une arme, sa foi le lui interdisant.

La première partie du film est consacrée à l'enfance de Desmond, ce qui permet de comprendre les fondements de son objection de conscience, et à sa rencontre avec la femme de sa vie. Elle va être à l'origine, de par son métier d'infirmière, de l'engagement que Desmond souhaite avoir au sein de l'armée: soldat sanitaire pour sauver des vies. Seulement, même dans cette fonction, refuser de porter une arme revient à être un objecteur de conscience. Avant de pouvoir aller sur les champs de bataille, Desmond va tout d'abord devoir se battre, sans violence, contre les idées reçues de ses camarades et les instances militaires qui veulent s'en débarrasser. Vainqueur de ce combat, Desmond pourra alors, dans la deuxième partie du film, remplir la mission qu'il s'est fixée avec l'aide de Dieu.

"Tu ne tueras point" est un film qui ne laisse pas indifférent, et ce bien au-delà de la dureté des scènes de bataille qui montrent bien l'horreur de la guerre. Il questionne sur la foi qui peut renverser les montagnes, sur la violence intériorisée et ce que l'on peut en faire, sur le besoin de s'engager malgré sa différence, sur l'absurdité de la guerre. Le film de Mel Gibson, 6 nominations aux Oscars 2017, n'est pas parfait. On peut lui reprocher quelques longueurs, un brin de manichéisme et d'appuyer un peu trop sur la foi de Desmond.

Mais ces défauts sont largement compensés par des images à couper le souffle, une mise en scène et un montage brillants, des acteurs excellents, à commencer par Andrew Garfield qui donne toute sa crédibilité à ce soldat venu d'ailleurs, un suspense par moment insoutenable et des émotions tout au long du film qui vous clouent sur votre siège au moment du générique de fin. Ce n'est pas un hasard si l'indice de satisfaction des spectateurs qui font preuve d'un certain courage pour aller voir ce film est très élevé. (4 étoiles)

Toujours à l’affiche

5 étoiles. « Manchester by the sea ». Lee Chandler est concierge à Boston. Il est taciturne, fuit la compagnie et provoque des bagarres dans les bars quand il a trop bu. Lorsque son frère décède subitement d’une crise cardiaque, il doit retourner à Manchester, une heure et demi de voiture de Boston, pour s’occuper des funérailles et apprendre que son frère l’a désigné comme tuteur de son neveu de 16 ans l’obligeant à se confrontant à un passé tragique avec lequel il tente de vivre ou plutôt survivre. La mission que lui a confiée son frère sera-t-elle l’occasion d’un nouveau départ ou y a-t-il des drames dont on ne se remet pas parce qu’ils sont définitivement trop lourds à porter ? « Manchester by the sea » est un film sans aucune fausse note parfaitement écrit, réalisé, monté et photographié. Malgré son sujet difficile, il ne tombe jamais dans le pathos, tout est fait en finesse à l’image du jeu des acteurs tous formidables avec une mention spéciale pour Casey Affleck époustouflant et bouleversant. Un film d’une grande humanité qui vous habite encore bien des jours après l’avoir visionné. Absolument remarquable.

5 étoiles. « Ma vie de Courgette ». Ce film d’animation est un vrai bijou. Techniquement bien sûr, mais aussi au niveau de son scénario intelligent, des dialogues percutants prononcés par des voix formidablement bien choisies et de la bande son tout aussi remarquable. Rien n’est laissé au hasard, le film est soigné dans ses moindres détails aussi bien du point de vue de la psychologie et de l’apparence des personnages que de leur environnement. C’est un plaisir visuel immense de faire une nouvelle découverte pratiquement à chaque plan. « Ma vie de Courgette » véhicule, avec finesse, tendresse et humour, beaucoup d’émotions, sans pathos. Tous les enfants qui fréquentent ce foyer, lieu d’apaisement qui protège des agressions du monde extérieur, et les adultes qui gravitent autour d’eux sont extrêmement attachants. « Ma vie de Courgette » est un film tout public. Mais le travail d’orfèvre qu’il a fallu accomplir pour le réaliser prend probablement encore une autre dimension avec des yeux d’adulte. Cour(g)ez-y !

4 étoiles. « Dalida ». La première chose que l’on a envie d’écrire après avoir visionné le film, c’est à quel point la performance de Sveva Alviti dans le rôle-titre est époustouflante. Elle ne joue pas Dalida, elle l’est. Une vraie résurrection. La ressemblance est frappante, il a certes fallu quatre heures de maquillage chaque jour pour arriver à ce résultat, et la gestuelle parfaite jusqu’au bout des ongles. Un travail d’actrice de haut vol qui vaut déjà la peine à lui tout seul d’aller voir le film, le reste la distribution étant également excellent. Si le film est parfois un peu pesant en raison des événements dramatiques qui ont émaillé la vie de Dalida, et sur deux heures ça fait beaucoup, il n’en demeure pas moins que « Dalida » est à l’image de son héroïne : flamboyant, touchant, émouvant, intelligent, divertissant, entraînant, réjouissant. On ajoutera enfin que le film est également un régal pour l’œil, car il est soigné dans les moindres détails au niveau des décors et des costumes. A regretter qu’une heure de film ait été coupée au montage.

3 étoiles. « La La Land ». Golden Globes, 14 nominations aux Oscars 2017, un battage médiatique énorme, des critiques pour la plupart élogieuses et pourtant « La La Land » n’est pas le chef d'œuvre annoncé. Cet hommage aux comédies musicales des années cinquante est esthétiquement une réussite: la photographie, les costumes et les décors nous font replonger dans l'âge d'or des comédies musicales avec un côté moderne puisque l'action se passe de nos jours. La musique, les chansons et les danses sont plutôt entraînantes. Ryan Gosling et Emma Stone sont craquants et très investis dans leur rôle de pianiste de jazz et de comédienne à la poursuite de leur rêve. Mais « La La land » est à l'image de la vie de ses deux héros: il y a des hauts et des bas. Un début sur les chapeaux de roue, puis ça patine dans le mélo avant de reprendre son envol pour se terminer avec une fin qui tire en longueur et qui n’assume pas le conte de fées jusqu'au bout. « La La Land » ne manque donc pas de qualités, sans pour autant susciter un fol enthousiasme. Il y manque indéniablement ce qui fait la marque des tout grands films: de l'émotion.

2 étoiles. « Jackie ». Dallas, 22 novembre 1963, assassinat du président des Etats-Unis John Fitzgerald Kennedy, sous les yeux de son épouse, Jacqueline Kennedy. Le film s’attache à raconter la semaine de la désormais ex-First Lady qui a suivi cet événement particulièrement traumatisant pour elle et son combat pour que son mari ait le droit à des funérailles grandioses pour marquer l’Histoire. Il faut bien reconnaître que le film de Pablo Larrain soigne les détails et est très agréable pour l’œil. Le choix de le tourner en 16 mm pour donner un aspect brut à l’image est une excellente idée qui permet de faciliter l’intégration de séquences d’archives, une belle réussite. Les costumes et les décors sont également à la hauteur. Mais « Jackie » est trop bavard, les allers et retours entre le présent et le passé coupent trop souvent le rythme déjà très lent du film et la musique est par moment insupportable. Mais à ces défauts déjà majeurs, il faut en rajouter un qui est rédhibitoire : le manque d’émotions qui se dégage du film, à l’image de son personnage principal pour lequel on éprouve très peu d’empathie.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire