11/02/2017

"Jackie" et 5 autres films à l'affiche

FullSizeRender.jpgAvoir de bons ingrédients ne suffit pas forcément pour faire un bon plat. Cette observation culinaire est valable pour « Jackie » qui, sur le papier, est un film séduisant, mais qui au bout du compte s’avère décevant.

Dallas, 22 novembre 1963, assassinat du président des Etats-Unis John Fitzgerald Kennedy, sous les yeux de son épouse, Jacqueline Kennedy. Le film s’attache à raconter la semaine de la désormais ex-First Lady qui a suivi cet événement particulièrement traumatisant pour elle et son combat pour que son mari ait le droit à des funérailles grandioses pour marquer l’Histoire. Mais « Jackie », grâce à des flashbacks qui émaillent l’interview qu’elle donne à un journaliste de « Life », dévoile également le rôle que l’épouse de JFK a tenu pour faire entrer le couple Kennedy dans les foyers américains en ouvrant les portes de la Maison Blanche aux caméras à une époque où la télévision commençait à prendre son essor.

Quoique l’on pense au final de « Jackie », il faut bien reconnaître que le film de Pablo Larrain soigne les détails et est très agréable pour l’œil. Le choix de tourner « Jackie » en 16 mm pour donner un aspect brut à l’image est une excellente idée qui permet de faciliter l’intégration de séquences d’archives, une belle réussite. Les costumes et les décors sont également à la hauteur.

Mais « Jackie » est trop bavard, les allers et retours entre le présent et le passé coupent trop souvent le rythme déjà très lent du film et la musique est par moment insupportable. Mais à ces défauts déjà majeurs, il faut en rajouter un qui est rédhibitoire : le manque d’émotions qui se dégage du film, à l’image de son personnage principal pour lequel on éprouve très peu d’empathie. (2 étoiles)

Toujours à l’affiche

5 étoiles. « Manchester by the sea ». Lee Chandler est concierge à Boston. Il est taciturne, fuit la compagnie et provoque des bagarres dans les bars quand il a trop bu. Lorsque son frère décède subitement d’une crise cardiaque, il doit retourner à Manchester, une heure et demi de voiture de Boston, pour s’occuper des funérailles et apprendre que son frère l’a désigné comme tuteur de son neveu de 16 ans l’obligeant à se confrontant à un passé tragique avec lequel il tente de vivre ou plutôt survivre. La mission que lui a confiée son frère sera-t-elle l’occasion d’un nouveau départ ou y a-t-il des drames dont on ne se remet pas parce qu’ils sont définitivement trop lourds à porter ? « Manchester by the sea » est un film sans aucune fausse note parfaitement écrit, réalisé, monté et photographié. Malgré son sujet difficile, il ne tombe jamais dans le pathos, tout est fait en finesse à l’image du jeu des acteurs tous formidables avec une mention spéciale pour Casey Affleck époustouflant et bouleversant. Un film d’une grande humanité qui vous habite encore bien des jours après l’avoir visionné. Absolument remarquable.

5 étoiles. « Moi, Daniel Blake ».  Récompensé par la Palme d’or au Festival de Cannes 2016 le film a pour thématique principale le poids d’une administration qui au lieu de venir en aide à ses administrés ne fait que de les enfoncer toujours plus dans la précarité. C’est ainsi que l’on suit les déboires de Daniel Blake qui se voit refuser une rente invalidité après un grave accident cardiaque. Il se retrouve dès lors condamner à s’inscrire au chômage pour toucher des indemnités et à faire des recherches d’emploi alors qu’il a l’interdiction de ses médecins de travailler. On peut, certes, reprocher au film son côté un brin démagogique et un peu trop manichéen – les fonctionnaires, à l’exception d’une, sont tous des méchants et les pauvres tous des gentils – mais c’est bien le seul reproche qu’on puisse lui faire. « Moi, Daniel Blake » est émouvant, bouleversant même, il dénonce avec force un système dénué de toute humanité et qui dérape. La mise en scène est d’un grand réalisme avec des scènes très variées qui donnent de l’épaisseur à l’histoire et les dialogues sont percutants. Le tout est joué par des acteurs formidables qui vous touchent jusqu’à en avoir les larmes aux yeux.

5 étoiles. « Ma vie de Courgette ». Ce film d’animation est un vrai bijou. Techniquement bien sûr, mais aussi au niveau de son scénario intelligent, des dialogues percutants prononcés par des voix formidablement bien choisies et de la bande son tout aussi remarquable. Rien n’est laissé au hasard, le film est soigné dans ses moindres détails aussi bien du point de vue de la psychologie et de l’apparence des personnages que de leur environnement. C’est un plaisir visuel immense de faire une nouvelle découverte pratiquement à chaque plan. « Ma vie de Courgette » véhicule, avec finesse, tendresse et humour, beaucoup d’émotions, sans pathos. Tous les enfants qui fréquentent ce foyer, lieu d’apaisement qui protège des agressions du monde extérieur, et les adultes qui gravitent autour d’eux sont extrêmement attachants. « Ma vie de Courgette » est un film tout public. Mais le travail d’orfèvre qu’il a fallu accomplir pour le réaliser prend probablement encore une autre dimension avec des yeux d’adulte. Cour(g)ez-y !

4 étoiles. « Dalida ». La première chose que l’on a envie d’écrire après avoir visionné le film, c’est à quel point la performance de Sveva Alviti dans le rôle-titre est époustouflante. Elle ne joue pas Dalida, elle l’est. Une vraie résurrection. La ressemblance est frappante, il a certes fallu quatre heures de maquillage chaque jour pour arriver à ce résultat, et la gestuelle parfaite jusqu’au bout des ongles. Un travail d’actrice de haut vol qui vaut déjà la peine à lui tout seul d’aller voir le film, le reste la distribution étant également excellent. Si le film est parfois un peu pesant en raison des événements dramatiques qui ont émaillé la vie de Dalida, et sur deux heures ça fait beaucoup, il n’en demeure pas moins que « Dalida » est à l’image de son héroïne : flamboyant, touchant, émouvant, intelligent, divertissant, entraînant, réjouissant. On ajoutera enfin que le film est également un régal pour l’œil, car il est soigné dans les moindres détails au niveau des décors et des costumes. A regretter qu’une heure de film ait été coupée au montage.

3 étoiles. « La La Land ». Golden Globes, 14 nominations aux Oscars 2017, un battage médiatique énorme, des critiques pour la plupart élogieuses et pourtant « La La Land » n’est pas le chef d'œuvre annoncé. Cet hommage aux comédies musicales des années cinquante est esthétiquement une réussite: la photographie, les costumes et les décors nous font replonger dans l'âge d'or des comédies musicales avec un côté moderne puisque l'action se passe de nos jours. La musique, les chansons et les danses sont plutôt entraînantes. Ryan Gosling et Emma Stone sont craquants et très investis dans leur rôle de pianiste de jazz et de comédienne à la poursuite de leur rêve. Mais « La La land » est à l'image de la vie de ses deux héros: il y a des hauts et des bas. Un début sur les chapeaux de roue, puis ça patine dans le mélo avant de reprendre son envol pour se terminer avec une fin qui tire en longueur et qui n’assume pas le conte de fées jusqu'au bout. « La La Land » ne manque donc pas de qualités, sans pour autant susciter un fol enthousiasme. Il y manque indéniablement ce qui fait la marque des tout grands films: de l'émotion.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

 

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08/02/2017

"Manchester by the sea": absolument remarquable (et 4 autres films à l'affiche)

FullSizeRender.jpgBeaucoup d’attentes autour de « Manchester by the sea », 6 nominations pour les Oscars 2017 et encensé par la critique, comme d’ailleurs son concurrent direct aux plus hautes récompenses du cinéma américain « La La Land ». Mais la comparaison s’arrête là, car si la comédie musicale de Damien Chazelle n’est pas le chef d’œuvre annoncé (cf. ci-dessous), il n’en est pas de même pour « Manchester by the sea » qui est un film qui mérite tous les éloges.

Lee Chandler est concierge à Boston. Il est taciturne, fuit la compagnie et provoque des bagarres dans les bars quand il a trop bu. Lorsque son frère décède subitement d’une crise cardiaque, il doit retourner à Manchester, une heure et demi de voiture de Boston, pour s’occuper des funérailles et apprendre que son frère l’a désigné comme tuteur de son neveu de 16 ans l’obligeant à se confronter à un passé tragique avec lequel il tente de vivre ou plutôt survivre.

On aura compris à la lecture de ce résumé que « Mancheste by the sea » est un film dramatique, ce qui n’empêche pas quelques touches d’humour, car même dans les périodes les plus sombres de la vie, il y a toujours des moments plus légers. On découvre ainsi au fur et à mesure, par petites touches grâce à des flashbacks qui s’imbriquent naturellement dans le film, l’histoire de cet homme qu’un événement a brisé. La mission que lui a confiée son frère sera-t-elle l’occasion d’un nouveau départ ou y a-t-il des drames dont on ne se remet pas parce qu’ils sont définitivement trop lourds à porter ?

« Manchester by the sea » est un film sans aucune fausse note. Il est parfaitement écrit, réalisé, monté et photographié. Malgré son sujet difficile, il ne tombe jamais dans le pathos, tout est fait en finesse à l’image du jeu des acteurs tous formidables avec une mention spéciale pour Casey Affleck époustouflant et bouleversant. Un film d’une grande humanité qui vous habite encore bien des jours après l’avoir visionné. Absolument remarquable. (5 étoiles)

Toujours à l’affiche

5 étoiles. « Moi, Daniel Blake ».  Récompensé par la Palme d’or au Festival de Cannes 2016 le film a pour thématique principale le poids d’une administration qui au lieu de venir en aide à ses administrés ne fait que de les enfoncer toujours plus dans la précarité. C’est ainsi que l’on suit les déboires de Daniel Blake qui se voit refuser une rente invalidité après un grave accident cardiaque. Il se retrouve dès lors condamner à s’inscrire au chômage pour toucher des indemnités et à faire des recherches d’emploi alors qu’il a l’interdiction de ses médecins de travailler. On peut, certes, reprocher au film son côté un brin démagogique et un peu trop manichéen – les fonctionnaires, à l’exception d’une, sont tous des méchants et les pauvres tous des gentils – mais c’est bien le seul reproche qu’on puisse lui faire. « Moi, Daniel Blake » est émouvant, bouleversant même, il dénonce avec force un système dénué de toute humanité et qui dérape. La mise en scène est d’un grand réalisme avec des scènes très variées qui donnent de l’épaisseur à l’histoire et les dialogues sont percutants. Le tout est joué par des acteurs formidables qui vous touchent jusqu’à en avoir les larmes aux yeux.

5 étoiles. « Ma vie de Courgette ». Ce film d’animation est un vrai bijou. Techniquement bien sûr, mais aussi au niveau de son scénario intelligent, des dialogues percutants prononcés par des voix formidablement bien choisies et de la bande son tout aussi remarquable. Rien n’est laissé au hasard, le film est soigné dans ses moindres détails aussi bien du point de vue de la psychologie et de l’apparence des personnages que de leur environnement. C’est un plaisir visuel immense de faire une nouvelle découverte pratiquement à chaque plan. « Ma vie de Courgette » véhicule, avec finesse, tendresse et humour, beaucoup d’émotions, sans pathos. Tous les enfants qui fréquentent ce foyer, lieu d’apaisement qui protège des agressions du monde extérieur, et les adultes qui gravitent autour d’eux sont extrêmement attachants. « Ma vie de Courgette » est un film tout public. Mais le travail d’orfèvre qu’il a fallu accomplir pour le réaliser prend probablement encore une autre dimension avec des yeux d’adulte. Cour(g)ez-y !

4 étoiles. « Dalida ». La première chose que l’on a envie d’écrire après avoir visionné le film, c’est à quel point la performance de Sveva Alviti dans le rôle-titre est époustouflante. Elle ne joue pas Dalida, elle l’est. Une vraie résurrection. La ressemblance est frappante, il a certes fallu quatre heures de maquillage chaque jour pour arriver à ce résultat, et la gestuelle parfaite jusqu’au bout des ongles. Un travail d’actrice de haut vol qui vaut déjà la peine à lui tout seul d’aller voir le film, le reste la distribution étant également excellent. Si le film est parfois un peu pesant en raison des événements dramatiques qui ont émaillé la vie de Dalida, et sur deux heures ça fait beaucoup, il n’en demeure pas moins que « Dalida » est à l’image de son héroïne : flamboyant, touchant, émouvant, intelligent, divertissant, entraînant, réjouissant. On ajoutera enfin que le film est également un régal pour l’œil, car il est soigné dans les moindres détails au niveau des décors et des costumes. A regretter qu’une heure de film ait été coupée au montage.

3 étoiles. « La La Land ». Golden Globes, 14 nominations aux Oscars 2017, un battage médiatique énorme, des critiques pour la plupart élogieuses et pourtant « La La Land » n’est pas le chef d'œuvre annoncé. Cet hommage aux comédies musicales des années cinquante est esthétiquement une réussite: la photographie, les costumes et les décors nous font replonger dans l'âge d'or des comédies musicales avec un côté moderne puisque l'action se passe de nos jours. La musique, les chansons et les danses sont plutôt entraînantes. Ryan Gosling et Emma Stone sont craquants et très investis dans leur rôle de pianiste de jazz et de comédienne à la poursuite de leur rêve. Mais « La La land » est à l'image de la vie de ses deux héros: il y a des hauts et des bas. Un début sur les chapeaux de roue, puis ça patine dans le mélo avant de reprendre son envol pour se terminer avec une fin qui tire en longueur et qui n’assume pas le conte de fées jusqu'au bout. « La La Land » ne manque donc pas de qualités, sans pour autant susciter un fol enthousiasme. Il y manque indéniablement ce qui fait la marque des tout grands films: de l'émotion.

 

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

 

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05/02/2017

François Bayrou: l'homme providentiel?

P1010008.JPGUn François (Fillon) en cacherait-il, bien malgré lui, un autre (Bayrou) pour remplacer l’actuel (Hollande) ? Cette question devient de plus en plus légitime au moment où le candidat des Républicains tente d’éviter le naufrage après les révélations sur les emplois supposés fictifs de son épouse et de ses enfants.

Ce n’est en tout cas pas François Bayrou qui va lui lancer une bouée, puisqu’il a écrit dimanche sur twitter que « les Français pensent – et je partage cet avis – que François Fillon n’a pas d’autre solution que de se retirer. »

Le maire de Pau, qui avait soutenu Alain Juppé lors de la primaire, a également déclaré dans un autre tweet que « si Alain Juppé était désigné, je le soutiendrais. » Rappelons que ce dernier a exclu d’être candidat si François Fillon abandonnait la partie. Ce qui ouvrirait alors grande la porte à une nouvelle candidature à la plus haute fonction de l’Etat du président du MoDem ?

Tout est possible, ce d’autant plus que François Bayrou a refusé jusqu’ici la main tendue par Emmanuel Macron, qui chasse sur les mêmes terres centristes que lui, et qu’il a publié à la fin du mois de janvier un livre, « Résolution française », dans lequel il délivre un message optimiste sur l’avenir de la France. Si le président du MoDem reste pour l’instant encore flou sur ses intentions présidentielles, il devrait lever les doutes à la mi-février, il ne serait donc pas vraiment surprenant qu’il décide finalement de se lancer une quatrième fois dans la bataille.

P1010005.JPGIl pourra alors sans doute reprendre ce qu’il avait déclaré en 2007, lors d’un meeting à Annecy auquel j’avais assisté avec 6000 autres personnes dans une ambiance incroyable (photos), à savoir que les gouvernements successifs ont opposé la moitié des Français contre l’autre avec comme résultat le chômage, l’exclusion, la dette de l’Etat, les violences, les fins de mois difficile. Pour lui, la France mérite un autre destin. Pour y parvenir, il faut rassembler le pays et faire reculer, pas à pas, avec acharnement, les échecs et le déclin.

A suivre…

 

 

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03/02/2017

Un vote réjouissant contre les discriminations

FullSizeRender.jpgTotalement inattendu le vote de la commission des affaires juridiques du Conseil national !

Alors que l’on n’était même pas sûr que les commissaires donneraient leur feu vert pour mandater l’administration pour préparer un projet de modification de la loi pour rendre punissables les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle, ne voilà-t-il pas qu’ils sont non seulement entrés en matière sur ce point, mais qu’ils ont également ajouté l’identité de genre !

Incroyable et tellement réjouissant pour celles et ceux qui se battent jour après jour pour faire comprendre à nos politiciennes et politiciens que les discriminations basées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre vont de pair.

La commission a donc, au cours de sa séance du vendredi 3 février, examiné les options d’application de l’initiative parlementaire Reynard à laquelle les commissions des affaires juridiques du Conseil national et du Conseil des Etats avaient donné suite précédemment. Par 15 voix contre 9 et 1 abstention, les commissaires ont décidé d’ajouter l’orientation sexuelle et l’identité de genre à l’article 261bis du Code pénal allant plus loin que l’initiative parlementaire qui ne mentionnait que l’orientation sexuelle.

Selon le communiqué de presse de la commission, cette dernière « considère qu’il est important de lutter contre les discriminations liées à ces deux critères. Elle estime également qu’il est nécessaire d’anticiper et d’appliquer les recommandations faites sur le plan international. Elle relève que cela a déjà été introduit dans certains pays voisins. »

Ce vote est une belle victoire pour que la loi protège enfin toutes les citoyennes et tous les citoyens indépendamment de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre. Il ne s’agit toutefois que d’une victoire d’étape qui demande à être confirmée. Mais en attendant, ne boudons pas notre plaisir !

 

 

 

18:25 Publié dans Verts | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

01/02/2017

Coup de sang...

Don-Du-Sang-LOL_2.jpg…ou comment continuer de discriminer une partie de la population en faisant croire qu’on fait un pas dans sa direction. C’est en tout cas ce que l’on pourrait en déduire après avoir pris connaissance de la décision de Swissmedics de ne plus interdire systématiquement aux hommes homosexuels de donner leur sang à partir du 1er juillet. Il y a toutefois une condition à cela : ne pas avoir eu de relations sexuelles au cours des…douze derniers mois alors que pour les hétérosexuels, il « suffit » d’avoir été fidèles au cours des quatre derniers mois.

Pourtant, sur les 550 infections annuelles au VIH, la moitié concerne les hétérosexuels. Par conséquent, avec cette décision de Swissmedics, la discrimination se poursuit à l’égard des hommes homosexuels en passant de l’interdiction totale à une autorisation quasiment impossible à obtenir.

Et il faudrait s’en réjouir en se disant, après tout, que c’est un pas dans la bonne direction ? Est-ce que c’est de cette manière que l’égalité des droits pour toutes et tous se réalise ? Poser la question, c’est y répondre !

Comme le dit Transfusion CRS Suisse, qui se réjouit cependant de cette décision, « cette solution ne peut être que transitoire, car elle est de toute évidence inapplicable à de nombreux homosexuels. » Elle ne le serait pas plus pour de nombreux hétérosexuels, soit dit en passant. Et Transfusion CRS Suisse d’ajouter que « dans un deuxième temps, il conviendrait de se fonder sur le comportement personnel effectif et non plus sur l’orientation sexuelle. »

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C’est en effet comme cela que l’on met toutes les citoyennes et tous les citoyens de ce pays sur pied d’égalité et non pas en leur faisant l’aumône. En attendant donc de passer à cette deuxième étape, il est à parier que de nombreux hommes homosexuels s’abstiendront de…donner leur sang.

17:12 | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | |