15/03/2017

3, 4 ou 5 ans, telle est la question

Faut-il diminuer d’un an la formation des enseignants primaires ? Cette question est actuellement débattue par le Grand Conseil suite au dépôt du projet de loi 1126 qui va dans ce sens. Si la majorité du Parlement devait soutenir cette proposition, la Société pédagogique genevoise a déjà annoncé qu’elle lancerait un référendum.

Le syndicat des enseignants primaires n’est pas le seul à s’opposer à ce projet de loi, puisque le comité de la FAPEO (Fédération des associations des parents d’élèves de l’enseignement obligatoire) a également publié une prise position dans ce sens la semaine dernière dont voici des extraits :

À Genève, la formation des enseignants primaire est une formation universitaire qui dure 4 ans. Or, le projet de loi 11926 propose de réduire le temps de formation à 3 ans. Le comité de la FAPEO s'oppose à ce projet qui risque de diminuer la qualité de la formation des enseignants dans un contexte qui est de plus en plus complexe en raison du nombre d'élèves et de leurs besoins spécifiques, des attentes sociétales, de la mixité sociale, de l'augmentation du nombre de disciplines enseignées, etc. (…).

En Suisse romande la formation dans les Hautes Écoles Pédagogiques (HEP) a, pour l'instant, une durée de trois ans, mais plusieurs recteurs de HEP déclarent que ce n'est plus suffisant. L'association Swissuniversities avec laquelle la CIIP (Conférence Intercantonale de l'Instruction Publique de la Suisse romande et du Tessin) collabore, préconise une formation des enseignants en 5 ans pour toute la Suisse (…).

L'association des étudiants de la formation en enseignement primaire se bat contre le projet de loi et pour le maintien des 4 ans de formation et a même promu une formation en 5 ans, visant à créer à l'université un master en enseignement primaire. Même si l’on peut comprendre la fougue et la volonté de certains jeunes à vouloir se mettre au travail rapidement, il est nécessaire de former suffisamment les futurs enseignants et de ne pas les confronter à une classe sans les outils nécessaires. Par ailleurs, les formations en HEP ne permettent pas, contrairement à ce qui est souvent affirmé, d'enseigner à des enfants de 4 à 12 ans (…).

De plus, si ce projet de loi était voté, les enseignants d'éducation physique, d'éducation musicale ou d'éducation artistique seraient plus formés que les enseignants titulaires de classe, qui ont la responsabilité d'enseigner toutes les disciplines fondamentales (…).

L'école primaire, premier lieu de formation pour nos enfants, mérite que les professionnels qui y travaillent soient suffisamment formés et puissent dès leur entrée dans le métier, être à même d'enseigner et d'encadrer nos enfants de manière optimale.

Si ce projet de loi devait être approuvé par le Grand Conseil, ce qui pourrait bien être le cas, il est alors fort probable que le dernier mot revienne au peuple après un débat qui, espérons-le, permettra de mettre en avant le rôle essentiel de l’école primaire dans notre société.

13/03/2017

Du grand au petit écran: "Hippocrate"

IMG_8203.PNGFrance 2 consacre sa soirée de mardi à la médecine avec en première partie "Hippocrate", film de Thomas Lilti lui-même médecin généraliste et réalisateur l'année dernière du très bon "Médecin de campagne" avec François Cluzet. 

Il est question dans ce film du premier stage comme interne de Benjamin Barois (Vincent Lacoste, vu en 2016 dans "Victoria", convaincant à l’image de toute la distribution du film avec une mention spéciale pour Reda Kateb qui a obtenu en 2015 le César du meilleur second rôle pour ce film) dans le service de son père.

Face à la dure réalité de la vie hospitalière, Benjamin va se trouver rapidement confronté à ses limites, à ses craintes, mais également à celles de ses patients, de leur famille et de ses collègues écrasés par de lourdes responsabilités que le manque de moyens ne fait qu’exacerber.

On est loin d’ « Urgences » (avec tout de même un petit clin d’œil au générique de la célèbre série médicale américaine), de « Grey’s anatomy » ou encore de « Docteur House », que le personnel regarde à la TV, dans « Hippocrate ». La réalité est décrite sans fioriture et c’est une véritable immersion dans le monde hospitalier auquel a le droit le spectateur pour le meilleur, le soulagement de la vieille dame dans sa douleur par exemple, et pour le pire, la couverture d’une erreur médicale due à un matériel défectueux, autre exemple.

Certes, le film n’est pas parfait, tout particulièrement dans sa dernière partie où les rebondissements s’enchainent de manière cette fois peu réalistes, mais cela ne doit pas gâcher l’envie de le regarder! 

12/03/2017

La politique des coups (très) bas

Dégoûté en découvrant sur Facebook comment Christine Bussat, égérie de la Marche Blanche et dorénavant UDC, salit Stéphane Rossini afin de tenter de sauver le siège branlant d’Oskar Freysinger au Conseil d’Etat valaisan.

Voilà ce qu’elle a posté sur son mur Facebook (avant de le retirer quelques heures plus tard) :

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Christine Bussat fait référence au vote de Stéphane Rossini en 2013 qui s’était opposé - avec une très forte minorité d’autres parlementaires, puisque seules 3 voix avaient fait la différence – à l’initiative de la Marche Blanche interdisant aux pédophiles condamnés de travailler à nouveau avec des mineurs. Soumis au peuple, le texte avait été confortablement accepté par 63% de la population en mai 2014.

On se souvient que les opposants combattaient l’automatisme interdisant définitivement aux pédophiles de travailler avec des enfants, indépendamment de la gravité, et que cela était, pour eux, contraire au principe légal de proportionnalité. Un jeune de 19 ans ayant eu des rapports sexuels avec sa petite amie de 15 ans (plus de trois ans d’écart entre les deux partenaires ce qui est interdit par la loi), et donc concerné par le texte de l’initiative, avait été donné en exemple par les opposants. Cet argument n’avait pas été entendu par la majorité du peuple, mais il était défendable dans un Etat de droits comme le nôtre. D’ailleurs, 37% des votants l’avaient entendu.

Cela fait-il d’eux des personnes prêtes à laisser leur enfant proche d’un pédophile récidiviste ? Bien sûr que non ! C’est une insulte non seulement à l’encontre de Stéphane Rossini, mais également à l’égard de celles et ceux qui ont refusé l’initiative. Mais ce qu’il y a d’encore plus gênant dans tout cela, c’est que Christine Bussat crée volontairement un amalgame entre le candidat socialiste au Conseil d’Etat valaisan et pédophilie. Abject.

Une politique des coups (très) bas, une habitude bien connue de l’UDC, qu’il faut dénoncer vigoureusement en soutenant les candidat-e-s au Conseil d’Etat valaisan qui s’en démarquent et la condamnent.