10/08/2017

« L’ordre divin » : une divine surprise (et 6 autres films à l’affiche)

FullSizeRender.jpgÀ force que l'on me dise qu'il fallait absolument voir « L’ordre divin », et constatant qu'il était toujours à l'affiche plus de deux mois après sa sortie, et bien j'y suis allé. Et j'ai bien fait, car le film aux 3 Quartz (meilleur scénario, meilleure actrice dans un premier et second rôle) est, pour parodier son titre, une divine surprise. 

Dès le tout début, avec un générique qui vous plonge avec des images d'archives et de la musique de l'époque dans le tourbillon du tournant des années soixante-septante, le spectateur est dans le film. Puis, survient la voix off de l'héroïne qui prononce cette phrase mémorable: "En 1971, le monde était en peine mutation, mais ici en Suisse, le temps semblait s'être arrêté."

Le constraste avec les premières secondes est saisissant et donne immédiatement le ton du film: Nora et ses amies vont devoir soulever des montagnes, suisses bien évidemment, pour lutter contre cette société patriarcale et machiste qui est à la veille de décider si elle donnera le droit de vote et d'éligibilité aux femmes. 

Pour raconter les semaines qui précèdent cette votation qui deviendra historique, le film de la réalisatrice Petra Volpe reconstitue à la perfection cette ambiance du début des années septante de cette Suisse fermée sur elle-même: décors, costumes, coiffures, mœurs, attitudes de la gente masculine, tout y est. C'est à la fois jouissif et consternant de voir où en étaient les droits des femmes au niveau national il y a seulement 45 ans. Le film est d'ailleurs à l'image de ce constat, puisqu'il comporte des scènes franchement drôles et tendres qui alternent avec d'autres où l'on rit jaune, voire où l'on pleure de tristesse ou de joie.

"L'ordre de divin" est un film très bien écrit que ce soit au niveau de son scénario ou de ses personnages auxquels on s'attache rapidement. Il faut dire que la distribution est excellente et donne toute la crédibilité voulue à cette histoire pourtant par moment d'autant plus incroyable qu'elle est proche de la réalité. Comme on me le disait à juste titre, à voir absolument (5 étoiles).

Toujours à l’affiche

 4 étoiles. « Dunkerque ». Mai 1940. 400 000 soldats anglais sont pris en tenaille entre la mer du Nord et l’armée allemande sur les plages de Dunkerque. Pour éviter un massacre à grande échelle et rapatrier les troupes de sa Majesté, il va falloir compter sur les troupes françaises, sur la Royal Air Force et enfin sur la flotte militaire et…civile anglaise. Pour raconter cet épisode de la seconde guerre mondiale, Christopher Nolan, le réalisateur, entre autres, de la trilogie Batman, d’Inception et d’Interstellar, a pris trois angles d’attaque avec des espaces-temps différents qui se rejoindront à la fin du film : une semaine pour les événements qui se déroulent sur terre, un jour pour ceux qui ont lieu sur mer et une heure pour ceux qui ont comme décor le ciel. Il n’y a pas de temps mort dans « Dunkerque » et très peu de dialogues. Le film met en scène, sans hémoglobine, avec brio, et par moments émotion, ces soldats pris au piège sur terre et sur mer, le danger venant en premier lieu du ciel. A ce propos, les combats aériens sont à couper le souffle. « Dunkerque » est un blockbuster, mais avec toutefois l’ambition d’être également un film d’auteur. Ambition réussie grâce à une maîtrise technique époustouflante, une mise en scène qui ne laisse rien au hasard, une narration originale et, pour couronner le tout, une très belle distribution.

4 étoiles. « Wonder Woman ». Diana est la fille de la reine des Amazones et vit sur une île paradisiaque à l’abri des regards. Elle est entraînée durement pendant sa jeunesse afin de devenir une guerrière imbattable au cas où les Amazones seraient attaquées, ce que craint sa mère qui lui a caché ses véritables origines…Mais avant de régler ses comptes avec le passé, Diana va affronter le monde réel et utiliser ses super pouvoirs au service de la paix alors que la première guerre mondiale fait rage. Femme libérée et en tenue légère, Diana se trouve plongée dans un monde qui est son exact opposé, ce qui donne lieu à des scènes fort drôles tout en permettant à l’intrigue d’avancer d’un bon pas. On ne s’ennuie en effet pas une seconde, les rebondissements étant nombreux et parfois inattendus. Le seul reproche que l’on peut faire est que la confrontation finale pourrait durer facilement cinq minutes de moins. Pour le reste, les effets spéciaux sont à la hauteur de ce que l’on peut attendre d’un film de super héroïne, les scènes d’action sont captivantes et s’intègrent fort bien avec des scènes plus intimes sans mièvrerie, les personnages secondaires sont très sympathiques ou très inquiétants et enfin Gal Gadot est une Wonder Woman très crédible et à la plastique irréprochable, comme il se doit pour le personnage. Un très bon divertissement.

3 étoiles. « La Planète des Singes – Suprématie ». Dans le volet final de cette trilogie, César, leur chef, doit défendre les Singes contre une armée humaine prête à tout pour les exterminer. De l’issue de cet affrontement dépendra non seulement la survie de chaque espèce, mais aussi l’avenir de la planète. A la lecture de ce synopsis, on pouvait s’attendre à un troisième épisode violent et sanglant. Or, « La Planète des Singes – Suprématie » est avant tout un film sombre qui donne une large place aux démons intérieurs de ses personnages principaux. Cette approche psychologique intéressante a pourtant son revers de la médaille : elle ralentit par moment trop l’action. En effet, si le début du film est très réussi, son milieu connaît un sacré coup de mou, y compris du point de vue du scénario. Heureusement, la dernière partie est un bon équilibre entre psychologie et action. Dommage donc que « La Planète des Singes – Suprématie » pêche par sa longueur (2h20) et quelques invraisemblances scénaristiques, car autrement c’est un film de qualité : les effets spéciaux sont toujours aussi bluffants, les décors, la photographie, la bande-son et bien évidemment la mise en scène sont remarquables.

3 étoiles. « Baby Driver ». Baby a une dette envers un grand patron du crime qu’il doit rembourser en mettant ses qualités de conducteur hors du commun au service de braqueurs de banque. Pour être le meilleur dans son domaine, il roule au rythme endiablé de sa propre playlist, un comportement qui cache un drame vécu dans son enfance. Le jour où il rencontre la fille de ses rêves, Baby cherche à mettre un terme à ses activités criminelles. Mais pas facile de se faire oublier du milieu quand on possède des qualités comme les siennes. Film d’action avec des courses poursuite, spécialement la première qui vaut le déplacement à elle toute seule, très spectaculaires, « Baby Driver » tient la route, notamment grâce à une bande-son omniprésente qui joue un rôle à part entière. Alors, certes, le scénario n’est pas d’une folle originalité et l’histoire d’amour est franchement nunuche à tel point qu’on se demande s’il ne faut pas la prendre au second degré, à l’image des gangsters qui sont des caricatures d’eux-mêmes. Divertissant.

3 étoiles. « The Circle ». Mae est engagée chez The Circle, le groupe de nouvelles technologies et de médias sociaux le plus puissant du monde. Elle va petit à petit gravir les échelons au sein de l’entreprise et en devenir une figure emblématique en permettant aux internautes de suivre sa vie en direct grâce à une caméra branchée sur elle en permanence. Cela ne sera pas sans conséquence pour elle-même, pour ses proches et pour ses patrons. Le sujet est d’une brûlante actualité et interpelle sur les limites à ne pas dépasser en matière de protection de ses données personnelle et donc de sa sphère privée. A ce propos, quelques scènes du film font froid dans le dos. Et les nombreux commentaires des internautes incrustés font rire jaune au même titre que le cynisme du big boss de l’entreprise ou encore la fin plutôt réussie. Certes, « The Circle » démarre un peut trop lentement et sa facture est très classique. Il ne creuse pas assez son passionnant sujet, à l’image des seconds rôles insuffisamment développés et exploités, mais il est plutôt efficace, se laisse voir sans déplaisir et fait quand même réfléchir un peu. Pas si mal pour un film estival.

2 étoiles. «Spider-Man : Homecoming ». Le célèbre héros a désormais 15 ans (!), avec ses problèmes d’adolescent pubère pas intéressants pour deux sous, l’occasion de tout recommencer avec un mentor qui se nomme Iron Man bien décidé à ne pas (trop) faciliter la vie de l’apprenti Homme-Araignée pour devenir un Avenger à part entière. Cette troisième renaissance de Spider-Man est à la hauteur concernant les effets spéciaux et quelques scènes d’action sont réussies. Il y a aussi parfois de quoi arracher quelques sourires. Mais ce super-héros-apprenti-qui-se-cherche, avec pourtant une combinaison qui ressemble à s’y méprendre à l’armure d’Iron Man, met à mal la légende de l’Homme-Araignée et finit même par agacer. On peut également ajouter qu’il y a un sacré coup de mou au milieu du film, heureusement le dernier tiers est plus réussi. Ce « teen movie » plaira donc sans doute au public adolescent à qui il est destiné, les plus âgés risquant fort d’être déçus par ce bébé-araignée qui, on l’espère, aura pris de la maturité lors de son retour d’ores et déjà annoncé sur les écrans en 2019.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

08/08/2017

« La Planète des Singes – Suprématie » : sombre (et 5 autres films à l’affiche)

Planète des Singes.jpgDans le volet final de cette trilogie débutée en 2011, César, leur très charismatique chef, doit défendre les Singes contre une armée humaine prête à tout, y compris à sacrifier les siens, pour les exterminer. De l’issue de cet affrontement dépendra non seulement la survie de chaque espèce, mais aussi l’avenir de la planète.

A la lecture de ce synopsis, mais également à la vision de la bande-annonce, on pouvait s’attendre à un troisième épisode violent et sanglant. Or, « La Planète des Singes – Suprématie » est avant tout un film sombre, à l’image des lieux où se déroulent l’action et de ce qu’il renvoie sur le monde dans lequel nous vivons. Impossible en effet de ne pas faire un rapprochement avec l’univers concentrationnaire qui a marqué le 20ème siècle. Le film donne une large place aux démons intérieurs qui agitent non seulement César, qui tente toujours de faire la part des choses entre le bien et le mal malgré le drame personnel qu’il endure au début du film, mais aussi le Colonel à la personnalité bien plus complexe qu’il en a l’air.

Cette approche psychologique intéressante, déjà bien présente dans l’épisode précédent, a pourtant son revers de la médaille : elle ralentit par moment trop l’action. En effet, si le début du film est très réussi, son milieu connaît un sacré coup de mou, y compris du point de vue du scénario bien peu crédible avec le rôle que joue la petite fille pour aider les singes prisonniers. Heureusement, la dernière partie est un bon équilibre entre psychologie et action, avec notamment la dernière scène entre César et le Colonel d’une grande intensité sur le plan émotionnel et du suspense. Il en est de même d’ailleurs avec la fin aux relents bibliques qui rappelle le film « Les dix commandements ».

Dommage donc que « La Planète des Singes – Suprématie » pêche par sa longueur (2h20) et quelques invraisemblances scénaristiques, car autrement c’est un film de qualité : les effets spéciaux sont toujours aussi bluffants – les singes sont plus…humains que jamais avec un jeu du regard des acteurs formidable, mention particulière à Andy Serkis dans le rôle de César – les décors, la photographie, la bande-son et bien évidemment la mise en scène sont remarquables (3 étoiles).

Toujours à l’affiche

Dunkerque.jpg4 étoiles. « Dunkerque ». Mai 1940. 400 000 soldats anglais sont pris en tenaille entre la mer du Nord et l’armée allemande sur les plages de Dunkerque. Pour éviter un massacre à grande échelle et rapatrier les troupes de sa Majesté, il va falloir compter sur les troupes françaises, sur la Royal Air Force et enfin sur la flotte militaire et…civile anglaise. Pour raconter cet épisode de la seconde guerre mondiale, Christopher Nolan, le réalisateur, entre autres, de la trilogie Batman, d’Inception et d’Interstellar, a pris trois angles d’attaque avec des espaces-temps différents qui se rejoindront à la fin du film : une semaine pour les événements qui se déroulent sur terre, un jour pour ceux qui ont lieu sur mer et une heure pour ceux qui ont comme décor le ciel. Il n’y a pas de temps mort dans « Dunkerque » et très peu de dialogues. Le film met en scène, sans hémoglobine, avec brio, et par moments émotion, ces soldats pris au piège sur terre et sur mer, le danger venant en premier lieu du ciel. A ce propos, les combats aériens sont à couper le souffle. « Dunkerque » est un blockbuster, mais avec toutefois l’ambition d’être également un film d’auteur. Ambition réussie grâce à une maîtrise technique époustouflante, une mise en scène qui ne laisse rien au hasard, une narration originale et, pour couronner le tout, une très belle distribution.

Wonder Woman.jpg4 étoiles. « Wonder Woman ». Diana est la fille de la reine des Amazones et vit sur une île paradisiaque à l’abri des regards. Elle est entraînée durement pendant sa jeunesse afin de devenir une guerrière imbattable au cas où les Amazones seraient attaquées, ce que craint sa mère qui lui a caché ses véritables origines…Mais avant de régler ses comptes avec le passé, Diana va affronter le monde réel et utiliser ses super pouvoirs au service de la paix alors que la première guerre mondiale fait rage. Femme libérée et en tenue légère, Diana se trouve plongée dans un monde qui est son exact opposé, ce qui donne lieu à des scènes fort drôles tout en permettant à l’intrigue d’avancer d’un bon pas. On ne s’ennuie en effet pas une seconde, les rebondissements étant nombreux et parfois inattendus. Le seul reproche que l’on peut faire est que la confrontation finale pourrait durer facilement cinq minutes de moins. Pour le reste, les effets spéciaux sont à la hauteur de ce que l’on peut attendre d’un film de super héroïne, les scènes d’action sont captivantes et s’intègrent fort bien avec des scènes plus intimes sans mièvrerie, les personnages secondaires sont très sympathiques ou très inquiétants et enfin Gal Gadot est une Wonder Woman très crédible et à la plastique irréprochable, comme il se doit pour le personnage. Un très bon divertissement.

Baby Driver.jpg3 étoiles. « Baby Driver ». Baby a une dette envers un grand patron du crime qu’il doit rembourser en mettant ses qualités de conducteur hors du commun au service de braqueurs de banque. Pour être le meilleur dans son domaine, il roule au rythme endiablé de sa propre playlist, un comportement qui cache un drame vécu dans son enfance. Le jour où il rencontre la fille de ses rêves, Baby cherche à mettre un terme à ses activités criminelles. Mais pas facile de se faire oublier du milieu quand on possède des qualités comme les siennes. Film d’action avec des courses poursuite, spécialement la première qui vaut le déplacement à elle toute seule, très spectaculaires, « Baby Driver » tient la route, notamment grâce à une bande-son omniprésente qui joue un rôle à part entière. Alors, certes, le scénario n’est pas d’une folle originalité et l’histoire d’amour est franchement nunuche à tel point qu’on se demande s’il ne faut pas la prendre au second degré, à l’image des gangsters qui sont des caricatures d’eux-mêmes. Divertissant.

 

The Circle.jpg3 étoiles. « The Circle ». Mae est engagée chez The Circle, le groupe de nouvelles technologies et de médias sociaux le plus puissant du monde. Elle va petit à petit gravir les échelons au sein de l’entreprise et en devenir une figure emblématique en permettant aux internautes de suivre sa vie en direct grâce à une caméra branchée sur elle en permanence. Cela ne sera pas sans conséquence pour elle-même, pour ses proches et pour ses patrons. Le sujet est d’une brûlante actualité et interpelle sur les limites à ne pas dépasser en matière de protection de ses données personnelle et donc de sa sphère privée. A ce propos, quelques scènes du film font froid dans le dos. Et les nombreux commentaires des internautes incrustés font rire jaune au même titre que le cynisme du big boss de l’entreprise ou encore la fin plutôt réussie. Certes, « The Circle » démarre un peut trop lentement et sa facture est très classique. Il ne creuse pas assez son passionnant sujet, à l’image des seconds rôles insuffisamment développés et exploités, mais il est plutôt efficace, se laisse voir sans déplaisir et fait quand même réfléchir un peu. Pas si mal pour un film estival.

Spider-Man.jpg2 étoiles. «Spider-Man : Homecoming ». Le célèbre héros a désormais 15 ans (!), avec ses problèmes d’adolescent pubère pas intéressants pour deux sous, l’occasion de tout recommencer avec un mentor qui se nomme Iron Man bien décidé à ne pas (trop) faciliter la vie de l’apprenti Homme-Araignée pour devenir un Avenger à part entière. Cette troisième renaissance de Spider-Man est à la hauteur concernant les effets spéciaux et quelques scènes d’action sont réussies. Il y a aussi parfois de quoi arracher quelques sourires. Mais ce super-héros-apprenti-qui-se-cherche, avec pourtant une combinaison qui ressemble à s’y méprendre à l’armure d’Iron Man, met à mal la légende de l’Homme-Araignée et finit même par agacer. On peut également ajouter qu’il y a un sacré coup de mou au milieu du film, heureusement le dernier tiers est plus réussi. Ce « teen movie » plaira donc sans doute au public adolescent à qui il est destiné, les plus âgés risquant fort d’être déçus par ce bébé-araignée qui, on l’espère, aura pris de la maturité lors de son retour d’ores et déjà annoncé sur les écrans en 2019.

 

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire